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samedi, 18 avril 2009

Hommage au "dissident" Alexandre SOLJENITSYNE

La magnifique conférence organisée par le Club de Grammaire sur Alexandre Soljenitsyne donna un aperçu global des valeurs qu’il défendit, utiles pour nous aussi.

 

Décédé dimanche 3 août 2008 chez lui, à Moscou, Alexandre Soljenitsyne fait partie des « dissidents » d’un régime jugé totalitaire. Né en 1918, année de la révolution russe, il fut un orphelin de cette guerre-là ; élevé par sa mère, descendante de propriétaires terriens, il perdit tout. De son enfance difficile, il retiendra surtout les valeurs maternelles transmises.

 

Viscéralement anti-communiste, l’auteur de l’Archipel du Goulag lutta toute sa vie contre l’injustice faite à la chair et à la parole. Défiant l’idéologie en place, plusieurs fois au prix de sa vie, il ne succomba néanmoins jamais aux sirènes du « libéralisme capitaliste», système qu’il considérait aussi asservissant, car l’être humain y est considéré comme un simple outil dans tous ses rapports avec son prochain. Visionnaire à ses heures, il en décrivit même les conséquences dramatiques que nous connaissons aujourd’hui.

 

Adulé dans les années ’70, il fut détesté ensuite après une critique des nouveaux philosophes, trop narcissiques à son goût. Il fut haï aussi pour sa haine de l’Occident, qu’il qualifiait de superficiel ; il trouvait sa chape médiatique trop importante, son joujou nationaliste franco-allemand ridicule depuis les déchirements de 1870. Devenu prof de maths, il découvrit la philologie dans la prison des savants pour ne s’intéresser finalement qu’au style littéraire, redécouvrir l’étymologie slave de la langue russe, ce dans la volonté d’abandonner certains alexandre-soljenitsyne-le-dissident.jpggermanismes.

 

De la Suisse où il séjourna, il évoqua son aspect paisible, la douceur de ses mœurs, son système de démocratie directe, la stabilité des ses institutions.

 

Contrairement au rousseauiste Tolstoï, l’écrivain Nobel croit à la force morale individuelle de l’homme, à son choix personnel entre le Bien et le Mal. Il développa une axiologie propre qu’il nommait "l'ordre intérieur". Il dira de son séjour en camps de concentration que l’ataraxie (l’impassibilité, selon l’appellation stoïcienne) l’aida beaucoup dans sa survie de tous les jours. Ce sens éthique préside d’ailleurs à toute son œuvre comme pour conjurer le monstre extérieur.

 

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