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mardi, 25 novembre 2008

Drogue et/ou déchets : Roberto Saviano, auteur de Gomorra, sous escorte à Paris

À l’heure où nous sommes appelés à nous prononcer sur la libéralisation de quelque drogue, faute de le pouvoir sur l’école par la faute d'un gouverneur et après le scandale des déchets napolitains dévoilé il y a quelques mois, Roberto Saviano s'explique sur les enjeux du trafic de drogue.

saviano3.jpgLe visage marqué de Roberto Saviano laisse deviner une vie traquée. Le regard voilé, la voix profonde, les joues creuses mais sillonnées d’une barbe de trois jours, il a été accueilli en vedette au colloque contre la drogue qui se déroulait vendredi dans la capitale française. Toujours sous haute protection depuis l’été 2006, suite à la parution de son roman sur la mafia napolitaine et la gestion des déchets, laquelle a fait des émules dans notre cité, Saviano s’est exprimé sur les investissements des « multinationales de la drogue » qu’il dénonce sans détours. Selon lui, « il n’y a pas eu un vrai plan de lutte par rapport à l’arrivée du réinvestissement de l’argent de l’argent ». Aucune politique européenne n’a été prévue pour pallier à l’ampleur et aux implications sur l’économie réelle des 100 milliards d’euros/an injectés par les mafias italiennes (le chiffre global s’élèverait entre 300 et 500 milliards sur le plan international). Aussi, est-on naturellement légitimés à se poser la question comment des pays comment l’Italie, la France, l’Angleterre par exemple pourraient y renoncer.fumer7.jpg

L’absence de rigueur et de fermeté face au fléau du flux des drogues en est la cause, d’après le journaliste. C’est ce qui fait dire à un des intervenants que les organisations criminelles ont la volonté de se fondre dans la société, en essayant d’acquérir le pouvoir et d’obtenir le consensus social et politique. Ce statut les décriminaliserait ainsi… à tel point que ce fait amène Saviano à se demander si les trafiquants pourraient à paraphraser une pensée du philosophe arabe Averroes : « Regarde la cocaïne et tu verras la poudre blanche ; regarde à travers la cocaïne, et tu verras le monde… ».

Certes, la malhonnêteté intellectuelle a de tout temps inspiré les manipulateurs en tous genres, un peu comme la phrase « Arbeit macht frei » de Hegel sorti de son contexte, se retrouvant à l’entrée des camps de concentration.

saviano4.jpgLes réflexions sur la drogue de l’écrivain alimenteront-elles un peu notre choix de vote pour le 30 novembre ?

Reste à savoir concernant le sort de cet homme charismatique dont la vie est menacée à chaque instant s’il demandera l’asile … en France.

Le film tiré de son roman documentaire, réalisé par Matteo Garrone, s'est vu décérner le Grand prix du Festival de Cannes, cette année.

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Commentaires

Si j’étais trafiquant devrais-je voter 2 fois oui ou 2 x non ?

Je crains que si l’on votait oui, le volume qui passe par les trafiquants diminuerait à terme ou alors les trafiquants deviendraient soumis à la TVA et à l’impôt sur les revenus. Ce qui serait extrêmement pénalisant car du même coup il faudrait monter une administration et on ne toucherait plus l’aide sociale avec logement gratuit et argent de poche. On risquerait également d’obliger les trafiquants de faire des contrôles de qualité.

Est-ce que ce sont les trafiquants qui créent la demande ou est-ce la société qui le fait ?

Ayez pitié avec les trafiquants et votez 2 x non.

Écrit par : Vaga Lum | lundi, 24 novembre 2008

Excellente question, Vaga Lum! La maïeutique fonctionne et j'en suis bien aise. Merci de poser cette bonne question ... Que répondez-vous?

Écrit par : Micheline Pace | lundi, 24 novembre 2008

La société crée le besoin d'évasion (plus ou moins fort) de certains des êtres qui la composent, une partie de ces êtres voulant s'évader vont aller jusqu'à utiliser certaines des substances qu'on connait sous le nom de "drogues", malgré les dangers supposés ou potentiels (faut essayer pour le savoir en plus).

Certaines de ces drogues sont dénoncées, leurs dangers connus etc... drogues dures et alcools forts font les mêmes dégâts, pourtant on y applique pas les mêmes "logiques" (si j'ose dire), et on est plus pollués par les voitures que par le tabac (même si c'est une autre histoire, la voiture est parfois aussi une drogue pour certains).

D'autres drogues sont plutôt un peu cachées, ainsi que les dommages causés par leurs abus, le café, le chocolat et autres sucreries, sont addictifs et peuvent mener à de graves ennuis de santé si on en abuse, mais d'un autre côté comme ça rapporte pas mal de fric personne gueule trop, mais le problème devient de plus en plus grave (allié à la sédentarité=obésité par gourmandise+flemme).

Le trafiquant, le grossiste et le dealer arrivent ensuite, quelle que soit la marchandise (alcool, cigarettes, hachiche ou cocaine ou armes, peu importe) ils vont pas risquer quoi que ça soit si il y a pas un débouché, il faut qu'il y ait des acheteurs pour avoir du trafic. Et plus c'est interdit et/ou plus l'Etat y prend d'argent en taxes, plus c'est intéressant pour un "smuggler".

@VagaLum, je pense que les "bons" trafiquants font déjà des contrôles qualité, ne serait-ce que pour se damer le pion entre concurrents directs, et puis avec l'argent que ça rapporte, autant que les clients ne crèvent pas tout-de-suite, histoire de leur en refourguer encore un peu plus. Vous savez malgré l'aspect, disons immoral, c'est juste du business. Avec ou sans l'aide des financiers, politiciens et autres avocats véreux.

Vous pariez que si un jour il devient légal de cultiver et vendre du chanvre "à usage récréatif" librement en Suisse, on trouvera ça au rayon fines herbes de la Migros avec le label garanti biotruc et en action à l'approche de l'automne ??

P.S. Ayez pitié pour les consommateurs, votez 2x OUI :))

Écrit par : Hachiche Kebab | lundi, 24 novembre 2008

"C’est ce qui fait dire à un des intervenants que les organisations criminelles ont la volonté de se fondre dans la société, en essayant d’acquérir le pouvoir et d’obtenir le consensus social et politique. Ce statut les décriminaliserait ainsi…" F.F Coppolla avait déjà traité ce thème dans un des "épisodes" du "Parrain" (le dernier?) ceci fin des années 70, juste pour dire que ce phénomène et sa dénonciation ne sont pas tombés avec la dernière neige...
J'avais aussi aimé le livre dont rien que le titre parle "les hommes se droguent, l'état se renforce" ou les auteurs ne faisaient pas de distinguo entre "légales" et "illégales"... éditions Champ libre, si vous le cherchez en bibliothèque.

Écrit par : le passager | mardi, 25 novembre 2008

Grand merci, Micheline Pace, d'ouvrir un débat "panoramique" sur la question.
Je crois qu'il faut dire non à ce qui est malsain. Le chanvre pris très régulièrement est bien plus malsain que ceux qui le fument le prétendent. En effet, il touche des zones subtiles du fonctionnement cérébral dont les fumeurs ne sont pas conscients alors que les thérapeutes énergéticiens et les psychothérapeutes le constatent nettement.

Écrit par : Marie-France de Meuron | mardi, 25 novembre 2008

Grand merci, Micheline Pace, d'ouvrir un débat "panoramique" sur la question.
Je crois qu'il faut dire non à ce qui est malsain. Le chanvre pris très régulièrement est bien plus malsain que ceux qui le fument le prétendent. En effet, il touche des zones subtiles du fonctionnement cérébral dont les fumeurs ne sont pas conscients alors que les thérapeutes énergéticiens et les psychothérapeutes le constatent nettement.

Écrit par : Marie-France de Meuron | mardi, 25 novembre 2008

Pour ma part je voterai oui à l'initiative. J'ai pris ma décision. D'une part je ne crois pas à la dangerosité du produit sauf dans certains cas précis, et un contrôle d'Etat évitera des variétés trop fortes ou mélangées. Ensuite parce que les trafiquants auront un moyen d'emprise en moins sur la société; car ne nous leurrons pas: interdit ou pas, le cannabis existe dans notre société depuis 50 ans, et même bien plus puisqu'avant la prohibition il était consommé déjà par nombre d'artistes. Ensuite pour le choix de chacun. Après l'idéal serait de vivre sans besoin d'aucune substance psychotrope, mais cela c'est une autre histoire. L'interdit n'a pas fait avancer dans ce sens.

Écrit par : hommelibre | mardi, 25 novembre 2008

Le besoin de braver les interdits a toujours existé. Par conséquent, autant interdire une drogue d'un degré apparemment moindre que d'inciter à chercher des drogues plus dures.
Les trafiquants auront toujours de l'emprise puisqu'ils viseront les jeunes au-dessous de l'âge limite.
Que le choix existe oui! mais pas avec l'assentiment mou de la société.

Écrit par : Marie-France de Meuron | mardi, 25 novembre 2008

Merci Marie-France de nous donner un avis d'experte en sciences médicales! Je pense tout comme vous qu'il ne s'agit pas libéraliser une drogue pour qu'une fois devenue licite, elle n'en soit pas moins nocive.

Enfin, les Etats m'ont qu'à régler le trafic de drogues comme il le fait avec d'autres marchés plutôt que d'inciter la population à consommer de tels poisons sous prétexte que ce ne serait pas interdit.

Bien à vous!

Écrit par : Micheline Pace | mardi, 25 novembre 2008

L'interdit ne résoud pas tout , mais aide à libérer notre conscience. Il faudra éduquer les parents, au lieu de culpabiliser les enfants. La racine du mal ce sont bien eux qui n'ont jamais su fixer les limites à leur progéniture. C'est relativement facile de procréer, mais éduquer et responsabiliser, c'en est une autre question!
Vu la gravité, j'ai voté oui au contre-projet, en pensant que c'est le moindre mal.
J'aimerais juste ajouter que toute le monde parle des drogues séparément, or s'il y a consommation de cannabis, je ne pense pas que les individus boivent de l'eau de pluie, de la fontaine ou du robinet. La preuve, les botelones. Les effets cumulés sont pervers. Pour ma part, il faut faire la différence entre déguster, apprécier et consommer! C'est ainsi avec tous les petits ou grands plaisirs de la vie, ne pensez-vous pas?

Écrit par : Etoile de Neige | jeudi, 27 novembre 2008

Bonjour Etoile, je respecte votre avis mais ne puis le partager pour deux raisons : le moindre mal serait le rejet du CP car on amoindrirait tout de même la la possibilité de se fournir ces drogues dangeureuses pour la santé; dans le cas contraire, une libéralisation signifierait mutatis mutandi un encouragement à les consommer sans parler de leur entrée dans les moeurs sociales, banalisées et accessibles.

De plus, je ne vois pas dans ce phénomène qu'une seule racine. L'éducation est certes primordiale dans la constitution des goûts, inclinations, codes sociaux, de la personnalité en somme; mais comme vous le savez, deux mêmes éducations ne produisent pas forcéments deux types de comportements similaires. (Personnellement, j'ai fait le choix de ne pas enfanter et de surpeupler en vain la planète de malheureux pour une vie absurde, donc n'y voyez aucune justification à ma position.) L'école, en revanche, regorge d'élèves qui arrivent pétés à huit heures du matin; ce triste spectacle n'est pas du ressort des profs car il n'est pas bon de mélanger les casquettes et parce que le prof n'a pas à se mêler de la vie privée des familles; ça n'est pas inscrit dans son cahier des charges et ça ne serait pas souhaitable, d'ailleurs. Je vous laisse imaginez les conséquences! Enfin, dans la réalité institutionnelle, aucun prof n'est soutenu par sa hiérarchie s'il le faisait : d'innombrables enseignants se sont vus giclés (contrats non renouvelés, par ex.) lorsque pour des raisons humanitaires, il a voulu aidé un élève en perdition.

Sinon, en bonne épicurienne, je suis d'accord avec vous : profitons des plaisirs de la vie (à défaut d'autres valeurs supérieurs, qui ne s'accomodent pas avec notre condition humaine) avant qu'il ne soit trop tard ...

Bien à vous!

Écrit par : Micheline | jeudi, 27 novembre 2008

*chère Micheline, je sens qu'il y a du répondant et que vous n'êtes pas tombée de la dernière pluie.
Ai-je fait une bourde en affirmant que je votais oui pour le contre-projet? Je me rappelle plus du texte, mais je suis aussi contre la légalisation du canabis, bienque les interdits ne résoudent pas tout. Quant aux autres drogues (nicotine et alcool), pourquoi ne pas régler la consommation par des taxes encore plus élevées? Augmenter un paquet de cigarette de 90 centimes ne retiendra certainement pas les consommateurs. Vu que la communauté contribue indirectement très largement à ces méfaits, je proposerais une nouvelle taxe "santé", qui subventionnerait directement les primes de caisses maladies d'une part et les associations sportives d'autre part!

99 % des individus ont reçu dans leur couffin un capital santé qu'il faut entretenir. Un % peut-être n'ont eu moins de chance (naître affaibli ou avec une maladie). Dans un corps sain, repose un esprit sain ! J'affirme que la santé se paie. A nous de faire un effort (courir, marcher, Yoga, gym, divers sports, et last but not least utiliser des méthodes de soutien modernes (biomagnétisme). Oui, en alliant médecine et physique on est en train de révolutionner notre bien-être. Et ce n'est qu'un début!
Quant à votre remarque qu'on ne peut pas généraliser pour l'éducation, je dois vous donner partiellement raison. C'est vrai, dans une même famille, pas tous les enfants réagissent de la même manière, aussi bien qu'en cas de divorce ou autres problèmes, mais un bon climat favorise tout de même une vie saine. Que vous ayez renoncé à enfanter est un acte réfléchi et plaide en votre faveur, car il y a aussi beaucoup de responsabilités à assumer, ce que beaucoup de parents semblent oublier ou ne pas savoir, en comptant sur les autres (crêches, éducateurs etc.).
Quant aux profs, je trouve scandaleux que les parents critiquent leurs agissements au lieu de les soutenir et communiquer ensemble pour le bien de leurs enfants. Non, on écoute que le son de cloche de leurs enfants chéris, parfaits et intouchables.
In fine, ne généralisons pas, car on parle toujours de la minorité, comme avec les botelones et autres "excès".
Dans l'ensemble, il y a très très beaucoup, énormément, incommensurablement de bons "élèves" et sachez que chaque être est différent ! L'art c'est ... accepter la différence !
Bien à vous

Écrit par : Etoile de Neige | vendredi, 28 novembre 2008

@ Etoile de Neige : juste pour info, la votation sur les drogues tient en 2 volets; un oui à l'un ou à l'autre amènerait un encouragement de la libéralisation ou de la consommation du poison en question.

Merci pour ce dernier échange, très enrichissant en termes "du pourquoi du comment"...

Bonne journée!

Écrit par : Micheline | vendredi, 28 novembre 2008

De grâce, votez 2 X NON au poison! La consommation de drogues ne doit pas être encouragée, directement ou indirectement...

Écrit par : Bofitude | samedi, 29 novembre 2008

Voilà le film "Gomorra" tiré du best-seller de Savano, menacé de mort pae la mafia italienne.

En vente dans les rues de Naples par des commerçants ambulants même dans les kiosques à journaux, le film est choyé par la mafia : elle investit ses capitaux en Chine et pourrait en faire un marché juteux!

Les voies des seigneurs sont indubitablement insondables ...

Écrit par : Ludovic K. | lundi, 08 décembre 2008

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