samedi, 08 novembre 2008

Votation pour l'école secondaire : IN 134 ou Contre-Projet (matériel de vote)

Beaucoup s’accordent sur un fait au moins : L’éducation constitue un enjeu majeur dans notre République, ne serait-ce que parce qu’elle concerne l’avenir de la société. L’éducation se retrouve de nouveau en jeu avec la votation du 30 novembre 2008. Après observation, force est de constater que l’initiative de REEL est tuée dans l’œuf par … deux fois. (Quoi de plus facile de flinguer quand on a le pouvoir ?)

Ø       Premièrement, la présentation de l’initiative 134 par l’autorité (qui propose dans le même temps un Contre-Projet) dans le matériel de vote est scandaleusement orientée idéologiquement et politiquement, et pédagogiquement nulle. Au lieu d’une argumentation neutre, factuelle, des mensonges y sont glissés insidieusement. Autrement dit, la volonté de dénigrer cet instrument démocratique (que certaines républiques nous envient) par l’autorité gouvernementale en vue de faire accepter son propre objet soumis à votation populaire montre clairement son mépris de la vie démocratique.

Ø       Deuxièmement, l’interprétation fallacieuse évidente de l’IN 134 contrevient complètement à l’esprit même des principes de l’association REEL, ce qui est doublement choquant (en plus du déni démocratique affiché). Plus connue sous l’acronyme REEL, l’association Réseau Ecole Et Laïcité est reconnue pour sa défense de la laïcité de l’école publique genevoise. Fondée par un membre démissionnaire d’ARLE (association Refaire L’Ecole), décédé depuis – paix à son âme ! – l'association vit le jour en juillet 2005. En novembre de cette même année, elle dépose l’initiative populaire « pour un cycle qui oriente », l’IN 134, validée le 15 février 2006 par le CE. Les principes - que je cite ici - sont pourtant clairs :Ourson.gif

- « Le Réseau école et laïcité entend rassembler tous ceux qui souhaitent œuvrer ensemble pour défendre, à Genève d’abord, mais aussi ailleurs, une école exigeante, laïque et républicaine.

- Le Réseau se propose de défendre et de renforcer le caractère laïc de l’école en favorisant le dialogue civique sur l’école indépendamment de toute appartenance politique partisane. »

 

Cher Concitoyens : à vous de juger et de voter la vision de l’école que vous souhaitez voir réalisée pour l’avenir de vos enfants ! Bonne lecture...

P.S. : l’Ourson sans tête, vous l’aurez reconnu, est bien celui qui se trouve par erreur à la tête du DIP, et par qui est survenue cette désinformation systématique (Beer en allemand ours).

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Commentaires

Ce sujet est déjà traité sur le lien suivant, avec des commentaires fort intéressants! Ce qui n'enlève rien au scandale!
André Duval

http://marionb.blog.tdg.ch/archive/2008/11/06/brochure-de-votation.html

Écrit par : Duval André | samedi, 08 novembre 2008

Que doit voter le citoyen, selon vous, belle dame ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | samedi, 08 novembre 2008

Oui, en effet, mon amie Garcia traite déjà du sujet avec moult points très justement détaillés. Chers interlocuteurs, je vous livre ici une réflexion générale sur la question scolaire soumise à votation populaire prochainement et souhaite rendre un hommage aux initiants, en énonçant d'une part les principes qui ont conduit à promulguer leur texte et d'autre part, en situant très brièvement l'historique.

La question ne renferme-t-elle pas déjà la réponse? Mon cher Victor, vous êtes trop malin mais je ne tomberai pas dans le piège de l'influençabilité... Pfffff aux détracteurs! Sacré Victor!

Écrit par : Micheline Pace | samedi, 08 novembre 2008

L'école devrait être dépolitisée tout comme la justice! Dans le Journal du MCG "LE CITOYEN" n°3, on y apprend qu'il est le seul parti soutenir ouvertement l'IN 134 (alors que d'autres proposent de voter pour les 2 objets dans le but opportuniste de suivre celui qui gagnera, ah, ah). On peut y lire : "Aujourd'hui, ayons le courage de dire que la formidable idée du Cycle d'orientation a tourné a désastre à cause des gouvernants."

Il faut absolument que la population sache comme elle est prise en otage pour cette votation. La brochure est absolument tendancieuse. N'importe qui aurait agi de la sorte aurait été poursuivi sévèrement et durablement! Il faudrait savoir s'il existe un juriste qui soit intéressé à faire recours...

Écrit par : Philippe B. | dimanche, 09 novembre 2008

Le problème de cette votation sur le CO est de nature différente que celui sur les notes et les cycles d’apprentissage. En septembre 2006, en effet, la votation sur les notes était symbolique : derrière les notes, il était question d’une vision de l’homme et d’une manière de l’enseigner. Du choix d’une école contre l’autre, en somme. Tous ceux qui ont voté oui à notre initiative (76 %) ont pressenti que l’enjeu dépassait les simples notes sans nécessairement pouvoir le thématiser. Mais ils se sont repliés, pour la plupart, sur le « on ne peut pas continuer ainsi à faire de l’école un éternel laboratoire et de nos enfants des cobayes pour pédagogos ».

Ici, rien de tel, parce que s’il existe bel et bien une vision de l’être humain derrière la problématique de l’IN134 et, une autre, derrière le CP, elle ne peut pas être perçue comme ce fut le cas, il y a deux ans. La raison en est simple : c’est tout un projet d’orientation détaillé qu’il va falloir comprendre et voter. Or comprendre ce projet, en raison de la complexité technique, n’est pas à la portée de tout un chacun, soit par manque de temps, soit par manque d’intérêt pédagogique (on peut les comprendre !), soit surtout parce que rien n’est clairement énoncé. Il faut donc prendre plus de temps pour saisir « la substantifique moelle ».

Or la crapulerie de la page 18 de la brochure table sur tous ces éléments pour brouiller les cartes. En fait, elle envoie un message simple. « Nous sommes les bons parce que nous, les partis politiques genevois, nous nous entendons pour ne pas nous agresser mutuellement. Les autres, les méchants, ne sont pas capables d’être simples, précis, efficaces et bon marché. »

Mais derrière cette propagande, Goliath tremble. La question que le citoyen indécis devrait se poser est, me semble-t-il, la suivante : pourquoi, si l’on est si sûr de soi, pareillement désinformer les dindes qui vont voter ?

Écrit par : Jean Romain | dimanche, 09 novembre 2008

Un grand merci, Jean Romain, pour ces précisions!

Écrit par : Micheline Pace | dimanche, 09 novembre 2008

Sans parler ici du contenu didactique du Contre-projet de Beer, il est important de dénoncer les mensonges formant la description de lIN 134 et d'en informer concrètement la population, pour voter en connaissance de cause.

Le responsable de cette cacade devrait être puni pour son outrecuidance et sa volonté de tromper les électeurs. L'anticonstitutionnalité d'un tel acte au sommet de l'Etat est à dénoncer!

Écrit par : juliette de c. | dimanche, 09 novembre 2008

Le bon sens devrait faire pencher pour l'initiative 134 mais la désinformation systématique qui a été faite par l'Autorité risque de mal "conseiller" les électeurs.

Il faut rappeler que l'IN 134 ne demande rien d'autre que l'article 54 de la Loi sur l'instruction publique, le soutien pédagogique, contrairement au Contre projet, qui avec les innombrables passerelles proposées, coûtera fort cher aux contribuables et très perturbant pour les élèves, ballottés ou perdus ici et là, avec l'illusion que tout est faisable.

En termes de confiance en soi, le miroir aux alouettes du CP fait aussi beaucoup plus de dégâts alors que l'IN encadre mieux et offre la possibilité d'entrer en secondaire même aux élèves non promus à la fin du Primaire.

Écrit par : Truc-Chose | dimanche, 09 novembre 2008

Quid de la volonté populaire proclamant un vrai changement au-delà d'une cosmétique d'un goût douteux, ce en lui opposant des magouilles technico-juridiques, une désinformation systématique ressemblant à une manipulation de l'opinion?

Écrit par : Lapine | mercredi, 12 novembre 2008

Vous n'en avez sûrement pas le temps actuellement mais je propose la lecture de ce texte très riche qui cherche à faire le point sur un historique récent en France, mais aussi et surtout sur la dimension idéologique des ruptures et autres réformes que subit l'école genevoise aussi depuis une vingtaine d'années...(lire sur ce lien internet:)

http://www.re2.freesurf.fr/gene/muglioni.html

Écrit par : job | dimanche, 16 novembre 2008

Pffffff, les scandales de l'Ourson Beeeeeerk n'en finissent pas de pourrir cette république! Non seulement, il fait partie de ceux qui veulent que nos jeunes fument de la moquette afin que les jeunes cerveaux se désagrègent, le tout en protégéant, subventionnant son p'tit copain du CIPRET contre la cigarette mais en plus il a mis tout en branle pour pour rejeter la possibilité d'une école de qualité, qui oriente les jeunes en formation!!!

Le règne de la bêtise alliée à l'arrogance de pouvoir sera-elle sanctionnée?

Espérons que Justice soit faite sur cet énième déni-délit démocratique commis par le Mononeurone de la Rép' ...

Écrit par : François T. | dimanche, 16 novembre 2008

@ job : merci pour votre indication. Je parlerai de ce sujet prochainement, du pédagogisme et ses méfaits mentaux autant que sociaux. A consulter sans modération les auteurs du mouvement français : REFONDATION !

Bien à vous.

Écrit par : Micheline Pace | dimanche, 16 novembre 2008

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