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dimanche, 01 février 2009

La Constituante fendra-t-elle l’armure?

Le Jour J arrive. En ce lundi 2 février, la Constituante prêtera officiellement serment, ce sous l’ancien Arsenal, à côté du Dufour.pngrestaurant Les Armures (lieu peut-être plus connu, devenu une institution en soi). Le peuple se réjouit d’entendre enfin le discours d’ouverture qui inaugurera cette nouvelle « aventure » au son des canons. Par un clin d'oeil de l'histoire, souvenons-nous qu’en 1862, un certain …  général Henri Dufour, le doyen d’âge, présidait l’assemblée en charge de la dernière révision de la Constitution, valable jusqu’à nos jours.

Les dignes héritiers de James Fazy, mort injustement seul et misérable, se demandent déjà à quelle sauce ils vont être mangés. Le texte rédigé en 2012 sera-t-il accepté par le demos ?

Des noms d’illustres grands hommes ont été prononcés lors de la première réunion des 80 élus le 20 novembre dernier, dont celui de Pestalozzi. On se demandera naturellement s’il existe un rapport entre l’état de la scolarisation de l’époque et celui d'aujourd’hui. Assurément pas ! Devenue obligatoire pour tous, l’école est devenue une institution régie bien plus par des procédures mécaniques, idéologisées,  dont le premier souci n'est pas que les gens qui en sortent sachent vraiment lire, écrire et compter : l’esprit s’est atrophié pour laisser place à une robotisation des comportements (la preuve en est par exemple la multiplication des modes d’emploi pour maîtriser telle ou telle discipline).

Pestalozzi2.jpgLes prêts-à-porter de la pensée ont gagné désormais toutes les sphères de la société. En matière de justice, la politisation des pratiques n’est plus à démontrer même à un étudiant en droit de première année. Des décisions rendues, injustes parce qu’idéologisées, il y en a eu pléthore ; mais -dieu merci- le procureur général veille avec la plus grande vigilance à ce que l'idéologisation des vues ne prenne le dessus. D’ailleurs, l’actuelle constitution découle de la tradition de l’Ancien Régime (la Réforme n’a malheureusement pas apporté la Renaissance, contrairement à ce qu’affirment certains historiens pour des motifs carriéristes) : elle prévoit notamment que le chef du pouvoir judiciaire soit un magistrat tout puissant certes, mais qu’il dispose aussi de compétences dans le domaine d’ordre public ; or, ce dernier reste essentiellement du ressort du Conseil d’Etat ; dans le même ordre, en ce qui concerne son organisation institutionnelle, le pouvoir judiciaire demeure dépendant du pouvoir politique. C’est dire que son autonomie n’en est que très relative, pour ne pas dire « un vain mot ».

Puisse donc la nouvelle Constitution réaliser les vœux de la population traduits dans les urnes ces derniers mois dans le sens d’une vraie séparation des pouvoirs ! Pour ce faire, il est une condition à remplir : fendre l’armure (autre appellation courante synonyme : fendre la cuirasse). Cette expression – une métaphore – a été employée pour deux anciens premiers ministres français jugés trop rigides et trop froids par le grand public. Sa signification est claire : enlever les corsets dans lesquels une personne ou une entité se trouvent enfermées, un balai soupçonné de n’être pas à sa place ordinaire. La nouvelle Assemblée constituante aura-t-elle la formidable audace d’abattre les remparts dressés depuis si longtemps, corroborant des forces d’inertie au lieu de procurer libertés, prospérité et sécurité dans le canton le plus triste de l'Helvétie?

Fendre suppose justement que s’exerce de l’intérieur une irrésistible poussée libératrice, devant lesquelles, les résistances et protections blindées céderont. . . pour faire enfin place à une nouvelle société, celle que les Genevois méritent vraiment.  Il est permis d'en douter ...

Dans l'ordre, les 2 images se réfèrent à :

-  Général Guillaume-Henri Dufour (1787-1875)   

-  Pestalozzi, Holzstich, 1882

 

13:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : constiution genevoise | |  Facebook

Commentaires

À voir comme on se parle dans cette société, on peut douter. L'esprit de la nouvelle assemblée, vue sa composition, ne sera pas au changement. Les corsets qui asphyxient notre république la feront mourire à petit feu.

Écrit par : Taratata | dimanche, 01 février 2009

"le canton le plus triste de l'Helvétie?"

Vraiment ? Etes-vous déjà sortie des limites de l'arc lémanique? Connaissez-vous les cantons dits primitifs, les villes sinistres et froides de certains cantons que je ne nommerai pas mais que je connais et où je ne voudrais pas vivre pour tout l'or du monde! Certains petits villages si mignons, si proprets, les cartes postales de la Suisse du siècle passé sont d'un ennui que je me félicite de n'avoir pas à y demeurer.

Le problème des Genevois c'est qu'ils sont de vrais râleurs et ne se rendent pas compte des énormes avantages qu'ils ont et qui font l'admiration de bons nombres de compatriotes. L'auto-flagellation, la complainte permanente, les comportements d'enfants gâtés, voilà ce qui mine Genève. Mais je n'ai pas du tout l'impression de vivre dans une ville triste, et si c'était le cas, je déménagerais sans tarder.

Laissons toutefois à la Constituante le bénéfice du doute et attendons leurs premiers travaux, tout en sachant que les défis auxquels la société est confrontée ne seront pas relevés par des changements dans un texte constitutionnel, si révolutionnaire soient-ils.

Écrit par : Tatage | dimanche, 01 février 2009

Oui. Ayant bourlingué (oh, pas autant que je l'aurais voulu) en dehors de l'arc lémanique et en-dehors de nos frontières, tout court, j'en ai parfois déduit que les appellations "primitifs" ou "civilisés" ne sont pas toujours si aisées à attribuer, ni même le degré de "bonheur" selon une liste d'utilités bien définie... Derrière les images cartes postales, se cachent différentes réalités; Genève aussi montre une image d'épinal! En cela, elle n'échappe pas à la règle.

En effet, on se doit de dire que c'est tellement génial de vivre ici, qu'on est tellement plus riche qu'ailleurs en comparant l'incomparable, qu'on fait partie des sociétés les plus civilisées, que nous n'avons pas de besoins mais seulement des désirs, que la vie y est si facile et agréable que le luxe remplace les biens de première nécessité, etc, etc. Or, si seuls 5% de la population sont concernés par cette description, il n'en reste pas moins que beaucoup ne sont pas satisfaits et ne peuvent fomenter des projets, d'autant que le manque dans une société "prospère" se fait ressentir plus cruellement.

Personnelllement, je ne me suis jamais sentie gâtée et ne me reconnais pas dans ce genre clichés. Râler n'est pas mon genre mais j'ai mené quelques combats à ma mesure et les raisons d'amertume ne manquent pas, croyez-moi. Quel gâchis! Avoir tous ces moyens à sa disposition et si peu de volonté de faire bien dela part de ceux qui ont le pouvoir est simplement désolant... C'est bien la force d'inertie qui plombe cette société où beaucoup n'ont rien à perdre comme dans n'importe quelle société, d'ailleurs. C'est le signe de la fin d'une civilisation. Et puis, à part les biens matériels, dénombrables, quantifiables, il existe aussi des choses qui ne sauraien être achetées: là, je ne suis pas certaine que notre société se classe au sommet de l'échelle.

Comme quoi, Tatage, méfions-nous de la pensée automatique!

Pour terminer avec la Constituante, je lui souhaite également d'effectuer des travaux de qualité pour notre société future!

Écrit par : Micheline | dimanche, 01 février 2009

"Râler n'est pas mon genre"
Eh bien, qu'est-ce que ça serait si c'était le cas! ;-) (cf tous vos messages anti-DIP et anti-CB!)

Écrit par : Tatage | dimanche, 01 février 2009

Les clivages "gauche-droite" sont bel et bien représentés dans cette Assemblée et surtout des clans établis, avec ses vieilles rengaines! On est donc en droit de douter du dé-corsetage de notre république. Moche tout ça!

Écrit par : Taratata | dimanche, 01 février 2009

@ Tatage : votre dernier propos est intéressant. Rien ne vous autorise à former un tel jugement à mon égard au vu des références avancées. Bien au contraire : Ces billets relatent la stricte vérité de faits avérés. D'autres suivront. Des auteurs de différents blogs en suivent d'ailleurs la trace. Beaucoup de personnes me savent gré de mes informations détaillées, preuves à l'appui, d'une réalité si opaque dont on croit si facilement qu'on peut dire n'importe quoi.

Je ne sais si vous êtes un porte-parole de CB mais vous pouvez lui transmettre de ma part qu'il peut m'appeler pour en discuter éventuellement.

Écrit par : Micheline | dimanche, 01 février 2009

Vous m'amusez ;-)
"Rien ne vous autorise à former un tel jugement à mon égard"
Disons que j'ai remarqué, comme certainement d'autres lecteurs des blogs de la TDG/24 heures, que vous avez une "affection particulière" pour le DIP et Charles Beer. Même lorsque le lien entre le sujet évoqué et ce département ne saute pas aux yeux à première vue, vous trouvez toujours un moyen de placer votre discours anti-DIP/CB, cela en est même devenu comique ;-) (C'est vérifiable, Google conserve tout ;) )

Vous avez dû manquer mes messages sur les blogs tdg où je vous disais n'avoir aucun lien avec des politiciens de quelconque parti, je suis juste un bulletin de vote, qui utilise le web pour s'informer. Alors, si vous avez quelque chose à dire à CB, écrivez-lui, son adresse email est publique : charles.beer at etat-ge.ch Il a même un site (non mis à jour, comme les sites de la plupart des politiciens) charlesbeer.ch , vous devriez bien pouvoir le contacter vous-même. (Evidemment, s'il a lu votre prose sur les blogs, il aura peut-être des réticences à vous recevoir! ;-) )

Écrit par : Tatage | dimanche, 01 février 2009

Détrompez-vous, Tatage. Je ne nourris aucune affectation particulière à l'égard de la personne (que je trouve plutôt terne, insignifiant, incompétent et lâche) ni de l'institution publique qu'il est censé représenter (totalement à la dérive, ce au mépris des conventions, des lois et des dossiers chauds). Ainsi, je ne souffre d'aucun syndrôme de Münschausen Pour vous paraphraser, je ne suis qu'une électrice, qu'une citoyenne, qu'une contribuable, mais bonne connaisseuse des procédures de la république, de ses coulisses, des tenants et aboutissants de telle décision.

Je vous ai suivi dans différents commentaires et c'est surtout au sujet du DIP-CB que je vous ai lu. D'ailleurs, jusque dans cet article-ci. Puisque vous m'en parlez, j'en conclus donc naturellement que vous avez quelque chose à me dire à ce sujet. Enfin, sachez que beaucoup de gens sont reconnaisants du fait que j'instruise certains faits qui passeraient autrement inaperçus, du fait aussi que mes analyses proposent des vues d'habitude ignorées. C'est un devoir de citoyen accompli à défaut d'un conseil professionnel personnalisé. 0;)

Écrit par : Micheline | lundi, 02 février 2009

@ Tatage : Alors, qu'est-ce que vous en dites? D'autre blogs parlent de choses graves concernant votre acolyte Charles Beer...
"Evidemment, s'il a lu votre prose sur les blogs, il aura peut-être des réticences à vous recevoir!" = toujours rien compris à votre insinuation! car de notoriété publique CB ne répond pas aux courriers; du haut de son mépris, il toise, bien que tancé, la populace... qui l'élit! Pour recevoir, il FAUT DONNER...

Écrit par : Micheline Pace | mardi, 03 février 2009

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