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vendredi, 23 octobre 2009

Drôle de petit jeu TSR-Otages suisses

"Le coeur se serre à la séparation des songes tant il y a peu de réalité dans l'homme"

(Chateaubriand)

 

otage.jpgOr, donc, notre chaîne télévisée ne souhaite pas rappeler le sort de nos deux otages comme le font d’autres médias pour les otages de leur pays. Ayant été l’un des membres de soutien de la première heure – je me souviens encore ce vendredi matin de juillet 2008 où je reçu en vacances un message de Blondesen m’invitant à rejoindre le groupe de soutien – j’ai participé également aux trois manifestations publiques organisées à cet effet, de manière discrète, certes.

Je suis de facto et de jure touchée par la non libération de nos deux compatriotes retenus contre leur gré dans le désert lybien, ce dans l’indifférence générale. En ouvrant ma boîte hier après-midi, voici ce que j’y ai trouvé de la part du rédacteur-en-chef de l’actu :

 

 

Bonjour,

 

Nous nous référons à votre message ci-après et vous remercions d'avoir pris le temps de nous écrire.

 

Tout d'abord, nous tenons à préciser que la TSR n'a à notre connaissance et à ce jour pas été saisie officiellement d'une telle demande de la part de M. Valente.

 

Dans le traitement de "l'affaire Khadafi", notre ligne rédactionnelle consiste à couvrir l'actualité, les conférences de presse (y compris les manifestations de soutien) et à donner les informations confirmées. Nous sommes aussi d'avis qu'il ne faut traiter que l'essentiel car, dans ce genre d'affaire, la multiplication des informations est souvent le but recherché par les preneurs d'otages pour maintenir la pression.

 

Notre rôle en tant que média n'est pas de lancer des appels à la mobilisation même s'ils sont animés par de nobles sentiments.

 

Veuillez agréer nos salutations distinguées.

 

 

 Pour Bernard Rappaz

Sonia Marro
Assistante Rédaction en chef


TSR - télévision suisse
Quai Ernest-Ansermet 20
Case postale 234

CH-1211 Genève 8

 

 

 

 

Vous avez dit « bizarre » ? Etrange, vraiment « bizarre » ? …

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Commentaires

C'est d'une honte que j'en suis pantois, je voyage souvent en Israel où dans toute les rues, tous les coins, tous le poteaux on y voit des affiches avec la photo de Gilat Shallit, à la radio, dans les télévisions dans les journaux, partout il est présent, tout un pays et de tout coeur avec lui et c'est plus qu'important pour lui et pour tout le pays.
Ce que j'ai déjà dit sur les blogs de tdg, le pire pour nos otages, c'est ce qu'il ne se passe pas dans notre pays les concernant, je ne serais pas étonné qu'ils désirent rester en libye après leurs libération.
Tout ça pour défendre les intérêts de quelques banques !
La pire des hontes à la Suisse, à ses autorités, à ses médias et à sa lâcheté même dans la solidarité !

Écrit par : corto | vendredi, 23 octobre 2009

Effectivement la médiatisation ne profite pas forcément qu'aux preneurs d'otages, en tant qu'elle leur permettrait de diffuser leurs propres exigences, de se faire connaître, de garder le couteau par le manche dans les négociations. Bien au contraire : parfois, la médiatisation peut "servir" les otages eux-mêmes comme par exemple dans le cas où le groupe commettant l' enlèvement tient à sa réputation.

Le cas cité par Corto est fort instructif. Lorsque le Hezbollah ou le Hamas enlève un Israélien, Israël médiatise l'affaire au maximum, partant du principe qu'aucun de ces mouvements ne veut être considéré par les électeurs potentiels comme de possibles tueurs d'otages.

Si le Pape prend fait et cause de manière si soutenue en faveur de personnalités en vue - Ingrid Bétancourt, etc. -, c'est aussi la même raison qui le motive.

Néanmoins, la médiatisation pourrait s'avérer néfaste si des négociations ont été ouvertes, et que la divulgation d'informations dans les médias y met un frein. Mais dans le cas Suisse-Lybie, on ne peut pas dire qu'il y ait eu négociations car une négociation se prend toujours au début d'une affaire et non après-coup. Il faut certes faire confiance à l'administration qui suit ce drame humain ... en nous rappelant l'histoire des otages américains pris au Liban dans les années '80, peu médiatisée, que l'administration Reagan freinait toute diffusion publique, ce tout en déployant les efforts nécessaires dans les coulisses en vue de leur libération, effective ...

Ce qui est pourtant choquant dans notre pays, c'est l'absence de lien national, d'appartenance ou d'identité à un groupe, qui a pour conséquence une effroyable indifférence au sort d'autrui, de son voisin ou d'un "proche". Personne ne se sent concerné et la preuve en est le peu de mobilisation.

Quid? Une pensée pour eux et leur familles!

Écrit par : Micheline | vendredi, 23 octobre 2009

La TV et le Palais fédéral auraient dû afficher la bobine des otages avec un décompte quotidien des jours kidnappés. On n'est pas dans la situation du journaliste du «New York Times», David Rohde, pris en Afghanistan, en pleine activitéprofessionnelle que le journal lui-même avait volontairement passé sous silence, partant du constat qu'une médiatisation mettrait en danger l'otage et qui eut ... pour conséquence que le journaliste américain fût libéré au bout de 7 mois de captivité.

Plusieurs pays ont su moiliser l'attention et les actions de la population pour leurs otages. Pourquoi la Suisse, riche d'une longue tradition de bons offices (pour les autres), ne réussit-elle pas là où elle réussit d'habitude?

Écrit par : Philippe B. | samedi, 24 octobre 2009

Une info chasse l’autre… Les otages ne font pas recette !

Aujourd’hui, le vrai pouvoir n’est plus dans les mains des politiques ni dans celles de la presse : c’est l’opinion.

L'opinion prescrit de plus en plus le processus politique et le champs journalistique à sa loi. Et sa loi, c'est le précipité émotionnel et la séduction médiatique. La politique se plie à la pression de la télé-réalité. Et force est de constater avec le peu de succès rencontré par les manifestations organisées par Monsieur Valente, tant par la faible participation que par le peu de couverture médiatique, l’opinion ne s’intéresse pas aux otages.

Après l’effondrement des grands pouvoirs de l’Église et de l’école, le pouvoir politique marque le pas à son tour. Les populismes se déchainent. Ils envahissent le paysage audiovisuel. Quant aux bloggeurs, à l’abri de l’anonymat, ils pénètrent l’opinion de rumeurs insanes et de découvertes invérifiées. Les corbeaux rasent le plancher des vaches. Si nous n’y prenons garde, la dictature de l’opinion peut précipiter sournoisement la démocratie au tapis, aucune adversité ne pouvant la retenir.

Écrit par : Gérard H. Perraud | samedi, 24 octobre 2009

Bizarre autant qu'étrange de mentir ainsi ... La réponse est pour le moins vaseuse ...

Écrit par : Cédric C. | samedi, 24 octobre 2009

Le peu de succès qu'a rencontré la mobilisation lancée en faveur des otages est due malheureusement à ce que la population ni les pouvoirs en place ne veulent se montrer avec un ou des membre (s) de l'UDC !!! Honte à eux!

Si ça avait été un parti de gauche à s'être lancé corps et âme dans ce combat, pour sûr que les gens auraient suivi ... en instrumentalisant la malheur!

Écrit par : Philippe B. | lundi, 26 octobre 2009

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