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mardi, 02 juin 2009

1er JUIN 1814 - 2009

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Genève a fêté ce 1er juin 2009 solennellement sa 195ème année d’intégration à la Confédération helvétique. Il s’agit là de l’une des trois dates ayant marqué l’histoire de notre cité.

Que commémore-t-on au fait et que s’est-il passé vraiment le 1er juin 1814 ?

 

Si l’Escalade de 1602 signifie la prodigieuse délivrance de notre république des griffes des assaillants savoyards, dont l’acte politique fort consiste à affirmer son indépendance et donc son refus de faire partie du royaume de Turin, la Restauration du 31 décembre 1813 confirme la volonté du gouvernement genevois (même provisoire) de garantir l’indépendance de la République face à toute puissance extérieure. C’est enfin six mois après, le 1er juin 1814 que débarquent les contingents de Confédérés au Port Noir, dans le but de rapatrier les Genevois à la Suisse. Politiquement, le processus est définitivement entériné par la Diète fédérale, quelques mois plus tard, le 12 septembre de la même année par un vote et le traité du 19 mai 1815 proclamant Genève comme le 22e canton suisse.

 

 

À l’heure où le pouvoir technocratique enfle, en asservissant les sujets, pour leur enlever finalement les seules libertés d’action qui font d’une vie humaine qu’elle soit digne (d’être vécue) plutôt que d’être réduite à n’être plus qu’un numéro, il est de temps de poser les questions qui fâchent. Par exemple, l’autonomie des états-cantons est-elle aujourd’hui sauvegardée, ce dans l’esprit de ce qui a présidé aux décisions originaires ?

 

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 photo prise par Patrick Hulliger

 

12:06 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (14) | Tags : suisse, genève, 1er juin | |  Facebook

Commentaires

Si je puis me permettre, Micheline, la victoire de 1602 fut belle parce qu'obtenue, dit-on, sans aide extérieure, mais même au temps de son indépendance, Genève ne pouvait pas s'en sortir complètement seule. Elle était l'alliée directe de Berne, qui en quelque sorte la protégait. On dit même qu'au XVIIIe siècle, Berne contraignit parfois les Genevois à accepter des dispositions qui ne leur étaient pas absolument favorables, dans leurs négociations avec Turin. En 1536, Genève fit preuve d'esprit d'indépendance vis à vis de Berne même, puisqu'elle refusa d'être intégrée à sa sorte d'empire comme était en train de l'être Lausanne; mais cela ne plut pas beaucoup aux Bernois. Il faut dire que le gouvernement de Berne était alors plus contraignant qu'il ne l'est depuis le XIXe siècle, à ce que j'ai lu. La solution doit être dans un bon équilibre, mais je pense qu'à Genève, l'esprit d'indépendance a toujours coexisté avec un esprit de conciliation vis à vis des voisins, et Berne a surtout représenté le voisin qui garantirait le plus les libertés genevoises dans une Europe qui tendait aux grands ensembles. Cela dit, si l'Europe se morcèle à nouveau, l'esprit d'indépendance genevoise peut revenir au premier plan: pourquoi pas?

Écrit par : Rémi Mogenet | mardi, 02 juin 2009

La Tribune de Genève relate largement, avec photo, "Les Médiévales d'Andilly" (Haute-Savoie, France voisine). Sur son site, pas une ligne sur la journée genevoise du 1er juin! Il est vrai qu'il n'y avait pas 20'000 spectateurs pour voir les 4 conseillers d'Etat qui s'étaient déplacés: Robert Cramer, David Hiler, Pierre-François Hunger et François Longchamp. Et pourtant ce fut une très belle fête. Seuls les absents eurent tort. Vive Genève, vive la Région, Vive la Confédération.

Écrit par : Cale-vin | mardi, 02 juin 2009

À Rémi Mogenet, le Savoyard et néamnoins ami, je précise en effet que le processus d'intégration de Genève à la Suisse connut plusieurs étapes. D'abord, il fallut diplomatiquement délimiter le territoire, en mettant un terme à son enclavement, ce afin de permettre la libre communication entre la République et la Suisse. C'est en 1814, à Paris, que débutèrent les tractations pour ensuite se poursuivre à Vienne; les négociations ont conduit en 1816 à la conclusion du fameux traité de Turin. Militairement, des contingents fribourgeois et soleurois débarquèrent au Port Noir suite à une décision de la Diète fédérale mais à la demande du gouvernement genevois, le 1er juin 1814. Au plan politique, c'est le tout fut ficelé en septembre 1814 par un vote fédéral et Genève fut proclamée canton helvétique, vote scellé par le traité du 19 mai 1815.

Mais vous faites bien de relever que des liens entre Genève et les Suisses existent depuis bien plus longtemps, sans quoi peut-être une telle intégration n'aurait pas été possible ... Pourtant, il ne faut pas y voir une relation entre bâillis et suzerains : les relation entre la république genevoise et le reste de l'Helvétie découlait d'une volonté basée sur un désir des Genevois eux-mêmes, cristallisé notamment par un esprit des libertés.

Par exemple, au 14e siècle, beaucoup de gens provenant des alentours s'installèrent ici pour ce vent de liberté qui y soufflait afin d'y réaliser leurs aspirations. Puis, le Traité de Ryswick en 1697 marqua aussi une étape importante dans son "appartenance" à la Suisse (plutôt qu'à une autre Etat).

Au fil des siècles, Genève aurait plusieurs fois se soumettre à la Savoie et devenir ainsi la capitale florissante de la région de ce côté-ci des Alpes; on imagine légitimement que notre république se soit SOUMISE à la France pour en constituer indéniablement une importante préfecture française à l'heure actuelle. De ces deux possibilités, elle n'en souhaita ni l'une ni l'autre, optant toujours les lois et les alliances qu'elle se choisissait elle-même ... librement!

Genève appartient ainsi à un Etat fédéral, qui a réussi à unir des peuples de langues, de cultures et des confessions si différentes, en en repectant l'identité particulière de chacun des cités-états.

Historiquement, cette communauté de destins est à relever comme exemplaire! Même si le "nous" pose un peu problème, il n'en reste pas moins nécessaire qu'il faille reconnaître que la Paix entre Etats si dissemblables a été possible grâce à la conjecture de volontés auto-déterminées, mues par un désir d'interactivité mutuelles.

Écrit par : Micheline Pace | mardi, 02 juin 2009

Genève a effectivement développé sa combourgeoisie avec Berne dès l'essor de l'esprit des communes: des cités. La Savoie conservait un régime traditionnel, pour l'essentiel fondé sur l'idée féodale et ayant pour base économique principalement l'agriculture. Les cités accueillaient ceux qui voulaient sortir de ce système féodal. Comme vous le savez, Genève a accueilli aussi des Savoyards qui avaient des idées dans ce sens: c'était le cas de Castellion et Bonivard, nés sujets du duc de Savoie. Maintenant, les bourgeoisies émancipées ont pu avoir tendance à se comporter de façon princière, et à acquérir des sujets. Les Bernois ont eu des cantons sujets. Les paysans étaient habitués à avoir des maîtres, mais la bourgeoisie genevoise était elle-même une bourgeoisie émancipée. L'équilibre entre Genève et Berne n'a sans doute jamais été facile à trouver. Mais aussi, pourquoi chercher quelque chose de définitif? En France, la bourgeoisie émancipée de Paris a conservé l'unité de l'autorité monarchique, et on peut dire que c'est stable, mais du coup, ce n'est peut-être pas très créatif, c'est monotone. (Ce qu'on appelle le désert français.) Néanmoins, dans le morcellement, il y a sans doute de l'aventure, mais aussi beaucoup de danger. A mon avis, il faut rester prudent.

Écrit par : Rémi Mogenet | mercredi, 03 juin 2009

En effet! Et c'est grâce à cet esprit, que des auteurs tels que Montesquieu (pour n'en cier qu'un) ont pu publier leurs ouvrages à Genève ...

Écrit par : Micheline Pace | mercredi, 03 juin 2009

Moins connu, le Savoyard (chablaisien) Joseph Dessaix (père de l'hymne des Allobroges) a également publié certains de ses ouvrages à Genève, après qu'ils eurent été interdits par Turin.

Écrit par : Rémi Mogenet | mercredi, 03 juin 2009

Aujourd'hui, il y a une région économique, factuelle, virtuelle extraordinaire, privilégiée, dans laquelle naissent, travaillent, voyagent, se divertissent des millions de personnalités. Du Sud de Neuchâtel à Nice, cette région tant aimée, nous l'appelons le Gevoie. Les historiettes et l'histoire l'ont temporairement divisée en diverses administrations. Les hommes s'y entraident aujourd'hui avec génie pour un présent et un avenir fleurissant à partir de racines gréco-romaines, judéo-chrétiennes pour bâtir sur des fondamentaux un bien-être consensuel. En regardant cette région, j'écoute le "Va pensiero" de Verdi qui choisit de se marier en secondes noces à Collonges-sous-Salève!

Écrit par : Yann | mercredi, 03 juin 2009

Vive Genève! Vive la Suisse! C'est ainsi que se termine le discours du 1er juin ... Ce serait en outre un beau sujet de campagne. Si l'aplatventrisme ambiant sert les intérêts droitsdelhommistes de pacotille, les citoyens n'ont pas à en payer les frais!

On ne doit rien à personne. Et s'il y avait plus de solidarité entre nous, on n'aurait pas besoin de faire appel à de ilusions qui nous sont servies chaque jour par une certaine gauche, au mépris des citoyens réels.

Merci Micheline pour cet article, le seul que j'ai pu lire, d'ailleurs, à l'instar de ce qu'affirme Cale-Vin.

Écrit par : GHP | mercredi, 03 juin 2009

Quelques lignes claires pour nous rappeler les trois dates fondatrices de Genève! Et les deux illustrations de 1814 et de 2009!

Écrit par : Vin-Calé | lundi, 15 juin 2009

Coucou Micheline! De retour d'un séjour balnéaire, je tombe sur ces belles illustrations de notre lac - qui à l'étranger s'appelle "le lac de Genève" - et ne peux m'emp^cher de les apprécier ...

En attendant la prochaine date festive, le 1er août, qui nous fera vibrer au son de "Vive Genève. Vive la Suisse!"

Écrit par : HELLO | dimanche, 19 juillet 2009

Pur ceux qui sont déjà à la fête : Bon 1er août tous! Je vous envoie mes meilleures pensées de votre pays voisin. Peut-être que nous viendrons en famille fêter dans une commune (les enfants adorent les lampions) ...

Écrit par : Omnius | vendredi, 31 juillet 2009

Chouette billet, je vous remercie pour les astuces et notez en 1er lieu que je suis 100% d'accord. Bref tout est dit, votre billet est sincèrement bien bon, très instructif ! NB : C'est mon premier commentaire ici et je reviendrai avec plaisir sur ce blog !

Écrit par : mutuelle | lundi, 17 mai 2010

Encore une genevoiserie en ce jour du 1er Juin : on devrait avoir congé pour la commémoration de l'entrée du Canton dans la Confédération, on vit un jour comme les autres. Plus profondément, c'est le sentiment d'identité et d'appartenance nationale qui manque à notre société. Les accords juridiques peuvent sceller le destin d'un pays mais jamais créer ce petit plus "fraternel"! La preuve en est qu'on s'ennuie tellement dans la plupart des manifestations publiques où chacun reste sur son quant-à-soi, se côtoie et se jauge sans vraiment se parler.

Je ne regrette donc pas que ce ne soit un jour ferié officiel. Tous ces petits Etats mis ensemble coûtent déjà très cher à tous les confédérés, évitons de jeter par les fenêtres les deniers publics des congés payés!

Bonne journée!

Écrit par : genevoué | mardi, 01 juin 2010

Vive le 1er Juin avec le Port Noir à l'honneur en attendant l'aménagement des rives ... symbolisé par l'initiative "Genève-Plage, Pour Tous"!!! Bonne journée

Écrit par : Micheline | mardi, 01 juin 2010

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