UA-105021232-1

mercredi, 16 juin 2010

Elections libres, transparentes et démocratiques en Guinée et le Conseil National de Transition

Des événements qui tissent la vie quotidienne à Genève, il en est un qui rameute beaucoup de mondecarte_guinee.jpg provenant  des quatre coins de la terre. Les rues et les trams en attestent … La 14 session des droits de l’homme déploie actuellement ses panels et dévoile ses personnalités dans toute sa splendeur. À la veille des élections en Guinée, une Dame est venue parler des enjeux de cette échéance en termes de liberté, de transparence et de démocratie.

 

Loin des discours langue de bois qui finissent par faire ronfler l’auditoire tant la manivelle est souvent trop bien rodée et connue d’avance, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo est venue nous parler de l'institution qu'elle représente, en qualité de Présidente du Conseil National de la Transition en Guinée (CNT).

 

La calme marmoréen qui se dégage de son visage lisse aux contours généreux frappe au premier abord tant l’aspect jure avec le sujet chaud, passionné, déchirant. De ce régime répressif dont elle connaîtra des drames inoubliables, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo en a tirés les grands axes qui guideront son existence. En cette année du 50e anniversaire de l’indépendance des pays africains, elle aime à reconnaître que le seul fait de travailler dans un bureau constituait en soi une grande conquête … pour les femmes ! Son parcours est à l'image de ses idéaux : conjointement à sa fonction de secrétaire de direction, elle mène des actions syndicales (dont l’importance du mouvement ne fait plus de doute dans les processus d’indépendance). Devenue haut fonctionnaire du BIT, elle poursuivra son combat pour l’exercice des droits sociaux et économiques ainsi que … politiques et civils.

 

Son pays traverse une crise politico-sociale sans précédent en 2007; les meurtres se succèdent pour la prise du pouvoir. Afin d'éviter que de nouveaux affrontements sanglants n'aient lieu pendant cette période d'élections prévues le 27 juin 2010, un Conseil National de Transition est créé, avec le soutien d’autres états. C’est dire que ce beau et vaste pays sort de son désert médiatique, ignoré même des touristes tant ses richesses restent méconnues du grand public.


HadjaRabiatouSerahDiallo.jpgAu jeu des questions et des réponses auquel elle se prête posément, Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo reste déterminée. La clarté de ses propos éblouit en comparaison aux réalités imprévisibles qu’ils recouvrent.

 

 

1) Si le 27 juin prochain, les résultats sont contestés et qu’il faille organiser un 2e tour, que se passera-t-il d’après vous ?

 

- En tant que Présidente du CNT, je peux vous assurer de la transparence de ces élections pour la première fois de l'histoire de la Guinée. Ayant pour fonction cardinale de mener à bien les processus démocratiques, le CNT a prévu que chaque institution joue son rôle dans les limites de sa mission. Dans ce cas précis, ce sera à la Cour Suprême de trancher et de définir la suite des actions.

 

2) Comment qualifiez-vous cette période de 50 années qui séparent ces élections et la date de l’indépendance des pays africains ?

 

- Tout d’abord, je me félicite que la Guinée ait connu l’indépendance. Même si nous n’avons pas de problèmes raciaux, ethniques ou religieux à proprement parler, les processus de transition mis en place sont le préalable à l’instauration d’une démocratie au sens plein du terme. Or, la Guinée aurait pu se développer aisément et même être une société démocratique. Si l’indépendance de la Guinée n’a pas amené à un état démocratique, c’est à cause de ses dirigeants, bien plus occupés à leurs intérêts personnels qu’à servir leur pays.  Pour mettre fin aux dérives de la mauvaise gouvernance, nous avons préféré créer le CNT en vue des prochaines élections.

 

3) Vu la beauté flamboyante de votre pays et les richesses minières qu’il renferme sous son sol, aurait-il pu se développer mieux et durablement ?

- De nouveau, c’est la mauvaise gouvernance qui est à l’origine de cette grande pauvreté et de l’inégalité de la répartition des richesses du pays. On aurait pu posséder des usines à nous, préserver les chemins de fer. En l‘état actuel et pour le futur de nos enfants, j’espère seulement que mon pays ne soit plus à la merci d’un seul homme, plénipotentiaire et dictatorial. Il y a 24 candidats à l'élection présidentielle ; personnellement, j’aurais souhaité qu’il y en ait eu moins, qu’ils se soient concertés avant pour désigner ceux qui vont aller au charbon ; aussi, faut-il juste espérer que l’homme providentiel qui sortira des urnes ne se serve pas du pays mais soit à son service ! C’est pourquoi nous avons mis sur pied le CNT, une Cour Constitutionnelle et voulons nommer un Médiateur, dont le but d'assurer et garantir la transparence des élections démocratiques auxquelles le peuple guinéen aspire.

 

4) En Suisse et à Genève en particulier, on a connu quelques graves problèmes avec des dealers guinéens, qui se battent avec des barres de fer pour défendre leur marché et délimiter leur territoire. Quelles solutions voyez-vous à cette criminalité importée ?

 

- Pour résoudre ce problème, il faudrait une synergie entre les deux Etats. Je comprends que les autorités helvétiques veuillent renvoyer ces criminels mais on devrait penser à un partenariat en vue d’une réelle insertion socio-professionnelle de ces jeunes dans leur pays. C’est bien l’extrême misère et le manque de perspectives qui les poussent à dealer les drogues. Or, leur renvoi constitue aussi un crime humanitaire en ce sens qu’un criminel rentré chez lui, c’est dix personnes qui meurent. Ces Guinéens font vivre leur famille dans leur pays d’origine. Actuellement, beaucoup de gens disparaissent suite à des crises cardiaques, suite à de telles histoires. Des mères ont le cœur brisé de voir leur fils poursuivi en justice ... Toutefois, il faut ajouter que chez nous, ils seraient aussi poursuivis. Notre pays aurait pu connaître un merveilleux développement social et économique ; et dieu sait combien le marché de la drogue n’est pas une solution. Faire des aigris sociaux, en infligeant de la honte sociale à des familles qui sont plutôt les victimes des injustices en cours dans leur pays d’origine, ne fait qu’accroître le malheur sur terre. Plus de démocratie dans notre propre pays aidera à endiguer ces phénomènes tragiques et tendra à réguler ses relations internationales.

 

 

Commentaires

merçi

Écrit par : ngalula ngindu | mercredi, 16 juin 2010

Un film sur la Guinée ce soir sur Arte : "Il va pleuvoir sur Conakri"!!! La démocratie, à défaut d'être le meilleur, il est le moins pire des régimes gouvernements et il faut se battre en sa faveur avec l'instauration des mécanismes juridiques pour garantir et assurer ses valeurs.

Écrit par : Armand | mercredi, 16 juin 2010

Hadja Rabiatou, par ses seules actions sur le front syndical et sa détermination ura réussi là où beaucoup de politiques échouent. En 1998, elle faisait partie des "100 héroïnes du monde" séléctionnée par une ONG américaine. En 2006, elle devient "femme du monde", nominée ainsi par une organisation des travailleurs nééerlandaise. À ce moment, elle avait réussi à faire plier le gouvernement guinéen; elle remporta une notoriété au-delà de ses forntières.

Femme de vérité et de coeur, le courage de son action la démarque à jamais. Le fait qu'elle préside le Conseil National de Transition est un très grand honneur pour son pays et sur la scène internationale.

Il est important d'éviter que des coups d'état ne soient foementés par les militaires, ni avant ni après les élections. Cette grande Dame a su enrôler des membres représentants de tous les bords de la société.

Bonne chance aux Guinéens pour leurs prochaines élections! Dommage qu'elle ne s'y présente pas ...

Écrit par : François T. | jeudi, 17 juin 2010

Si la démocratie n'est pas le meilleur des gouvernements, il du moins le moins pire. Dans nos sociétés occidentales modernes, la démocratie n'est déjà que rarement atteinte malgré les insstruments juridiques mis à l'euvre pour y tendre, alors imaginez les étapes qu'il reste à franchir pour accéder à une représentation plus démocratique de la société entière de certains pays, habitués à des coups d'Etat en guise de prise de pouvoir politique! Ces élections constituent une nouveauté ... En effet, les Guinéens se rendront aux urnes le 27 juin pour une élection présidentielle censée mettre fin au régime militaire installé depuis décembre 2008 et permettre l'avènement d'un régime démocratique. La construction de la paix en est une condition: grâce à Madame Hadja Rabiatou Sérah Diallo, Présidente du CNT, ces élections sont devenues possibles!

Écrit par : Serge D. | mercredi, 23 juin 2010

C'est le grand jour pour la Guinée! Ce beau et riche pays en ressources naturelles vit des heures uniques : près de 4 millions de Guinées se rendent aux urnes pour y élire leur président pour la première fois. Cet acte civique et politique met fin en quelque sorte à un demi-siècle de dictatures, civiles et militaires, ce après seulement 9 mois le massacre honteux de près 156 opposants selon une source officielle.

En ce jour, les Guinées souhaitent croire à la paix ... ainsi qu'à la fin d’un demi-siècle de junte militaire et de coups d’état forcé.

Écrit par : Micheline Pace | dimanche, 27 juin 2010

Bonjour Micheline, aujourd'hui a lieu fialement le segond tour pour les présidentielles en Guinée. Pour information, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo a voté à 14h au Bureau de vote N°024 du quartier Dixinn Centre 1, secteur III. Cellou Dalein Diallon, près de 43,62% des voix au premier tour de l’élection présidentielle le 27 juin dernier, apparaît confiant de l’issue du scrutin malgré les nombreu heurts survenus ces derniers mois.

Mais les deux adversaires ont voulu calmer le jeu afin que tout se déroule pour le mieu. Le président par intérim, le général Sékouba Konaté, veille à cette mission en ce qu'elle constitue une étape déterminante à franchir pour terminer la transition entamée au lendemain des attentats sanglants de septembe 2009.

Le travail a été fait en matière d'info, de vulgarisation des textes ... on peut renouer avec l’ordre constitutionnel et bientôt la démocratie adviendra dans ce pays qui fu tle premier à gagner l'indépendance, en ... 1958!

Écrit par : Oumar C. | dimanche, 07 novembre 2010

Oh, merci pour ces données de première actualité. Quand un pays vit un tel moment historique (car c'en est un), on est tous concernés si ce n'est au regard de la diaspora et des relations bilatérales entre états! J'ai ouï dire par une source proche que des affrontements graves ont eu lieu cette semaine mais ils n'ont pas été médiatisés ... Pourvu que la transition réussisse, enfin! Cordialement!

Écrit par : Micheline | dimanche, 07 novembre 2010

Pourquoi, diantre, la Guinée ne servirait pas d'exemple dans les pays du premier continent soumis actuellement aux élections ou ceux en proie à des soulèvements populaires sains et nécessaires?

Écrit par : Ludovic K. | samedi, 12 mars 2011

Les commentaires sont fermés.