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samedi, 24 janvier 2009

Pourparlers

L'approche de toute votation entraîne une série de ragots formés de ouï-dire, voire de délations. Cependant, on peut légitimement se demander si la rumeur sert d'information et si les fantasmes servent de scoops où tout cela nous conduira :

  • Si Untel n'observe plus mais invente ce qu'il raconte, quel rempart nous reste-t-il contre l'hystérie de l'époque ?  
  • Si les journalistes, commentateurs ou informateurs cessent de faire le tri entre les rumeurs et les faits, qui le fera ?
  • Est-ce l'avenir des contre-pouvoirs que de cracher en l'air avant d'être rappelés à l'exigence élémentaire de probité ?

Il en va de même dans la vie politique ou la blosophère. Certains n'existent qu'en vomissant sur d'autres quand bien même il serait plus judicieux de vérifier ses dires avant d'alléguer péremptoirement n'importe quelle contre-vérité. A lire les arguments des détracteurs, on se rend compte qu'il s'agit souvent d'une question d'identité ...

tignous2.jpgTignous

 La liberté d'expression exige d'avoir le sens des responsabilités, tout comme la transparence exige l'honnêteté, sans quoi, comme le suggère Beaumarchais par la bouche de Basile, dans Le Barbier de Séville (acte 2, scène VIII) :  

"La calomnie, Monsieur! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. Croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde, qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville en s'y prenant bien: et nous avons ici des gens d'une adresse !... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l'orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné.

Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'oeil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

Il suffirait ainsi de lancer une rumeur, d'abord infime, pour qu'elle s'alimente d'elle-même pour finalement prendre peu à peu des proportions telles qu'elle en vient à éclabousser le tenant d'une opinion adverse. Il en va de la survie de l'Etat de droit !  

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Commentaires

Un trait d'esprit dans ce monde de brutes fait du bien! La calomnie se glisse là où on l'attend pas toujours ...

Écrit par : François T. | vendredi, 16 janvier 2009

Gaspiller autant de temps et d'argent,
ressources si vitales en ces basses sphères!

Écrit par : Blabla-blog | lundi, 02 février 2009

La capacité à fermer boutique quand bon semble au Blogueur face à la seule polémique ou la contestation, l’ennui ou l’excès, le désintérêt ou le manque d’inspiration, caractérise bien l'activité du Blogueur.

Ce comportement montre le caractère à la fois ludique, léger et nonchalant, l’aspect cosmétique de la démarche du Blog, contrairement à celle, nécessairement professionnelle, des journaux!

Quant aux corbeaux, ils coninueront à sévir et à servir les instructeurs en tous genres ...

Écrit par : Messaline | mardi, 03 février 2009

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