UA-105021232-1

samedi, 30 octobre 2010

Gorges Haldas s'en est allé rejoindre le panthéon

L'écrivain suisse Georges Haldas est décédé. De père italo-grec et de mère suisse, il aura vécu 93 ans d’intensité.

Bien qu’on ne connaîtra jamais son illustre mésentente d'avec Albert Cohen (comme dans les meilleures familles), on le sait né pour les livres … à tel point d’avoir animé une librairie Payot à la rue de l'Université à Genève.

Malade depuis plusieurs semaines, il s'éteignit dans les bras de sa compagne ...

La question de Dieu le titillait au point d’embrasser des études de théologie conjointement aux lettres.

On le rencontrait en train d’écrire dans les cafés … il aimait parler de la résurrection sans partis pris.

Son destin ne fut pas celui des poètes maudits : il reçut le Prix Schiller en 1971 et en 1977, notamment pour l’Emergence.

Son Boulevard des Philosophes rappelait un temps que les moins de quarante ne peuvent pas connaître.

Aussi Ulysse ou la lumière grecque préfigurait-il son destin homérique. Clairvoyant jusqu’au bout sur la condition humaine qu’il essaya de partager toute sa vie par l’écriture et les contacts chaleureux dont lui seul détenait le secret, il s’en est allé pour rejoindre le panthéon des écrivains qui comptent.

 

panthéon.jpg

08:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature française, georges haldas, suisse, bistrots genevois | |  Facebook

Commentaires

Les intellectuels parisiens que j'ai rencontrés ont souvent dit pis que pendre de Georges Haldas. A tort, c'était un grand écrivain. Mais la liberté qu'on se donne en Suisse d'explorer la théologie et les questions religieuses fait bondir, à Paris.

Écrit par : RM | samedi, 30 octobre 2010

Merci Rémy pour information que j'ignorais; le microcosme parisien pue parfois d'une arrogance et d'une fatuité insupportables. Je suis aussi d'avis que c'était un grand écrivain suisse; son hellénisme y contribue d'ailleurs grandement. Son écriture - autant que son regard nonchalant - m'a souvent bouleversée.

Écrit par : Micheline | samedi, 30 octobre 2010

Sa poésie boulevrsait plus que sa prose. Quoique ... on apprécie sa manière de dépeindre (un peu didactiquement) l'émotion poétique :

" (...) née d'une relation, elle (l'émotion poétique) engendre elle aussi une relation qui est, faut-il le rappeler, la plus haute manifestation de la vie. Témoin le verbe. Car qu'est-ce que le verbe - cela dit hors toute ratiocination philosophique ou théologique, - mais pour l'homme qui simplement écrit - sinon ce qui relie le sujet à l'objet : le dedans et le dehors encore une fois . D'où le fait que la parole est l'agent privilégié, selon l'usage particulier qu'on en fait, pour transmettre les vibrations de l'émotion poétique, porteuse, par sa nature même, de la parole à venir, et à travers celle-ci donc de relation."

Ciao Georges! Pourvu qu'une place accueillante te soit faite au panthéon!

Écrit par : F.T. | dimanche, 31 octobre 2010

Les commentaires sont fermés.