samedi, 27 février 2010

Le Colonel Kadhafi prêche dans le désert ...

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"Les peuples n'ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur."(Stendhal)

 

Les chiens aboient, la caravane passe … Aux abois, le Colonel Kadhafi ne sait plus comment « justifier » la prise d’otage d’un Suisse qui n’a rien à voir avec l’arrêt d’un minable en juillet 2008. Pour prétexte, il invoque une votation populaire de novembre 2009  qui veut simplement ne pas miner la laïcité durement acquise d’un état de droit dont les règles démocratiques remontent à plusieurs centaines d’années.

 

Le clan Kadhafi à cran recherche encore la confrontation, via la provocation, pour se disculper des mauvais agissements d’un fils à papa mal élevé, dont les coups portés à sa femme le jour de Noël à Londres ont défrayé la chronique.

 

En libérant un seul otage, il a perdu la face. Dans son fonctionnement de résilience, le guide de la révolution lybienne en appelle à la guerre sainte – le djihad - contre la Suisse et aux musulmans du monde entier à boycotter les produits helvétiques ! Interdire les avions et navires dans leurs ports et aéroports en fait partie. Faut-il le rappeler : lui qui se gausse de pouvoir dire qu’il a le temps (oh, le cynique !) alors que les Suisses ont les montres, il ne se gênait pas de commander il y a peu un chargement de montres suisses pour fêter ses 40 ans de règne absolu !

Ni tactique ni stratégique, son appel au djihad à l'occasion de la commémoration de la naissance du Prophète ne revêt aucune légitime religieuse ou politique. "C’est contre la Suisse mécréante et apostate qui détruit les maisons d’Allah que le djihad doit être proclamé par tous les moyens". En effet, la construction des mosquées n’est nullement  mise en cause par cette décision souveraine puisque la religion musulmane n’est en aucun cas interdite de pratique et que par conséquent la paix confessionnelle est assurée. L’apostat ou le blasphémateur, c’est plutôt lui, vu qu' on ne peut lancer une djihad en dehors d’un contexte déterminé. hostages.jpg

Sa dernière diatribe provoque donc l’ire ou le rire. L’ONU, devant laquelle il criait au démantèlement du petit pays multilingue et multiculturel le 6 septembre dernier (après le 8 juillet à Aquila lors du G 8), condamne ces éructations, les qualifiant de « dommage ».

Affaibli sur la scène internationale, arabe comme africaine, le Colonel ne saurait mieux faire pour sa passation de pouvoir. Détrôné de son titre de « Roi des rois » le 31 janvier 2010, il n’aura peut-être plus que les yeux pour pleurer ses indécences, à moins que ce ne soient des larmes de crocodiles. Pour sûr, ce qu’il importe aujourd’hui, maintenant ses pantalonnades reconnues, c’est la libération du second otage suisse jeté en prison, Max Göldi … retenu depuis 588 jours ...

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dimanche, 21 février 2010

Compte-rendu de la réalité iranienne à l'ONU

 

 

Les rencontres onusiennes concernant l’Iran se sont achevées cette semaine. Au lendemain de son 31e anniversaire, la République islamique d’Iran était invitée à s’expliquer devant le Conseil des droits de l’homme dans le cadre de l’examen périodique universel (EPU). La seule surprise fut l’information relative à une probable candidature pour siéger au dit Conseil …

 

Un dialogue entre les différentes ethnies d’Iran a été organisé par Interfaith International. Chaque interlocuteur met l’accent sur la violation des droits des minorités et des peuples autochtones composant la société iranienne. Faut-il le rappeler? : l’Iran n’est pas le pays d’un seul peuple. Par exemple, les différents groupes ethniques et religieux ne sont pas représentés dans les instances du pouvoir politique. Et ils n’ont pas accès aux mêmes biens sociaux et culturels que la caste dominante et leur situation économique reste des plus précaires. Force est de constater qu’une idéologie religieuse institutionnalisée écrase toutes les autres sensibilités. Or, l’article 19 de la Constitution iranienne prévoit que tout citoyen d’Iran puisse bénéficier de droits égaux indépendamment de son origine, son appartenance ethnique, linguistique ou religieuse.

 

Avec les 402 exécutions de prisonniers en 2009 enregistrées par le Conseil national de l’opposition iranienne, l’Iran fournit une preuve supplémentaire de la violence du régime en place, à l’aune des répressions sanglantes auxquelles on vient d’assister il y a peu.

 

La belle mosaïque de groupes humains vivant ensemble tombe en lambeaux lorsqu'on s’aperçoit que tous ne parlent pas le farsi (persan) et que pour cette raison, l’accès à l’éducation scolaire s’en voit interdit. En fait, 70% des enfants en âge de scolarisation ne comprennent pas le farsi, la langue persane officielle dans laquelle se déroule l’éducation scolaire. Sur cette identité linguistique, ils se voient déjà discriminés dès l’entrée à l’école où on leur demande en plus de changer de nom car les « consonances étrangères » ne sont pas bienvenues. Pour toutes les minorités, des obstacles jalonnent le parcours scolaire, ce jusqu’aux universités où des examens d’entrée sont prévus à leur intention, avec des questions sur leur identité, leurs occupations, leurs croyances. Puis, la même discrimination se retrouve à l’embauche. Les retombées économiques ne sont pas distribuées équitablement ; pour exemple, la région produisant le plus de pétrole ne touche qu’1% du bénéfice et les acteurs économiques viennent d’autres contrées, choisis par le pouvoir central ! Le représentant politique, aussi. Les autochtones se retrouvent ainsi doublement discriminés.

 

Chacun des conférenciers représentant son ethnie déplore que l’exclusion est pratiquée de manière systématique, depuis le sommet. Actuellement, on compte 21 prisonniers kurdes, dont la plupart sont condamnés à mort, sous prétexte qu’ils forment les ennemis de Dieu.  En outre, deux Kurdes ont été assassinés en 1989, à Vienne et à Berlin, alors qu’ils se rendaient à une conférence sur le drame des discriminations subies par le peuple kurde en Iran ; l’enquête déterminera que l’assassinat découla des instances dirigeantes du pays. Et c’en est resté là.

 

Les processus démocratiques peinent à se développer dans cet Etat théocratique jusque dans le déroulement des procédures juridiques et électorales. Lors des dernières élections présidentielles, en juin ’09, d’innombrables arrestations arbitraires ont eu lieu et des manifestations même pacifiques interdites, sous peine d’être écrasées avec une violence incomparable.

 

Le régime islamique iranien en place ne tolère ni parti politique ni activité linguistique ou culturelle autre. Car les gardiens de la Révolution islamique constituent en réalité les représentants du pouvoir en vigueur et matent toute opposition réelle ou présupposée.

 

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dimanche, 14 février 2010

À chacun sa valentine ...

« L’amour est comme la médecine : seulement l’art d’aider la nature. »

(Chodelos de Laclos)

 

 Beaumarchais, Noces de Figaro

 

cupidon1.gifCupidon avec son arc et ses flèches, les fleurs, les cœurs rouges … tous ces symboles font partie de la Saint-Valentin. Ils se transmettent via cartes vidéo ou en papier, par SMS ou mail.

 

La coutume de s’écrire à cette occasion est très ancienne. Certaines illustrations sont très sophistiquées, décorées avec des rubans de papier, de plumes, de dentelles, de galons et des noeuds; elles peuvent être parfumées. Les messages écrits se surpassent en lyrisme plus ou moins poétique, kitsch, mièvre et en vœux pieux d’un amour atemporel que l'on se jure.

 

Mais sait-on exactement d’où nous vient cette fête des Amoureux ? Est-elle d’origine païenne ou religieuse ? 

 

On peu remonter à la Rome antique pour trouver à la même date des célébrations des dieux de la fertilité (les Lupercales), notamment des femmes et de la nature, ce en buvant de bons vins et en sacrifiant une chèvre. Le printemps n’est pas loin et les oiseaux commencent à s’accoupler … Bien avant, la Grèce antique fêtait à la même époque de l’année le mois de gamélion voué au mariage de Zeus et Héra.

 

Cependant, cette fête païenne n’allait pas traverser les siècles – même pour un sujet éternel – dans un environnement peu à peu christianisé. Il fallut donc un saint-martyr pour expliquer l’événement à la fin du 3e siècle : la légende raconte que vers 268, l’empereur Claude engagé dans de nombreuses batailles avait fait prohiber aux jeunes hommes de se marier car il avait besoin de vaillants soldats indépendants, qui se donnent à l’amour de la patrie, au risque d’y perdre leur vie. Or, un prête se prénommant Valentin, trouvant la mesure coercitive fort injuste, aurait poursuivi ses offices ; les mariages secrets contractés sont alors dénoncés et le pauvre prêtre fut jeté en prison. C’est là que survint un miracle ! Dans son trou, il fit la connaissance d’Augustine, la fille de son geôlier, à laquelle il redonne la vue et qui, à son tour, prend soin de lui. Plein d’un sentiment de gratitude, Valentin lui aurait envoyé un message avant d’être mis à mort, signé « Ton Valentin ». La valentine, mot d’amour adressé à l’occasion de la St-Valentin, fait son entrée en scène.

 

Une petite anecdote vient pourtant encore corser l’affaire … si la Saint-Valentin reste la fête des amoureux dans notre société occidentale, aux Etats-Unis, on y commémore aussi la fête de l’amitié ; par exemple, les enfants s’écrivent les uns les autres des mots gentils ou s’envoient des graines à planter. Il y a en ainsi pour tous les goûts de ceux qui ne veulent pas rester seuls dans leur coin … Quel que soit votre choix, cher lecteur, je vous souhaite une joyeuse St-Valentin!

 

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mardi, 09 février 2010

Hans Erni, un peintre qui sait faire aimer la Suisse

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Ses oeuvres picturales symbolisent le contraste entre l’Antiquité, les civilisations et le monde moderne.

L’artiste en a fait sa devise : « On est moderne par la manière de concevoir son œuvre, il faut absolument abandonner le superflu ».

 

Après avoir fait partie du groupe Abstraction-Création en 1933-34 à Paris, il offre une fresque de composition abstraite pour la section suisse de la Triennale de Milan.

 

Mais la peinture figurative le rattrape, notamment avec La Suisse, pays de vacances des peuples présentée à l’Exposition nationale de Zürich en 1939.

 

Hans Erni pourrait incarner l’impératif du bonheur dans son sens plein : exprimer les bonnes choses de la vie, que ce soient les plaisirs de la chair, les grands vins ou l’éclat de la nature est un devoir un peu comme pour montrer que le bonheur est possible en ce bas monde.

 

Connu et reconnu à l’étranger comme peu de peintres suisses vivants, il marque pour ses 100 ans de son empreinte l’entrée principale de l’ONU depuis le 6 juin 2009. Ta panta rei (ce qui signifie « tout en mouvement », thème cher à Parménide) représente le combat pour la paix. C’est dire que la gigantesque fresque n’aurait pas pu trouver meilleur logeur pour le plus grand bonheur des badauds.

 

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07:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : hans erni, onu | |  Facebook

samedi, 06 février 2010

Santé !

 

Il est beaucoup question de santé publique ces temps. Qu’on soit contre l’IVG ne légitime pas le fait qu’on veuille extraire les frais de l’acte médical de l’avortement de l’assurance de base, sous prétexte que les soins dentaires ne sont pas remboursés. Un ami dentiste m’avouait que des études montrent que les caries et d’autres désagréments de la dentition ont des racines médicales au même titre qu’une grippe. La comparaison est donc doublement fallacieuse. Les raisons restent obscures, ce qui tend à vouloir faire remplacer la science bio-médicale par des idéologies d’antan, combattues à travers les siècles, avec raison.

 

obésité1.jpgÀ l'approche des fêtes de fin d’année, comme pour augmenter un sentiment de culpabilité diffus, on voulut faire taxer les gros sous prétexte que le surpoids ne découlerait que d’une négligence toute individuelle, et que par conséquent, on connaît les recettes pour éviter ce phénomène physique. Un médecin, d’obédience libérale me disait qu’il ne pourrait jamais défendre une telle thèse d’un point de vue médical devant son parti.

 

Un article paru récemment dans Le Point nous éclaire sur ce point. Premièrement, il existerait un lien entre certaines maladies psychiatriques et l’obésité. Deuxièmement, une anomalie du chromosome 16 en serait la cause dans 1% : même s’il demeure difficile de définir le gène déterminant l’obésité, l’équipe internationale penchée sur ce problème explique que la microdélétion – soit l’absence d’un fragment dans ledit chromosome – en serait en partie responsable.

 

Si ces faits sont avérés, de nouvelles perspectives de traitement préventif pourraient voir le jour.

 

Le monde n’étant pas parfait, on pourra peut-être cesser de stigmatiser des personnes nécessitant de soins médicaux pour X raisons. La médecine nous concerne tous. Quand bien même, je ne contracterai probablement jamais le sida, il ne me viendrait pas à l’esprit de demander à m’extraire de la prise en charge de tous les soins que nous prodiguent la recherche et la pratique médicales.  

 

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jeudi, 04 février 2010

Une école genevoise à Haïti

L’île d’Haïti a connu une histoire tragique. Occupée par Napoléon, elle ne connut jamais une démocratie libérale. Le règne de dictateurs n’a rien arrangé. Des enfants esclaves se comptent par milliers.

 

Fondée en 1996, l’Ecole genevoise en Haïti a été ravagée par le terrible séisme qui engloutit 200'000 habitants. Pour la soirée de soutien pour la reconstruction de l'École genevoise en Haïti, l’action de solidarité, organisée par un comité de soutien, autour de Madame Danielle Oppliger, s’est déroulée sous les meilleurs auspices. Elle a rassemblé sympathisants, élus et artistes réputés.

 

La marche au flambeau lança un astre dans la nuit tombante jusqu’au bâtiment Pitoeff où nous accueillirent punch et repas haïtiens, entre autres.

 

L'Ecole genevoise en Haïti sera reconstruite grâce à la générosité de pouvoirs publics et de particuliers. Situé en banlieue de Port-au-Prince, l’édifice abrite des enfants parmi les plus défavorisés pour qu’ils puissent suivre une scolarité et bénéficier d’un repas chaud par jour.

 

Pour plus d’informations, on peut visiter les sites

 

http://www.lerespect.org

 

ou

 

http://bit.ly/EcoleHaiti

 

et afin que le site soit remis sur pied

 

CCP 12-79335-7 - Association humanitaire l'Avenir- Danielle Oppliger - 1224 Chêne-Bougeries – (en mentionnant « reconstruction école genevoise »).

 

Parce que l'éducation constitue la base pour une économie prospère, condition sine qua non d'une société viable et pour nos amis haitiens  ...

 

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11:21 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook