UA-105021232-1

lundi, 15 août 2011

Anglicismes, etc.

 

« Les anglicismes ne constituent pas un fléau. Une telle considération ne découle que d’un postulat idéologique arrêté! » Vraiment ? Il faut avoir les oreilles bouchées pour ne pas être choqué de ce qu’on entend ci et là et de l’acharnement dont font preuve certains publicistes ou experts en tous genres pour être dans le vent.

Bon nombre d’anglicismes sont passés comme lettres à la poste, certes ! Le dico en assimile chaque année. Mais ce constat suffit-il à en utiliser à tire-larigot, et souvent à mauvais escient, au lieu de prendre en référence l’équivalent français lorsqu’il existe ?

 

Une petite blague dans l’air du temps vient illustrer la question (inspirée du Cahier du Club de la Grammaire N° 146):

Un beau matin, un gamin demande à son père :

-     Les abeilles, les fleurs, les choux, la petite graine … Tout cela est bien passé, soyons modernes ! Papa, dis-moi, comment je suis né ?

-     Très bien, mon fils, il fallait que l’on en parle un jour ! Voici donc ce qu’il faut que tu saches :

Papa et Maman se sont « copiés/collés » dans un Chat sur MNS. Papa a fixé un rancard via e-mail à Maman et ils se sont retrouvés dans les toilettes d’un cybercafé. Après, Maman a fait quelques Downloads du Memory stick de Papa. Lorsqu’il fut prêt pour le téléchargement, nous avons découvert que nous n’avions pas mis de Firewall. Comme il était trop tard pour faire Delete, neuf mois plus tard, le satané virus apparaissait … 

 

anglicismes1.jpg

 

 Micheline PACE

12:21 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : français, anglicismes | |  Facebook

Commentaires

Jolie, la blague! :-) L'anglicisme sémantique le plus souvent utilisé est : alternative. En anglais, il signifie bien "chacune des solutions à choisir", alors qu'en français, il indique "un ensemble de deux solutions". Pourtant, combien de fois ne lit-on pas (ou n'entend-on pas) : "C'est une autre alternative" au lieu de "C'est une autre possibilité" ou encore "J'hésite entre ces deux alternatives : partir ou rester" au lieu de "J'hésite devant cette alternative : partir ou rester"! http://66.46.185.79/bdl/gabarit_bdl.asp?Th=2&t1=&id=1127

Écrit par : Kissa | lundi, 15 août 2011

MERCI Kissa pour vos éclairages, toujours si attendus!!! Et dire que "l'alternative" désigne un mvt politique ... Beaucoup d'expressions sont en effet cocasses. Perso, j'en ai franchement marre des "challenge", du "monitoring", des "sales" pour faire "snob". Passe encore la "webcam" qui ne connaît pas d'équivalent en français mais "webcamé" déjà rencontré laisse un peu perpexe ...

Écrit par : Micheline | lundi, 15 août 2011

Bof, les mots vont et viennent. Ils ont leur vie propre. Et un bon tiers des mots de l'anglais courant ont une origine française... Alors. A commencer par "challenge" qui était en vieux français chalenge, voire chalonge.

Écrit par : Grand-mère Veau Gela | lundi, 15 août 2011

Pourquoi, en effet, ne pas utiliser simplement le mot "défi" au lieu de "challenge" et celui de "soldes" à la place de "sales"? On entend aussi "printer" (prononcé à la française) pour "imprimer". Cela dit, c'est vrai que beaucoup de mots anglais ont une origine française. Et les anglophones utilisent souvent le mot "rendez-vous" et l'expression "C'est la vie".

Écrit par : Kissa | lundi, 15 août 2011

Moi j'aimerais bien avoir un "satané virus" ... et vite !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | lundi, 15 août 2011

Bravo Micheline!

Écrit par : Gorgui Ndoye | lundi, 15 août 2011

Vraiment sympa ce petit texte ! Je vais le faire connaître autour de moi. Vous pouvez nous resservir de ce potage quand vous voulez"!
Bien cordialement.

Michel Sommer

Écrit par : Michel Sommer | lundi, 15 août 2011

Après ton audacieux texte égrillard - pour ne pas dire licencieux et salace - voici la Endösung aux anglicismes:

http://www.admin.ch/ch/f/rs/311_0/a321.html

Et merci pour cette joyeuseté langagière:-) !

biz jaw

Écrit par : jaw | mardi, 16 août 2011

Des mots anglais d'origine française et des mots français d'origine anglaise existent de part et d'autre mais il ne faut pas les confondre avec le franglais.ou autres joyeusetés. C'est cocasse de voir des termes comme "challenge" avec son va-et-vient au point qu'on dit facilement "ça me plait parce que c'est challenging".

Il faut mettre au défi toute personne qui ne l'utiliserait jamais ...Des blagounettes illustratives de ce genre, vous pouvez nous en resservir quand vous voulez! ça réveille les neurones, ça excite la curiosité, etc.

Écrit par : Nobody | mardi, 16 août 2011

Autant l'abus d'anglicisme dans le langage courant peut être ridicule, autant votre blague est symptomatique:

Tous les anglicismes qu'elle contient sont des termes liés a Internet ou au PC. Le langage n'est qu'un effet secondaire, la source du problème est que la francophonie n'a aucun 'leadership' technologique dans ce domaine. Et c'est plutôt ça qu'il faut déplorer.

Écrit par : Eastwood | mardi, 16 août 2011

Autrefois, ou naguère, selon l'âge que l'on a, les mots étrangers utilisés en français étaient assimilés par notre langue, ils se prononçaient à la française, souvent l'orthographe en était modifiée. (Exemple: boulingrin)
Je trouve dommage:
– le snobisme qui pousse à prendre un accent ridicule et une prononciation impossible pour prononcer tous les mots d'origine étrangère “à l'anglaise”
(Exemple: Yacht, d'origine néerlandaise; cari que l'on prononçait comme on l'écrivait et que l'on écrit et maintenant “curry” et que l'on prononce ... comme on peut – origine indienne – et bien d'autre
– le fait que l'on prenne l'accent et la prononciation ridicule pour prononcer des mots naguère assimilés. Lorsque j'étais adolescent, challenge se prononçait à la française “chalange” – déjà à l'époque on ne distinguait plus bien le son “an” du son “en”, qui devrait tendre vers le “ain”

Mais il y a plus grave, c'est la confusion sémantique dénoncée par Kissa, qui touche bien plus de mot qu'on ne le croit. (l'horreur, avec le mot billion)
Les mots qui n'ont pas le même sens dans les deux langues et dont le sens anglais vient pourrir le sens français. Déjà ancien “caravane”, ”trafic” et le dernier qui m’énerve au plus haut point “améliorer votre expérience de navigation”. Je me demande si même en anglais, ça veut dire quelque chose ?
Car le but de cette langue est uniquement commerciale, les mots ont des sens vagues (“coach”) qui cachent ces concepts obscurs et nous font croire que c'est indispensable. De plus, les mots anglais prennent bien souvent en français un sens précis qu'ils n'ont pas en anglais (mail, dealer...)

Traduisez tout correctement en français, en allemand, en Russe, espagnol, portugais,(des VRAIES langues) et vous vous rendrez compte que l'anglais n'est plus qu'un verbiage commercial, la novlangue de G.Orwell. C'est creux, c'est vide.

Pendant le même temps, on écrit machette au lieu de machète, on ne sait plus prononcer “boer”, ”lump”, “lumbago”, “piranha“, on ne sait plus faire les liaisons...

Écrit par : Patrick | lundi, 05 août 2013

@ Patrick : un grand merci pour ces remarques si pertinentes sur tous les points de la langue qui posent problèmes. La prononciation des mots assimilés, en provenance de l'anglais, est hallucinante. Dans ces cas, mieux vaut utiliser notre richesse de vocabulaire, car comme vous le soulignez fort justement, les interlocuteurs succombent au snobisme, avec un flottement évident. Effectivement, c'est pour des raisons économiques, que l'anglais a supplanté le français, auparavant langue diplomatique. On se souviendra que des mots, d'origine latine, en provenance de la Botte, connaissent une prononciation française; "bambin" en est un exemple.

Espérons que la torpeur estivale échauffe un peu les esprits et les éveille dans le sens que vous préconisez!

Écrit par : Micheline P. | jeudi, 08 août 2013

Les commentaires sont fermés.