samedi, 27 novembre 2010

Genève drapée de neige ...

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Force est de constater qu’un lac porte le nom de la ville la plus prestigieuse à sa rive. En Suisse, on connaît le Lac de Neuchâtel, de Bienne, de Morat, de Thoune, de Zürich, de Constance, de Zoug ; le Lac Majeur ou des Quatre-Cantons obéissent à leur manière à la règle.

 

Quid du Lac de Genève ? Le nom fait-il la chose ? Son histoire est pourtant bien cocasse.

 

Il faut être à l’étranger pour entendre parler du « lac de Genève » au point d’exister tel quel : Genfersee, Lago di Ginevra, Geneva Lake. Pour beaucoup, on doit donc dire « lac de Genève », point barre.

 

C’est en effet au 16e siècle, qu’à cause de sa renommée internationale, apparaît cette dénomination même s’il ne désignait que 79 km2 de la superficie lacustre. Bon, il paraît qu’on a enfin un lac (artificiel) à Genève ( cliquer ici )depuis cette semaine écoulée, une gouille d’eau exclusivement cantonale, donc non transfrontalière.

 

Mais le plus étonnant reste que ce matin, Genève s’est réveillée sous un manteau de neige (quand bien même il est rare de connaître ce linceul blanc avant Noël) … rimant avec paix, lenteur, silence. Un poème de Guy de Montpassant me vient en mémoire :

 

 

 

 

 


Nuit de Neige

 

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.

16:44 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : genève, neige, lac | |  Facebook

Commentaires

Très beau poème en relation avec la neige. Quant au lac Léman, les non-Genevois (surtout les Vaudois) ne doivent pas apprécier le fait qu'il soit appelé lac de Genève.

Écrit par : Kissa | samedi, 27 novembre 2010

Quelle lubie ce lac de Genève (même enneigé, dont les frontières sont effacées au profit d'un paysage blanc uniformélisé)! Si une petite gouille en comune de Meyrin peut mettre fin à ces polémiques débiles, c'est déjà ça ... Comme le Lac des 4 Cantons, il ne nous viendrait pas à l'idée de l'appeler "lac de Lucerne" pour la simple raison qu'il s'étale sur plusieurs régions et villes.

Que le neige apaise les âmes rebelles!

Écrit par : lerupestre | samedi, 27 novembre 2010

@ Kissa : mille merci pour votre clin d'oeil !!! Ravie au moins que le poème vous ait plu.

Quant au lac de Genève, ...

Écrit par : Micheline | dimanche, 28 novembre 2010

Lac de Genève ou lac Léman ?

Voilà bien une guerre inter cantonale qui n'en finira pas de sitôt. La confusion peut venir du fait des différentes traductions "Genfersee' en allemand et "Lake Geneva" en anglais comme vous le relevez chère Micheline.

Souvenons nous qu'au fil du temps ce lac a porté au moins une dizaine de noms répertoriés de "Lacus Lemanus" en passant par "Lac de Lozanne" ...

Le plus grand lac d'Europe occidentale appelé au XVIème siècle Lac de Genève est composé de deux lacs nommés respectivement : le Petit lac du côté de Genève et le Grand lac ou Lac de Lausanne.
C'est plus tard que le Lac de Genève sera appelé Lac Léman par les Vaudois, les Valaisans et les Savoyards !
Merci Micheline pour ce beau poème.

Écrit par : Gérard h. perraud | dimanche, 28 novembre 2010

J'aime le silence d'un paysage enneigé, le crépitement des pas laissant une trace derrière, l'uniformité visuelle que permet le linceul blanc ...

Écrit par : Laure | dimanche, 28 novembre 2010

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