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mardi, 16 juin 2009

La guerre des concepts

« Nous ne sommes jamais chez nous, nous sommes toujours au-delà ; la crainte, le désir, l’espérance nous élancent vers l’avenir et nous dérobent le sentiment de ce qui est, pour nous amuser de ce qui sera. » (Michel de Montaigne in Essais)

 

 

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Entre mirages d’un mieux-être et dures réalités, il semblerait qu’on va se livrer les semaines suivantes à une guerre des concepts. Or, s’interrogent-on suffisamment sur leurs acceptions ? Une chose est sûre : sans état de droit, rien du durable ! Mais encore faut-il connaître une révolution copernicienne pour pouvoir appréhender la société que nous voulons.

 

Peut-être qu’en politique, devrions-nous davantage investiguer sur les mots courants ou techniques utilisés pour en interroger le sens véritable. Car force est de constater qu’ils ne revêtent pas nécessairement la même signification pour tous ou qu’ils ne dénotent pas les mêmes matérialités. Pour exemple, « la bougie » n’est pas la même chose dans le langage d’un garagiste que pour celui qui souhaite utiliser un objet éclairant lors d’une soirée entre amis. Bon, vous allez me rétorquer que c’est un peu facile … qu’il N’Y A QU’À savoir de quoi on parle pour se faire comprendre. Pas tant que cela, pourtant ! Prenez par exemple des principes tels que la parité hommes-femmes, l’égalité des chances, la sauvegarde des libertés ou encore la loi de l’offre et de la demande. On observe très vite qu’ils finissent souvent par se casser le nez sous le poids des réalités, comme disait de Gaulle.

 

En fait, les faux-semblants ne servent que ceux qui les brandissent. Ce qu’il en résulte surtout, c’est une force d’inertie, alimentée par une volonté politique par manque de clairvoyance. Le prouvent certaines mesures prises dans les domaines du chômage ou de la sécurité ...

 

Résister au discours dominant consisterait la première marche d’un véritable changement et aiderait à rechercher des solutions insoupçonnées à des problèmes souvent mal définis dès le départ.

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Commentaires

NO FUTURE ;) Rhétorique sans persuasion n'est que ruine (de l'âme, financière)

Écrit par : FT | mardi, 16 juin 2009

"Le prouvent certaines mesures prises dans les domaines du chômage ou de la sécurité ..."

Pourriez-vous être plus spécifique?

Merci! ?:o)

Écrit par : Azrael | mardi, 16 juin 2009

Bon ce n'est pas très nouveau, Micheline. La guerre culturelle est d'abord celle de la maîtrise du vocabulaire, des concepts et des mots, celle de l'énonciation. Celui qui domine la sphère intellectuelle dicte les termes du débat. Observez tous ces néologismes et ces barbarismes ridicules qui passent des laboratoires et des forges de la gauche intellectuelle au débat culturel et à la doxa journalistique d'aujourd'hui. Nous pratiquons tous la "mobilité douce" pour nous rendre en des rassemblements "festifs" où nous pourrons nous "réapproprier l'espace urbain" tout en "retissant le lien social". Cela ne vous rappelle rien? Les mânes de Gramsci et les fantômes du GRECE en sont témoins, de même que le spectre ricanant de Philippe Murray. Mais c'est une guerre perdue depuis longtemps. Résister, comme vous le dites de manière émouvante et naive, cela aurait consisté à concilier la Droite et la réflexion. Mais à droite on ne réfléchit guère, ou plus, depuis longtemps.

Écrit par : caton | mardi, 16 juin 2009

@ Azrael : la mollesse politique (et des concepts en vigueur) fait que les mesures prises ratent leur cible, en grande partie, parce qu'elles découlent de problèmes mal définis. Je reviendrai sur les faux-fuyants adoptés dans les deux domaines cités. Bonne soirée!

Écrit par : Micheline | mardi, 16 juin 2009

Plus près de nous, si certaines mesures n’avaient pas été prises pour soi-disant endiguer le phénomène du chômage, sous des apparences de bonnes intentions, il est probable que l’on ne connaîtrait pas aujourd'hui des inégalités profondes entre ceux ont du travail rémunéré et ceux qui travaillent de manière bénévole, sans statut dont personne ne parle si ce n’est sous l’appellation de « chômeur ». L’esclavage dans l’Antiquité greco-romain n’était pas autre chose sous bien des aspects, sauf qu’il y avait en plus une forme de sécurité de l’emploi, voire un certain respect entre les intéressés de part et d’autre.

Cette manne apportée par des working-poors, de surcroît, stigmatisés, devrait être considérée une plue-value et non comme des programmes d'occupation pour demandeurs d'emploi. La LACI, si elle avait été une loi de solidarité aurait prévu que l'engagement de ces personnnes envoyées par le service d'état était le but final; il faut le dire : certains organismes profitent beaucoup de ce dispositif. Les moyens sont mal distribués.

Même un peu naïvement, le billet de Micheline nous apprend qu'il faut parfois changer d'optique, du côté des décideurs, pour que la réalité soit toute autre...

Écrit par : François T. | mercredi, 17 juin 2009

En vrac, je partage l'analyse de François T. La Cour ds Comptes s'occupe déjà de certains organismes profiteurs.En matière de criminalité, notre cité a connu un pic depuis 2003. C'est peu dire que d'affirmer que les mesures prises sont faibles. J'ai déjà écrit sur le sujet, donc je ne me répèterai pas afin de ne pas diluer l'attention à ce problème, lié à une immigration non contrôlée. Par exemple, les 70% des détenus qui peuplent nos prisons sont originaires d'autres pays; sur ce point, les mesures à prendre ont été clairement émises, notamment dans l'initiative de 2007 de l'UDC sur leur renvoi. Mais comment applique-t-on la loi? Cette question naturelle découle de constats alarmants, bien réels, et la réponse à apporter devrait aussi comporter des solutions concrètes. Les dernières émeutes survenues dans les quartiers cités dans la médias démontrent encore une fois que la loi n'est pas applliquée ni respectée. Aussi, ça n'est pas aux contribuables d'en payer les frais (dans tous les sens du terme).

Écrit par : Micheline Pace | mercredi, 17 juin 2009

Encore des échaffourées hier soir aux Pâquis. Toujours le même problème non résolu alors que les acteurs sont connus des services des forces de l'ordre!
L'UDC est vraiment le seul parti qui ne se contente pas de constats et de statistiques: il propose des mesures concrètes, au-delà des grands pseudo-principes vides, ne serait-ce que déjà l'application de la loi! Je vous suis content de vous savoir candidate au Grand-Conseil sur cette liste, Micheline! Vous êtes une femme de dossiers et d'actions, en plus d'être une femme de tête (bien faite et bien pleine); je voterai pour cette liste, soyez assurée de mon soutien électoral.

Écrit par : catulle | mercredi, 17 juin 2009

Le 3e plan de relance promet d'être aussi nul que les précédents. Plus de working-poors, plus de formations bidons, plus d'occupations avilissantes et de tracas administratifs, plus de maladie sociales et de suicides.

Écrit par : catulle | jeudi, 18 juin 2009

Plan de relance : 200 millions pour les subsides d'assurances maladie / 400 millions pour la lutte contre le chômage. Parmi ces 400 millions, 12 iront pour les jeunes demandeurs d'emloi depuis longtemps. On sait aussi que 253 millions seront affectés pour l'engagement (effectif?) de chômeurs dans des organismes à but non lucratif. Mais toutes les mesures semblent malheureusement être la continuation de ce qui existe déjà, sans succès; ces missions temporaires d'une durée de 6 mois n'endigueront en rien le problème du manque de travail, des manques de ressources ou plutôt deur leur répartition, de la précarité extrême de ces jobs sans avenir. Pourquoi manque-t-il si cruellement une volonté de créer une nouvelle société?

Pauvreté, isolement, humiliations, désespérances sont au rdv, c'est certain...

Écrit par : Scarron | jeudi, 18 juin 2009

Je ne comprend pas le CF qui ne bronche pas lors de la hausse des primes maladie d'un côté et de l'autre donne 200 millions pour les subsides d'assurances maladie ? La santé est toujours vue à Berne comme une dépense, un coût mais nous avons en Suisse une médecine de pointe, des hôpitaux performants, un personnel bien formé, un cadre de vie (dans les zones plus rurales) qui pourrait faciliter l'implantation des EMS, une R&D biomédicale développée dans des centres privées et dans nos EPF et unis, une industrie des appareillages médicaux unique avec la microtechnique, des pharmas innovantes...Pourquoi ne faire connaître ce "cluster" construit patiemment depuis au moins 20 ans à coup de milliards avec un bon marketing pour que les personnes étrangères viennent se faire soigner en masse chez nous ainsi on pourrait trouver des revenus pour combler le déficit chronique du secteur de la santé.

Écrit par : demain | jeudi, 18 juin 2009

Entre Bambi et Montaigne, y a pas photo! Quoique ce dernier a connu une mort bien moins médiatisée au point que bien moins de gens l'ont regretté. Le renversement des valeurs se fait vraiment dans tous les domaines ...

Écrit par : Prométhée | dimanche, 28 juin 2009

Entre Bambi et Montaigne, y a pas photo! Quoique ce dernier a connu une mort bien moins médiatisée au point que bien moins de gens l'ont regretté. Le renversement des valeurs se fait vraiment dans tous les domaines ...

Écrit par : Prométhée | lundi, 29 juin 2009

Le drame dans ce genre de délires, vacillant entre novlangue et langue de bois, est plus profond qu'il en paraît. Ces termes sont souvent utilisés dans a sphère politique perdent de leur signification ou plutôt n'en ont aucun!

Ils font figure souvent de concepts-valises, un peu fourre-tout. Aucune vision philosophique ne s'en déage. Et la plupart des philosophes modernes continuent à cultiver ce flou artistique car il est plus aisé et moins dangereux au plan social et académique.

C'est ainsi qu'un petite caste renfermée sur elle-même et qui s'écoute parler garde le pouvoir sans rien apporter à la république.

Avec une apparence faussement naïve, votre article amène un vent de fraîcheur!

Écrit par : Schtroumpf (coquet) | mardi, 28 juillet 2009

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