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jeudi, 28 janvier 2010

Roland Giraud et la question religieuse

Le décor est planté : Roland Giraud incarne dans « Bonté divine » un prêtre catholique qui tente un vrai dialogue avec trois tenants des autres religions monothéistes et un bonze. Les interlocuteurs devisent sur la foi et ses relations qu’elle entretient avec la raison, du doute hyperbolique ou non, et essentiellement de la nature de l’homme et de sa place dans le monde.

Les auteurs ont choisi la forme humoristique et vivante de la comédie pour traiter un sujet grave et tellement d’actualité. En filigrane, on entend Jouvet : «Au théâtre, c’est important d’avoir de l’émotion. »

 

Mystérieusement enfermés – ou plutôt séquestrés par le chrétien – dans une petite pièce un vendredi soir, les quatre essaient d’aborder les questions que chacun se pose sur Dieu et les religions, à commencer par la plus brûlante : pourquoi autant de discordes entre les croyants des grandes traditions monothéistes puisqu'ils croient au même Dieu, d’autant qu’étymologiquement, religion vient de religere, qui signifie relier ?

 

Le texte soulève tous les problèmes métaphysiques qui torturent l’âme humaine quant au sens de la vie. Le talent des acteurs produits au Théâtre du Léman en relève la substantifique moelle. 

 

C'est tout le talent des auteurs qui non seulement ont concocté des dialogues exceptionnels mais qui ont aussi introduit des connaissances précises sur les différentes religions. Ils répondent ainsi aux questions simples que tout le monde se pose. Si vous avez l'occasion de voir la pièce, je ne peux que vous la recommander chaleureusement, d'autant que Voltaire ou Diderot l'aurait certainement adorée!

 

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16:51 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : théâtre, religion, roland giraud | |  Facebook

Commentaires

"Les rires ont fusé au premier instant".
OK, sauf que Baudelaire en étudiant son essence, a dit du rire qu'il est toujours d'origine satanique !

Écrit par : Santo | jeudi, 28 janvier 2010

Merci Micheline, je suis consolée... ou presque de n'avoir pas pu être parmi vous !

Peut-être en trouvera-t-on des extraits sur internet ? si quelqu'un en en trouve, je serai
pleinement consolée de n'avoir pas pu y assister...

Mais, il me vient une idée géniale qui ne va pas plaire à tout le monde,... et si on décrétait
que dorénavant le week-end commencerait le jeudi soir...

Super : le vendredi pour les musulmans, le samedi pour les juifs, le dimanche pour les chrétiens, et pour les skieurs
trois jours complets de glisse... :-) ... ben, ouais, il fait bien renflouer les caisses des stations
de ski... ayez un peu de coeur ! :-)

Écrit par : Sol Majeur | vendredi, 29 janvier 2010

Aborder la religion, la foi et le doute sur le ton de la comédie est un choix bien courageux. Frédéric Lenoir et Louis-Michel Colla, auteurs de la pièce, ont réussi leur pari. Un même Dieu, eh oui, et trois manières de l'honorer, avec en plus un moine bouddhiste, dont la vision du monde diffère encore. À ce stade, on imagine que l'on va droit vers une nouvelle guerre de religions… Il n'en est rien car la pièce débute par une rencontre interreligieuse où un prêtre, un rabbin, un imam et un moine bouddhiste répondent aux questions assez directes de tout un chacun, sans le moindre aménagement, de manière didactique. Le rencontre a eu lieu! On devine l'entente entre eux, le respect et l'amitié, qui les lient, même une fois pris en otage par le prêtre qui cherche une réponse à ses doutes ...

Dieu existe-t-il ? Dans un jeu tout en nuances, Roland Giraud interprète, avec générosité, malice et sincérité, cet homme angoissé et désespéré.Les autres acteurs, Jean-Loup Horwitz, Saïd Amadis et Benoît Nguyen Tat, ne sont pas moins charismatiques : . Ce spectacle touche le public au cœur aussi bien qu'il s'adresse à l'esprit.

Écrit par : Saturne | vendredi, 29 janvier 2010

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