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jeudi, 04 mars 2010

Le retour d'Isabelle Adjani : LA CLASSE !

"Donnez-moi n'importe quelle séquence et je trouverais bien

une règle à laquelle elle obéit!" (Wittgenstein)isabelle2.jpg

 

Avec La journée de la jupe, Isabelle Adjani revient en force dans un rôle-choc d’une prof de français exerçant dans un lycée réputé difficile. Bravant non pas les codes, inexistants au demeurant, mais les mécanismes d’une institution à la dérive, qui ose douter « qu’on puisse mettre une jupe sans être une pute », la prof pète un jour les plombs et prend ses élèves en otage en les menaçant d’une arme qu’elle trouve par hasard ... dans la classe. La vision angélique du septième art sur l’enseignement en est toute bousculée. 

À l’opposé d’Entre les murs, ce film-choc présente la problématique sous l’angle politico-sociétal : le désarroi de la prof ne relève donc pas d’une supposée incapacité à gérer une classe ni même d’une jeunesse soi-disant en perdition (ah, les jeunes ne sont plus ce qu’ils étaient !) mais l’absence de soutien de l’institution. Pour preuve, le scénario s’inspire en grande partie d’une initiative réellement défendue en 2007 !

 

 

log_enseigner.jpgPas moralisateur pour un sou, il ne cherche pas à donner des leçons, encore moins à apporter des solutions, mais simplement à (se) poser toutes les bonnes questions.

 

Face à une institution en dérive, dont les méthodes se posent en remède contre la démotivation des élèves, mais qui, en fait, substitue l'agitation à l'activité, l'enseignant (e) n'a plus sa place dans l'acte d'enseigner au point de ne pouvoir répondre qu'à partir de ses in-puts / out-puts ... Un métier qui s'apprend?

 

L’aspect politiquement incorrect a séduit la star trop mystérieuse, dont on ne voyait plus que le visage pâle sur les pubs Lancel, jouant sur le clair-obscur. Enfin de retour, elle s’exprimait ainsi aux médias au sujet du film: « Quand j’en parlais autour de moi, on se montrait embarrassé et on m’incitait plus ou moins à renoncer parce que le film abordait un véritable tabou. » 

 

 

 

Pour une visualisation du sketch d'Anne Roumanoff

sur "La classe sensible" http://www.youtube.com/watch?v=6gqIKiI4eA8

 

21:27 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : école, la classe, prof, isabelle adjani, violence | |  Facebook

Commentaires

Hello Micheline,

Je viens de voir le film sur Arte. A part une bande son difficile, oui c'est un film fort, choc. J'en deviendrais féministe! (Sans ironie). A voir.

Écrit par : hommelibre | vendredi, 20 mars 2009

Bonjour Hommelibre,

Merci d'avoir saisi l'info livré par mon billet en relation avec le film diffusé sur ARTE le soir même!

Vous, féministe? Enfin! Je me réjouis de voir ça! (ha, ha, ha...)

Un des éléments forts de ce film sur un sujet aussi tabou et somme toute mal présenté généralement, c'est l'état de déréliction où peuvent se trouver certains profs, écrasé par une institution qui ne répond ni aux besoins ni aux exigences d'un métier, jusqu'au point de créer les problèmes qui n'existeraient peut-être sans le pouvoir technocrate en place, composé en sectes au bénéfice de grands pouvoirs.

Les cas de maladies et de suicides sont nombreux dans le milieu enseignant par la faute de la folie des mécanismes institutionnels ... Mal payé, pas valorisant du tout, faisant appel pourtant à la matière grise mais inutile dans ce cadre paradoxalement, il pose le problème que personne n'a d'intérêt de soulever, à savoir l'attractivité d'une telle activité professionnelle qui demande des qualifications les plus sophistiquées mais qui n'ont pas de place dans l'exercice du travail en question et dont plus personne n'a envie, d'autant plus qu'on est perdant sur toute la ligne. Etrange que ça se passe dans une société si victimaire où l'on déploie tant d'efforts à faire semblant d'aider, par le biais de structures "sociales" ! Quel gâchis pour une institution réputée si noble ... faut-il encore financer une école, si coûteuse et désormais si éloignée de son essence?

Bon WE!

Écrit par : Micheline | samedi, 21 mars 2009

On sait aussi que les femmes sont plus victimes dans ce métier que les hommes! La réaction de l'institution face à cette injustice est souvent la lâcheté : elle s'en lave les mains, fait porter le chapeau à la victime en l'esseulant d'abord et l'écarte l'année d'après par un non-renouvellement de contrat! La lâcheté des collèges accompagne celle de la hiérarchie, avec toute l'hypocrisie qui sied à ce genre de saloperie socialement admise ... À Genève, il y a eu des cas de ce genre, vite étouffées; et la victime réduite à néant.

C'est bien ce phénomène invisible (plus certain que la main visible du soi-disant libéralisme, imaginaire) qui est relevé dans ce film! Chapeau bas au réalisateur car il faut vouloir montrer des fonctionnements d'exclusion socialement incrustés, mécaniques et tristement prévisibles, qu'aucune directive ou mesure légale ne viendrait contrer ...

Écrit par : François T. | samedi, 21 mars 2009

Film-choc que tous les reponsables du domaine scoalire dervrait se passer!Victor Hugo doit se retourner dans sa tombe s'il voyait l'évolution de notre société, de ses institutions, notamment l'école et la prison ...

Écrit par : Ludovic K. | lundi, 23 mars 2009

"La journée de la jupe" deviendra un film documentaire, voire culte, on en est sûr, tant son propos ne joue pas dans le politiquement correct, comme vous avez raison de le souligner, Micheline, "Entre les murs" qui présentait un pauvre enseignant condamné à prendre tout sur lui...

C'est le bien l'institution qui est visée avec beaucoup de doigté dont le scénario est magistralement joué par Adjani! Le problème politique constitue bien la trame du film : On peut dire qu'il brise LE tabou... notamment celui qui vomtre que la plupart des problèmes sont créés de toute pièce par l'institution, qu'elle a tout intérêt ensuite à faire porter le chapeau à la vitime expiatoire, qu'est le prof seul devant sa classe.

Le film ne passera pas la rampe hélvétique: dommage! Car vu la psycho-rigidité de l'institution (surtout celle de Beer, la risée de la Suisse), le tabou aura certaienemnt encore plus de mal à être brisé, tant il y a des cas non ou mal traités dans ce dpt! Et on apprend que la FAPSE a ramassé tous les mandats pour formater les enseignants, ce d'ailleurs dès le lendemain de la votation du 24 septembre 2006.

Écrit par : Philippe B. | lundi, 23 mars 2009

Les bêtises relatives à l'expo sur le Zizi par Titeuf de la part de quelques excités en mal de reconnaissance sont déplorables.

Perdre une crédibilité durement acquise de la sorte est vraiment moche pour ceux qui ont soutenu des "causes" pédagogiques nobles et qui ont fait l'effort de conseiller leur entourage en faveur de tel ou vote, surtout à deux doigts de la prochaine votation sur le secondaire.

La capitale de l'ennui signe encore un arrêt digne des sagas de série Z.

Écrit par : ZZ-Top | lundi, 23 mars 2009

Bonjour Micheline,

J'ai pensé à vous en écoutant ce midi Isabelle Adjani aux "Fous du roi" pour la sortie du film.

Quelle classe cette femme, effectivement. Et quel plaisir de la revoir et de l'entendre. C'est chose rare.

Et son rire! Magnifique et émouvant, il résonne encore à mes oreilles.

Écrit par : Pascale | mardi, 24 mars 2009

Merci, chère Pascale, pour votre mot. C'est ma plus grande joie d'apprendre qu'un de mes billets (doux ou amer) apporte quelque chose, une info, un point de vue, un sens nouveau, une émotion inconnue. Bonne journée à vous!

Écrit par : Micheline | mercredi, 25 mars 2009

Ne votez pas pour le dernier de classe Beer étant donné son bilan désastreux : museler les profs, taire des affaires, ne pas respecter la vox populi, attribuer des postes de complaisance, disciminer de bons éléments pour des raisons idéologiques! Lécole n'est pas un gardiennage pour sauvegarder la paix social au détriment des fondamentaux! Cassant, arrogant, incompétent, il ne s'occupe de ses propres intérêts!

Écrit par : xyz | lundi, 26 octobre 2009

J'imagine que le César attribué à Isabelle Adjani pour (La journée de la jupe" a dû vous ravir, Micheline. L'émotion de la grande actrice à la réception du 5e César pour son jeu m'a émue à mon tour.

Elle-même se positionne sur la question : objet de contrainte il y a 40 ans, la jupe est aujourd'hui l'étendard d'un nouveau féminisme. Si dans certain milieu, montrer ses jambes suffit à être traitée de pute, la jupe est un signe fort, celui de la fierté d'être femme, celui d'une revendication légitime face à la violence de l'obscurantisme en force aujourd'hui.

La haine des femmes existe. Elle ose clamer haut et fort : «Je suis très fière d’être en jupe devant vous ce soir. Fière car cette jupe est un manifeste qui, plus que jamais, doit être porté. Cette jupe, c’est celle que portent des milliers de jeunes filles et de femmes pour affirmer qu’elles refusent que l’on confonde l’islam avec l’aliénation et l’assujettissement des femmes. Une jupe, ce n’est qu’un bout de tissu, mais qu’elle soit courte ou longue, son symbole peut nous aider à gagner une bataille contre l’obscurantisme. Et même contre ce qu’il faut bien appeler la haine des femmes. Alors, cette jupe, c’est justement l’anti-niqab, l’anti-burqa.»

À ceux qui doutent encore que le cinéma peut changer le monde, faire changer un regard sur une réalité, on peut leur rétorquer que les symboles se passent parfois de mots, surtout s'ils sont manipulés ...

Bref, cette récompense-reconnaissance est grandiose. Ce film que vous nous avez dégoté il y a presqu'un an a été remarqué et c'est grâce à votre billet dont je me suis souvenue le jour où je l'ai vu sur Arte que j'en ai découvert le sens.

Écrit par : Laure | jeudi, 04 mars 2010

Merci pour ce clin d'oeil! En matière de codes vestimentaires, de mode en somme, on peut observer que les fémisites des années '70 jetaient aux orties autant la jupe (sauf la mini) que le soutien-gorge car dans cet esprit pour être dans le vent, affranchie, libre dans son corps et ... l'égale de l'homme, il fallait porter le pantalon, et si possible le jean's.

Les significations changent, les symboles restent?

C'est rigolo ... la jupe oblige à serrer les jambes ou à les croiser, force à être pudiques, réservées, et donc à moins occuper l'espace public.

Ce qui est frappant dans ce film où elle incarne un professeur en pleine crise de nerfs face à des élèves pour la plupart d’origine arabe ou africaine qui la traitent avec mépris, ce en utilisant le Coran comme justification de leur attitude, c'est aussi le problème de l'acculturalisme.
On est loin de l’angélisme béat multi-culturel car traiter sa prof de “grosse vache” ou de "pute" ne relève en rien de l'étonnement que peut susciter l'autre en provenance d'une cultue étrangère mais bien la bêtise crasse et d'une violence dictée par elle. Mutantis mutandis, Sonia exige pour libérer les collégiens que “dans les deux heures le gouvernement instaure un jour de la jupe dans les collèges. Ce sera un jour où l’état affirme qu’on peut mettre une jupe sans être une pute ! On n’arrête pas de vous répêter que ca va pêter et vous ne faites rien !”

Adjani même s'est exclamée, elle qui a mis ses enfants dans les établissements privés pour leur éviter l'état de désolation où se touve l'école, en ces temes : “J’étais stupéfaite par l’audace politiquement incorrecte du sujet et la manière dont il était traité“ !

Bien à vous!

Écrit par : Micheline | jeudi, 04 mars 2010

Le flair d'une cinéphile, le regard avisé et un césar pour Adjani! Que demande le peuple? Merci pour avoir attirer notre attention sur la qualité de cette œuvre!

Écrit par : Haykel | vendredi, 05 mars 2010

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