mercredi, 29 janvier 2014

Droits des femmes d'ici et d'ailleurs. Le 6 février, Journée contre l'excision.

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 Il faut le dire tout net : l’excision constitue une violation des droits humains. On se souvient qu’un tribunal en Suisse a condamné cette cruelle pratique subie par une jeune fille faite à l’étranger. Le 11 juin 2008, la justice fribourgeoise a reconnu coupable cette violation infligée à une jeune fille somalienne de sept ans par une compatriote à elle, réfugiée en Suisse.

L’argument juridique portait sur le manquement d’assistance et d’éducation, et fut traduit en une peine de six mois de prison.

Notons que l'UNICEF estime que près de 7000 femmes victimes d’une mutilation génitale sur sol suisse.

 

On sait que les artefacts multiculturalistes n'y font rien à l'affaire.  Beaucoup  trop de personnes souffrent de cette violence ... En plus du film " Fleur du désert" où se produit la bergère somalienne, Waris Dirie, devenue mannequin et chantre de la lutte contre la coutume barbare, on reverra avec plaisir "Femmes sans hommes" de l'Iranienne Shirin Neshat, primé à Venise en 2009 par le Lion Argent à Venise, qui raconte l'état d'indigence de millions de femmes face à la terrible violence orchestrée pour des motifs religieux politisés.

 

À lire mon article paru dans le 700e numéro de UNSpecial, organe de communication de l'ONU, du mois de novembre 2010: http://www.unspecial.org/UNS700/t33.html .

 

 

 

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Cette note fut rédigée sur cette plateforme le 13 novembre 2010. Depuis, une conscientisation du problème a fait son chemin; le sujet a été traité plus assidument dans des débats à l'ONU, entre autre dans le cadre des sessions des droits de l'homme.


L'excision est formellement interdite en Suisse depuis le 1er juillet 2012 pour toute personne résidant en Suisse, même lorsqu'elle se rend à l'étranger.


En Suisse, vivent près de 12'000 femmes issues de pays où l'excision se pratique traditionnellement; plus de la moitié de ces femmes souffrent de troubles de tous ordres. Une sérieuse sensibilisation est véhiculée dans les milieux migrants en provenance des pays où elle sévit, dont les résultats commencent à se faire sentir : moins de cas sont comptabilisés sur sol suisse autant qu'à l'occasion des voyages effectués des fillettes dans leur pays d'origine.


Si une loi ne suffit pas pour interdire un rite aussi cruel ancré culturellement et cultuellement, il est important de poursuivre ce noble effort parti d'un élan de la société civile. Le 6 février, la Journée contre l'excision est là pour nous le rappeler.

21:42 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : droits des femmes, excision, suisse, islam | |  Facebook

Commentaires

Il faut faire attention au multiculturalisme. Ces pratiques ne doievnt pas être tolérées en Suisse, où elles sont contraires à notre ordre juridique et moral.

Mais il faut se garder aussi du néo-colonialisme. L'ordre juridique et moral des pays où l'excision est pratiquée la permet et est ancrée dans leur tradition. Il ne nous appartient pas pas de porter un jugement sur la pratique de traditions exercées là où elles sont nées.

Écrit par : Andres Gomez | samedi, 13 novembre 2010

Ni la tradition, ni l'ordre juridique et moral des pays où l'excision est pratiquée ne rendent tolérable un acte barbare infligé à des fillettes contraintes et sans défense.

Écrit par : Gérard h. perraud | samedi, 13 novembre 2010

C'est une première en Suisse et ce devrait l'être ailleurs. Il est effarant de constater comment certains au nom de relents néo-colonisalisme sont prêts à vouer aux gémonies des principes reconnus universellement. Si des barbaries nous choquent, c'est qu'elles posent problème dans les sociétés concernées. Qu peut justifier l'excision, les mariages forcés de mineures, le viol comme arme de guerre?

Oser affirmer qu'il ne nous appartient pas pas de porter un jugement sur la pratique de traditions exercées là où elles sont nées, c'est comme dire qu'il vaut mieux éviter de penser, que tout se vaut et que le relativisme culturel prévaut pourvu qu'on ne dérange pas l'ordre public établi, peu importe les grandes injustices qui sévissent et dont les victimes sont des personnes vulnérables, sans véritable droit de parole. Or, des personnes de ces soi-disant cultures s'en plaignent et cherchent à fuir ces drames (en cherchant de faire changer l'ordre des choses pour les générations futures).

Le cas présent est éloquent : établie en Suisse en qualité de réfugiée, cette cinquantenaire avait fait venir de Somalie l'enfant à l'âge de sept ans à Fribourg en 1995 au titre du regroupement familial en la faisant passer pour sa fille. Six ans plus tard, n'arrivant plus à gérer son éducation selon ses codes culturels stricts, elle avait confié l'adolescente à un tiers qui l'a conduite chez sa mère nomade en Somalie en prise à des guerres successives. La pauvre enfant y a vécu dans de dures conditions et y a subi une excision. Le comble : la jeune fille a finalement pu s'enfuir au Kenya en 2004 non sans avoir contacté une ancienne institutrice, laquelle a alerté "Sentinelles". Suite à quoi, elle a pu rentrer en Suisse en 2006 avec l'accord de sa demi-soeur et jouis du statut de l'asile. Heureusement que l'inculpation est tombée et beaucoup souhaiteraient que ces pratiques innommables soient pouruivies aussi dans les pays concernés.

Un autre cas à Zurich : la Cour suprême du canton de Zurich a condamné fermement des parents somaliens pour avoir fait exciser en 1996 leur fille de deux ans dans leur appartement de l'Oberland zurichois.

Selon une étude de l'UNICEF, quelque 7000 femmes ou filles originaires de Somalie, d'Ethiopie et d'Erythrée subiraient ou seraient sur le point de subir ce sort sur sol suisse.

Il faut saluer le travail de cette organisation avec le gouvernement helvétique pour avoir élaboré une norme pénale en vue de combattre, punir, de prévenir l'excision!

Écrit par : François T. | dimanche, 14 novembre 2010

Merci pour ce partage

Écrit par : Mutuelle | dimanche, 14 novembre 2010

N'étant ni une femme ni Suisse, je salue cette première dans l'arsenal juridique mis en place pour pouvoir poursuivre ces actes reconnus désormais comme délictueux!!!

Absolument athé, je suis en outre toujours scandalisés de telles pratiques provenant de crédos religieux.

Le relativisme culturel est souvent mal compris. Et il faut résolument cesser de justifier des habitudes si cruelles sous prétexte qu'elle découlent de traditions ancestrales (comme si cela constituait un preuve) ...

La norme sociale a pu enfin être remise en cause pour en être changée! Et ça, c'est vraiment plus difficle que de modifier l'architecture d'une ville.

Écrit par : saturnien | dimanche, 14 novembre 2010

"La femme grillagée" de Pierre Perret est à écouter avec attention. Cette chanson plus profonde qu'il n'y paraît montre bien qu'il ne s'agit pas de croyances chrétiennes ou occidentales qui seraient à l'origine de ce dégoût dictant le combat contre la violation des droits humains en pareille situation mais des vicitmes témoignent, même avec a peur au ventre. Pour toutes ces femmes embastillées, maltraitées, il faut continuer à informer, sensibiliser, prévenir, guérir et punir!

Écrit par : Hanane H. | dimanche, 14 novembre 2010

2Il ne nous appartient pas pas de porter un jugement sur la pratique de traditions exercées là où elles sont nées."

Donc si les traditions portent sur l'esclavage, le sacrifice humain ou le cannibalisme, pas de problème et nous ne jugerons pas. Je vous ai bien compris, n'est-ce pas?

Écrit par : Johann | dimanche, 21 novembre 2010

@ Johann : à qui s'adresse votre question?

Écrit par : Micheline | dimanche, 21 novembre 2010

À VOIR impérativement CE SOIR sur France 5 le film d'Ousmane Sembene sur l'excision : MOOLAADE. Maintenant qu'une norme pénale est intégrée dans le code suisse grâce à l'immense travail de sensibilisation et de prévention de l'Unicef-Suisse en réaction à cette cruelle pratique qui viole les droits humains sans aucune excuse multiculturaliste - que Mme Rochat soutient - il faut voir ce film où une Africaine protège 4 jeunes filles refusant d'être excisées.

Écrit par : Laure | lundi, 14 février 2011

Krass! Sowas hätte ich gar nicht geglaubt :)

Écrit par : Book Of Ra Trick | mardi, 15 février 2011

merci
pour les information

Écrit par : tarif mutuelle | lundi, 26 mars 2012

Bravo. Non seulement vous dénoncez ces actes barbares mais vous êtes partie prenante dans la lutte contre cette cruelle pratique.

Le 6 février est une date à retenir et j'allumerai une bougie en hommage à ces victimes.

Écrit par : Noëlle Ribordy | jeudi, 30 janvier 2014

Un chaud merci pour ce message, Noëlle Ribordy !!! La conscientisation, la sensibilisation, l'information aide à combattre la cruauté découlant de l'ignorance. On fait ce qu'on peut. La valeur d'un acte n'attend pas la récompense mais l'important est de pouvoir constater des évolutions. Aujourd'hui, une connaissance m'a raconté que des parents ont décidé de ne pas infliger sur leur fille cette sainte horreur lors de son voyage dans leur pays d'origine pendant les vacances "parce que ce n'est pas du tout bien" : ils ont réussi à convaincre leur clan familial et à échapper à ce pratique cultuelle.

J'allumerai aussi une bougie le 6 février.

Bonne soirée!

Écrit par : Micheline P. | jeudi, 30 janvier 2014

Bonjour Micheline,

Toutes les mutilations religieuses doivent être condamnées en tant que tortures sur enfants elles doivent être punis le plus sévèrement possible.(par exemple en coupant les glaouis des hommes, pourquoi pas?)

Comme quoi ces rituels d'un autre âge sont une invention des hommes comme le reste.

Écrit par : Pierre NOËL | vendredi, 31 janvier 2014

Bonjour Pierre Noël,

J'abonde dans votre sens. Les croyances religieuses ont souvent entraîné des pratiques barbares. Il faut les éradiquer radicalement au nom de valeurs telles que citées. Outre le fait qu'il s'agit d'une maltraitance grave, exécutée dans des pires conditions et laissant une trace indélébile pour la vie, l'excision peut aussi entraîner la mort.

La Suisse a sanctionné en 2008 de telles horreurs au nom de la loi de la protection des enfants. Et depuis, 2012, la l'interdisant est promulguée formellement.

Tout n'est que produit de la folie humaine, en effet! Vous soulevez le problème de la circoncision avec raison.

Bonne journée ensoleillée à vous!

Écrit par : Micheline P. | vendredi, 31 janvier 2014

"- (par exemple en coupant les glaouis des hommes, pourquoi pas?)
Comme quoi ces rituels d'un autre âge sont une invention des hommes comme le reste.
- J'abonde dans votre sens"
Et après ça, on se prétend humaniste. On aura tout vu sur cette plateforme, rien ne nous aura été épargné...

Écrit par : Géo | vendredi, 31 janvier 2014

@ Geo : ravie de vous trouver en bonne forme! Vous êtes libres d'interpréter comme bon vous semble ce qui est dit ...

Écrit par : Micheline P. | vendredi, 31 janvier 2014

J'ai bien peur que vous n'avez pas compris ce qu'a écrit Pierre NOEL, s'il s'agit bien de lui...
Cela dit, je ne sais si ces rituels sont une invention des hommes, mais c'est toujours les femmes qui s'en occupent.

Écrit par : Géo | vendredi, 31 janvier 2014

Géo est un irascible sans aucun intérêt, en outre, il n'aime pas les français, ne rit jamais, bref, un esseulé triste et morne. Préférant me prendre comme cible, il est souvent hors sujet.

Effectivement mon propos est à prendre au troisième degré, il est moins grave que le sujet abordé. L'intelligence ne s'apprend pas....

Bonne fin de soirée Micheline, encore merci d'avoir abordé le droit des femmes face à certains hommes bas de gamme.

Écrit par : Pierre NOËL | vendredi, 31 janvier 2014

Toutes les 10 secondes une fillette excisée... c'est terrifiant.

Bravo pour votre combat Madame.

Écrit par : Jmemêledetout | vendredi, 31 janvier 2014

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