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jeudi, 25 septembre 2008

Nouvelle Constitution 2008-2012 : mettre un terme au divorce entre politiques et citoyens

« L’enjeu de la Constituante est beaucoup trop important pour ne la laisser qu’aux mains des politicards, de droite comme de gauche » me répétait un ami au lendemain des différents scandales qui ont éclaboussé notre république dont certains représentants préfèrent brandir des valeurs de respect ou d’équité, pour mieux s’en extraire sans en donner l’impression (heureusement fugitive).

Les blocages dont souffre Genève, ni la droite ni la gauche traditionnelles ne veulent les dépasser : c’est ce qui leur procure le pouvoir de rester aux commandes. Prenons deux exemples concrets:baby.gif

(1) En matière de logement, on voit une gauche désireuse de maintenir les citoyens dans le besoin pour se faire (ré)élire et une droite impuissante à construire en proposant des loyers trop chers dans un des pays qui compte"le moins de propriétaires (pour un pays qualifié de riche, c’est le comble).

(2) Au niveau sociétal, beaucoup de citoyens de tous âges sont maltraités, cantonnés dans la désespérance par manque de prestations sociales appropriées à leur besoins (ne parlons pas de désirs), victimes d’une politique de gauche qui n’a aucun intérêt à ce qu’il y ait une amélioration lorsque l’on trouve du travail, vu le taux d’imposition, la suppression d’allocations et subsides ; en l’occurrence, ce fonctionnement privilégie l’assistanat (qui vote à gauche pour maintenir ses droits : ainsi tout le monde est content) alors que ceux qui travaillent périodiquement sont discriminés financièrement, gravement perdants. J’ai fait le calcul : dix ans de RMCAS vous « rapportent plus » que de travailler avec des salaires en moyenne de Fr. 3'000 pour un enseignant engagé au post-obligatoire après 1999 sans parler des problèmes de santé liés aux différents stress (d’une idiotie sans nom mais desquels il est formellement impossible de se soustraire) infligés par l’institution bien huilée à cet effet. La droite, elle, brandit les valeurs d’effort, de mérite, de résultats mais ne les appliquent pas dans la réalité puisque travail et rémunération n’ont aucun lien de causalité, ce même dans le tertiaire; c'est dire combien sont découragées les jeunes générations à travailler, à l’école déjà. Tuer dans l'oeuf toute propension créatrice peut-il vraiment former un projet de société?

De surcroît, droite et gauche n'ont fait que renforcer la création des postes inutiles au détriment des performances. Très injuste, notre système social actuel favorise amplement la malhonnêteté et la médiocrité au lieu de réaliser un retour sur investissement (c'est le comble!)...

Cette élection cherche malheureusement à rejouer la tragi-comédie de l' affrontement entre deux camps qui cherchent avant tout à jouer à qui lave plus blanc  en proférant des discours victimisants de part et d’autre ... pour maintenir au pouvoir quelques caciques privilégiés par leur clan respectif. Mais les électeurs ne croient désormais plus à cette pantomime, qui ne les fait plus rire puisque ce serait rire d’eux-mêmes. Un peu comme en 1788, quand le roi demandait à ses sbires ce qui se passait ci et là et qu’on lui répondait : « Rien ! Seuls quelques paysans s’agitent. » Ce « rien » est le mot qu’on retrouvera aussi dans le carnet intime du roi lors de la prise de la Bastille. Si la classe politique tient encore à conserver ces deux catégories « idéologiques », il n’est pas certain que les citoyens s’y reconnaissent.

Non aux fausses promesses mais oui à de vrais principes directeurs pour refonder une nouvelle Charte du vivre-ensemble avec les divergences de groupes et d’individus qui composent la société!  

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Commentaires

Permettez moi de vous féliciter. Dans ce texte vous réussissez le tour de force de réunir presque tous les thèmes du "poujadisme", ce pré-Lepenisme. Une véritable anthologie. Encore bravo!

Écrit par : Azrael | jeudi, 25 septembre 2008

Il ne suffit pas de faire des déclarations pour être crédible. Ma position ici est de relever les graves dysfonctionnements du mode de fonctionnement de notre république : ce n'est pas du populisme que de dire que ce n'est pas normal. Mais il est vrai que l'on ne se fait pas que des amis en agissant.

Evidemment, il vaut mieux brasser du vent et faire des saloperies par derrière, usant et abusant tous ces petits pouvoirs à disposition.

Écrit par : Micheline Pace | jeudi, 25 septembre 2008

Ben voyons ! Les loups ne se mangent pas entre eux ! C'est quand même le comble, Azrael, de renverser les rôles : les partis conservateurs au pouvoir ont pour fond de commerce la haine de l'autre, fut-il voisin, ou politicien, ce dans les faits alors que des citoyens valables et valeureux mouillent leur chemise pour éviter à leurs congénères les abus dont ils sont victimes.

Le monde à l'envers, vous dis-je!

Écrit par : ras-le-bol | jeudi, 25 septembre 2008

Il faut dire que la notion du "poujadisme" ce pré-Lepenisme me dépasse. D'autant que les deux hommes n'avaient pas grand'chose en commun.

En parlant de Jean-Marie Le Pen sur un plateau de télévision, au milieu des années 1980, Pierre Poujade déclara : « Si vous voulez vraiment lui faire du mal, ne parlez pas de lui ! »

Le Pen à la mort de l'homme qui donna son nom au mouvement: « Le poujadisme et le lepénisme n'ont rien à voir. Je suis un leader politique. Pierre Poujade était un leader syndical. Il a mené une opération commando sur la politique qui lui a été offerte en quelque sorte par l'opportunité. En son for intérieur, il n'était pas un homme politique. »

Mais la réaction d'Azrael reste intéressante, notamment quant au conservatisme ambiant dont tout le monde se satisfait dans ce pasy de morts-vivants!

Écrit par : Henri de W. | jeudi, 25 septembre 2008

Le terme "populisme" serait-il en train de gagner ses lettres de noblesse? Car au-delà du stéréotype récurrent dont on l'afflige, il représente ici: vouloir que l'Etat soit au service des citoyens. C'est un axe philosophique et politique fondamental. Je n'ai pas connu le poujadisme. Le Lepénisme sent les fours crématoires et donne la nausée. Les connotations sur les mots peuvent être différentes si on le veut bien. Rien à voir entre le MCG et Le Pen.

Les questions soulevées par Micheline vont là où cela dérange. Les partis qui ne sont soi-disant pas populiste racolent pendant les élections et ne font rien ensuite. Puisque l'exemple français est cité, cela fait 30 ans que rien n'est fait sur la modernisation des institutions, sur les cadrages économiques, etc. Chirac: exemple d'immobilité. Mitterrand: modèle de narcissisme glauque. Pompidou: Malade. Giscard: Bonnes idées au départ et dérapages égotistes. Personne n'a bougé. Seul Sarko tente de s'y coller, qu'on l'aime ou non. J'aurais voté pour Delors, j'ai apprécié Rocard et Jospin, mais personne n'a rien fait.

Alors, avoir des grandes idées conceptualisées sur la république fait échapper au vocable Populiste. Mais si c'est pour ne rien faire, quel intérêt. Marre de cette étiquette collée à défaut d'arguments. Un peu faiblard intellectuellement, partisan et dénigrant. Populiste? Dans le sens habituel, bôf... Servir les citoyens et la cité, populiste? Je ne comprends plus la défense des intérêts et des clivages en place. Tous conservateurs, ça oui, gauche et droite. Tous immobiles dans leur costume amidonné.

Écrit par : hommelibre | jeudi, 25 septembre 2008

En fait je crois que le MCG dérange beaucoup. Il focalise la faiblesse argumentaire des autres forces politiques. Le salir devient le seul leit-motiv à défaut de débat citoyen ouvert. J'espère que cette focalisation se traduira dans les urnes. Pour mon baptême "politique" j'apprends beaucoup de choses et vite. Comment on salit ceux qui dérangent. Comment les attaques basses remplacent un vrai programme et des arguments fondés. Je ne m'attendais pas à cela. J'apprends. Je verrai bien un jour ce qu'il faut en faire. Pour ma part je ne joue pas ce jeu-là dans la campagne. La liste 9 propose des points importants à mettre dans la nouvelle constitution, c'est tout ce qui m'intéresse.

Écrit par : hommelibre | jeudi, 25 septembre 2008

Micheline écrit très bien. Ses arguments sont raisonnables et son discours bien articulé. Elle a le mérite d'oser dire ce qu'elle pense et de mettre le doigt dans la plaie, là où ça fait mal. Le poujadisme, c'est dans certains des partis "gouvernementaux, bourgeois et nationaux" qu'on le trouve le plus répandu. Et non dans un nouveau mouvement-parti qui a déjà dénoncé bien des abus dans notre République. Moi, je voterai pour Micheline ...et quelques autres. Bravo ! En plus, elle n'est pas moche à contempler, ce qui n'est pas pour me déplaire.

P A.-Bourne/La Jonction /Genève.

Écrit par : Peter Angleton-Bourne | vendredi, 26 septembre 2008

Madame,
Ne dit-on que "gouverner c'est prévoir" ?
Charles Beer, ne prévoit donc rien, donc incapable de gouverner.

Meilleures salutations.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | vendredi, 26 septembre 2008

Peut-être serait-il judicieux de rappeller à tous les MCG fans et candidats, qu'il s'agit là de l'élection d'une assemblée pour la rédaction d'une nouvelle constitution, pas d'une élection à un quelconque pouvoir exécutif! Ne

Descendez un peu de vos petits nuages...

"Quel esprit ne bat la campagne?
Qui ne fait châteaux en Espagne?..."

Quant au fond, je persiste.

Écrit par : Azrael | vendredi, 26 septembre 2008

En effet Azrael il ne s'agit pas d'une élection politique. Mais peut-être faudrait-il aussi le rappeler cela aux autres partis. Le programme pour la Constituante sorti cet été par le PS par exemple est un programme de gouvernement. Pour le fond, je respecte votre point de vue. Nous ne pouvons aller plus loin sur ce sujet pour le moment. L'avenir montrera ce qu'il en est, et j'espère que nous aurons l'occasion d'en reparler ultérieurement.

Écrit par : hommelibre | vendredi, 26 septembre 2008

À suivre ce qui se passe à la Constituante, on se rend compte (la conscience suffit-elle à pouvoir changer? non, évidemment, il faut la volonté!), ça ne fait pas envie. La Suisse est un pays de vieux; nulle initiative n'est acclamée, tuée dans l'oeuf. Gouvernée par des incapables autistes et orgueilleux, posant leur moi comme source de loi, elle s'enlise dans des clivages idélogiques et claniques sans précédent. Le spectacle, pitoyable, ne fait que renforcer le sentiment qu'il vaut mieux ne pas participer à l'exercice, tant l'ennui profond y sévit.

Écrit par : Solon | samedi, 18 septembre 2010

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