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Lucian FREUD à Paris

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(self portrait) Lucian Freud4.jpgL’exposition de Lucian Freud, actuellement au Centre Pompidou à Paris, transporte à proprement parler le cœur et les sens des visiteurs. 

 

Les quatre parties dédiées aux œuvres du peintre britannique né en 1922 à Berlin, descendant du père de la psychanalyste, reliées par un fil d’Ariane - l’atelier – donnent le ton : son génie artistique embrasse tout ce qui le concerne, lui, et son entourage immédiat.

 

« Mon travail est purement autobiographique», aime-t-il à préciser à l’envi. Des portraits ainsi que des autoportraits peuplent ainsi cette exposition monographique.

 

De ce qu’il y a de plus intime, la chair, aux vues extérieures, sur son jardin lucian_freud5.jpg ou sur la ville industrialisée, il n’y a qu’un pas qu’on n’oserait franchir de crainte d’être saisi de vertige. Les nus expriment un langage propre; les chairs affaissées à l’abandon en disent long sur les états d’âmes qui les torturent au point de se (con) fondre avec les objets alentours en déshérence … La prose du monde qui s’en dégage montre la distance irrémédiable et la proximité absolue constitutive de ma perception et de l'objet observé. Le regard se heurte au mystère d’autrui aussi réel soit-il.

 

Ses toiles forment la plupart du temps des narrations singulières et étranges que le réalisme implacable de l’artiste interroge à chaque trait. Ambivalences, ambiguïtés, aliénations, refoulements, désirs, dépendances, quêtes conscientes ou non, étonnements feints ou sincères des personnages peuvent se lire sans ambages. Mais évitons de grâce toute interprétation sauvage - ce qui déplairait fortement à son auteur en ce qu’elle l’associerait à son grand-père viennois - pour redécouvrir les énigmes de l’œil nu retranscrites si merveilleusement dans toutes ces compositions à voir jusqu’au 19 juillet 2010…

 

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Lien permanent Catégories : Culture 5 commentaires

Commentaires

  • L'expo est vraiment très intéressante. La plus étonnante à Paris ces temps. Le petit-fils de Sigmund ne fait pas dans la dentelle.

    Ce qui caractérise son oeuvre, c'est bien sûr la chair ou la matérialité plus généralement. Le langage non verbal (les non-dits?) y est très présent. L'angoisse, le néant nous prennent à la gorge malgré l'absence de sujet. c'est là qu'on remarque un grand peintre ...

    Incroyable qu'il ait été ignoré depuis 1987 dans nos contrées! À recommander sans modération.

  • Honnêtement, je n'aime pas du tout cette forme d'expression artistique, ni cet aspect morbide donné aux sujets.
    Une femme ronde peut être sublime,ses courbes sensuelles, ses rondeurs appétissantes et ne ressemble pas, à mes yeux, à un amas de cellulite blafard , par exemple ^^
    Les oeuvres choisies pour illustrer ton texte sont parfaites car résument les angles divers de l'oeuvre de Lucian Freud.

    Bonne journée et bizzzzz

  • Des goûts et de couleurs, on ne parle pas comme dirait le proverbe. Bof, à chacun son appréciation des oeuvres artistiques. Lucian ne fait pas dans le psychologisme ni dans l'esthétique. Il ressemble plus à Cézanne ou Bacon. Son expressionnisme prend tout de même aux tripes. Dire que les mots ne peuvent caractérise bien l'essence de son génie artistique.
    Vive l'art! Vive la vie!

  • L'esthétique n'obéit pas à des règles bien précises, autant dire aucune. Le mot est le verbe mais le verbe s'est fait chair ici. On y trouve un langage du corps très éloquent ... on peut y lire les angoisses, le désespoir, le néant d'une existence chez Lucian Freud qu'aucune psychanalyse ne peut exorciser.

  • Lucien Freud se distingue des autres qui ont tenté de saisir les êtres humains à travers leur corps en ce qu’il ne fait pas du "nu" (nude, en anglais) mais du "à poil" (naked). Le petit-fils de Sigmund Freud cultive avec une fierté fougueuse le statut d’artiste sauvage.
    L’artiste aime l’épaisseur de la chair. Sa peinture doit s’incarner à proprement parler. Avouons que ses auto-portraits "à poil" dégagent une puissance surprenante. «Ce qui m’intéresse vraiment chez les gens, c’est le côté animal», dit-il. On voit de quel côté penche Lucian Freud.
    Avec ces chairs affaissées, on découvre l’essence profonde d’une condition humaine marquée par la chute originelle. Il ose peindre Kate Moss en 2002, dans sa tenue d’Eve et enceinte … comme si en faisant tomber le masque, elle nous révélait ce qu’il y a de plus intime et qui échappe à la codification. La vérité n’étant pas toujours bonne à dire, il faut que le nu reste artistique, évoqué, presque surréel.
    On imagine Gustave Courbet ou Schiele sans détour. Mais les mots pourront-ils traduire cette réalité qui se veut obscène ? L'expo s'est achevée le 10 juillet à Beaubourg ... et c'était pure merveille. Vive Lucien Freud !

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