UA-105021232-1

vendredi, 15 mai 2009

Le langage érotique en francophonie

eros2.jpgLes printanières amours appellent le sujet. Beaucoup de choses essentielles se passent sous la couette par les temps qui courent, qu'il vente ou qu'il pleuve.

 

Force est de constater que tous les pays francophones ne parlent pas le même langage. Bien plus : les termes et expressions érotiques varient, fort heureusement, d’un pays à l’autre, selon la couleur locale. Quelles que soient nos positions politiques quant l’évolution de la langue, rien ne nous empêche d’apprécier ces subtilités consacrées à la plus vieille activité humaine, l’érotique, évidemment. Les connaître peut vous éviter quelques vices de formes ou impairs diplomatiques en voyage.

 

Disons-le tout de go : la palme des locutions onanistes parmi les plus corsées revient sans aucun doute aux Québécois et aux Africains.

 

La plupart de ces expressions sont franchement caractérisées par un trait d’humour.

 

Qu’on ne s’y méprenne : se faire crémer le gâteau au Québec ne relève pas du registre culinaire mais dénote simplement le fait d’avoir des rapports sexuels. Si la Dame s’exclame que l’Armée rouge a débarqué, c’est qu’elle a ses règles.

 

D’autres s’avèrent être des faux amis dont il faut se méfier comme dans la vie.

Ainsi, ne doit-on pas être choqué d’entendre un enfant demander à la négociante de Montréal un suçon, qui n’est autre qu’une sucrerie, tandis qu’au Québec, le mot sucette désigne … le suçon. Mais lorsque vous rencontrez un Canadien, évitez de lui demander comment vont ses gosses (ses testicules) à moins que ce soit votre intention. De même, demander à un Congolais comment se porte son «ambassadeur» constituerait indéniablement une erreur diplomatique.

 

Une nichonville sénégalaise n’a rien à voir avec ce qu’on imagine sous nos latitudes ; c’est une habitation construite en gonflant un énorme ballon de caoutchouc et en coulant ensuite du ciment dessus. Toujours au Sénégal, le bazooka se réfère au sexe masculin quand il n’indique pas une arme. En outre, une pétasse au Burkina Faso n’est pas ce que nous appelons ici.

 

Or, certaines expressions peuvent se montrer moins limpides : faire le bord le bord de mer signifie au Gabon se prostituer. Elle a peur de prendre sa douche sans se mouiller les pieds se dit d’une femme à la poitrine généreuse, au Québec.

 

Une poupoune ou pitoune évoque chez les Québécois, au même titre qu’une moulée pour les Ivoiriens, une femme plantureuse.eros4.jpg

 

Rassurez-vous, la Suisse n‘est pas en rade : au cas où une réceptionniste d’hôtel vous demande, sourire aux lèvres : « Vous avez bien joui ? », il faut impérativement comprendre avez-vous bien dormi ?, que vous ayez passé la nuit seul ou accompagné.

 

Cet exemple helvétique nous amène à passer naturellement ou logiquement (comme vous voulez) à l’expression des sentiments ; à la fin d’une soirée, vous direz peut-être à la Dame :"Je suis dans le trèfle par-dessus la tête." À quoi, elle peut répondre si elle est en bonne disposition à votre égard : « Je t’aime à la folie comme une puce à l’agonie »

 

À trop vouloir déflorer le thème, on risque de donner l’air de le prendre par-dessus la jambe. Que nenni! Un dico entier livre près de 750 vocables du sexe dans la francophonie du philologue belge Georges Lebouc se trouve sur le marché, Dictionnaire érotique de la francophonie ». Bonne méditation!

20:26 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (29) | Tags : langue, français, érotisme, locutions, néologismes, francophonie | |  Facebook

Commentaires

Micheline... excellent! Et jolies illustrations. Connaissez-vous "Les exploits du jeune Don Juan", de Guillaume Apollinaire?... Ou ses poèmes érotiques? Ce doivent être les textes où il y a le plus de mots "crus" à la ligne...

Écrit par : hommelibre | vendredi, 15 mai 2009

Teufel, Miiicheliine, j'ai dû vous recherchez dans l'historique de mein navigateur (un DR1 se pilote en solo, je parle du navigateur de l'ordi, hein), les apparitions sur la page d'accueil, tiens on à eu un échange de comentaires entre bloggeurs sur ce fait, entre autre, chez Père-siffleur (blogs 24h, note "anastase, le pape de la censure" au cas ou)... Oui, donk j'étais passé lire votre note amusante, et il m'est revenu que pour les règles ("l'armée rouge" dans votre texte), avant le mur, le rideau de fer, donc pas le MUR, neeiiiin... l'utilisation de l'expression "les anglais ont débarqués", ou "j'ai mes anglais" etc., plus ancienne, utilisée en Amérique (certainement pendant ou après la révolution qui donnna naissance aux U.S) et en France... Vu les guerres entre ces pays, provenant de l'uniforme rouge de ceux-ci, uniforme abandonné... Teufel je ne sais pas moi, aux XIXème? mais qui perdura... Voilà, c'est tout... Bon week-end Miiiicheliiine, unt Nachste...

Écrit par : redbaron | dimanche, 17 mai 2009

Bonjour HL! Merci d'avoir apprécié ces subtilités lingustiques qui en disent long sur les cultures de l'activié la plus vieille du monde ...

Écrit par : Micheline Pace | dimanche, 17 mai 2009

Restons rustiques !!!!! que diable !
Au lieu de "se secouer le poireau" autant "descendre dans le garage à Gaston" !!
hi hi hi hi..............
Vive l'argot !

Meilleures et pures pensées chère Micheline.

Coucou

Écrit par : coucou | dimanche, 17 mai 2009

Merci Redbaron pour cette précision. Ce qu’on en tire, c’est que la terminologie paillarde reste résolument machiste. La preuve en est que les mots indiquant les organes masculins (quand ils ne relèvent pas du langage martien) sont deux fois plus nombreux que ceux caractérisant la féminité.

Quoi ? Vous avez dû rechercher mon blog ?! … Comment cela fait-ce que cette adresse ne figure dans vos favoris (avec moi comme favorite) ?
Next, dear Redbaron ...

Écrit par : Micheline | dimanche, 17 mai 2009

Coucou ! Il est à noter que le langage évoquant les choses de l’amour sous toutes les latitudes est souvent cru. Secouer le poireau ou le planter (=trébucher au Québec), il faut choisir car on risque fort de se retrouver à devoir ouvrir les cuisses (=ouvrir les fenêtres au Québec aussi).

Merci pour votre gentil mot ! Bonne fin de we à vous !

Écrit par : Micheline | dimanche, 17 mai 2009

Achtungteufel, c'est FAIT, si,si Miiicheliiine je vous ai hop, ajoutée à mes favoris, (quel oubli!)... La page d'accueile des blogs, tsk, tsk... enfin!
Peut-être la paillardise est-elle une résultante de la vie militaire ou des regroupement exclusivement masculin, et les mots inversément proportionnels aux nombres...
Dans le cas de l'exemple cité,les règles féminines, il s'agissait ou il s'agit encore au vu des diverses pubs concernant "l'hygiène féminine", de parler en biais d'un sujet maintenant "intime" mais longtemps "tabou", la preuvepar tous ces guillements...
Quant au langage cru, "Le maître de guerre" de C.Eastwood, en v.f, en tout cas est un chef d'oeuvre du genre...
Une anecdote, les comics books "pour adultes" vendu en kiosque durant les années 70's à début 80's, publiés par ELvifrance avaient fini par intéressé un critique, et il rapporta le fait que pour les expressions "fleuries", les traductions étaient adaptées par de paysanne d'Auvergneou du genre...
Bien à vous Miiicheliine, ponne semaine unt Nachste

Écrit par : redbaron | lundi, 18 mai 2009

Cela sent l'envie de voyager, la saison des déplacements, le désir de découvrir d'autres continents ou pays. Merci de nous sensibliser à la richesse taxinomique ambiante! ... ça évite de commettre des incidents displmatiques et ça permet une lus grande maîtrise des actes langagiers selon où, comment ...

Écrit par : SVP | lundi, 18 mai 2009

Micheline,
C'était un simple "clin d'oeil" car j'ai eu l'occasion une fois de "tomber" sur le dictionnaire argotique de la langue française! et c'est là que j'ai trouvé ces expressions qui, effectivement, sont des plus crûes !!!!! Ce sont des expressions datant de la "belle époque" et sortant des milieux carcéraux et de la rue !
De mon côté, je trouve très sympathique toutes ces expressions qui, finalement, détournent (je pense sous le couvert de la peur) la façon de dire vraiment les ressentiments envieux de l'acte sexuel. Mais je trouve vraiment rigolo ces façons de s'exprimer qui, je le croie, ne sont pas du tout sexistes.
Car finalement....quoi de plus beau que l'aboutissement tendre et beau d'un homme et d'une femme.........? C'est simplement "mignon tout plein" ! (pour autant qu'il y aie du coeur, du respect et du sentiment).
Bonnes pensées et salutations
Coucou

Écrit par : coucou | lundi, 18 mai 2009

Et la messe de minuit, expression tchadienne? Vous l'oubliez celle-là, hein? Le rigolo est qu'elle met à mal la contrepèterie rabelaisienne ("femme folle à la messe, molle à la fesse") ...

Merci pour ce sympathique billet doux, qui donne vraiment envie de prendre la poudre d'escampette!

Écrit par : GHP | lundi, 18 mai 2009

Merci, Micheline, pour cette leçon de choses très instructive! L'amour passe par les mots qui provoquent les gestes et les sentiments, peut-être, qui à leur tour produisent de nouvelles expressions… Mais fait-on l'amour de la même manière dans toutes les langues? Sinon avec les langues…?!

Écrit par : jmo | lundi, 18 mai 2009

Pour faire suite aux comm' précédents, l'arrivée des règles se décline en effet de multiples façons,comme par exemple, l'énigmatique "Tante Sophie est en ville" ... Par rappport au débarquement des Anglais, c'est pas mal non plus!

Par ailleurs, depuis le Moyen-Àge, le terme "règles" avait été décidé en corrléation des "menstrues", les deux évoquant l'idée de régularité du phénomène biologique, ce mensuellement.

Écrit par : Kathy | mardi, 19 mai 2009

Bonjour JMO, en tous cas, écrire, c’est se déshabiller … un peu, beaucoup, à la folie. Reste que dans le langage des corps, on ne sait pas toujours si les mots sont nécessaires, en revanche le geste, oui. La métaphore de la langue ou la langue métaphorique nous conduit bien loin effectivement : ce qui est intéressant, c’est aussi quand Roland Barthes parle du corps et de la langue, de l'un pour l'autre, de l'un qui ne va pas sans l'autre car on se retrouve immédiatement dans le double sens.

Bien à vous!

Écrit par : Micheline | mardi, 19 mai 2009

Si si si Micheline ! dans le langage des corps il y a encore et toujours des mots !!!! tels que :
mmmmmmh ! encore ! oh ouiiiiii ! rââââââ ! slurp ! ooooooh ! continue ! plus vite ! moins vite ! allez vas-y ! j't'adore ! .................

;o))

Écrit par : coucou | mardi, 19 mai 2009

... euh... comment dit-on "Bon appétit !" en body-language ?

:o)

Écrit par : Blondesen | mardi, 19 mai 2009

@Blondesen :

.....BURPS !.......

;O)))

Écrit par : coucou | mardi, 19 mai 2009

Yeeeee ... Si à un hôtel helvétique, on vous demande si vous avez joui, après une nuit solitaire ou accompagné? Ah, on en oubliais la masturbation! Se donner un up and down, coller les mouches les mouches au plafond, dompter le petit frère, se polir le shaft, faire marcher le petit moulin ou encore cailler le pipi.

Autant d'expressions alléchantes pour exprimer le plaisir solitaire ... qu'à deux tant il est vrai que l'on peut jouir aussi bien d'une boisson que d'une opportunité!

Écrit par : Kathy | mardi, 19 mai 2009

Quand j'étais enfant, j'éprouvais un frisson quand Cendrillon enfile à la fin du conte la fameuse pantoufle de vair… J'ai compris plus tard que c'était l'illustration d'un vieux proverbe gaulois (et grivois) qui disait que l'homme doit trouver « chaussure à son pied » C'est-à-dire, comment dire,… la femme qui lui convient, pour rester convenable! Amitiés à vous.

Écrit par : jmo | mercredi, 20 mai 2009

tsss... tsss... allons-allons-allons et pouf! pouf! jmo !
Vous êtes fétichiste du pied comme tout le monde !

:o)

Écrit par : Blondesen | mercredi, 20 mai 2009

Hé oui, je prends mon pied comme je peux…

Écrit par : jmo | mercredi, 20 mai 2009

Morte de rire !!! Trop drôle le coup du pied !!!

Écrit par : Micheline | mercredi, 20 mai 2009

Le pied !!! et oui ! sans être fétichiste, il s'agit là du début de la "nudité" que la femme expose très souvent sans le faire exprès ! Son pied, sa cheville....et puis (dans l'imaginaire masculin) on remonte, puis remonte en s'imaginant tout le reste.... (tût !)
Il est vrai que tout homme regarde facilement cet "endroit" du corps ! car c'est le seul endroit très souvent mis à nu par les femmes (contrairement aux hommes avec leurs chaussettes et godillos) et qui est la base de tout le reste !
Pourquoi ce réflexe ???? je ne le sais pas moi-même !
;o)

Écrit par : coucou | mercredi, 20 mai 2009

Ce qui est étonnant, dans tout ça, c'est que nous "humains" sommes à l'inverse de la majorité des oiseaux et de bien des mammifères sauvages !!!!
En effet, chez les oiseaux (pour parler d'eux), il est étonnant de voir les "mâles" avec leurs plus beaux plumages, chanter, frétiller, claquer du bec et faire mille et une manières pour attirer la "femelle" !
Avez-vous pu observer une fois les pigeons, les étourneaux, les moineaux et tous les autres !? C'est un spectacle fabuleux !
Peut-être sommes nous un peu trop "cérébraux" dans nos relations ?????? ce qui provoque des blocages et autres complications.
Amitiés
Coucou

Écrit par : coucou | mercredi, 20 mai 2009

Les mâles font la cour aux femelles dans le règne animal alors que ce sont les femmes qui déploie l'arsenal de séductions pour attirer les hommes dans le règne humain ... Et commme généralement, elles gagnent moins, le rapport de force est doublement injuste!

Écrit par : KissMe | samedi, 23 mai 2009

Histoire de langue ... En matière d'érotisme, la question demeure essentiellement littéraire, puisque c'est la langue qui va susciter ou non ce désir. Tous les grands auteurs ont toujours tâché de transgresser les normes langagières conventionnelles, en dépassant notamment les clichés pour inventer (trouver) leur langue à eux. Aussi, l'enjeu du langage dans ce domaine particulier ne serait pas de "tout dévoiler" mais de déplacer la transgression.

Cet enjeu se retrouve dans le comportement de l'enfant qui explore ses propres zones d'ombre, pour se vautrer dans la fange ou sauter dans les flaques. Pour réinventer sa propre langue en amour, il faut donc sortir des schémas, oublier les codes et les modèles.

Merci pour cette belle leçon en début d'été !!!

Écrit par : François Thévenet | mercredi, 27 mai 2009

(_ ; _) ... ?!? (* , *)

Écrit par : espoir | samedi, 30 mai 2009

Pour seule recommandation à ce phénomène épineux,gardons-nous donc de confondre les mots et les mots qui les désignent. Cette erreur philosophique pourrait s'avérer fatale à une sexualité vivante.

Fort est de reconnaître que des diagrammes et des étiquettes remplacent souvent les choses de la vie. Et là, on risque gros : passer à côté de chses essentielles!

Écrit par : Cédric C. | mardi, 11 août 2009

Le 40e anniversaire de la Francophonie n'a pas dit son dernier mot ...

Écrit par : François T. | dimanche, 21 mars 2010

savez vous aussi l histoire des anglais qui ont débarquée chez nos amis british on dit le chien rouge est assis sur le cheval blanc

Écrit par : schuester | dimanche, 02 mai 2010

Les commentaires sont fermés.