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dimanche, 21 février 2010

Compte-rendu de la réalité iranienne à l'ONU

 

 

Les rencontres onusiennes concernant l’Iran se sont achevées cette semaine. Au lendemain de son 31e anniversaire, la République islamique d’Iran était invitée à s’expliquer devant le Conseil des droits de l’homme dans le cadre de l’examen périodique universel (EPU). La seule surprise fut l’information relative à une probable candidature pour siéger au dit Conseil …

 

Un dialogue entre les différentes ethnies d’Iran a été organisé par Interfaith International. Chaque interlocuteur met l’accent sur la violation des droits des minorités et des peuples autochtones composant la société iranienne. Faut-il le rappeler? : l’Iran n’est pas le pays d’un seul peuple. Par exemple, les différents groupes ethniques et religieux ne sont pas représentés dans les instances du pouvoir politique. Et ils n’ont pas accès aux mêmes biens sociaux et culturels que la caste dominante et leur situation économique reste des plus précaires. Force est de constater qu’une idéologie religieuse institutionnalisée écrase toutes les autres sensibilités. Or, l’article 19 de la Constitution iranienne prévoit que tout citoyen d’Iran puisse bénéficier de droits égaux indépendamment de son origine, son appartenance ethnique, linguistique ou religieuse.

 

Avec les 402 exécutions de prisonniers en 2009 enregistrées par le Conseil national de l’opposition iranienne, l’Iran fournit une preuve supplémentaire de la violence du régime en place, à l’aune des répressions sanglantes auxquelles on vient d’assister il y a peu.

 

La belle mosaïque de groupes humains vivant ensemble tombe en lambeaux lorsqu'on s’aperçoit que tous ne parlent pas le farsi (persan) et que pour cette raison, l’accès à l’éducation scolaire s’en voit interdit. En fait, 70% des enfants en âge de scolarisation ne comprennent pas le farsi, la langue persane officielle dans laquelle se déroule l’éducation scolaire. Sur cette identité linguistique, ils se voient déjà discriminés dès l’entrée à l’école où on leur demande en plus de changer de nom car les « consonances étrangères » ne sont pas bienvenues. Pour toutes les minorités, des obstacles jalonnent le parcours scolaire, ce jusqu’aux universités où des examens d’entrée sont prévus à leur intention, avec des questions sur leur identité, leurs occupations, leurs croyances. Puis, la même discrimination se retrouve à l’embauche. Les retombées économiques ne sont pas distribuées équitablement ; pour exemple, la région produisant le plus de pétrole ne touche qu’1% du bénéfice et les acteurs économiques viennent d’autres contrées, choisis par le pouvoir central ! Le représentant politique, aussi. Les autochtones se retrouvent ainsi doublement discriminés.

 

Chacun des conférenciers représentant son ethnie déplore que l’exclusion est pratiquée de manière systématique, depuis le sommet. Actuellement, on compte 21 prisonniers kurdes, dont la plupart sont condamnés à mort, sous prétexte qu’ils forment les ennemis de Dieu.  En outre, deux Kurdes ont été assassinés en 1989, à Vienne et à Berlin, alors qu’ils se rendaient à une conférence sur le drame des discriminations subies par le peuple kurde en Iran ; l’enquête déterminera que l’assassinat découla des instances dirigeantes du pays. Et c’en est resté là.

 

Les processus démocratiques peinent à se développer dans cet Etat théocratique jusque dans le déroulement des procédures juridiques et électorales. Lors des dernières élections présidentielles, en juin ’09, d’innombrables arrestations arbitraires ont eu lieu et des manifestations même pacifiques interdites, sous peine d’être écrasées avec une violence incomparable.

 

Le régime islamique iranien en place ne tolère ni parti politique ni activité linguistique ou culturelle autre. Car les gardiens de la Révolution islamique constituent en réalité les représentants du pouvoir en vigueur et matent toute opposition réelle ou présupposée.

 

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Commentaires

Les explications des Iraniens (les représentants du pouvoir central) ressemblent bien plus à des provocations.

On compte actuellement 21 prisonniers kurdes, dont la plupart sont condamnés à mort, accusés d'être les ennemis de Dieu. Remémorons-nous de ces deux Kurdes assassinés en 1989, à Vienne et à Berlin, alors qu’ils se rendaient à une réunion sur le thème des discriminations subies par le peuple kurde en Iran ; même l’enquête fut biaisée, le meurtre non élucidé, bref, les procédures judiciaires élémentaires bafouées.

De cette rencontre entre le Conseil des droits de l'homme et les autorités iraniennes, on peut au moins conclure à une note positive : la candidature s'est soldée par une fin de non-recevoir, puisque le régime ne souhaite pas jouer le jeu, ne serait-ce qu'en acceptant les spécialistes des droits de l'homme (rapporteurs, experts, etc) chez eux.

Merci pour ce succinct compte-rendu!

Écrit par : kurd | lundi, 22 février 2010

Les théocraties du monde ont toujours été des systèmes très violents. Au nom de X ou Y, on s'est octroyé le droit de proscrire et de tuer. Les vérié dites révélées ne constituent jamais des arguments; pour cette raison, on a affaire à de l'obscurantisme.

Voltaire nous est toujours d'un grand secours, même actuellement. Dernièrement, une nouvelle fatwa a été lancée en Arabie Saoudite par laquelle le Cheikh Abdul-Rahman al-Barrak révoque la mixité au travail ou dans le cadre scolaire “prônée par les modernistes”; celle-ci serait à procrire car elle relèverait d'une faute grave, dans le sens de l'apostasie ou hérétisie; elle doit être cpmbattue parce qu'elle permet “de voir ce qui est interdit et autorise les hommes et les femmes à se parler, ce qui est interdit“.

Ainsi la connaissance reste dans les mains de quelques potentats, l'éducation, le privilège de quelques-uns, au service du pouvoir, tandis que la population reste dans l'obscurantisme.

Le même religieux en appelle à l'exclusion et une mise à mort effective : “Quiconque permet cette mixité (…) autorise des choses interdites est un infidèle, ce qui constitue une apostasie (…) Soit il se rétracte, soit il doit mourir (…) car il désavoue et n’observe pas la charia (loi islamique)“ ...

Sur ce coup, l'Egypte est apparemment plus avancée, vu le jugement rendu début janvier. Enfin, la Suisse a eu raison de rejeter la possibilité d'une islamisation rampante dans ses moeurs juridico-politiques et dans la sphère privée!

Écrit par : baloch | jeudi, 25 février 2010

Les dernières réunions - entre les USA et certains pays européens - concernant l'Iran dévoilent le caractère absoltiste de son dirigeant principal, qui n'a cure de son peuple. La startégie sous-jacente serait d'avilir ce pays dans une guerre économique dont l'issue serait de se révolter contre lui et ses sbires?

La santion de l’ONU est juste. Certaines mauvaises langues tentent de lui inculquer un procès d'intention (asphyxier l'économie iranienne) derrière ces résolutions mais elle signifie avant tout qu'elle refuse le cynisme. Qui souhaite librement un état qui torture à tours de bras, jette les homosexuels en pâture jusqu'à la mort, force les jeunes filles à se marier, attribue les postes à responsabilité à des représentants de l'ethnie de son président?

Écrit par : Cédric C. | jeudi, 15 avril 2010

L'Iran n'en finit pas de déployer ses méfaits. Revendiquer une place aux droits de l'homme, se voir refusé, forcer le destin en s'immissant au droits de la femme, lapider et torture à tort et à travers ...

Écrit par : adieu | jeudi, 15 juillet 2010

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