lundi, 24 novembre 2008

100 expressions à sauver !

En cette période où les erreurs sémantiques d’un Chef de l’Instruction publique font couler beaucoup d’encre au point de provoquer un arrêt du tribunal, voilà qu’un ouvrage détone par son malin génie : Pivot nous abreuve d’une centaine d’expressions familières à sauver. Pourquoi pas une idée de cadeau de Noël ...

Il nous en explique l’origine et le sens. Ainsi pouvons-nous continuer à utiliser des locutions telles que : «pété de thunes», «fumer la moquette», «souffler dans les bronches», « tailler une bavette », «être vexé comme un pou» sans commettre aucun écart de langage.199.jpg

Aussi, trouve-t-on dans le registre de la galanterie, « les bagatelles de la porte », signifiant les préliminaires de l'amour, ou encore, « aller se faire lanlaire » (foutre) ou encore « courir le guilledou », à savoir multiplier les conquête (datant du 16e siècle).

Si la plupart proviennent de la verve populaire, beaucoup sont glanées chez les plus grands écrivains de langue française.

« Avoir le béguin » = bonnet porté par des religieuses et, par extension, se remplir la tête d'une personne

« Avoir de la branche » = dérivé du langage de la noblesse

« Rabattre le caquet » = en référence aux gloussements des poules lors de la ponte

« Changer de crémerie » = restaurant modeste au 19e siècle

« Payer rubis sur ongle » = soit vider son verre, la dernière goutte pouvant rester en équilibre sur un ongle

« Peigner la girafe » = paresser

« Faire une conduite de Grenoble » = mettre quelqu’un à la porte

« Laisser pisser le mérinos » = laisser courir

« Manger la grenouille » = dérober la caisse, dérober le bien d’autrui (en référence à une tire-lire e en forme de grenouille à la mode au 18e siècle)

« Faire la sainte Nitouche » = jouer les femmes chastes et innocentes, par extension, cacher ses défauts pour se donner un air innocent

« Se monter le bourrichon » ou Monter le bourrichon (à quelqu’un) = se faire des illusions ou exciter l’imagination (de quelqu’un), monter une personne contre une autre ; le bourrichon est un mot apparu pour la première fois en 1860 chez Gustave Flaubert : il vient de la 'bourriche' qui désignait autrefois un panier sans anses servant à transporter du gibier, du poissons, des fruits ou même des huîtres (ce qui explique notre "bourriche d'huîtres" actuelle)

« Faire un buisson creux » = ne pas trouver la chose ou la personne que l’on cherchait

« En baver des ronds de chapeau » = souffrir ; son origine remonte au 19e lorsque en baver s’appliquait à quelqu’un qui était béat d’admiration, la bouche ouverte, au point où la salive finit par en couler ; or, le sens bascule au 20e siècle pour édulcorer le terme en chier

« En avoir sa claque » = en avoir marre de, être excédé

eBook1.jpg

 

A vous de jouer afin que ces locutions ne tombent injustement dans l'oubli ...

12:58 | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

Commentaires

En parlant de respect de la langue française, le "100" du titre aurait du s'écrire en toute lettre non (et sans "s" !) ?

Écrit par : Djinius | dimanche, 23 novembre 2008

Vous avez raison, Miss !
Toutes ces locutions donnent des couleurs à la langue.
Bon dimanche !

;o)

Écrit par : Blondesen | dimanche, 23 novembre 2008

Quatre ans après la publication de "100 mots à sauver", Bernard Pivot poursuit son "toilettage" de la langue française, avec les expressions cette fois. Le titre comporte le chiffre 100 et je respecte cette décision; par conséquent, je ne l'écrirai pas en toutes lettres. Merci pour votre remarque!

Écrit par : Micheline | dimanche, 23 novembre 2008

@ Blondesen : employons-les donc gaiement puisqu'elles donnent aussi bien des couleurs, de la saveur que de la poésie voire de la sagesse à notre langue!

Car si Jules Renard, Jean Giono, Colette, Marcel Aymé (& Cie) les ont écrites, nous devons à plus fortes raisons les clamer sans vergogne, en société ou dans notre boudoir...

Big smack!

Écrit par : Micheline | dimanche, 23 novembre 2008

Il y a malheureusement une expression qui va obligatoirement tomber dans l'oubli: "pété de thunes"! Même l'UBS n'en a plus et n'en vaut plus une!

Écrit par : Père Siffleur | dimanche, 23 novembre 2008

En effet, Père Siffleur, le symbole de la prospérité suisse s'en est allé se faire lanlaire. Et on en notre claque d'entendre de arguments de sainte Nitouche de part et d'autre, pendant que nous, on en bave des ronds de chapeau ... On devrait rabattre le caquet des insolents responsables!

Écrit par : Micheline | dimanche, 23 novembre 2008

Pour sûr, vous ne yoyotez pas de la touffe.

Écrit par : Estèbe | dimanche, 23 novembre 2008

Ça signifie ne pas déraisonner, ne pas être fou. Et la touffe, dans cette expression, c'est la tête... Un journaliste s'est exclamé de la sorte en s'adressant à Pivot, ce qu'il a adoré l'oeil amusé, du reste!

A contrario, "Yoyoter de la touffe (la cafetière)" signifie "être fou, déraisonner, divaguer, dire n'importe quoi". En argot, la "cafetière" désigne la tête depuis le milieu du XIXe siècle. Il en est de même, à des dates différentes, de la touffe (de cheveux). Eh oui, la chute est dure!

"Yoyoter" provient simplement du jeu très ancien, le yoyo. Par extension, celui qui yoyote de la cafetière (ou de la touffe) est vu comme bon à envoyer à l'asile.

Merci Estèbe pour ce compliment!

Écrit par : Micheline | lundi, 24 novembre 2008

Vous ne yoyotez pas de la touffe, ma délicieuse enfant (j'aime prendre ce ton paternaliste), vous yoyotez de la mèche rebelle.

;o)

Écrit par : Blondesen | lundi, 24 novembre 2008

Cher Per, votre interpellation me va tout doit au coeur... O tempore! o mores!

On est en droit de se demander quel djeun aujourd'hui s'en irait courir le guilledou, en pratiquant les bagatelles de la porte. Tout en ayant même le béguin pour une jouvencelle, il ne lui viendrait pas à la cafetière de lui proposer de tailler bavette ensemble. Or, à force de faire un buisson creux, ne riquerait-il pas de se retrouver lui-même sur la paille?

Au fait, quand nous payerons-nous le prochain rubis sur ongle, cher Ami?

Écrit par : Micheline | lundi, 24 novembre 2008

compléments et précisions:
«Pété de thunes», être plein aux as : être très riche
«Fumer la moquette», être dérangé, faire ou dire n’importe quoi
«Souffler dans les bronches» : engueuler quelqu’un
« Tailler une bavette », « tartailler » : bavarder un petit coup
«Être vexé comme un pou» : être très vexé
« Aller se faire lanlaire » (foutre) , aller se faire voir chez les grecs
« Avoir de la branche » = faire partie de la noblesse, avoir de (beaux- ?) Parents avec particule
« Changer de crémerie » = aller voir ailleurs, changer de boutique, d’entreprise,
« Manger la grenouille » = vivre d’expédients
« Faire la sainte nitouche » = jouer les femmes chastes et innocentes, par extension, cacher ses défauts pour se donner un air innocent
« En avoir sa claque » = en avoir marre, être excédé, en avoir ras le bol / la casquette, plein le c…

Écrit par : berthierch | mercredi, 03 décembre 2008

Sans vouloir charger Tout le monde,
Il serait judicieux que Chacun
Fasse ce qu'il doit sans espérer que
Quelqu'un le fera à sa place
Car llà où on attend Quelqu'un,
Généralement, on ne trouve Personne!

Écrit par : Dr. Nemo | mardi, 29 décembre 2009

Les commentaires sont fermés.