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lundi, 04 juillet 2011

Des nouveaux mots ... (II)

 

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Abdou Diouf, le patron de la francophonie aime citer son compatriote Leopold Sédar Senghor, qui, en fin linguiste, était convaincu qu’une maîtrise de la langue s’accompagne nécessairement d’une clarté de l’esprit et par conséquent d’une aptitude à raisonner et à élaborer des solutions.

 

On peut ainsi observer que la valeur créatrice du signe et du symbole n’est pas trahie chaque année par Larousse ou le Petit Robert. De ces nouveaux mots qui entrent dans la danse, combien de fois les avons-nous utilisés durant les six mois écoulés ?

 

Après avoir parcouru quelques exemples du second, les nouveautés 2011 du premier ne manquent pas de charme :

 

De la Suisse, on retiendra un sens inédit à vilipender pour « gaspiller » ou encore secondo en provenance de l’italien qui signifie désormais « la deuxième génération ».

 

De l’Afrique, on se réjouit de la capacitation pour renforcer des compétences déjà acquises mais le glissement de sens du terme volontaire pour désigner un vacataire laisse un peu à désirer par l’ironie qu’il peut susciter … un agent recruté dans la fonction publique sans statut a-t-il le choix d’être volontaire ?

 

Locavore entre désormais dans le langage courant !

 

Un homme, plutôt citadin et trentenaire, qui prend soin de son corps autant que son apparence vestimentaire porte enfin un nom : métrosexuel.

 

S’attaquer ainsi à la langue fait-il sens ? L’éternelle question demeure … La formule de Proust, citée souvent à tort et à travers, nous vient peut-être en aide : « La seule  manière de défendre la langue, c’est de l’attaquer ! » On entendra bien évidemment une invitation à la création et non une incitation à la faute ou au solécisme …

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Commentaires

Bonjour Micheline,

Je partage pleinement votre avis sur la création d'un vocabulaire nouveau et coloré, n'en déplaise aux pisse-froid qui essaient de défendre la langue par des procédés autoritaires et inutiles !

Il n'en demeure pas moins que la langue "fout le camp". A côté des mots nouveaux, il y a trop de personnes - à commencer par les journalistes - qui, pour être dans l'air du temps, se complaisent dans les erreurs les plus crasses.

On n'est certes jamais à l'abri d'une erreur ; au moins faudrait-il éviter de la répéter. Et, Micheline, l'expression "faire sens" sonne comme un anglicisme qui n'ose pas dire son nom...

Bien cordialement et toujours au plaisir de vous lire.

Écrit par : Michel Sommer | lundi, 04 juillet 2011

Cher Michel,

Merci pour ce partage. J'ai le plaisir de constater encore une fois
que nous nous comprenons et c'est tant mieux.

L'amour de la langue ne doit évidemment pas nous éviter les interrogations
quant à son devenir.

À bientôt pour une nouvelle joute!

Bien à vous.

Écrit par : Micheline | lundi, 04 juillet 2011

"la journaliste et romancière Tristane Banon annonce qu'elle dépose plainte pour tentative de viol contre Dominique Strauss-Kahn...."

Puisque l'on parle de langues - française notamment - je livre à votre réflexion la phrase ci-dessus qui me laisse perplexe. Cette phrase est tirée du site de notre journal bien aimé...

Et si l'on écrit comme ci-dessous, le sens est-il le même ?

"la journaliste et romancière Tristane Banon annonce qu'elle dépose plainte contre Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol"

Écrit par : Michel Sommer | lundi, 04 juillet 2011

Peut-être faudrait-il respecter la règle grammaticale : journaliste et écrivain au pluriel ....? ... Je ne sais. Sur le fond, je ne prononce pas! À vos jeux!

Écrit par : Philippe Billard | lundi, 04 juillet 2011

À propos de la remarque de Monsieur M. Sommer:
Sur le plan de la compréhension, dans la première phrase, on pourrait croire qu'une tentative de viol a été commise contre D.S.K., si l'on ne connaissait le nom de la plaignante. Malgré tout, il ne fait pas de doute que la seconde tournure, proposée par Monsieur Michel Sommer, eût été plus claire que l'initiale. Il faut savoir que les journalistes doivent souvent rédiger leurs articles à toute vitesse.
Pierre ALAIN

Écrit par : Pierre ALAIN | lundi, 11 juillet 2011

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