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mercredi, 24 septembre 2008

La Constitution hors clivages

Il semble crucial repenser notre société, à l’aune de la nouvelle Constitution.

Toute comme la fiction des Schtroumpfs - dont on fête les 50 ans - qui emprunte à la droite autant qu à la gauche pour conclure sur l'état totalitaire destiné à un immobilisme certain de ces deux modèles de société, l’expérience nous a montré qu’en périodes de crise, il existe deux réactions possibles face à ce fossé entre les attentes et la réalité : celle du sot et celle du coquin. Le sot est un idiot, un bouffon autorisé à dire la vérité justement parce que la valeur performative de son discours est suspendu ; le coquin est le cynique qui dit ouvertement la vérité, un filou qui tente de faire passer comme signe d’honnêteté la reconnaissance explicite de sa malhonnêteté, bref un vaurien qui admet la nécessité d’une répression illégitime afin de maintenir la stabilité sociale.   Mais n’existerait-il pas en ce XXIe siècle un tertium datur à choisir entre un sot et un coquin dans notre civilisation qui se veut si évoluée ? Car la politique n’est pas l’art de diriger les gens au simple titre d’administrés, elle est une forme des plus nobles de l’agir humain où s’opèrent le rassemblement et le commandement des citoyens qui composent une société. 

Or, politique et pouvoir sont associés par certains élus de gauche comme de droite dans l’exercice de leurs fonctions exécutives. Voyez un peu comment un Charles Beer a écrasé la vox populi exprimée dans les urnes en tronquant l’esprit et la lettre d’une initiative (un des droits constitutifs) plébiscitée à 76% et en continuant à agir en dehors des lois en vigueur (non scolarisation des enfants handicapés, des élèves en difficulté non pris en charge, budget alloué à des structures inutiles pour des raisons électoralistes en refusant de mettre en place les mesures d'accompagnement, nominations très arbitraires, traitement de dossiers de manière discriminante, etc.) ! La politique n’est pas la lutte pour le pouvoir ou son exercice, pas plus qu’elle n’est l’objet de l’exercice de ce pouvoir ; la politique définit une sphère d’activités subsidiaires par rapport à la logique de la domination. Car il n’y a pas de démocratie simplement parce que l’on déclare les individus égaux et la collectivité maîtresse d’elle-même. Encore faut-il que cette égalité (universel politique par excellence) se réalise dans les faits et en droits en n'oubliant pas que le Souverain demeure les citoyens.

 

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Commentaires

Chère Micheline, il est bien possible que le 21e siècle verra une profonde évolution par rapport au clivage traditionnel gauche-droite. Cela semble en route, et les lignes de démarcation changent, se rejoignent, se croisent, se coupent, et peu à peu apparaît un nouveau paysage dont l'image, à l'instar d'un puzzle, n'est pas encore clairement ni complètement formée. Espérons d'ailleurs que ne sera jamais trop complètement formée, qu'elle restera mobile, évolutive. L'intelligence n'a pas besoin de se fixer une fois pour toute, elle est capable de s'adapter, de changer de point de vue.

Petit détail: je n'arrive pas à lire les textes des schtroumpfs. Pourriez-vous cocher la possibilité d'ouvrir l'image dans une nouvelle fenêtre? Elle apparaît alors en plus grand. Merci et bonne journée

Écrit par : hommelibre | mercredi, 24 septembre 2008

Quel (le) politicien (ne) durant les 20 dernières années à eu autant de courage que certains membres du MCG, élus ou dans l'ombre pour affronter l'establishment dans toute sa pourriture malgré le vernis ?

Votez Neuf et en masse !!

Vive Cerutti à Venier !

Écrit par : juliette de c. | mercredi, 24 septembre 2008

Superbe article! Pour une fois qu'on nous bassine pas avec des partis-pris idéologiques, utiles qu'à ceux qui détiennent le pouvoir et veulent le garder!

Le vieux clivage gauche-droite datant du 19e, même s'il est dépassé - vous avez raison de le souligner - reste toujours en vigueur depuis des décennies dans les choix et les orientations politiques. Ce constat ne signifie pourtant pas que ces catégories soient pertinentes. Bien au contraire : elles ne font qu'endiguer Genève dans la mouize, en matière de constructions, d'éducation, de sécurité, des droits des étrangers à venir nous demander ds choses qu'on ne peut pas nous-mêmes, ce par le seul mérite d'exister.

L'élection à la Constituante cherche à faire perdure ce affrontement de castes mais il n'est pas certain que les électeurs (contrairement aux privilégiés qui forment ces 2 camps) en soient encore convaincus...

C'est pourquoi, la liste NEUF du MCG est aussi intéressante, de par sa polyvalence, la qualité des parcours de ses candidats et des actions politiques qui désormais font mouche!

Écrit par : Schtroumpf à lunettes | jeudi, 25 septembre 2008

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