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lundi, 14 septembre 2009

Féminiser les noms de profession, les titres et les fonctions?

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 "Il faut, quand on agit, se conformer aux règles, et quand on juge, avoir égard aux exceptions." (Joubert)

Avec la rentrée (scolaire et parlementaire), la question de la langue refait surface. Qui souhaite remettre sur le tapis la possibilité de la simplification de l’orthographe … d’autres se demandent s’il faut féminiser le nom des professions, selon les règles grammaticales en vigueur.

Faut-il dire une chargée de cours, une députée, une préposée, une officière, une apprentie, une avocate, une auteure, une matelote, Doctoresse, Colonelle au même titre qu’il existe bien des ouvrières, électriciennes, maçonnes, abesses, cuisinières, chômeuses?

Si la réponse était si simple, la question ne ferait pas couler autant d’encre !


La féministe Benoîte Groult qui se proclamait écrivaine avait fait de l’emploi du féminin son cheval de bataille au milieu des années 80. Et il y a bien un arrêté du Gouvernement de la Communauté française de 1993 établissant les règles de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre : http://www2.cfwb.be/franca/femini/feminin.htm.

Or, le malaise persiste et signe … Bien que la féminisation soit devenue courante dans certains organismes privés comme publics, elle demeure néanmoins fortement occultée dans d’autres endroits non moins concernés.

Comment expliquer ce phénomène ? Cette ignorance volontaire cache principalement une motivation psycho-sociologique. De crainte de dévaloriser la fonction, des femmes préfèrent qu’on les appelle Madame le Recteur, Madame le Directeur, Madame le Rédacteur en chef, Madame l'Ambassadeur de... ambassadrice désignant l’épouse de l’ambassadeur. Inutile de préciser que la position du chef de service est prépondérante. Ainsi les deux modes coexistent dans notre société tant dans la langue écrite qu’orale.

Il apparaît donc que là où les normes ne sont pas établies de manière évidente,  ce sont – comme toujours dans l’histoire – les usages pratiqués ci et là qui les fondent lentement mais sûrement. Aussi chacun est-il libre d’utiliser telle ou telle autre forme sans risque d’être pris en flagrant délit ...Lfém.jpg

Grâce à la philosophe-linguiste, Madame Michèle Lenoble, l’invitée du Club de la Grammaire dans les locaux de l’Institut National genevois, on en sait un peu plus ...

12:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : langue, féminisation, règles, néologismes, michèle lenoble | |  Facebook

Commentaires

Féminiser à tire-larigot les noms est ridicule. Autant une "romancière" est agréable à l'oreille, autant une "écrivaine" sonne mal et heurte celle-ci...

Écrit par : Kissa | lundi, 14 septembre 2009

Bonjour Micheline, désolée de squatter votre espace, mais j'ai à transmettre un message afin de mettre hors d'état de nuire un être vil, ignoble, méprisable et cruel qui n'a rien à faire sur les blogs de la TdG!

A TOUS LES COMMENTATEURS, rendez-vous chez Blondesen sur ROYAL POURCEAU. Ce que vous lirez vous fera dresser les cheveux sur la tête!

Merci, de me permettre de le passer pour dénoncer ce Johann.

Écrit par : Patoucha | lundi, 14 septembre 2009

Bonjour belle brune à la mèche rebelle !
Toujours le même problème: pour un "infirmier-accoucheur", faudrait-il dire un "sage-homme" ou un "homme sage" ?
Ha ?

;o)

Écrit par : Blondesen | lundi, 14 septembre 2009

Il faut dire un "sage-femme", "femme" désignant la parturiente et non l'accoucheur.

Écrit par : J. Nizard | lundi, 14 septembre 2009

Belle question.
On dit un Maître en quelque chose, diriez une Maîtresse, cela peut prêter à confusion.
Personnellement, j'ai pris le parti de dire Madame le Juge, je considère que la fonction n'a pas être féminisée. C'est une fonction ou une charge et c'est elle que l'on remplit.
Cela pourrait simplifier les choses.

J'entends parfois dire un pompier et pour une femme une pompière, c'est parfaitement ridicule.

Ayons un peu jugeote pour ne pas féminiser à outrance, mais en respectant une certaine logique.

Écrit par : mariette | lundi, 14 septembre 2009

Joli exemple que le/la sage-femme! Merci pour l'excellente explication de j.nizard. On ajoutera que le terme d'"accoucheur", lui, connaît sa féminisation automatique : "accoucheuse". Un clin d'oeil à la mère de Socrate qui était sage-femme, soit une maïeuticienne (l'art de faire accoucher dont le philosophe passait pour maître).

La féminisation à outrance peut paraître en effet ridicule par certains aspects. Mais la question nen finit pas d'être posée et débattue dans les sphères décisionnelles où l'indécidabilité semble être le principe pour les raisons évoquées ci-avant.

Ce qu'il y a de troublant est nul n'est choqué du couple "ouvrier-ouvrière" mais que dès que des femmes pointent leur bout de nez dans la hiérarchie, elles masculinisent leur titre.

Écrit par : Micheline | lundi, 14 septembre 2009

Les tenants de l'absurde de la féminisation à tout-crin ont aussi raison. Voyons un peu le glissement de sens de certains termes :

- Un coquin, c'est un bandit alors qu'une coquine, c'est ...
- Un entraîneur, c'est un homme qui entraîne une équipe sportive alors qu'une entraîneuse, c'est ...
- Un homme qui fait le trottoir, c'est un paveur alors qu'une femme qui fait le trottoir, c'est ...
- Un chien, c'est un animal alors qu'une chienne, c'est ...

Mis à part ces surprises épistémologiques sans fin, il est vrai que si les hommes vivaient dans un monde de communication où les noms n'étaient pas masculinisés, ils connaîtraient une réaction similaire ... Quid?

etc, etc, etc

Écrit par : HELLO | lundi, 14 septembre 2009

@ HELLO

Coquin, coquine, se dit d'une personne espiègle ou malicieux/se. Il s'emploie au 4è° à notre époque. Bandit est rarement usité, voleur, escroc lui sont préférés.

De nos jours un homme qui fait le trottoir est un prostitué au même titre qu'une femme. Un paveur, fait des travaux de pavage - pose de pavés.

Une chienne est la femelle du chien.
Dans le langage vulgaire cela se dit aussi d'un homme que c'est....

En revanche, le féminin d'entraineur est péjoratif. Même là on vous rétorquera qu'il n'y a pas de sot métier....

Nous ne sommes plus à l'époque ou un galant disait: "Souffrez, Madame, que je vous baise la main" Aujourd'hui c'est: Tout le monde b...et personne n'en souffre.. Lolllll HELLO, faut vivre avec son temps!

Il est préférable de simplifier l'orthographe des verbes que féminiser le français.

:)))))

Écrit par : Patoucha | mardi, 15 septembre 2009

@ patoucha : le principe de l’égalité est inscrit dans la Constitution fédérale depuis le 14 juin 1981. Les contresens n'y feront rien. La féminisation est en marche (je plaisante un peu). Le hic est que les noms de professions, des fonctions et des titres sont traités presque comme des noms propres et des noms communs.

Mais on n'a pas fini de sourire - et c'est tant mieux - de ces transformations.

- Pourquoi une poule ne serait pas simplement le féminin du coq?
- Pourquoi une femme publique n'est pas l'équivalent d'un homme public?
- Pourquoi une femme facile ne signifierait pas qu'elle soit facile ... à vivre au même titre qu'un homme dit facile?
- Quel est exactement le féminin de "sapeur-pompier" (quand on constate que "Maître" prête déjà à confusion)?

etc, etc, etc.

Ce qui pose problème, c'est finalement la norme : quelle norme choisir et qui décide? Ah, l'éternelle question ...

Écrit par : HELLO | mardi, 15 septembre 2009

A Notre-Dame-de-Bellecombe ou à Bellecombe-en-Bauge, les habitantes sont des bellecombaises ... charmant féminin.

Écrit par : Clyde | mardi, 15 septembre 2009

HELLO, le soleil luit luit luit..... :)) Où se niche l'égalité?!!!!!!!!

Un petit exercice pour rire dans ce monde de....féministes: :)

Pourquoi une poule ne serait pas simplement le féminin du coq?

Poule: poulette = égalité des sexes :)) :)))) coq: coquette (Oh! :)

- Pourquoi une femme publique n'est pas l'équivalent d'un homme public?
Si, si mais pas le même public..... _:p

- Pourquoi une femme facile ne signifierait pas qu'elle soit facile ... à vivre au même titre qu'un homme dit facile?

Voir les petites annonces roses... mdrr

- Quel est exactement le féminin de "sapeur-pompier" (quand on constate que "Maître" prête déjà à confusion)?

"Sapeuse"(de)pompier lolll

Croyez-vous qu'ils vont féminiser: Maître-chanteur? :)

:))))))))

Écrit par : Patoucha | mardi, 15 septembre 2009

Clide, "les habitantes sont des bellecombaises ... "

.....en-Bauge? Lollllllll

Écrit par : Patoucha | mardi, 15 septembre 2009

J. Nizard nous dit : "Il faut dire un "sage-femme", "femme" désignant la parturiente et non l'accoucheur."

Bon d'accord, mais alors une maître-nageur ... il n'y a que des hommes qui nagent ? Lol

(o_o)

Écrit par : Loredana | mardi, 15 septembre 2009

Bonjour à toutes et à tous,

en plus de toutes les contributions très intéressantes à l'éternelle question de la féminisation du langage, il reste une inconnue dans tout ce débat : qui fait quoi?, qui décide quoi?

D'un côté, l’Académie française a longtemps vu d’un mauvais œil la féminisation des noms de fonctions. De l'autre, les décrets et arrêtés gouvernementaux, variables selon que ce soit en Belgique ou en Suisse ou encore au Luxembourg, ont fait considérablement fait avancer le débat, en rendant non pas obligatoire car un tel procédé ne relève pas de leur compétence mais possible l'édition de certains noms féminisés.

Une question grammaticale subsiste néanmoins : à quel suffixe recourir ?

L’absence de logique dans ce fait de langue ne va pas toujours sans poser quelques problèmes, en effet.

Eh bien, ça promet encore de belles joutes verbales ... Pour l'instant, savourons la liberté de choisir entre les deux formes!

Écrit par : Micheline | mardi, 15 septembre 2009

Teufel! comme dirait un esprit blogueur des plus clairs, Redbaron, si un pouf, c'est un meuble fait pour s'y asseoir, que dire d'une pouffe?

Écrit par : HELLO | mercredi, 16 septembre 2009

Et LE sentinelle, y avez-vous songé ? On se fait un Bureau de l'égalité MASCULINE ?

Écrit par : whimsical | jeudi, 17 septembre 2009

@ Micheline: "Pour l'instant, savourons la liberté de choisir entre les deux formes!"

Un homme vous dira qu'il préfèrerait "savourer" les "formes" féminines.. Lollllllll

@Loredana

Je préfère boire la tasse avec un maître-nageur qu'une (?) :))))))))))))

PS: J'ai obtenu mon brevet de sauvetage à l'âge de onze ans. Je ne sais comment j'ai fait pour ne pas couler avec le mannequin?!!!! :)))))

Écrit par : Patoucha | jeudi, 17 septembre 2009

HELLO, mdr mdr mdrrrrrrrrrr je suis pliéeeeeee

Écrit par : Patoucha | jeudi, 17 septembre 2009

Cette question reste toujours d'actualité. À Genève, la magistrate Sandrine Salerno a tranché. Et c'est tout à son honneur ... Pourquoi ne pas représenter verbalement le sexe généralement sous-représenté dans des fonctions "honorifiques" dont l'essentiel réside en un travail lié au langage?

Écrit par : Saphoooooo | mardi, 29 septembre 2009

On dit fat pour un hommme mais pour une femme ? En attendant qu'on se contente de m'augmenter pour être payée à l'égale d'un homme ce sera toujours mieux que la guerre des genres dans le vocabulaire qui réduit à un exercice de bonne conscience pour politiciens- chiennes- (sorry, je me suis trompée dans l'exercice ien-ienne ) en mal de voix !!

Écrit par : duda | mardi, 29 septembre 2009

En tout cas, évitons d'écrire la cheffe: chef veut dire tête, comme dans couvre-chef.
Ce que je trouve le plus injuste dans le langage, c'est que si vous parlez de cent femmes et d'un seul homme, tout cela s'accorde au masculin.

Écrit par : dano | mardi, 29 septembre 2009

@ miroir, mon beau miroir : je vous remercie pour votre fidèle et attentive lecture de ce blog ainsi que pour votre très aimable compliment ... pour ce qui est de la deuxième partie de votre commentaire, je ne peux que vous recommander les blogs qui figurent sur cette même plateforme ...

Au fait, puisque vous vous exprimez suite au sujet de la féminisation des mots, quel est votre avis sur la question?

À bientôt, j'espère, pour de nouvelles aventures!

Écrit par : Micheline | mercredi, 23 juin 2010

Féminiser les titres professionnels?

Euh,
c'est pour les satistiques, pour repérer les inégalités salariales?

Écrit par : na...ya | mercredi, 23 juin 2010

Un combat inutile mon amie ... les compétences d'abord.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | mercredi, 23 juin 2010

ben celle-là, l'avait pas vue avant!

non mais DIMITRESCU, triste sire:

et c'est quoi ça, les compétences d'abord?

en français: à compétences égales, salaire égal,
ça veut dire la même chose en Suisse!

bon enfin, c'est ce qui se dit!

Écrit par : na...ya | jeudi, 24 juin 2010

c'est chouette de féminiser les professions ...

appelleront maintenant les juges femmes des jugesses ?

et les femmes ministres de ministresses ...?

ahahah

Écrit par : luzia | jeudi, 24 juin 2010

Alors oui, OUI & xxOUI! à toute féminisation
de tous titres professionnels masculins encore restés tels quels lorsque portés sur de frêles épaules féminines,

dès lors que cette féminisation n'est que du ressort graphique ou linguistique

et que le salaire masculin bascule avec son e!

Écrit par : na...ya | jeudi, 24 juin 2010

quoique
pour le titre de maîtresse, c'est elle qui décide?

Écrit par : na...ya | jeudi, 24 juin 2010

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