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lundi, 23 février 2009

Locavore, l'homme est

pour ceux qui aiment les fraises.jpgLes chevaux sont herbivores. Les loups sont carnivores. Les corbeaux sont surtout amateurs d’insectes, donc aussi carnivores ; ces deniers sont des charognards et débarrassent la nature de restes de carcasses abandonnées par d'autres ; c’est dire qu’ils contribuent au nettoyage des dépotoirs. Les hommes ? Un peu des trois, certainement ! Mais ils sont désormais locavores …

Le néologisme est entré dans la danse depuis 2007. Qui sont au juste les locavores? Ils refusent de manger des produits fabriqués artificiellement, préparés ou emballés dans un rayon de plus de … 160 km. 

Leur philosophie se résume à consommer local et saisonnier pour limiter l’émission des gaz toxiques, revivifier la campagne ... Bon, vous allez me rétorquer que Rousseau maugréait la même idée («Ah, si les Anglais n’avaient pas envie de manger des fraises en plein hiver, le monde irait tellement mieux !») 


La révolte est née du spectacle des sempiternels petit-fours, des délations réitérées afin de jouer à celui qui lave plus blanc, de la démagogieSujetVendeur2.jpg pédagogique ambiante. Le mouvement prend corps d’un dilemme existentiel simple, si j’ose dire : on se demande légitimement s’il est plus éthique de manger une reinette traitée de son voisin ou une pomme qui a fait vingt heures de vol ! D'autant que le nouveau credo incite de manière coercitive à devoir manger au moins une pomme par jour - parmi ls 5 fruits/légumes quotidiens - afin d'éloigner la possibilité du docteur.

Le sens commun commande à cette cuisine du marché très attractive. Mais une condition se dresse pourtant à la réalisation de ce mode de vie : qu’on abandonne le café, le riz, le chocolat, le thé, les produits de la mer, les oranges, les citrons, etc… Autrement dit : il faut renoncer au goût des autres peuplades dont la culture passe si souvent par les papilles gustatives !

Au juste, les locavores, seraient-ils finalement des illusionnistes mal léchés ? Chacun sait bien qu’avaler des fraises en hiver n’a rien de naturel mais eux culpabilisent en assénant à quel point un tel comportement humain nuit à la nature ! La cause du méfait en est imputable à l’utilisation massive de produits chimiques tels que des engrais (les fongicides et les pesticides dont le bromure de méthyle a fini par être interdit en Europe !)… c’est dire que la fraise est l’un des fruits les lus contaminés par les résidus toxiques ! Si on y ajoute 4.500 t/an de déchets plastiques, la pollution engendrée par les camions qui les transportent et le travail de saisonniers pour la plupart africains, on en arrive à se faire passer l’envie de fraises ! Que dire des patates, multifonctionnelles ?

Moralité : consommez local et vous vivrez sans remords !

16:56 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : locavore, nature, culture, manger, santé, goût | |  Facebook

Commentaires

Quoi?! serais-je locavore, donc? En voilà, une trouvaille! Et quelle identité caractéristique ... je mange local! je vote local! je consomme local (femmes y compris), donc je suis!

Écrit par : François Thévenet | lundi, 23 février 2009

Les dictons de diététiciens et médecins, on en a ras-la-patate ! C'est ce qu'on appelle "se refiler la patate chaude"... Vous faites bien de vous informer, ma chère Micheline, de la sauce à laquelle nous serons mangés si nous n’y prenons gare !

Les techniciens de la santé globale nous asséneront sans complexe : « Si vous souffrez du mal X ou Y, c’est parce que vous ne mangez pas 1 pomme par jour ! Aussi, suspendons-nous tout autre traitement et votre mal ne sera pris en charge par les assurances. »

Dernièrement, dans un cercle d’initiés où s’étaient rassemblés docteurs, politiciens, restaurateurs, psychologues, j’entendais le slogan suivant au bas mot:

- Une pomme par jour pallie prévisiblement aux maladies cardio-vasculaires.
- Deux pommes par jour diminuent le risque du cancer … du côlon.
- Trois pommes par jour éloignent durablement la possibilité du mauvais cholestérol.

Tous avaient l’air convaincus, à la manière de la tirade de Toinette sur le poumon, en réponse à son maître qui se plaignait sans cesse dans le « Malade imaginaire » …

Le martèlement acharné dont tous faisaient preuve pour inculper le pauvre patient frisait l’hilarité !

Écrit par : Ragot | lundi, 23 février 2009

Dans les normes du bien vivre qui nous gouverneront bientôt avec toutes les contraintes attendues, on peut en relever encore une : - Etudes à l'appui (comme pour la cigarette), la pomme doit être consommée de préférence crue et fraîche, plutôt cueillie sur un arbre de la région qu'à l'autre bout du monde; il faudra la choisir labellisée bio, histoire de la croquer avec sa peau, évitant ainsi le risque d'avaler des pesticides malgré la haute teneur en minceur.

Voilà le joyeux monde dans lequel nous vivons! Faites-vous chier coup sur coup ... mais vivez plus longtemps! (tiens, ça rjoint le thème du précédent article sur la consommation durable...)

Écrit par : Delphine | lundi, 23 février 2009

Chère Micheline, je n'aime pas plus que vous les dogmatismes, quels qu'ils soient. Mais il est pourtant vrai que manger fruits et légumes crus apportent des anti-radicaux libres (rien à voir avec la politique) qui eux, sont pourvoyeurs de maladies de civilisation. Cela dit nous y survivons - plus ou moins bien cependant.

Mais cela n'est pas le vrai but de mon commentaire. Non, le vrai but est celui-ci: Je suis d'accord de manger des prunes pendant une semaine si c'est Angelina Jolie qui me les apporte chaque matin au réveil... Ne raillez pas: pour une fois que je la trouve... jolie!

Écrit par : hommelibre | lundi, 23 février 2009

Hello Hommelibre! On n'en veut pas aux avancées scientifiques, loin s'en faut, c'est leur récupération qui fait problème par n'importe quel corporatisme. Je suis d'avis avec vous pour rappeler certaines vérités mais il n'en est pas moins vrai qu'on n'est pas toujours libres de ses comportements (alimentaires ou autres). S'il suffisait de savoir pour pouvoir, la face du monde s'en trouverait bien différente ... Ce qui me fait peur dans ce type de matraquage, c'est l'augmentation de stress chez des gens déjà stressés par mille choses dont le manque de moyens d'agir autrement.

Mais vous savez bien à quel point j'admire vos points de vue et activités envue d'un bien-être global. Au plaisir de vous lire bientôt, cher électron libre!

Écrit par : Micheline Pace | lundi, 23 février 2009

Oui Micheline, d'accord sur le stress quand c'est repris comme une idéologie, un matraquage. Et en particulier dans le domaine de l'alimentation, les changements de comportements sont difficiles. Il ne suffit pas de dire Je veux pour que cela marche. Et puis personne n'est obligé de vivre dans une "pureté" alimentaire dont le concept même est souvent synonyme de pathologie. Moi je vois les choses en thérapeute, mais même là la question n'est jamais d'obliger qui que ce soit, mais de mieux cerner les vrais besoins de l'esprit et du corps.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | lundi, 23 février 2009

Jolie mange sagement des fraises en hiver! En voilà une nouvelle qui va faire trembler le monde sur ses bases ... Quoique! Que dire du sexe des aliments?

Écrit par : Philippe Billard | lundi, 23 février 2009

Le sexe des aliments, parlons-en! Si la pomme androgyne bonne pour la santé ne suscite pas un engouement démesuré, la fraise apparaît de par sa forme et sa couleur dans sa féminité la plus éclatante. Le concombre et la banane sont pour des raisons évidentes bien masculines. Mais il reste une inconnue concernant les huîtres: ce que révèlent certaines études, ce sont leurs propriétés érotiques, ce grâce entre autre à leur teneur élevée en iode et en phosphore, d'une part et à la laitance, d'autre part; c'est que la fameuse substance blanche ne constitue rien d’autre que le liquide séminal émis par les huîtres, dont le rôle pour la reproduction n'est pas à prouver.

Ainsi, de l'Antiquité à nos jours, le sexe (voire le caractère érotique) des aliments n'a jamais cessé de nourrir notre imaginaire, non sans démonstrations convaincantes ...

Écrit par : Micheline Pace | mardi, 24 février 2009

Sur le plan culturel, même, la culture locale apparaît comme moins congelée et plus vitalisante que la culture dépersonnalisée imposée par exemple depuis Paris. Micheline n'aime pas forcément François de Sales, qui a pourtant vécu et est né à peu de kilomètres de Genève, mais cela, aussi, c'est le risque des aliments frais, pas aussi faciles à digérer sur le moment que les aliments congelés, quoique plus vitalisants sur le long terme (meilleur pour les défenses immunitaires). Cela dit, l'écologie n'a pas de frontière, et les Genevois qui mangeraient savoyard seraient certainement de vrais écologistes. Micheline, par exemple, que pensez-vous de la dernière parution des éditions Le Tour, portant sur une conférie de maçons qui ont construit le port de Versoix, le château de Voltaire, la cité de Carouge, et ont participé au développement urbain de la genève du XIXe siècle ? Il faut avouer qu'en principe, c'est plus de la culture locale que la plupart des choses dont on entend habituellement parler. C'est du tout frais, pour ainsi dire.

Écrit par : Rémi Mogenet | mardi, 24 février 2009

Bonjour Micheline !

Quel plaisir de vous relire. Quel dommage que nous n'avons pas le temps de nous rencontrer, le travail oblige !?!

Locavore ? Non pas moi, on pourrait dire de moi que je mange comme une chèvre (tout en gardant une ligne agréable à voir...;-)))

Bien à vous - Gonzo.

Écrit par : Gonzo | mardi, 24 février 2009

@ Rémi Mogenet : je ne mélange pas la culture des pommes-de-terre avec le théâtre, par ex.; vous détenez des nouvelles fraîches relatives au château de Voltaire, c'est bien, tant mieux pour vous! Dans son jardin des Délices, protégés par des cache-pictets, il mena vie épicurienne et on peut l'envier à jsute titre...

Écrit par : Micheline | mardi, 24 février 2009

Bonjour Gonzo! Le hasard a déjà voulu que nous nous rencontrâmes virtuellement sur Facebook ... un bon présage malgré des horaires fous ... Le 26 crt, je suis invitée au théâtre et vous informe d'ores et déjà que je ne pourrai venir à la 2ème Soirée des Facebookers qu vous organisez diligemment. Avec mes sincères regrets! Bien à vous.

Écrit par : Micheline | mardi, 24 février 2009

Pour le sexe des aliments, force est de constater que les hommes et les femmes n'ont pas le même rapport aux aliments! En étudiant les célibataires, on arrive à retracer quelques lois "marrantes" :

- Les femmes consomment plus pour les fruits et légumes alors que les hommes préfèrent s'adonner à la viande et à l'alcool.

- Les femmes achètent plus facilement oeufs, lait, formage tandis qu eles hommes portent leur attention sur les aliments plus lourds et plus gras.

- Les femmes vont plus au marché faire leurs courses alors que les hommes préfèrent se faciliter la vie en privilégiant notamment les aliments plus simples à manger et les plus nourrissants.

- Si 5% des hommes dépensent pour leur alimentation à l'extérieur, seules 3% des femmes opèrent ce choix.

L'explication qui peut en être donnée est la suivante : les préoccupations diététiques des hommes diffèrent sensiblement de celles des femmes mais en plus, la représentation des aliments n'est pas la même chez les deux genres!

Écrit par : Philippe B. | mardi, 24 février 2009

Socialisme & Libéralisme : notions schtroumpfées! La preuve en est que les deux partis conservateurs ont opté pour la parité. Et quelle parité! La nullité des candidatures étaient si confondantes ...

Écrit par : Kathy | dimanche, 01 mars 2009

Pourquoi pas un mot sur le radis noir? Que peut-on faire pour consommer des bananes qu'on veut si elles ne peuvent pas pousser chez nous?

Écrit par : GHP | jeudi, 05 mars 2009

MIAM-MIAM-MIAM ... Locavore, moi? Si c'est pour consommer local, fruits ou filles, pourquoi pas!!?!! Vu sous cet angle, je suis preneur!

Écrit par : X X L | jeudi, 13 août 2009

Bonjour,

Je fais une enquête sur les locavores, intéressés à répondre à un questionnaire d'une page A4?
Écrivez-moi:
regine.brasey@students.hevs.ch

Régine

Écrit par : Regine | mardi, 27 mars 2012

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