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samedi, 30 octobre 2010

Gorges Haldas s'en est allé rejoindre le panthéon

L'écrivain suisse Georges Haldas est décédé. De père italo-grec et de mère suisse, il aura vécu 93 ans d’intensité.

Bien qu’on ne connaîtra jamais son illustre mésentente d'avec Albert Cohen (comme dans les meilleures familles), on le sait né pour les livres … à tel point d’avoir animé une librairie Payot à la rue de l'Université à Genève.

Malade depuis plusieurs semaines, il s'éteignit dans les bras de sa compagne ...

La question de Dieu le titillait au point d’embrasser des études de théologie conjointement aux lettres.

On le rencontrait en train d’écrire dans les cafés … il aimait parler de la résurrection sans partis pris.

Son destin ne fut pas celui des poètes maudits : il reçut le Prix Schiller en 1971 et en 1977, notamment pour l’Emergence.

Son Boulevard des Philosophes rappelait un temps que les moins de quarante ne peuvent pas connaître.

Aussi Ulysse ou la lumière grecque préfigurait-il son destin homérique. Clairvoyant jusqu’au bout sur la condition humaine qu’il essaya de partager toute sa vie par l’écriture et les contacts chaleureux dont lui seul détenait le secret, il s’en est allé pour rejoindre le panthéon des écrivains qui comptent.

 

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jeudi, 28 octobre 2010

Interview d’Abderamane Djasnabaille, Ministre au Tchad sur le Cinquantenaire de l'Indépendance

"Dormir sur la natte de l’autre n’offre pas une nuit paisible" (proverbe tchadien)

 

 

De passage à Genève, Abderamane Djasnabaille, Ministre des droits de l'homme du Tchad, un pays douloureusement ébranlé par des guerres effroyables, nous livre son opinion au sujet de la réalité (ou l'illusion) de l'indépendance des pays africains francophones dont nous fêtons le 50e anniversaire. Alors qu'à la sortie de deuxième guerre mondiale, la décolonisation ne faisait pas partie des priorités européennes, nous commémorons officiellement cette année-ci le Cinquantenaire de l'Indépendance des 14 pays francophones. On se demande comment le Tchad a vécu ce tournant historique daté du 11 août 1960, marquant à jamais leur souveraineté en matière de gestion politique, économique et sociale. 

 

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Abderamane Djasnabaille pense que l'accès à l’indépendance présente indéniablement une avancée ! Pour la forme, les Africains concernés ont pu assumé leur liberté même si en réalité elle n’a jamais été effective. Avoir des droits, c’est bien, mais sans le pouvoir de les exercer, cela ne sert à rien. Nous avons dû faire face continuellement à des décisions qui provenaient d’ailleurs sans que nous soyons concertés à aucun moment des processus décisionnels. Ceux qui n’étaient pas d’accord étaient mis au pas comme ce fut le cas pour le président François Tombalbaye. Les dictateurs étaient en grande partie le fait du pouvoir centralisé de la métropole française.

 

Depuis cet événement, le peuple africain peut décider par lui-même, et surtout, il a pu apprendre à décider ; en nous frottant au système politique, éducatif et militaire occidental, nous avons pu évoluer dans ce sens alors que sous un régime colonial, c’était le rapport de force qui prédominait. Mais il reste encore un long chemin pour jouir de notre souveraineté. Nous nous battons toujours pour cette indépendance proclamée. Sur ce point, il eût fallu trouver une date commune à tous les Etats africains concernés; une vision panafricaine de la gouvernance constituerait un avantage certain et désormais un but incontournable !

 

Quant au fond, la question laisse perplexe ... L’Afrique est riche en ressources naturelles mais également humaines. Mais nos richesses sont systématiquement drainées vers l’étranger. Il nous est demandé de cultiver les ressources tirées de notre sol mais nous ne recevons pas en retour les bénéfices de notre travail. Les prix sont fixés par Paris aussi bien pour les ventes que pour les achats.

 

Par exemple, l’activité cotonnière, première source des devises dans le pays fait vivre plus de 2 millions de paysans mais ne connaît pas les retombées économiques attendues car les sociétés nationales occidentales exploitantes ne redistribuent équitablement pas le fruit de la production. Autre exemple : il a été dit que le Tchad ne renfermait aucune ressource en pétrole … si ce n’est à partir de 2030 alors qu’en fait, ce n’est pas le cas; les experts du service de recherche d’une multinationale française bien connue avaient simplement voulu cacher cette réalité. Ce mensonge avéré a eu pour conséquence les guerres civiles qui ont déchiré le pays durant si longtemps.

 

Notre développement économique se trouve sans cesse entravé à cause du manque de leviers nécessaires à une action réfléchie et responsable.

 

Depuis lors, une société tchadienne de pétrole a été créée et nous avons rompu avec la Banque Mondiale. Le remboursement des investissements a été réglé en 3 ans et la somme de 150 milliards a été déposée pour le compte des générations futures avec la construction de 400 écoles et 400 dispensaires sur toute la surface du pays. Avec l’aide de la Banque Mondiale aux infrastructures pétrolières, le Tchad ne percevait que les royalties, des miettes en somme, et se trouvait devant l’obligation de devoir brûler du gaz à leur demande. Nous avons ainsi mis fin à un rapport de domination.

 

Pour se débarrasser définitivement du modèle colonial, il faut développer l’éducation car l’ignorance empêche le libre-arbitre. À l’exception du Sénégal, grâce à Senghor, le reste de l’Afrique est demeurée à la traîne à cause de ce manque cruel, rendant impossible les conditions de réflexion, à la base de la capacité de livrer des conseils techniques et au final de prendre les bonnes décisions pour une autogestion de toutes les affaires. Pour aperçu, un changement de taille touche désormais le sort des fillettes : il s’agit de les scolariser et d’interdire les mariages forcés de mineures, l’âge légal étant fixé dorénavant à 20 ans. Il faut tout de même préciser que cette évolution des mœurs sociales et juridiques ne peut s’accomplir sans partir des structures mentales des Africains ; elle ne peut découler d’un décret stipulé « d’en haut » !

 

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 vue sur le Lac Tchad

 

 Post-scriptum : à lire 2 interviews  :

 

http://www.unspecial.org/UNS701/UnSpecial_Decembre_2010_WEB.pdf

 

http://www.lesafriques.com/actualite/abderamane-djasnabai...

 

dimanche, 24 octobre 2010

Franco-phonie : 40 ans déjà! 13e Sommet à Montreux

 

 

Sommet1.jpgLe 13e Sommet de la Francophonie s’achève. Pour le 40e anniversaire de l’avènement, les bonnes questions ont été posées.

 

Originairement prévu à Madagascar, en proie à de violents troubles provoquant une instabilité politique, il a été sauvé par notre beau pays, fort de sa tradition des bons offices. Montreux a vécu ainsi sous haute surveillance, notamment lors de la réunion des chefs d’Etat ayant en commun l’usage du français.

 

Entre 200 et 220 millions de locuteurs partagent ce destin linguistique bien qu’on ne sache vraiment se déterminer sur un destin culturel en commun. Le club sert à tisser des contacts en haut lieu ; il s’y décide en effet beaucoup de choses en matière politique ou éducative.

 

Madame Doris Leuthard, Présidente de la Confédération, a été acclamée comme il se doit, pour l’élégance de son discours autant que pour son charisme, ce qui n’est pas toujours le cas dans les rapports de force bruts. Rappelant que sa langue maternelle n’est pas le français mais l’allemand – elle fut abondamment applaudie à ce moment – elle souligne sa volonté de défendre la francophonie, les minorités et la diversité linguistiques typiques de notre confédération, tout en mettant un point d’honneur à ce que le français constitue la deuxième langue internationale, et en tant que tel, il constitue le point de ralliement dans les relations Nord-Sud !

 

Le président Nicolas Sarkozy, comme à l’accoutumée, se laissa emporter par sa passion pour sa nation en insistant sur le fait que l’Afrique doit absolument recouvrer une voix au Conseil de Sécurité de l’ONU. Touchant et chaleureux, il rappela que la place du français n’est pas un acquis (au sens ordinaire du terme) et qu’il faut la défendre ! Reste à savoir si tous les francophones aiment leur langue pour vouloir s’approprier de ce devoir …

 

Le balcon du Léman a permis assurément une bouffée d’air, ne serait-ce que le temps de la réflexion. Et vive le Concert annuel pour la Paix du 24 octobre au Victoria Hall, avec la Symphonie N°2 de Gustave Malher, dite "Résurrection"!

 

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mercredi, 20 octobre 2010

Pendaison des homosexuels en Ouganda

 

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On se souvient du film dramatique mettant en scène un humanitaire en Ouganda pris dans les griffes du dictateur Amin Dada, "Le dernier d'Ecosse". Depuis ces événements tragiques relatés, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Un traité important y a été signé cette année pour garantir des élections démocratiques, libres et transparentes en Guinée (dont le second tour est prévu le 24 octobre prochain).

homoOuganda.jpgAu même endroit, on apprend qu’un tabloïd local se lance, sans faire dans la dentelle, dans une chasse aux sorcières d'une autre ère : partant du postulat qu'homosexuels et pédophiles renferment une même catégorie, il appelle à faire pendre haut et court une centaine de personnalités du pays "soupçonnées" de s'adonner à des pratiques homosexuelles, lesquelles sont considérées comme un crime.

À quand la fin des discriminations sociales dues à l'orientation sexuelle ? De tels préjugés se retrouvent partout, des appels à la violence sociale de ce genre sont monnaie courante et il n’est pas question de stigmatiser un pays plutôt qu’un autre –  – on se remémore les actions tragico-comiques opérées à l’entrée des hôpitaux de la très catholique devenue ministre, Madame Christine Boutin, qui criait hauthomophobie-1.jpg et fort « au feu les homosexuels ! » au même titre que « l’avortement est un meurtre » ; ces injonctions se basaient sur sa croyance exprimée publiquement, selon laquelle « toutes les civilisations qui ont reconnu et justifié l’homosexualité comme mode de vie ont connu la décadence ».

Toutefois, toute société se doit de veiller à ce que des préjugés homophobes de cette nature ne prennent pas le dessus dans les prises de décisions pour ce qui concerne les affaires courantes, ordinaires ou extraordinaires. J’ai une pensée pour ces personnes d'Ouganda qui doivent vivre dans la terreur …

 

samedi, 16 octobre 2010

Et la ponctuation? (II)

 

Comment doit-on ponctuer et comment peut-on ponctuer? Telle est l’éternelle question dans l’exercice scriptural. La mode de la phrase courte a provoqué un certain délaissement du point-virgule, à tort, malgré le fait que son existence remonte au Moyen-Âge.

 

interrobang.gifMais d’autres signes de ponctuation ont connu un fatum non moins tragique. Provenant de l’anglais, il en est un inventé durant les sixties qui exprimait des émotions, qui est aujourd’hui presque perdu de vue : l’interrobang, dont le sens marie exclamation(clam) et interrogation (rog) « ?! ». L’expression What the hell ?! en dit long … Evidemment, on ne l'a jamais croisé et on ne le croisera probablement pas non plus sur un clavier d’ordinateu mais pourquoi ne pas le rétablir ou le redécouvrir ?!

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Le point d’ironie me fait remarquer un internaute assidu très connu sur la place publique aurait subi un non moins triste  sort, son tour. Placé aussi à la fin d’une phrase, le signe exprimerait le deuxième degré. À part dans la prose d'Alcanter de Brahm au 19siècle, on le goûte dans le Canard enchaîné. Bien qu'il ait été "inconsciemment" remplacé aujourd’hui par des binettes et autres trombines, on est en droit de penser que la réhabilitation de ce glyphe expliquerait au mieux l’ambiguïté …

 

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lundi, 11 octobre 2010

Et la ponctuation? (I) Funeste destin du point-virgule

« On reconnaît tout de suite un homme de jugement à l'usage qu'il fait du point et de la virgule. »

(Henry de Montherlant)

 

 

Bien qu’on lise toujours avec ravissement James Joyce, qui a opté d’écrire sans ponctuation, nul n’affirmera de bonne foi que les sigles dont la mission est d’assurer le rythme du texte soient inutiles, voire insignifiants. On se souviendra ainsi également du roman de Christian Prigent publié en 1996, Une phrase pour ma mère, sans point (et forcément sans majuscule) …

 

Il n’y a pas longtemps, un mouvement transfrontalier avait lancé un vibrant appel contre la disparition du point-virgule.

Point_Virgule.jpgSuite au désespérant constat de la rareté de ce fameux signe de ponctuation tant dans les journaux que dans les romans sans oublier toutes sortes de rapports techniques, des comités de soutien se sont créés pour sa justification et enfin sa sauvegarde. Certes, d’aucuns hasardent une explication : la faute au raccourcissement des phrases selon le sacro-saint principe d’économie! Son funeste sort viendrait aussi du malaise que son emploi suscite : entre le point et la virgule, sa place paraît indéfinie ou indécidable ; alors que le « ; » s’utilise entre deux segments distincts qu’on veut mettre en opposition ou en parallèle, son affectation est souvent maladroite. On se rappellera enfin combien ce signe a été dévalorisé par Cavanna, qualifié par ses soins de parasite timoré!  

 

À l’opposé, sa consoeur, la virgule trouve grâce aux yeux de tout le monde, un peu comme si elle incarnait le sommet du style … Calqué sur son aspect, ce signe vient du latin virgula (petite baguette, bâtonnet), terme formé à partir de virga (verge, baguette). C’est dire que le hasard connaît des chemins que la raison ignore : la valeur moindre attribuée à ce diminutif est proportionnellement inverse à son essor … Inutile de préciser que la virgule reste le signe de ponctuation le plus utilisé, au point d’avoir donné un synonyme aux correcteurs, appelés aussi « virguleux ». De ce sigle est tirée la locution ne pas changer une virgule qui veut dire « n’apporter aucune modification dans le texte », ce qui a donné par extension « ne rien changer ».

 

 

De grands auteurs en attestent. « J'ai tout pesé, jusqu'à la dernière virgule, je n'ai pas un zeste à changer», s’exclamait Villiers de L'Isle-Adam dans sa Correspondance en 1889. Dans la même veine, on entend Cyrano de Bergerac, qui réagit à la seule idée que l’un des vers pourrait être corrigé : « Mon sang se coagule, / En pensant qu'on y peut changer une virgule.»

 

Pour mettre un point final à l’affaire, il n'est pas inutile d'insister sur la nécessité de ne pas mettre entre parenthèses le point-virgule pour des raisons tant théorique qu’esthétique – l’idéologie n’ayant pas cours ici – car la richesse de la langue en dépend ... ?! ...; ...!? ... !!!

 

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vendredi, 08 octobre 2010

Pierre Gripari au Club de la Grammaire

 

Le CLUB DE LA GRAMMAIRE
fondé par Honoré Snell en 1959 - affilié à l’Institut national genevois et présidé par Pascal Junod
Décerne le prix Vaugelas

CONVOCATION À L’ASSEMBLEE GENERALE 2010
Samedi 9 octobre 2010 à 16 heures précises
(Accueil des participants dès 15h30)
au café-restaurant « Le Papon »,
Rue Henri Fazy 1, 1204 Genève.
(Immeuble de l’Hôtel de Ville dans la vieille ville ; parking St-Antoine)

  

Apéritif offert par le Club de la Grammaire

Dès 17h 30 :  Soirée Pierre GRIPARI avec Anne Martin-Conrad,
co-auteur d’un GRIPARI avec Jacques Marlaud

dans la Collection «Qui suis-je? » (Pardès)
Exposé sur l’écrivain et lectures de textes de GRIPARI.

Animation avec le Dr Merlin (chansons sur des paroles de Pierre GRIPARI)

 


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 Pierre Gripari, décédé il y a tout juste 20 ans, a traversé son siècle comme un poète : il a mis en ordre avec des mots le chaos du monde, des images, des idées qui ont exalté, nourri ou détruit ses contemporains. Sa vie fut difficile, mais son engagement corps et âme dans la littérature nous laisse une œuvre précieuse pour tous ceux qui aiment lire. Connu et reconnu pour ses contes, il a aussi écrit 141 nouvelles, 14 romans, 34 pièces de théâtre, dont 21 pour la jeunesse, des anthologies, essais, poèmes…
 
La tâche de l’écrivain est de revivre et de réinterpréter à neuf des situations et des archétypes qui sont de tous les temps. Gripari raconte des histoires avec délectation, humour et profondeur. Loin de la littérature de laboratoire, en vogue dans les années d’après-guerre, il obéit à l’élan du rythme de l’histoire qui veut naître, qui veut s’écrire, qui veut émouvoir. Le réalisme est banni de son œuvre, mais la vérité y gagne : Tout au moins celle qui nous confronte à la tragique condition humaine, tout en nous donnant aussi les clés pour l’affronter.
 
Dans ce « Qui suis-je ? » Gripari, les auteurs, qui l’ont bien connu, mêlent informations biographiques et description de livres à l’analyse, en particulier en ce qui concerne Dieu… traité, il est vrai, comme un personnage purement littéraire, d’une manière qui n’appartient qu’à Gripari.
 
La sincérité caractérise toute l’œuvre de Gripari, qu’elle s’adresse aux enfants ou aux adultes, mais elle se mêle à une grande pudeur. Ce livre tente de mettre en valeur et d’éclairer l’exemplaire destinée de cet écrivain si original qui aimait expliquer son écriture :
 
 

« J’écris pour être aimé, longtemps après ma mort, comme j’ai aimé Dickens. J’écris pour faire du bien, comme Jack London m’a fait du bien, à quelques individus que je ne connaîtrai jamais, dont les pensées ne seront pas les miennes, qui vivront dans un monde que je puis concevoir. »



La soirée GRIPARI est ouverte à tous ; n’hésitez pas à inviter vos amis. Un repas convivial suivra à 20 h où chacun peut s'inscrire.
 


Club de la grammaire, case postale 3763, 1211 Genève 3
Tél. 022 319 42 41 – fax 022 319 42 43
pjunod@europae.ch


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lundi, 04 octobre 2010

Corot, le Suisse

" Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé..." (Edgar Degas, 1883)

 

Corot-Geneve-2.jpgCes jours, on peut jouir des chefs-d’œuvre de Jean-Baptiste Camille Corot (1796-1875) à Genève, au Musée Rath. Ces heures perdues à rechercher le temps nous sont rendues au centuple.

 

La Suisse peupla son imaginaire plus qu’aucun autre pays voisin. Cinquante ans avant sa mort, il parcoura l’Italie sans passer par la Suisse où il séjourna avec délectation auprès d’amis tels que Barthélémy-Menn ou Léopold Robert.

 

Sa mère, d’origine fribourgeoise, descendante d’un garde suisse, n’y est pas pour rien dans son amour pour notre pays.

 

Dans son jeu de lumières, l’artiste met en évidence cette topographie qui nous est familière autant qu’étonnante. Une ferme à Dardagny, Les Alpes au soleil, vue sur Genève, côté des Pâquis, en témoignent généreusement … jusqu'au Château de Gruyères.

 

Sotheby mit aux enchères le 2 juin 2010 La Jeune femme à la fontaine (env.1860) et le Musée Rath en fit acquisition !

 

De ces points de vue agrestes, on ne peut retenir que le génie d’un homme, né une cuillère dans la bouche, sachant faire partager l’émotion de paysages rupestres inachetables exprimant à chaque fois un état d’âme, même sans personnage …

 

Affichant une nette volonté de se distancer du mouvement néo-classique, il apportera une véritable révolution dans les codes prévalant dans l’art pour devenir un digne représentant de l’Impressionnisme dont tous les grands s’inspireront.

Reconnu comme tel, Claude Monet s’exclamait à son endroit : « Il y a un seul maître, Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien. »

 

 

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