UA-105021232-1

mardi, 24 mars 2009

De la belle mort

La star de la téléréalité anglaise s’est éteinte dimanche. Jade Goody aura ainsi mis en scène ses derniers jours, selon son vœu : par sa production médiatique, elle aura réussi à amasser une somme en vue de mettre sa progéniture à l’abri du besoin.

 

Chapeau bas, Madame ! Que votre âme repose en paix. Aujourd’hui, on apprend que le Parquet de Dijon a classé sans suite le dossier concernant la mort mystérieuse de Chantal Sébire, il y a tout juste un an.


On se souvient du visage cruellement déformé de cette enseignante, mère de famille, qui sollicitait l’euthanasie, se sachant condamnée, sans rémission possible. Atteinte d’une tumeur incurable mais fort douloureuse, Chantal Sébire avait prié en vain de recourir au droit de mourir dans la dignité auprès du tribunal de grande instance de Lyon. Par générosité, elle voulut que son cas puisse servir à d’autres en faisant avancer la réflexion politico-médico-juridique.

 

Mais c’est après sa mort, décrétée suspecte, que la comédie judiciaire s’emballa : Une enquête pour « provocation au suicide » s’ouvrit en juin. Retrouvée morte le 19 mars 2008 à son domicile, elle quitta ce monde en emportant son secret.

 

L’investigation s’était donné pour mission de désigner qui avait procuré le produit mortel, de source sûre non délivré en pharmacie. Le suicide assisté n’étant pas légal en France, il est répréhensible pénalement (3 ans d’emprisonnement et 45’000 euros d’amende). Faute de preuve, cette aporie judiciaire se clôt pour cause « d’auteur inconnu ».

 

Outre la profonde sympathie que le « cas Sébire » a suscité dans la population, les dires et le geste de cette femme très courageuse auront au moins servi à relancer le débat sur l’aide à mourir lorsque celle-ci est demandée, ce par consentement éclairé. La valeur de la vie passe aussi par une solution cadrée de ce problème éthico-métaphysique, contre un acharnement thérapeutique subi car comme le suggérait Sénèque, qui voulut mourir à la manière de Socrate, « S’il te manque le courage de mourir (volontairement), la vie n’est qu’esclavage. » Dans une société où le patient reste encore le dernier partenaire à être consulté dans la relation médicale tripartite, le médecin souvent peu soutenu, il est impératif de réhabiliter le respect de la personne humaine dans les différentes sphères décisionnelles.

socrate.jpg

Détail de La Mort de Socrate - DAVID

 

20:01 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chantal sébire, stoïcisme, phiosophie, suicide, euthanasie, mort | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.