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dimanche, 08 mars 2009

L'androgynie coupée en deux

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Le 8 mars, Jour international de la femme, nous interpelle nécessairement sur un des grands mythes de notre culture hellénique : l’Androgyne. Pourquoi des femmes et des hommes, en somme ? Et si à l’origine il n’y eut pas une même entité, qui se serait divisée en deux, suite à d’incessantes luttes …

 

L’un des dialogues platoniciens parmi les plus célèbres semble nous avoir fourni une réponse. Dans Le Banquet, plusieurs personnages conversent sur la puissance du désir, l’amour érotique. Un bel éphèbe s’allonge devant Socrate mais ce dernier résiste stoïquement malgré une attirance certaine. Aristophane, l’auteur de l’Ecole des Femmes se met à raconter une légende : au commencement, les humains étaient des boules à quatre membres, androgynes, autrement dit sans distinction sexuelle ; mais après s’être attaqués à Zeus, ces boules furent alors coupées en deux et c’est ainsi que depuis ces temps ancestraux, chacun est en quête de sa moitié perdue, mâle ou femelle.Bronze-androgyne.jpg

 

Cependant, sans tomber dans un essentialisme désuet, demandons-nous qu’est-ce qui caractérise une femme. Généralement, il faut le dire tout de go, la femmes est définie comme génitrice : c’est elle qui porte les monde. Par ailleurs, la femme en tire souvent un pouvoir (mater certa, pater incertum). Mais encore là, on risque souvent à confondre deux concepts qui recouvrent deux réalités très différentes: l’enfantement et la maternité. Maintenant une grande Dame, l’a confirmé : de retour de son voyage, la mythique Carla Bruni-Sarkozy s’est épanchée sur son désir d’enfant en s’exclamant que si elle ne pouvait plus avoir d’enfant qu’elle serait prête à en adopter un. La nouvelle sonne comme un coup de tonnerre… Si l’enfantement relève d’une réalité biologique, celle de donner naissance à un enfant, la maternité désigne une relation psycho-sociale entre une femme et un enfant. D’accord, les deux vont souvent de pair dans la filiation.

 

Mais il arrive que l’enfantement ne s’accompagne pas de maternité et vice-versa. Un lien mûrement réfléchi peut se tisser dans l’adoption ou même dans une relation éducative où l’on a à s’occuper d’enfants sans parents. «L’adoption est peut-être la forme la plus pure de la maternité » proclame la 1ère Dame de France. Merci Madame !

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Les clichés ont la vie dure quarante ans après (cf.http://madame.lefigaro.fr/societe/en-kiosque). Certaines choisissent de ne pas mettre au monde un enfant, d'autres se voient contrariées dans leur désir d'enfantement et optent pour une autre solution, plusieurs décident de s'occuper d'éducation sans vouloir encore surpeupler la planète. Le respect commence par là : dépasser des préjugés et valoriser chaque position philosophique étayée, entendre les positions des un(e)s et des autres …

 

 

 

 

 
Certaines femmes recherchent les femmes (les anciennes boules féminines), certains hommes recherchent les hommes (les anciennes boules masculines), certaines femmes recherchent les hommes, et certains hommes recherchent les femmes (les anciennes boules androgynes).

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Commentaires

Shahla Sherkat, la féministe iranienne a vu son mensuel, Zanân ( « Femmes » ), fermé par la censure. Bouger les lignes dans les milieux traditionnels reste une affaire vitale. Souhaitons-lui de poursuivre sa lutte pour la promotion des droits de la femme, donc des droits de l'homme.

Écrit par : François T. | dimanche, 08 mars 2009

Souvent la filiation comprend enfantement et maternité, mais il peut y avoir enfantement sans maternité… Merci de le préciser, Micheline! Une maternité sans enfantement (qu'on ne pourra jamais soupçonner d'être accidentelle) peut constiuter un lien social et affectif bien plus sensé parfois.

Il existe tant de génétrices qui enfantent sans savoir pourquoi ou sous la pression de leur mari et de leur société (la nôtre incluse), que le monde regorge de malhueureux qui n'ont rien demandé. C'est en grande parti la raison de l'immense pauvreté, du malheur sur cette terre. Et puis, s'occuper d'enfants d'autrui constitue un réel apport pour cette humanité en souffrance.

La planète pleine à craquer aurait dû y réfléchir depuis des décennies mais chacun dans son égoïsme veut "avoir" des enfants comme si c'était un bien (donc une chose) alors qu'une attitude personnaliste, responsable devrait prévaloir dans cette vallée de larmes.

Écrit par : Kathy | dimanche, 08 mars 2009

J'IMAGINE QUE LA VIE D'UNE FEMME EST PLUS DIFFICILE. J'éPROUVE INFINIMENT PLUS DE RESPECT POUR CELLE QUI SAURA RENONCER à UNE MATERNITé POUR DES RAISONS EXISTENTIELLES QUE POUR CELLE QUI ENFANTE DE MANIèRE AUTOMATIQUE, SOUS PRéTEXTE D'UNE HORLOGE BIOLOGIQUE. lA PLUPART DES HUMAINS FONT DES ENFANTS POUR DES MOTIFS TRèS éGOÏSTES (DéSIR DE SE PROLONGER, DE POSSéDER UN ÊTRE VULNéRABLE QU'ON FAçONNE à SA MANIèRE, SOUHAIT DE COMBLER TOUS SES MANQUES ET FRUSTRATIONS, ETC.)

Écrit par : GHP | lundi, 09 mars 2009

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