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jeudi, 15 juillet 2010

La filière suisse

Voici un livre de plage qui saura égayer les neurones et augmenter l’adrénaline! Tous les ingrédients d'un bon polar y sont renfermés (suspens, pub, sexe, armes, pouvoir, argent) ...SASsuisse.jpg

 

« Karl Kruger ouvrit les yeux et les referma aussitôt pour ne pas voir le plafond se gondoler. Ce n’est qu’à la troisième tentative qu’il parvint à garder les yeux ouverts sans éprouver une sensation de mal de mer … Il était couché de biais dans son lit de deux mètres sur deux, vêtu encore d’un superbe caleçon de soie mauve. En s’étirant, il heurta quelque chose de chaud et d’élastique : la croupe de Martha qui dormait encore à poings fermés. Elle aussi avait conservé son string.

         Le Suisse s’étira : leur tenue signifiait qu’ils n’avaient pas fait l’amour à la fin de la soirée. (…) Même si Martha avait tout fait pour l’allumer toute la soirée. (…) Il détestait baiser l’estomac vide. »

 

Les inconditionnels de Son Altesse Sérénissime ne seront pas déçus de ce roman d’espionnage dont l’histoire se passe pour une fois … en Suisse, aux bords du lac Léman !

 

Mais de quoi s’agit-il ? Le tome 182 de SAS évoque le marché noir de la bombe iranienne. On comprend instantanément que le thème du roman s'inspire tout droit de l’affaire des frères Tinner, (lesquels n’ont pas fini de défrayer la chronique malgré les apparences; un procès est attendu pour bientôt). 

 

L’action se déroule en deux temps :


- D’abord, on rencontre dans les années ’80 (vous savez, les Trente Glorieuses, où tout était permis tant le plein emploi était un fait presqu’ acquis) Abdul Qadeer Khan, père de la bombe pakistanaise. Travaillant avec plusieurs boîtes européennes, il a vent de la « Vacuum Valley », au coeur du canton St-Gall, véritable pépinière de fabriques fournissant le matériel civil ou militaire nécessaire. Vient ensuite et très vite le moment où les Américains découvrent le « pot aux roses » … Des industriels, dont les Suisse Tinner, livrent des pièces au Pakistan, ça leur pose problème mais ils ont tout de même besoin de ce pays pour livrer la guerre au Soviétiques en Afghanistan.

 

- Mais le marché juteux de la bombe n’a pas livré toutes ses potentialités ... Abdul Qadeer Khan opte de vendre tous ses secrets aux pays demandeurs, tels que la Lybie et l’Iran. Les Tinner rallient le camp américain et la CIA verse plusieurs millions de dollars dans cette affaire. La Suisse emprisonne Urs et Marco Tinner après avoir laissé faire pendant vingt-cinq années. L’enquête diligentée pour « contrebande du matériel nucléaire » par le Conseil fédéral arrive bientôt à terme et on sait à l’heure actuelle que le juge d’instruction en charge de ce dossier brûlant n’a pas eu accès à la cinquantaine de pages les plus importantes des 38 classeurs fédéraux …

 

Qu’adviendra-t-il au procès bientôt agendé puisque les pièces à conviction - les preuves - ont été démolies en 2007 ? D'où son auteur, Gérard de Villiers, détient-il toutes ces informations? L'image de "la Suisse allemande, grise et gaie comme un furoncle" en sortira-t-elle indemne?

 

Les qualités littéraire du romancier sont au rendez-vous sans conteste. Alors, je vous souhaite BONNE LECTURE!

10:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : s.a.s., littérature, suisse, gérard de villiers, affaire tinner | |  Facebook

Commentaires

MERCI POUR CETTE BELLE NOTE DE LECTURE CHÈRE MICHELINE

Écrit par : NDOYE GORGUI | jeudi, 15 juillet 2010

MERCI POUR CETTE BELLE NOTE DE LECTURE CHÈRE MICHELINE

Écrit par : NDOYE GORGUI | jeudi, 15 juillet 2010

Quel plaisir de retrouver l'immuable prince Malko aux yeux d'or !

Écrit par : Kissa | jeudi, 15 juillet 2010

l'Iran, le Pakistan, La Lybie, la CIA américaine en relation avec la Suisse : quel cocktail explosif! La tome 182 de la série SAS est aussi bonque les précédents. Merci de nous le recommander, Micheline!

De plus, cette invitation à le lire tombe à pic (c'est moi qui souligne) avec l'actu. Le scientifique iranien Shahram Amiri est libéré après avoir kidnappé (n'en déplaise à Hilary Clinton!) par les Américains pour recueillir des renseignements sur Téhéran programme d'armes nucléaires. Cette histoire pourrait mieux donner la trame d'un nouveau polar.

"Shahram Amiri a disparu lors d'un pèlerinage en Arabie saoudite en Juin 2009, émerge dans les vidéos mais autrement hors de la vue jusqu'à ce que le dernier rebondissement dans l'étrange affaire. Il faut avoir à l'esprit que détenir des informations fiables et à jour sur le programme nucléaire iranien est d'une importance énorme pour l'administration Obama et d'autres pays qui cherchent empêcher la République islamique d'obtenir la bombe. Au-delà des moyens diplomatiques pour tenter d'arrêter l'Iran, les Etats-Unis et Israël n'ont pas exclu d'utiliser la force militaire.

Bien sûr, si tu veux la paix, prépare la guerre! Il est utile de préciser que l'Iran maintient que son programme nucléaire à des fins pacifiques.

L'enlèvement de Shahram Amiri par la CIA est tourné en un acte volontaire de la part du scientifique ... D'autre part, l'Iran continue à tenir trois jeunes Américains contre leur volonté depuis juillet 2009 alors qu'ils randonnaient tranquillement. Tiens, tiens, "oeil pour oeil, dent pour dent?"

Un diplomate pakistanais à Washington a déclaré que le sceintifique Amiri est arrivé à un bureau de l'ambassade pakistanaise qui gère les intérêts de l'Iran à Washington à 6:30 HAE lundi ... en ajoutant que la section des intérêts iraniens est techniquement partie de l'ambassade du Pakistan, et en vertu de la protection juridique du Pakistan, mais est géré par les Iraniens qui gardent le pouvoir de la délivrance des visas pour les voyageurs en Iran entre autres démarches administratives.

Écrit par : aïcha | vendredi, 16 juillet 2010

Aux esprits chagrins qui n'ont de cesse de se plaindre que la Suisse est ennuyeuse, qu'il ne s'y passe rien, à commencer par l'auteur Gérard de Villiers, il est utile de leur expliquer comment ce nouveau polar tendrait à prouver le contraire.

Quoique, gardons-nous de ces raccourcis un peu faciles! Qu'en est-il de l'image de notre pays et de ses habitants?


À y regarder de plus près, je relèverais quelques passages fort siginificatifs:

1) p.139 "Quand on arrive d'une ferme du Valais (sous-entendu dans un univers de luxe où la richesse était palpable"), on est facilement ébloui. Pourtant, le tirage de la tombola au profit des enfants haïtiens n'avait rien de sexy."

2) p.149 "C'était leur second séjour sans anicroches, à cause de la stupide habitude helvétique de considération des gens armés comme des petits porte-avions comme dangereux."

3) p.150 "- En tout cas, conseilla Malko (l'immuable prince aux yeux d'or comme dirait Kissa), soyez discrets. Nous sommes dans un pays très légaliste.
- C'est pas vrai, couina Milton Brabeck. Ils planquent du pognon partout, ils travaillent avec les terroristes et toutes leurs banques font faillite.

4) p.138 "Même, si au pénitencier de Hindenbank, les prisonniers avaient le droit d'emmener leur chat, leur hamster ou leur canari (...)"

5) p.153 "À Genève, on n'aimait pas se mêler des affaires des autres."

6) p. 157 "Malko faillit en griller le stop, ce qui, en Suisse, est un crime puni de peine de mort."

Écrit par : Philippe B. | vendredi, 16 juillet 2010

"L'image de "la Suisse allemande, grise et gaie comme un furoncle" en sortira-t-elle indemne?", ces mots du narrateur résonneront-ils au-delà des frontières? À part les scandales financiers sulfureux, il n'y pas de grands crimes en Suisse, dixit Gérard de Villiers. D'où le lieu commun d'un ennui profond qui rongerait le peuple suisse ...

Son Altesse Sérénissime Malko aux yeux d'or tente de saisir l'âme helvétique ... quel honneur! À la page 205, il demande à Karl Kruger (un fr^re Tinner): - Vous avez réfléchi, Herr Kruger?
" Le Suisse devait avoir préparé sa réponse car il répondit d'un ton geignard.
- Vous savez, je ne suis pas un criminel! Mon père avait une profonde admiration pour Abdul Qader Khan. Et puis, il était aussi flatté de voir ce Pakistanais venir jusqu'à cette vallée perdue, nous proposer une collaboration technique. À Haag, il ne voyait jamais personne. Abdul Qader Khan lui a affirmé aussi qu'il était un ingénieur remarquable, que ses pompes à vide étaient les meilleures du monde ...
(...)
- Herr Kruger, ne me prenez pas pour un imbécile. Si vous étiez dans la légalité, pourquoi céer des sociétés écrans, et ne jamais rien livrer officiellement à l'Iran?"

Merci Micheline pour cette recommandation de lecture, légère, agréable, interpellante, didactique sur un dossier chaud!

Écrit par : L.K. | lundi, 19 juillet 2010

La question à se poser est de savoir si la Suisse est une nation (selon la définition d'Ernest Renan). Ayant vécu dans ce pays naturellement joli, je n'y vois aucune communauté de destin à cause de ses pluri-tout ... L'amas des cantons indépendants et autonomes, en plus sur un territoire si exigü, n'arrange rien à l'affaire. C'est un pays doué d'un état, plutôt d'états mais les individus ne sont liés entre eux par aucun sentiments d'appartenance sauf par des pactes.

Écrit par : Manjit | dimanche, 01 août 2010

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