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vendredi, 24 novembre 2017

L'a-philosophie

philo2.jpgD’une buse, on ne peut faire un aigle.

(proverbe romand)

 

 

 

 

Voici vingt-cinq siècles que Platon nous exhortait à penser par nous-mêmes. Un philosophe moderne rédigea un livre À quoi bon, un peu à l’image des dialogues socratiques.

 

Devenu le livre de chevet des politiciens à cause du titre qui s’imposa comme une évidence, surtout après la réalisation de différentes formations, à tour de rôle. Par ailleurs, beaucoup de spécialistes (les pédagogues, les médecins, les psys en tous genres), les atrabilaires et même certains illuminés pour qui la vie ne décelait plus de mystère suivirent le chemin.

 

En gros, la question récurrente était « Pourquoi ? » … non qu’on voulut résoudre l’énigme métaphysique par excellence mais c’est bien le sens pratique qu’on interrogea.


« Pourquoi se fatiguer à cuisiner si c’est pour voir une si bonne nourriture, sophistiquée, finir en matière indéfinissable, au surplus nauséabonde ? » ;

« Pourquoi engendrer de nouvelles créatures si elles sont vouées à disparaître ? » ; « Pourquoi refaire son lit chaque matin, si c’est pour le défaire chaque soir ? » ;

« Pourquoi travailler huit heures par jour durant plus de quarante ans en moyenne quand on ne peut même pas profiter du fruit de son travail par manque de moyens et de temps ;

« Pourquoi étudier si les diplômes conduisent au chômage » ;

« Pourquoi éduquer les enfants quand les adultes ne donnent pas l’exemple et font tout le contraire des principes inculqués par ceux-là même qui les édictent tout en les violant ? » ;

« Pourquoi démontrer scientifiquement certains faits ou analyses dont les conséquences sont prévisibles quand on est régis par des cons ? » ;

« Pourquoi former la jeune génération si c’est de toutes façons pour aboutir à de tels décideurs ? »

« Pourquoi penser si les dogmes religieux, les codes sociaux, les normes épistémologiques ou encore l’atavisme génétique pensent pour nous ? » ;

« Pourquoi faire des efforts incessants pour sauver la mémoire, l’histoire si c’est pour que tout retombe dans l’oubli, voire à la révision perpétuelle des thèses étayées ? » ;

« Pourquoi développer des qualités défiant la nature (les lois biologiques) si ces mêmes qualités, intellectuelles, morales et spirituelles, n’échappent à la temporalité;

« Pourquoi aller voter puisque les gouvernants font ce qu’ils veulent ? » ;

« Pourquoi baiser si le désir sexuel disparaît une fois satisfait ? » ou pire « … si le désir satisfait renaît de ses cendres à chaque fois ? »;

 « Pourquoi se lever le matin si c’est pour se rendormir quelques heures plus tard ? » ... 

 

Ce perpétuel recommencement fut dénoncé par tous comme un véritable scandale existentiel pour son caractère absurde,  répétitif, pesant. Il fut ainsi considéré comme la source de l’absence de libre-arbitre dans la condition humaine. On voulut se rebeller contre mais on ne savait pas au juste contre qui. Si d’aventure quelqu’un possédait la solution, malgré tous les chemins qui mènent nullepart emprunés, qu’il ait la gentillesse de nous la fournir, à l’heure où l’on ne sait pas ce qu’est la vertu alors qu’on continue à parler de l’homme vertueux.

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