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lundi, 02 mars 2009

Fracture Numérique : FSN, IUT, Telecom & Cie

l'Imprononçable.jpg"L’Afrique a besoin surtout d’ordinateurs", clamait Abdoulaye Wade, président sénégalais en 2003 lors de la réunion de Lyon autour des enjeux de la fracture numérique.

Cette première conférence internationale sur la solidarité numérique où se sont réunis représentants de gouvernements, du secteur privé ou d’ONG fut soldée par l’idée d’une coopération mondiale en matière de nouvelles technologies. C'est ainsi qu'est né le Fonds de solidarité numérique (FSN),  un outil de développement dans le secteur, dont le siège fut basé à Genève, jusqu'à ... il y a peu.

L’ex-ministre français Alain Madelin préside désormais ce fonds. D’après lui, la somme allouée pour réduire l’écart entre Nord et Sud ne suffit pas à réaliser les objectifs fixés autour de ce problème transversal. La question est de savoir comment faire.

Il est un fait : l'Afrique manque aussi d'ordinateurs. Une solution viable a été trouvée par la création de filières de recyclage d’ordinateurs pour les pays du Sud ! Un chiffre a été articulé : 500 millions d’ordinateurs venant d’Europe résorberait en 5 ans le déficit numérique; par ailleurs, cette nouvelle donne tenderait par la même occasion à la résolutions des différentes fractures.

Pour info, la Banque mondiale avait promis 1 milliard de dollars –soit l’équivalent de 780 millions d’euros- à Kigali pour le numérique mais la somme n’est jamais arrivée à destination…

Aujourd’hui, les connexions en Afrique sont encore toujours trop chères.


Pour pallier à ce fossé, un principe franco-genevois : le prélèvement de 1 % du montant des transactions publiques sur les achats d’ordinateurs et des telecoms, plébiscitée par l’ONU. Comment? Les collectivités demandent, dans leur appel d’offre, aux fournisseurs de verser, sur leur marge, ce petit pourcentage. L’entreprise autant que le matériel fourni, affiche le label « Solidarité numérique. Par exemple, à Genève, une première série d’entreprises a eu accepté le principe dans des soumissions atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros : la société informatique Coris SA, a ainsi prélevé 1% sur un contrat de 60’000 euros pour la mise en place de logiciels libres dans l’administration municipale. Telle somme pourrait être multipliée par les 120 villes francophones souhaitant adhérer au FSN.cerveau.jpg

Une chose est certaine : la France nourrit l'envie de parrainer le Principe de Genève … Christian Ferrazino, ancien Maire de Genève et porte-parole de la FSN expliquait que «si la Suisse ne se propose pas, ce serait dommage de devoir demander à un pays tiers ». Effectivement, l’organisme fut créé et installé dans la capitale diplomatique. Malheureusement, il y a eu démission de la part des précurseurs de l’aventure par manque de soutien et ... devant l’insistance de Monsieur Alain Madelin, mandaté par ailleurs pour un programme de scolarisation des enfants africains dans ce même cadre.

Le siège international des télécommunications (IUT) se trouvant à Genève, un déménagement du FSN serait judicieux? La question récurrente qui vient sur le tapis est de savoir s'il faut craindre que des organismes internationaux envisageraient sérieusement de quitter Genève...

Reste à savoir dans le rapport de forces existant en matière de télécommunications, quel sera le sort de Telecom '09, qui se déroulera du 5 au 9 octobre prochains à Palexpo. La poule aux œufs d’or se déplumerait, à en croire certaines sources … http://www.tdg.ch/geneve/actu/geneve-lance-opa-amicale-telecom-2009-02-26 . Parmi les 900 exposants lors de la dernière émission, on sait d’ores et déjà que Nokia brillera par son absence lors de cette édition. Du point de vue économique, la Suisse n'est-elle plus aussi attractive?

09:44 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : afrique, suisse, onu, iut, ong, fracture numérique, fsn | |  Facebook

Commentaires

Pour pouvoir utiliser un ordinateur, il faut avoir un minimum d'éducation scolaire, il faut savoir lire et écrire (et pas seulement dans la langue de sa tribu), il faut de l'électricité et une ligne téléphonique.

Les gens dans les pays du Sud ont tout d'abord besoin de savoir comment vivre et survivre par leurs propres moyens. Ce n'est pas en admirant les images de stars de Hollywood et les nouvelles du monde qu'ils vont apprendre ça.
On ferrait meuix de leur donner des outils pour créer des sources d'eau, pour trouver et produire de l'eau potable, des engins et le semence pour planter du blé, des fruits, des légumes. Des pelles pour creuser des latrines.

Toutes les 5 secondes un enfant meurt de faim, toutes les 15 secondes un enfant meurt de manque d'eau potable, toutes les 30 secondes un enfant meurt de malaria. Ce n'est pas en surfant l'Internet ou en regardant les Youtube que ce problème se règle. Le PC n'est pas la vie, nos ancêtres ont bien vécu sans Internet et l'électronique.

En ce qui concerne le financement: En finançant les bureaucraties de l'ONU et l'OMS, nous gaspillons déjà assez nos resources. Les Français prélèvent déjà de l'argent sur les vols, il va où, cet argent? Prélever en plus de l'argent sur le matériel informatique que j'achète? Et bientôt on va encore prélever un taxe CO2?
Les organisations internationales sont des gouffres financiers énormes et tout ça sans aucun contrôle sur l'utilisation de l'argent. L'OMS avait un budget de $100 million pour la période 2000-2008 rien que pour l'Initiative anti-tabac.
http://www.who.int/gb/fctc/PDF/igwg2/FCTC_IGWG2_3-en.pdf
Il y aurait de quoi acheter des pelles et créer des systèmes d'épuration.

Non, non et non à des collectes supplémentaires pour alimenter des nids de fonctionnaires. Un pourcent par-ci, un pourcent par-là, sous prétexte que ça nous coûte presque rien du tout? Moi aussi j'ai des enfants à nourrir, à éduquer, et je n'ai pas un centime de trop.
Montrez-nous que vous savez utiliser cet argent de façon efficace et responsable. Mais un PC ne nourrit pas son utilisateur.

Écrit par : benpal | samedi, 28 février 2009

Il y a une vingtaine d'années, au tout début du PC,avant même Internet, deux jeunes français - dont l'un est aujourd'hui cadre dans les télécoms à Genève - ont traversé l'Afrique, de Tunisie au Kenya, en passant par le Nigeria et le Centrafrique, avec un ordi dans leur Land-Rover, alimenté par un panneau solaire.
Le but était d'apprendre aux gens à s'en servir, y compris d'un logiciel de dessin pour les illettrés. Le résultat fut un petit film charmant, "Dessine-moi un arbre". Le moment le plus émouvant se déroule au fin fond de la jungle de l'ancien Zaïre, où un vieillard, ayant entendu parler des ordinateurs par son neveu, émigré à Kinshasa, et ayant appris que l'un d'entre eux avait fait escale au village, fait 25 km à pied, dans la gadoue de la saison des pluies, pour venir voir à quoi ça ressemble
Et là, non seulement, il voit, mais on lui apprend à s'en servir, et surtout, il y parvient. Sa joie fait plaisir à voir. De même que celle des massaï, avec lance et poncho rouge, dessinant un lion, celle des berbères représentant la crérémonie du thé sous la tente caïdale, les peuhls bororo aux maquillages sicolorés, les pygmées du cameroun...
M. Benpal a vraiment l'air de connaître extrêmement bien l'Afrique. Le "savoir écrire, et pas seulement dans la langue de sa tribu", notamment, est du plus haut comique, vu que dans l'immense majorité des cas, les langues des tribus ne s'écrivent pas et que dans la plupart des Etats au sud du Sahara l'école apprend à lire en anglais ou en français. Au Nord, c'est en arabe, et rassurez-vous M. Benpal Microsoft n'a pas fermé ses volets sur 1 milliard de clients potentiels. Windows se décline d'ailleurs aussi en Souhaéli, en lingala etc...
On n'a pas besoin de savoir lire pour utiliser un ordinateur, mais surtout la grande majorité des jeunes aujourd'hui, en Afrique savent lire. Et il est bien évident qu'ils ne vont pas serpenter par tous les stades de l'évolution pour passer du néolithique au XXIème siècle. Non seulement, ils veulent brûler les étapes, mais il est bon qu'ils le fassent. La planète ne peut pas continuer de tourner avec un occident qui aurait la tête dans les étoiles et le reste du corps occupés à labourer à la houe.
Non seulement l'Afrique évoluera beaucoup plus vite grâce aux technologies numériques, mais les jeunes africains sont en la matière d'une créativité étonnante et bien des centres de recherche - occidentaux - se les arrachent.
Concernant votre égoïsme et votre famille à nourrir (mais avec un ordinateur tout de même), deux choses. Croyez-vous que vous pourriez vous l'offrir. votre ordi, si l'Occident achetait ses matières premières au Sud à un juste prix ? Et plus fondamentalement encore, vous me faites penser à un petit épicier de la moitié du XIXème siècle, qui gagne mal sa vie, tandis que quelques grands bourgeois s'enrichissent et qu'une masse de mineurs et d'rouvriers crèvent la faim.
PLutôt que d'avoir des grèves à répétion et des révolutions tous les 15 ans, la bourgeoisie décide de mettre en place un système social, une fiscalité, des services publics, bref, toutes choses qui coûtent de l'argent aux riches et aux moins riches, mais permettent aux plus pauvres de vivre autrement que dans le dénuement.
Nous en sommes là, aujourd'hui, avec l'Afrique. Passer de la charité de dames patronnesses, ce que représente aujourd'hui l'aide au développement, à un vaste programme coordonné mondialement, visant à introduire un peu d'équité et de morale dans le système.

Écrit par : Philippe Souaille | samedi, 28 février 2009

L'aide au développement reste très problématique et tout le monde s'en fout. Celui qui se met à disposition pour un programme de coopération internationale se voit rabroué.

D'expérience, je connais des gens grassement payés par les services publics qui n'ont jamais réalisé de projet dans le domaine, si ce n'est de se payer (se faire payer, plutôt) des voyages au Congo pour rien.Dans le même temps, des associations de bénévoles qui ont de vrais programmes d'aide au développement mais qui ne trouve pas les subventions. Ce décalage ne choque personne; c'est là que se joue le drame!

Le cynisme de certains organismes bien dotés, véritables gouffres financiers se fichent de la viabilité ou de l'utilité de projets répondant à de rééls besoins alors que les idées n'en manquent pas.

Quant aux Français, j'en ai rencontrés de plus "heureux" vu qu'il existe une politique de l'emploi favorisant le recrutement de coopérants (que j'envie à titre personnel). Mais ici, les pouvoirs publics préfèrent noyer le poisson malgré l'énorme brassage de pognon et de mots qu'on peut observer.

Merci beaucoup pour ces 2 commentaires précis et fort à propos!

Écrit par : Micheline Pace | samedi, 28 février 2009

Je crois Micheline que fondamentalement, les pays du sud ont de moins en moins besoin de personnel - même de bonne volonté - ou d'idées venus du nord, car des idées, ce n'est pas ce qui leur manque et des gens formés, ils en ont de plus en plus... lorsque ceux-ci, désespérés de n'arriver à rien là-bas, n'émigrent pas ici.
Même bénévole, un européen coûtera beaucoup plus cher là-bas qu'un jeune diplômé local de formation équivalente voire supérieure. Le problème, c'est que trop souvent le jeune local ne sera pas pris au sérieux localement, alors que l'Européen, encore une fois, même avec une formation moindre, verra s'ouvrir les portes en grand. C'est l'un des problèmes de l'Afrique, ce n'est de loin pas le seul.

Écrit par : Philippe Souaille | samedi, 28 février 2009

Fondamentalement, je partage votre opinion. Cependant, j'ai souvent remarqué que beaucoup de gros problèmes en Afrique étaient dus aux pays, soit aux Etats-mêmes.

(1)Avancer des préjugés Nord-Sud n'arrange rien, même si ce type d'artefact rhétorique privilégie quelques carrières de haut vol, à l'instar des préjugés racistes sur la soi-disante supériorité de la race blanche des siècles précédents brandis par des chercheurs en sciences ... naturelles (Darwin, etc.)*. Beaucoup de chefs africains (et leur cour) se fichent complètement de leur population et n'en voient en elle que chair à canon. Quelques enfants de députés vont à l'école, trouvent une place de travail alors que des biens (financiers, matériels en tous genres)apportés par autrui (un état tiers ou des individus) demeurent déviés de leurs objectifs de départ, de leurs destinataires.

(2)Quant à l'école (de l'apprentissage de la lecture aux formations professionnelles), ces pays ne manquent pas, effectivement, de gens sur place mais ils ne sont pas toujours payés ni soutenus dans leurs efforts. Là, de nouveau, ça n'est pas forcément de la faute aux relations Nord-Sud.

C'est très triste de voir à quel point on investit dans l'impuissance et l'inertie en matière d'aide. Merci pour toutes ces indications!


*Tout le monde sait aujourd'hui que les races n'existent pas, qu'Obama n'est pas Noir (cf. blog de Langaney) : la vérité scientifique est reprise telle quelle par le politique.

Écrit par : Micheline Pace | samedi, 28 février 2009

Genève a mal à ses bons offices! Si l'Afrique souffre de tous les besoins, c'est avant tout par la faute de ses dirigeants. Le président sénégalais a beau jeu de tirer la couverture à lui, après avoir profité de l'apport de l'ancien maire de Genève; francophone, ce pays a simplement plus envie de se rapprocher de la France que des bons offices de la Suisse et de Genève, en particulier.

Le Fonds Solidaire Numérique, né en 2003, mérite de rester ici mais sans recruter quelqu'un du pays voisin, évidemment! Du respect, que diable ...

Ici, on sait pas faire, encore une fois ...

Écrit par : François Thévenet | dimanche, 01 mars 2009

Ce triste événement récent montre une fois de plus que les décideurs ne savent pas se vendre; à part piller, aucun talent ne se dégage parmi les responsables en charge de défendre ce que nous avons créé, ce par bêtise et masochisme!

Écrit par : Kathy | dimanche, 01 mars 2009

Bonsoir, il y a quoi 15 ans, un documentaire sur la Mali et son réseau "Malinet", débutait par des images du réseau téléphonique, disons... bien bricolés. Monté sur poteau etc., l'intérêt s'était de voir par exemple et entre autre, un cultivateur de maïs entrer en contact pour un problème avec des scientifiques à Miami (Miami? mes souvenirs...), bref aux U.S.A, qui le renseignait, mais aussi lui demandaient des renseignements capitaux pour leur recherche. C'était avant les OGM "terminator", avant, avant... Peut-être que ça dure toujours, pas de nouvelles bonnes nouvelles? Bref, c'est la preuve que même bricolé...
Mais il y a eu arnaque aussi, ce petit ordi à "100fr" destiné au "tiers-monde", est finalement vendu ici, et pas du tout la-bas, mais est-ce étonnant?
je reviens vous voir bientôt,il y a quelque chose destiné à Philllippe Souaille,une tite idée, rien de contrariant!

Écrit par : redbaron | lundi, 02 mars 2009

mmm, non, à relecture, Micheline Pace va dans le sens que j'allais prendre sur les classes dirigeantes en Afric(!)... Le problème du "juste prix", personelllement, je ne marche pas... l'exploité d'ici, paie les exploiteurs d'ici et de la-bas! C'est le truc production/distribution! Si le fournisseur de matériaux (les ouvriers africains, par ex.), le fabricant (les ouvriers chinois, bulgares etc.) touchait l'entier de la somme... Hors combien "d'intermédiaires" inutiles se sucre au passage? Un de ceux-ci achète des boulons en chine qu'ils revent 100x son prix à un autre distributeur etc... Dans un autre rapport d'échange, plus direct, se problème de "marché équitable" n'existerait même pas. Peut-être même n'y aurait-il plus de marché!!! Teufel... Qui en a des cauchemars? Certainement pas moi!...

Écrit par : redbaron | lundi, 02 mars 2009

Pour répondre rapidement et en vrac à Micheline et au Baron, un calcul fait au Togo lorsque nous tournions le film Ashakara. Environ 5000 européens, libanais et Pakistanais, dans ce pays de 4 millions d'habitants à l'époque, prélevaient chacun en moyenne 5000 Francs suisses par mois sur l'économie du pays (ou sur l'aide au développement), mis à l'abri à l'étranger, en plus de leurs besoins quotidiens analogues à ceux d'un grand bourgeois local et réinjectés eux dans l'économie locale.
5000 X 5000, cela fait 25 millions de Francs Suisses chaque mois. Et bien laissez moi vous dire que jamais le Président et tous ses ministres ne volaient une somme pareille. En 40 ans de pouvoir, Eyadema a du voler l'équivalent de 3 ou 4 mois de prélèvements des expatriés, coopérants, commerçants et experts divers...
Quant aux intermédiaires, bien sûr qu'il y en a et qu'ils se sucrent. Notamment justement les expats là-bas sur place. Et qu'en bout de course, ce sont les classes populaires d'ici qui paient. Je ne dis pas le contraire. Je rappelle juste que celui qui se fait avoir à tous les coups c'est celui qui est au début de la chaîne, là bas, qui va gagner comme salaire mensuel 10 ou 20 fois moins que ce que touche ici quelqu'un sans rien faire juste en étant à l'assistance publique.
Et que si l'on se mettait à payer à ces gens des salaires corrects leur permettant d'acquérir quelques un de ses biens de consommation que nous apprécions tous (sauf Sandro Minimo), la classe populaire d'ici ne pourrait plus se les offrir. C'est bien pour cela que l'altermondialisme est foncièrement protectionniste, parce qu'instinctivement, il considère les pauvres du sud comme des concurrents, sur le marché du travail, et sur le goulot d'étranglement des ressources naturelles insuffisantes de la planète.

Écrit par : Philippe Souaille | lundi, 02 mars 2009

Les lois du marché sont ce qu'elles sont, effectivement, Teufel, euh Redbaron! c'est pas moi qui vais faire des cauchemars non plus sur ce que je ne puis changer Epictète et Marc Aurèle l'ont dit il y a près de 2000 ans - et qui existe bien, oui bien avant moi: bref, je n'en ai pas l'outercuidance de coire ou faire croire comme certains politiques qu'on peut tout changer pour surtout ne rien faire ...

Revenons à nos moutons (noirs?) : j'ai eu une expérience en matière de communications et d'écologie dans un désert africain, un peu similaire à la vôtre. Les gars de là-bas n'étaient même pas intéressés à apprendre quelque rudiments de lecture pour pouvoir utiliser d'un mode d'emploi (écrit, bien sûr); le résultat fut que malgré la technologie apportée sur place (sur plusieurs années), des formations professionnelles pour l'utilisation des BATTERIES, d'"accords" avec les dirigeants durement conquis même, les gars ont réussi à les arracher pour en faire une re-vente ci et là; ce qui est facile à imaginer : plus rien ne fonctionnait, ni le dispensaire concoté par nos soins, ni plus rien car sans électricité, point d'eau, etc, etc.

Votre témoignange est vraiment une bouffée d'air! Merci, hi, hi, hi.

Écrit par : Micheline Pace | lundi, 02 mars 2009

Une batterie, ça vaut cher, plus cher que tout ce que l'on va gagner dans une année. Alors le sens des priorités évolue dans de tels cas. De même que le chef de la douane, au port de Lomé, qui gagne 300 francs suisses par mois, lorsqu'il voit passer un container d'une valeur de 100 000 Francs sur lequel il doit prélever 50% de droits de douane (la fiscalité d'un pays où l'essentiel de l'économie est informelle reposant majoritairement sur la taxation des importations), il est fortement tenté de laisser tomber la taxation en échange d'un backchich qui va lui tripler son salaire du mois...
J'ajoute cette réflexion du 1er assistant de réal, toujours sur le film Ashakara, qui avait suivi les cours de l'INA à Paris et qui comme caméraman (chef op) de la Télévision togolaise, touchait royalement 300 Francs suisses par mois: "Si on me paye une bouchée de pain, je travaille pour une bouchée de pain". Résultat des courses: la coûteuse machine de développement film offerte par la coopération achevait de rouiller dans la cour, n'ayant jamais été entretenue.

Écrit par : Philippe Souaille | lundi, 02 mars 2009

L’Afrique a surtout besoin de dirigeants ! S’il est de bon goût de se pencher sur l’Afrique en parlant de la responsabilité que les pays du nord ont sur le sous-développement, et de se lancer dans des actions, somme toute louables à première vue, il serait peut-être temps que l’on fasse un diagnostique correct.
Le président Wade, si prompt à mendier des aides, n’est pas capable, depuis 8 ans de mettre fin au statut précaire des enseignants sénégalais, ni de mettre de l’ordre dans ses universités et encore moins dans les « écoles coraniques ». C’est donc tout le système éducatif qui est à revoir avant de commencer à réduire la fracture numérique. Chaque année est menacée par des grèves dans l’école élémentaire, l’université connaît des soulèvements réguliers et je vous invite à voir le reportage de Thalassa sur les « Talibés de Mbour » sur les prétendues écoles coranique.
Autre problème déjà évoqué, la cherté des communications. Celles-ci étant approuvées par le gouvernement, le président Wade a la possibilité de les diminuer. Une liaison ADSL coûte environ 50% du salaire minimum sénégalais et la société de télécommunication a dégagé, en 2008, une marge d’exploitation de plus de 33%.
Reste, le problème électrique. Si en cette période de « froid », l’électricité est constante, dès les premières chaleurs il n’est pas rare d’avoir plus de 4 heures de « délestage » par jour. Le président Wade a dit que « cela ne dérangerait pas les sénégalais de retourner à la bougie ». Difficile dans ce cas de faire fonctionner un ordinateur.

Écrit par : Thierry | lundi, 02 mars 2009

"Pour pouvoir utiliser un ordinateur, il faut avoir un minimum d'éducation scolaire, il faut savoir lire et écrire (et pas seulement dans la langue de sa tribu), il faut de l'électricité et une ligne téléphonique."

Mais non, mais non. Les sites pornos sont accessibles, en quelques minutes, même au plus illettré Bushman du fin fond de la savane botswanaise.

Tous ceux qui se sont occupés d'introduire le web dans les pays sous-développés sont revenus pleins de truculentes anecdotes sur cet aspect particulier de l'accession à la communication "moderne"...

Écrit par : Scipion | lundi, 02 mars 2009

@ Thierry : un grand merci pour ces précisions; c'est exactement le sens de mon article. Le président sénégalais sait quémander, en s'auréolant de son prédécesseur, grand homme de lettres, mais il n'a pas su gérer à l'interne malgré les "promesses d'engagement" envers ... sa population; les gens y sont toujours aussi mal lotis, les écoles construites grâce aux aides individuelles autant que publiques restent inoccupées et finissent par tomber en friche! Votre exemple de M'bour me touche particulièrement car à titre privé (pour fire plus vite), j'avais apporté un camion de fournitures achetées sur place (donc seuls les locaux ont été sollicités) pour une école primaire; je me souviendrai seulement de la joie des gamins qui sautaient pour s'arracher les paquets et leur chant en guise de bienvenue... les enseignants nous ont raconté à quel point ils n'étaient pas rémunérés et qu'ils manquaient de matériel élémentaire, etc, etc...

Contrairement à Philippe Souaille, je pense en connaissance de cause que les dirigeants africains ont une grande responsabilité face aux dons reçus qu'ils imaginent souvent qu'ils leur sont destinés. La victimisation de certains caciques leur sert de propagante politique mais se joue éhontément du droit des gens (contribuables d'ici et leur population indigène).

@ Philippe Souaille : l'exemple écologique tombe à pic justement car il montre que les priorités changent; ce qu'il est convenu de qualifier de "produits de luxe" s'avèrent finalement être des "produits de première nécessité" dans un monde où les besoins sont transversaux!

Écrit par : Micheline Pace | lundi, 02 mars 2009

@ Scipion : votre propos ne manque pas de piquant. On le constate, en effet. Mais certains mondialistes humanistes que c'est de notre faute, que la culture occidentale entre par ce biais, etc, etc,

Si de telles bêtises ne constituaient pas le fonds de commerce de quelques opportunistes, chacun prendrait ses responsabilités et des histoires de série Z comme le coup de la Brésilienne n'auraient court...

Merci pour cette touche d'humour, Scipion!

Écrit par : Micheline Pace | lundi, 02 mars 2009

Bravo pour la pertinence des analyses.
La solution c'est vraiment le 1% qui est indolore et qui peut rapporter gros. Imaginez que les deux cents plus grandes villes du monde appliquent le 1% de solidarité numérique dans leurs contrats numérique. C'est une forme de solidarité nécessaire et innovante. Bravo à Genève, Lausanne, etc. qui donnent le bon exemple. Il faut pousser pour que cela se développe.
On peut aussi envisager de mettre une clause pour que quand vous allez acheter un ordi chez Interdiscount, vous cochez une case pour donner 1 franc pour la solidarité numérique que Interdiscount verserait au FSN. C'est simple et ça peut rapporter gros.

Écrit par : Boobo | lundi, 02 mars 2009

Bravo au Fonds Solidarité Numérique créé à Genève en 2003! Le principe du prélèvement à 1% est une bonne solution. Encore faut-il qu'il soit appliqué. Autre problème : quid de la suite donnée par les Français qui veulent se le réapproprier?

Merci Micheline pour totes ces indications et ces questions tacites!

Écrit par : Kathy | lundi, 02 mars 2009

"Mon cerveau ne fonctionne qu'à moitié; je ne le crois qu'à moitié!"
On ne pourrait en dire de nos dirigeants ...

Écrit par : GHP | mardi, 03 mars 2009

"Dessine-moi un arbre" est certes une expérience intéressante. Mais "Aide-moi à me nourrir", "Aide-moi à trouver de l'eau potable" ou "Aide-moi à me défendre contre les maladies qui sont déjà éradiquées chez toi" serait plus approprié.
Oui, l'anecdote avec ce vieillard qui marche 25 km dans la gadoue est touchante. Mais les anecdotes qui ne sont pas racontées me touchent plus, comme celle de cet enfant qui meurt de faim dans les bras de sa mère. Ou celle des centaines de milliers de personnes au Darfour ou au Rwanda qui font bien plus de 25km "dans la gadoue" pour fuir la mort pour trouver la mort. Ah, si seulement ont leur donnait encore une occasion de dessiner un arbre ...

Philippe Souaille à raison, je ne connais pas très bien l'Afrique, mais ce que j'en sais me suffit pour savoir que ce n'est pas les sites Internet et les SMS qui les feront survivre.

La Suisse verse chaque année 300 F pour chaque personne en age d'exercer une activité professionnelle aux organisations internationales, au total 1,3 milliards. La Suisse n'a aucun contrôle sur l'utilisation de cet argent, mais on est au moins sûr que ça nourrit une administration monstre. Et je passe sur les autres largesses dont profitent les organisations internationales à Genève (terrain, impôts).

Oui, il est vrai que l'ajout d'une taxe d'un pourcent se fait à peine sentir. Mais c'est MON argent et c'est quelqu'un d'autre qui en dispose. On me prive du droit de décider ce que je veux faire avec MON argent. Et je ne veux surtout pas le donner pour un projet que je juge, moi personnellement, comme mal ficellé. D'autant plus que je sais qu'une bonne partie de cet argent disparaît dans les moulins administratifs de la Suisse et des pays destinataires. Et personne n'est en mesure de vérifier l'utilisation de ce qui reste pour les pauvres. Je connais la musique ...

Ce qui est mathématiquement intéressant avec ces "prélèvements", c'est qu'ils ne se limitent de loin pas à 100% du prix de revient d'une marchandise. Ainsi "quelqu'un" siphonne régulièrement mon réservoir d'essence, car chaque fois que je paie 2 litres d'essence, il ne me reste qu'un litre. Quand je fume une cigarette, quelqu'un d'autre "fume" encore une cigarette et demie à mes frais, le vin dans mon verre s'évapore à vu d'oeil parce que je n'y retrouve jamais la quantité que j'ai payée.

La créativité de nos politiciens (et nos NGO) pour nous priver de NOTRE argent n'a pas de limites. Ainsi, quand on achète un billet d'avion en France, on paie en plus pour un passager clandestin. Qu'on me montre le ou les pauvres qui profitent de cette "taxe pour les pauvres". Toujours en France, un pourcentage est prélevé sur la facture de l'eau pour "construire des puits" en Afrique. On ne nous présente jamais les résultats de la course.

Et on n'a pas encore vu l'étendu de la taxe sur le CO2 qui sera utilisée en grande partie pour contraindre (contre monnaie) les pays en développement à ne pas trop augmenter leurs émissions de CO2, pourtant nécessaire pour leur développement industriel.

Non, Philippe Souaille, ce n'est pas à vous de déterminer ce que je fais de MON argent. Si vous avez une idée vraiment convaincante pour aider le tiers-monde, faites me le savoir et je contribuerai volontiers, de MON propre gré, et probablement plus que d'un pourcent du prix de mon PC ou de mon téléphone portable. Mais arrêtez de mettre vos mains dans les porte-monnaies de vos concitoyens.
On ne peut pas répartir d'office et ad infinitum les revenus de notre population à coup de quelques pourcents par-ci et par-là. Plus on m'enlève d'un côté, moins je peux donner de l'autre, car mon revenu reste toujours 100% de ce dont je dispose et je tient à le gérer moi-même.

Écrit par : benpal | mardi, 03 mars 2009

@ benpal : Un grand merci pour vos deux apports! C'est exactement le sens de mon article ... MON argent, personne n'a le droit d'en disposer à SA guise, d'autant s'il est durement gagné et qu'il ne servirait qu'à financer de voyages d'une certaine clique de copains-coquins.

Contrairement à M. Souaille qui répète que ce sont les Etats africains qui doivent recevoir nos contributions publiques. Un vrai problème n'appelle pas de fausses solutions, que je sache!

Lorsque l'on lit ci et là des organismes largement subventionnés mais qui font appel à des bénévoles chômeurs suisses pour des prestations réelles liées à des bonnes qualification (eh, oui) et qui osent encore dire "L'aide publique au développement de la Suisse ... peut mieux faire!"

De plus, l'argent versé souffre parfois de manque de traçabilité et dans le même temps de bons projets restent en friche, etc, etc, ...

Écrit par : Micheline Pace | mardi, 03 mars 2009

Redbaron, le petit ordinateur à 100 Francs, conçu au départ par Seymour Papert, père du Logo (premier logiciel pour enfants, dans les années septante, destiné précisément à ceux qui ne savent pas lire) et ancien étudiant de Piaget à Genève, j'en ai essayé un hier soir. Enfin j'ai essayé de l'essayer, parce qu'on n'arrivait pas à l'allumer...
Il se trouve qu'il a été conçu avec des chercheurs de Boston et que l'un d'eux bosse avec moi sur mon site. Le monde est petit. Donc l'ordi en question n'est pas vendu directement dans le tiers-monde, il est distribué uniquement aux ministères de l'éducation qui en font la demande, notamment en Amérique Latine et ils doivent répondre à un protocole spécial, histoire d'être certain qu'il sert bien à ceux à qui il est destiné.
Ceux qui l'achètent ici servent en fait à financer l'opération.
Mme Pace,. je n'ai jamais dit qu'il fallait donner de l'argent aux gouvernements, je suis personnellement pour la disparition des gouvernements nationaux. Je dis juste que les gouvernements africains volent de l'argent et que la corruption est endémique, mais que lorsqu'un ministre est payé 1000 Francs par mois, de plus en plus souvent après des études supérieures aux vôtres et aux miennes, la tentation est grande de puiser dans la caisse. Et que tous les ministres ensemble prennent dix fois moins que ce que prélèvent les occidentaux établis à demeure ou coopérants dans leurs pays.
Benpal, ce n'est pas moi qui vais prendre dans votre porte-feuille. En revanche, j'entends bien essayer de faire comprendre aux gens qu'ils ont intérêt à voter des lois qui fassent passer du 0,7% jamais atteint à 7% de redistribution du PNB des pays riches vers les pays pauvres. Pour éviter que la planète explose et par solidarité.
Il y a un truc que vous ne comprenez pas, c'est que si vous gagnez votre salaire à la sueur de votre front, la valeur relative de ce salaire, d'un point de vue mondial, dépend de facteurs qui vous dépassent complètement.
Par ailleurs, une partie de vos impôts, à supposer que vous en payez, sert à améliorer le sort de concitoyens que vous ne rencontrerez peut-être jamais et la qualité d'infrastructures que vous n'utiliserez peut-être pas davantage. Il faut simplement faire la même chose au niveau mondial, pour que les choses aillent mieux, que les gens du sud soient contents de rester chez eux, qu'ils aient des raisons de combattre la pollution, etc, etc..

Écrit par : Philippe Souaille | mardi, 03 mars 2009

Philippe Souaille, si vous voulez redistribuer 7% ou plus de votre revenu, personne ne va vous empêcher. Pour me convaincre qu'un tel don est dans mon intérêt ET dans l'intérêt du destinataire, vous avez encore du pain sur la planche. Par exemple en démontrant que les milliards de dollars confiés aux aides humanitaires internationales ont vraiment abouti sur la réalisation de projets d'aide au développement durables pour les plus pauvres des pauvres (ceux qui meurent de faim ou de maladies évitables). Et je ne parle pas du poisson occasionnel, mais des moyens et du savoir-faire pour en pêcher et repêcher qu'on leur donne.

Avant de redistribuer encore plus d'argent, ne devrait on pas déjà supprimer les postes de fonctionnaires des organisations internationales qui gagnent largement plus que le Suisse moyen? Qui habitent souvent à temps partiel dans des logements subventionnés et passent le reste de leur temps dans des avions et dans des hôtels de luxe dans les pays en manque "pour étudier la situation".

J'aime bien votre idée de faire disparaître les gouvernements nationaux. Au profit d'un gouvernement mondial? Je propose le pape comme président ...

Tant que ça ne coûte rien, on peut toujours rêver.

Écrit par : benpal | mardi, 03 mars 2009

M. Benpal, vous avec me semble-t-il raté un épisode sur l'utilité des fonctionnaires internationaux.
D'abord ils sont effectivement mieux payés que le Suisse moyen, mais ils sont aussi beaucoup plus qualifiés que le-dit Suisse moyen. A qualifications égales, il devient difficile de recruter du personnel de certains pays, dont la Suisse, parce que les conditions nationales sont meilleures.
Ensuite, les différents organismes de l'ONU ne servent de loin pas qu'à nourrir ou soigner les plus pauvres des pauvres. ils servent d'abord à faire en sorte que le monde fonctionnne de manière coordonnée. Cela concerne les ondes radios, la météo, la santé publique, les normes en tous genres, les droits d'auteurs, les lois du travail, pour ne citer que quelques unes des OI basées à Genève.

Supprimer tout ce travail de coordination, invisible mais bien réel, qui a des conséquences sur votre vie quotidienne de tous les jours, et le monde actuel revient aux temps d'avant guerre. Economiquement aussi. Economiquement surtout. Vous pouvez dire adieu à votre voiture, à votre machine à laver, et à presque tout le reste, car vous n'avez tout simplement plus les moyens de vous les payer, si comme j'ai cru le comprendre, vous avez un revenu de classe moyenne vraiment moyenne. Ce sans compter les risques de guerre et de conflits divers.
Sur le fond, il s'agit moins de faire la charité aux plus pauvres des pauvres, qui est ce que font depuis quelques décades les ONG d'entraide comme celles auxquelles Mme Pace a contribué (et qui ne sert pas à grand chose) que d'investir massivement dans les infrastructures comme le fait un pays pour ses régions désheritées. Le but est de créer les conditions d'un meilleur développement, de mettre en place un système d'assurances sociales et de leur acheter leurs productions à des tarifs corrects pour monter progressivement revenus et coûts de la vie, afin de réduire la fracture béante qui nous sépare.

Écrit par : Philippe Souaille | mardi, 03 mars 2009

Philippe,
il est un peu facile de dire que les libanais ponctionnent l'économie du pays dans lequel ils résident. La plupart d'entre eux ont d'ailleurs la nationalité de ce pays car ils y sont nés et y construisent leur vie, y créent des richesses et dépensent une bonne partie localement. Les ministres, gagnent bien plus que 1000 francs et n'ont pas fait autant d'étude que ça. Pour preuve, là où nous avons 7 « ministres », le Sénégal, pour ne citer que lui en compte une bonne centaine! Sans compter une assemblée nationale, un sénat et quelques agences gouvernementales. La quantité remplaçant la qualité ?

S'il est vrai que le sud a besoin d'aide, celle-ci est à revoir. Comme je l'ai dit plus haut, l'Afrique à besoin de dirigeants. Actuellement, les hommes politiques n'ont qu'une idée en tête, leur argent et surtout leur réélection. Le développement du pays passe après, loin après.

Actuellement, l'aide devient de plus en plus difficile a obtenir des pays développés, ceux-ci demandant des garanties de destination qui ne sont plus présentes, l'Afrique se tourne donc vers les pays du Moyen Orient, plus généreux, car gérant cette aide comme des prêts et demandant des contreparties. Ceci hypothèque le développement par des frais financiers énormes et repousse le problème sur les générations futures. Quand aux organisations internationales, s'il est vrai qu'elles sont nécessaire, il faut reconnaître que les frais de fonctionnement sont disproportionnés par rapport à l'aide arrivant sur le terrain.

Écrit par : Thierry | mardi, 03 mars 2009

Thierry, les Libanais, comme je l'ai dit ne sont qu'une petite partie de l'ensemble des non-africains qui s'enrichissent en Afrique. Beaucoup sont là effectivement depuis plusieurs générations et créent des emplois, mais il est vrai qu'ils exportent une bonne partie de leurs revenus, soit vers le Liban (la guerre a entre autres été financé involontairement par l'Afrique) soit vers... la Suisse. Et la plupart sont, comme les pakistanais ou les hindous, davantage importateurs, grossistes et commerçants, qu'industriels.
Ils ne développent pas le pays, ils prélèvent de la richesse. Un peu comme les békés aux Antilles, d'ailleurs, où les libamais sont d'ailleurs appelés syiens. Mais encore une fois, le plus gros est prélevé par les Européens et dans certains pays, où les mines où le pétrole sont passés sous leur coupe, par les Etasuninens.
Mais les Chinois sont en train de s'y mettre.
Cela étant j'ignore combien gagne un ministre officiellement au Sénégal. Je sais en revanche combien il gagnait au Togo il y a dix ans. environ 1000 Francs suisses et cela n'a pas du s'arranger depuis.
Et il suffit de consulter la liste du gouvernement sur Internet pour voir qu'il y a 12 Ministres d'Etat, 16 ministres et un Ministre délégué. Ce qui fait 29. C'est pas mal, mais c'est dans la norme et c'est 3 fois moins que ce que vous dites. Et on peut prendre leurs CV si vous voulez quant à leur qualifications
Là où je vous rejoins, c'est que l'Afrique a besoin de dirigeants, mais avec la perspective d'échouer car les problèmes sont gigantesques, une paie qui reste misérable en regard de ce que leurs diplômes et/ou leurs compétences leur vaudrait n'importe où ailleurs, il faut une abnégation hors du commun.

Écrit par : Philippe Souaille | mardi, 03 mars 2009

Philippe, je t'invite à retourner sur le site du gouvernement et à cliquer sur "Les grands projets du Chef de l'Etat" pour voir le sérieux des informations qui y sont publiées. Si pour le nouvel aéroport, le terrain est délimité et le mur fait, rien d'autre. Pour l'autoroute, 5 kilomètres sont en passe d'être livrés. Les autres ne sont que des promesses depuis 2000.

Il y a effectivement quelques CV, mais la plupart n'en ont pas!

Quand au nombre de 100, que devient un ancien ministre ? Il retourne à la vie "civile" ? Et bien non, il devient ministre conseiller auprès du président, ce qui fait qu'en plus de ceux qui sont dans le gouvernement, il faut compter tous ceux qui ont un bureau et un salaire au palais présidentiel.

Au Sénégal, la dernière augmentation donne environ 5000 francs aux ministres, sans compter les autres avantages, forfait téléphone, essence, voiture voir logement de fonction, mais par rapport au salaire minimum de 100 francs c'est plus.

On trouve maintenant, des emplois payés correctement, mais une fois encore l'aide envoyée n'allant pas forcément là où elle devrait, la famille restée au village, sans moyens, pèse lourd au début du mois.

P.S. Le tutoiement vient du fait que l'on se connait bien, même si l'on c'est perdu de vue.

Écrit par : Thierry | mardi, 03 mars 2009

Où va notre argent dans les organisations internationales? Voir : http://www.news-service.admin.ch/NSBSubscriber/message/attachments/51.pdf

"Ensuite, les différents organismes de l'ONU ne servent de loin pas qu'à nourrir ou soigner les plus pauvres des pauvres. ils servent d'abord à faire en sorte que le monde fonctionne de manière coordonnée."

C'est tout d'abord l'attribution des priorités que je mets en doute, comme pour la distribution de PCs pour "dessine-moi un arbre" ou de téléphones portables pour "envoie moi un SMS". Et je mets en doute l'utilité de bcp de ces contributions sous prétexte de créer un meilleur monde, comme p. ex.
* WHO Projet de drogues Usbekistan 546'233
* OSCE Trainer on Gender Issues, OSCE-Secretariate, Wien 87'270
* IFC Indonesia Enterprise Dev. Facility (MPDF) 3'500'000

Il y aurait de quoi redistribuer.

"Supprimer tout ce travail de coordination, invisible mais bien réel, qui a des conséquences sur votre vie quotidienne de tous les jours, et le monde actuel revient aux temps d'avant guerre. Economiquement aussi. Economiquement surtout. Vous pouvez dire adieu à votre voiture, ..."

Que je sache, ni la voiture, ni la machine à laver, ni la télécommunication ont été inventées par des organisations nationales ou internationales.

En ce qui concerne les salaires:
"D'abord ils sont effectivement mieux payés que le Suisse moyen, mais ils sont aussi beaucoup plus qualifiés que le-dit Suisse moyen."

Il me semblait que vous étiez plutôt pour la redistribution, non pas en fonction des qualifications du destinataire mais en fonction de ses besoins, je me trompe? Pour preuve, vous ne connaissez pas mes qualifications mais vous voulez me soustraire de l'argent pour le redistribuer à ceux qui ont certes moins de qualification.

Ce n'est pas les qualifications des individus qui comptent mais les résultats de leurs action. Je m'en fous de ce que gagnent les gens si leur travail a un effet multiplicateur, c.à.d. la personne crée plus de richesses qu'elle ne retient pour elle-même pour permettre à d'autres d'en profiter aussi! Rémunération et résultats doivent être en balance.

Écrit par : benpal | mercredi, 04 mars 2009

Il est interpellant de voir ce qui se passe au Sénégal, avec les "enfants-talibes" et les exhortations du président Wade qui demande toujours plus autres sans prendre ses responsablités! Genève (avec son Fonds Solidarité Numérique) l'a bien aidé pourtant et voilà qu'il cherche à se plaindre, à cracher dans la soupe et à vouloir que le siège du FSN déménage dans son pays...tout ça pour asseoir encore plus on pouvoir personnel. L'argent et le beurre?
La Suisse n'a pas à se faire avoir ainsi.

Cette nouvelle qui tombe malheureusmeent à pic devrait faire réfléchir plus d'un décideur suisse dans sa politique de coopération internationale, dans sa "logique" distributive. Le respect du citoyen passe par là!

Concernant les subventions d'associations tiers-mondialistes ou pour l'intégration des étrangers, elles devraient être plus contrôlées.

Les députés manquent parfois de renseignements et il est un devoir citoyen que de les informer si l'on observe des irrégularités graves.

Avec toutes le compétences et qualifications transversales existant dans notre canton, il est honteux de constater que sont créés des postes pour des gens qui n'ont rien à y faire alors que des bénévoles utilisés par les services du chômage font le boulot.
C'est se foutre doublement du monde!

Écrit par : Micheline Pace | mercredi, 04 mars 2009

Tout à fait d'accord avec votre fine analyse, Micheline. Hommage à Christian Ferrazino, pour son action. (Les Français ni les Sénégalais n'ont à voler un bijou genevois pour faire joujou!)

Etrange comme personne n'a réagi encore au problème soulevé: quid du départ de certains organismes?

Bien à vous!

Écrit par : François T. | mercredi, 04 mars 2009

C'est une première. Après la jeune esclave, défendue par un tribunal africain à l'encontre d'un Etat voisin, voilà que la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt à l'encontre d'un chef d'État soudanais en exercice, Omar el-Béchir, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Effectivement, les pays africains ont besoin de dirigeants et non de criminels sanguinaires! Que ceux qui ne reconnaissent pas que le problème est d'abord africain et non pas européen cessent de se gargariser d'insanités débilisantes.

Écrit par : Philippe Billard | mercredi, 04 mars 2009

Benpal, vous mélangez tout. Il n'y a pas que la production de richesse dans une société, il faut aussi de l'administration de là-dite société. Et encore une fois, l'essentiel du travail des OI consiste à administrer la société mondiale. Et il est normal que ces gens soient payés en fonction de leurs compétences.
Je ne suis pas du tout pour redistribuer en fonction des besoins plutôt que des compétences. J'estime que ceux qui se bougent doivent être récompensés, et qu'à part ça, un minimum vital est du à n'importe quel être humain. Or quelqu'un qui se bouge en Afrique n'aura pas droit au quart de ce que va recevoir ici quelqu'un qui ne fait rien. Et même pas le dixième s'il est un simple paysan.
Et les voitures et le reste n'ont pas été inventés en Afrique mais si elles sont produites à un prix qu'un ouvrier en Suisse peut s'offrir, c'est notamment parce que les prix des matières premières ne sont pas équitables.
A Philippe Billard, Béchir est inculpé On attend toujours que Bush le soit. Pourtant il a causé au moins autant de morts et foutu le plus considérable B... dans les relations internationales que l'on puisse imaginer.
Le probléme de la gouvernance, en Afrique c'est à peine 10% de l'ensemble des problèmes. Mais je vois que vous ne lisez pas ce que j'écris, que vous ne le comprenez pas. L'essentiel des ressources de l'Afrique est pillée, par l'étranger. Les Africains, leaders et populations en sont aussi responsables, de même qu'un certain nombre de traits culturels... Comme la solidarité avec le village, dont parle Thierry (Thierry qui ?) qui plombe la sitaution en empêchant ceux qui le pourraient de constituer un capital permettant d'einvestir... Mêm si elle réduit la misère intrinsèque.
Et l'assistance est un problème en soi. Tout cela est évident, et je l'ai affirmé à moult reprises. Mais cela n'enlève rien au fait que nous profitions largement du système et qu'il est tout à fait anormal qu'une femme de ménage gagne en une heure ici ce que gagne un instit de brousse en un mois là-bas.
Ou qu'un Ospel au temps de sa gloire ait gagné chaque année l'équivalent de ce que gagnait 500 000 (oui un demi million) paysans africains bêchant 6 à 10 heures par jour en plein cagnard...
Il n'était pas 500 000 fois plus intelligent et ne travaillait pas 500 000 fois plus. En aucun cas. Il était juste né au bon endroit. Ne rien faire et ne pas chercher à faire en sorte que la vie là-bas devienne nettement plus agréable, en y mettant l'argent qu'il faut, voilà qui selon moi est un crime contre l'humanité.

Écrit par : Philippe Souaille | jeudi, 05 mars 2009

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