lundi, 11 mai 2009

Langues nationales et esprit hélvetique

« Le mot le plus sournois de la langue française est déclaration.
Comment peut-il servir à la fois pour la guerre, les impôts et l’amour ? »

(Patrick Sébastien)


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Notre pays est un laboratoire pour tous les psycho ou socio-linguistes du monde. Par ci, par là, on se demande comment des régions si différentes, tant par leurs traditions, leur histoire et les langues officielles qui y sont pratiquées.

L’usage veut qu’on considère comme une richesse tant culturelle que cultuelle ; d’un point de vue pédagogique, on y voit le gage d’une plus grande facilitation dans l’apprentissage d’une langue étrangère ; côté politique, on présume une possibilité d s’entendre et de vivre ensemble malgré ces énormes dissimilitudes.

Soit. Mais qu’en est-il du vécu de ses habitants ?

C’est un fait : la croyance qu’un seul véhicule linguistique permet de se faire comprendre est non seulement illusoire, voire mensongère, mais elle est aussi suicidaire pour toute communauté humaine. Imposer le globish comme on le fait dans moult entreprises est une ineptie quand la grande majorité des collaborateurs sont, par exemple, francophones.

Or, l’ironie de l’histoire nous montre que lorsqu’un Suisse allemand, un Romand, un Tessinois, à tout hasard, se rencontrent, ils ne savent pas toujours quelle langue parler ensemble : la loi du nombre entre les représentants de régions linguistiques l’emporterait-elle ou décidons-nous d’utiliser une langue tout autre, telle que l’anglais ?

Heureusement, la règle fédérale prescrit que chacun s’exprime dans sa langue, entendu que l’autre comprenne au moins une autre langue nationale que la sienne (art.4 et 70 de la Constitution fédérale du 1er janvier 2000).

langues nat..pngEntre états autonomes, paritaires en droits, liés par un pacte fédéral et fédérateur, la question ne découle pas d’un problème causé par une éventuelle concurrence où le rapport de force prévaut.

Si on a toutes les raisons du monde d’être fiers de notre pays à l’apparence paisible où il n’existe pas de conflits sociaux ou ethniques, on peut aussi l’être de ses décisions de privilégier l’apprentissage d’un idiome national avant une autre langue vernaculaire, telle qu l’anglais. Pour rappel, en juin 2007, 112 voix contre 56, grâce à un soutien franc de l’UDC, ont opté la disposition donnant la priorité à l’enseignement d’une deuxième langue officielle dans nos cantons. Dans une république confédérale de 26 états souverains, où chacun peut exprimer sa Weltanschauung, c’est un geste politique à saluer ! Qui peut encore dire que la Suisse n’existe pas ?

14:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : langue officielle, suisse, français, italien, allemand, politique | |  Facebook

Commentaires

Merci pour cet excellent travail!

Gorgui depuis Djerba

Écrit par : NDOYE GORGUI | dimanche, 10 mai 2009

@ NDOYE GORGUI : ravie que ça vous ait intéressé! Bon séjour tunisien!

Écrit par : Micheline Pace | lundi, 11 mai 2009

« La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs » comme l'assène Ferdinand Brunetière ... Bravo de relever ce fait hélvetique, à l'orée d'une votation des plus grandes importances sur la formation à Genève!

Ce qui est intéressant dans ce choix de privilégier l'apprentissage d'une langue étrangère "bien de chez nous" , c'est que nos langues sont en réalité les plus parlées; par exemple, l'allemand est en Europe numériquement la plus forte et le français est une langue internationale.

Écrit par : Philippe Billard | lundi, 11 mai 2009

On donne des ordres en allemand,fait de la diplomatie en français et déclare sa flamme en italien! Ce coktail détonant caractérise bien notre richesse.

Concernant l'UDC, c'est aussi le seul parti national qui s'est distingué dans les questions scolaires. Dans certains cantons, il a promulgué des initiatives et référendums dans le domaine. Il serait bon de suivre sa consigne de vote pour le 17 mai prochain.

Bone soirée, Micheline.

Écrit par : KissMe | lundi, 11 mai 2009

Orde en allemand, diplomatie en français? On ne saurait mieux décrire le langage de Steinbrück. Et qu'il précise ces jours-ci qu'il en viendra à la force si la diplomatie ne suffit pas à faire plier la Suisse à ses desiderata, qu'est-ce qui adviendrait si c'eût été autrement ??!???!? ;)

Écrit par : Philippe Billard | mardi, 12 mai 2009

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