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jeudi, 04 septembre 2008

La rentrée au plan international en région francophone : la grève des enseignants au CONGO et la question de la place de l’éducation dans le domaine du développement et de la coopération

"Le temps de la réflexion est une économie de temps." (Publilius Syrus)

L’an dernier, les enseignants des écoles publiques et conventionnées catholiques de la RDC (République démocratique du Congo, ex-Zaïre) avaient retardé un mois la rentrée scolaire.

Cette année, on apprend qu’ils ont boycotté la rentrée, pour revendiquer, à nouveau, une augmentation salariale et une prise en compte réelle de leurs conditions de travail. Le mot d’ordre de grève lancé par le syndicat des enseignants a été suivi sur l’ensemble du pays. Cette décision de non reprise du travail vise surtout à dénoncer « l’indifférence » du gouvernement.

Seraient-ils affublés du même mal qui sévit notre cité dont le rayonnement international incontestable ne cache que mieux sa misère, un mutisme forcé, une momification des idées?

Naturellement, on est en droit de se poser la question du rôle de l’éducation dans les pays dits « en voie de développement » aidés par des programmes de la coopération internationale. Plus du 60% des projets réalisés dans ce cadre le sont dans le domaine éducatif étant entendu qu’il s’agit « du pilier de la société », « de l’avenir de l’humanité grâce à des générations mieux formées », condition à un meilleur développement économique. Cela ne tombe pas du ciel, pourtant ! Sans volonté politique, il ne peut se créer que du néant…

Or, le climat actuel focalise l’attention sur « l’argent qui va sur le terrain » mais force est de constater que le montant que la Confédération consacre par année (les sources nous indiquent que c'est un fait depuis 1998) à l'aide au développement au continent africain correspond environ à celui dépensé pour les guerres intestines internes.

Gageons que cette grève ne finisse pas dans un bain de sang ! La nouvelle Constitution donnera – j’en suis sure – une direction pour la coopération internationale et l’aide aux pays dits « défavorisés » afin d’en cadrer les règles jeu.

Laquelle, souhaiteriez-vous ?

 

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Commentaires

Vous posez la question qui fait mal. Fort pertinente de par son impertinence, elle demande :

1. où va l'argent des contribuales?
2.les fondations financées à distance existent-elles vraiment ou quelqu'un empoche-t-il le magot laissant crever son prochain à qui il est destiné?
3. que font les Etats pour leur population que d'autres tentent d'aider?
4. la politique de coopération internation est-elle efficace ou sa visée perlocutrice n'est-elle pas simplement de contracter quelques liens diplomatiques pour mieux s'afficher?
5.faut-il un article dans la nouvelle Constituante dans ce domaine qui fonctionne en roue libre?

Ce serait intéressant d'entendre les membres de la FAGE (la fédération des associations genvoises) qui ont déposé aussi une liste pour les élections du 19 octobre.

Écrit par : Auguste | jeudi, 04 septembre 2008

Visée perlocutrice, pas mal. J'aimais bien sub-optimal aussi.
c'est un championnat de dendroglossie ?

Écrit par : Géo | jeudi, 04 septembre 2008

Ah, Géo! J'aime bien votre humour. Le terme choisi par Auguste est sympa et à propos. Si vous préférez, on peut aussi proposer "agenda caché"... "message subliminal" ou sub-optimal" ne faisant pas partie de mon vocabulaire.

Bien à vous!

Écrit par : Micheline Pace | jeudi, 04 septembre 2008

Ayant une expérience significative dans le domaine, je trouve que l'aide internationale n'a de sens que si elle propose des solutions réelles du problème sur le terrain, qu'elle ne doit pas arroser les Etats mais bien des individus dans le besoin et qui veulent s'en sortir ou construire un meilleur avenir pour leurs enfants.

En outre, l'aide peut et doit aussi concerner la venue des personnes qui viennent à Genève pour bénéficier d'un enseignement supérieur et qui, par la suite et sur la base d'un contrat, repartent dans leur pays.

Par conséquent, je suis partisan d'une refonte complète concept scientifico-politique de la coopération internationale. On a souvent l'impression que ce thème - très instrumentalisé - constitue un bon prétexte électoral des partis (de gauche comme de droite).

L'autodétermination des peuples doit se faire dans les deux sens. Il n'est jamais bon de les assister, parfois même malgré eux!

Quant à savoir si cette question est de rang constitutionnel, je ne sais pas. Il est vrai qu'une liste de la FAGE propose des candidats à la Constituante mais leur objectif n'est pas clair.

Merci pour cette réflexion bien torchée, qui ouvre le débat.

Écrit par : Philippe B. | jeudi, 04 septembre 2008

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