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mardi, 29 mars 2011

Patati-patata … … … Ras-la-patate!

Je suis un renifleur d’essentiel

(Bénédict Gampert, écrivain genevois)

 

 

asperge3.jpgAvec le printemps, on a envie de s’occuper des fruits et légumes, sous toutes les formes, notamment en vue d’empêcher que de nouveaux lieux communs ne se créent à notre insu. Les modes, les codes normés naissent si facilement. Je vous l’accorde : y en marre de brasser de tels sujets alors que le monde sourde de drames avérés ou à venir!  Quoique  ...  Les préventocrates ne se gênent nullement de pendre le diable sur la muraille.

 

Le climat politique ambiant se prête bien ce type de réflexion et le manque de chaleur estivale en cette fin de saison commence sérieusement à se faire ressentir ! Les vaines polémiques empreintes de mauvaise foi n'étant pas mon fort, je m'empresse ici de préciser que ce billet est dénuée de toute idéologie, qu'il ne traite pas de campagnes pro ou contra les fruits/légumes produits à l'étranger et transportés par avion pour soi-disant plaisir de nos papilles.

 

 


 Manger 5 fruits et légumes par jour : c’est bien. Mais à quelles conditions ? Depuis fin janvier, certains agrumes deasperge2.jpg printemps et d’été font leur apparition sur nos étals. Serait-ce la solution au problème cité ? Du soleil dans nos assiettes après un rude hiver (un vrai hiver, comme l’affirment certains bien-pensants) ? Selon les chiffres du WWF, des litres de pétrole seraient inutilement utilisés pour le transport des ces produits émigrés, hors saison pour nous. En ces temps où on essaie dans sa mesure de réduire les émissions de CO2, les conséquences écologiques, sanitaires, éthiques de nos pratiques de consommation ne sont plus à démontrer : d'après les tenants de la wellfare renchérissent : elles sont purement condamnables !

 

Par ailleurs, ce phénomène est vieux de trois siècles au moins.

 

fraise2.gifL’exemple de la fraise * parle le même langage : alors qu’elles mûrissent en juin chez nous, elles sont cultivées sous serres et sur sable par des employés sur-exploités (des Marocains en Espagne, généralement), pour finir en barquettes sous forme de cœur le 14 février dans nos grandes surfaces, après un voyage, en avion aussi. Mais ont-elles du goût?

 

Pour ma part, je n’achète pas ces fraises-là à cause de leur manque d’intérêt sensoriel (malgré ma conscience aiguë de ne pas aider indirectement ces ouvriers agricoles étrangers) et ça ne me manque pas! Mais je sais une chose : je n’accepte pas non plus qu’on pollue mon esprit avec ces préjugés quand je consulte un médecin, un ergothérapeute, une diététicienne formés-formatés à cette école. Car ramener sa fraise sur des sujets aussi sensibles ne permet pas de se laver les mains aussi lâchement face aux demandes des patients! Ah, l'enfer est semé de tant de bonnes intentions ....

 

 

* Parité oblige : un légume hyper-masculin et un fruit ultra-féminin pour la cause

 

 

 

p.s. : "patati-patata" est aussi le nom d'un marchand itinérant qui vend des spécialités de pommes-de-terre garnies mais cet article n'a aucune relation avec ce fait fortuit ... 

 

07:13 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fruits, légumes, locavore, nature, culture, sexe | |  Facebook

Commentaires

Est-ce le printemps arabe et africain qui inspire un tel sentiment? Un vent de fraîcheur de fraîcheur souffle dans ces lignes.

Le passage à l'heure d'été fait piètre figure au regard de l'étonnement toujours répété du spectacle de la naturel.

Quoi de plus naturel de redécouvre l'évocation des fuits et légumes!?!?!

Écrit par : Hanane H. | mardi, 29 mars 2011

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