jeudi, 13 novembre 2008

« Quand les gens intelligents se piquent de ne pas comprendre, il est constant qu'ils y réussissent mieux que les sots » (André Gide)

Laissons un peu le champ international de la crise financière dont la principale cause une absence de prévision, d’organisation et d'une suite de dénégations. L’impensable, devenu réalité en quelques heures, a plongé la population mondiale dans une consternation affolée, à juste titre.

l'apprenti.jpgPenchons-nous sur un seul élément des votations du 30 novembre 2008 : le modèle d’école proposé par les uns et les autres. Si à Genève, on s’exprimera sur le choix entre l’initiative 134 visant une école secondaire qui oriente véritablement les jeunes (cf. dossier complet in www.reseau-reel.ch) et un contre-projet, mal ficelé, autoritaire autant que flou, fomenté uniquement en réaction aux divers courants du milieu concerné, un miroir aux alouettes en somme, à Zürich, la population s’exprimera sur HarmoS, projet de centralisation de l’école publique au plan fédéral. Inutile de préciser que le résultat de cette votation sera intéressant pour les Genevois aussi, puisqu’ils seront appelés dans quelques mois plus tard à voter sur ce projet.

Qu'est-ce qu'HarmoS? Le concordat intercantonal vise l’harmonisation de la scolarité obligatoire, sur le plan national, nous dit-on. S’il existe des objets concevables sur le plan helvétique, tels que l’armée, il en est d’autres qui ont toujours posé problème, vu la complexité des procédures de chacun des 26 Etats souverains et … la différenciation culturo-linguistique propre à notre pays. La scolarisation appartient sans conteste à la seconde catégorie. Sans vouloir entrer aujourd’hui dans le vif du sujet HarmoS, le procédé amènent logiquement deux observations.

Primo: Le projet de centralisation de l’école publique HarmoS a été élaboré par la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) (cf. http://www.ciip.ch/ciip/pdf/CP0602); il est étonnant de voir qu’un organe originellement consultatif, ne jouissant d’aucune base constitutionnelle, s’érige ainsi en un législatif autoproclamé, composé seulement de conseillers d’Etat.

Deusio: HarmoS a pour vocation d’être rejeté ou accepté dans son ensemble, sans aucune modification possible à apporter par tel ou tel Canton. Il y a de quoi s’interroger sur la légitimité du droit tacite à exclure ainsi les parlements cantonaux dans le domaine éducatif. Cette usurpation de pouvoir fait que plusieurs législatifs du pays ont avalisé sans discuter préalablement le texte et que la population n’ait même pas été au courant – valablement – du concordat en question.

En l’état actuel, on sait au moins qu’un référendum a été lancé par l’UDC dans plusieurs Cantons suisses-alémaniques en vue de rejeter HarmoS pour son caractère essentiellement intrusif dans la sphère familiale, pour ses faiblesses pédagogiques, pour son idéologie marquée soixante-huitarde qui a fait de l’école un laboratoire depuis quatre décennies maintenant (pauv'gamins!) . A Soleure, l'action de l'UDC a gagné et HarmoS a été balayé !

Une question subsite néanmoins. Genève serait-elle prête à signer un référendum contre ce concordat émanant du pouvoir (et non du peuple) et faisant fi du rôle primordial de l’école dans notre société, au détriment de la génération à venir ?

La situation est tellement ici pourrie que les gens se demandent comment cela pourrait être pire... Et voilà qu'une nouvelle preuve survient: sur le plateau de M. Décaillet, on apprend qu'un recours en justice dans l'affaire de la présentation de l'IN 134 dans la brochure pour les votations du 30 novembre! Les "apprenants" de l'école de Charles Beer seront-ils enfin respectés? Décidément, il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Charle (Magne)-toi!

P.S. : Pour le détail du contenu d’HarmoS, nous y reviendrons dans les prochaines semaines.

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Commentaires

La blague !

Écrit par : Solon | mardi, 09 décembre 2008

Il faut arrêter de restreindre les libertés individuelles, par la création de nouvelles lois anti-Tout, qui ne servent qu'à diminuer les droits des citoyens. Parallèlement, vouloir tout centraliser relève de la même logique!

Écrit par : Ludovic K. | vendredi, 27 février 2009

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