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samedi, 28 avril 2012

Requiescat In Pace, MICHEL

La scène genevoise se voit amputée d’un personnage public haut en couleur, qui ne laissait nul indifférent.

Au-delà des jeux de politique politicienne, Michel Chevrolet savait toujours apporter un contenu, interroger, étonner, interpeller.

Par son tempérament gargantuesque, il savait mettre de la vie où généralement il n’y en a pas forcément. Forcés de faire avec sa disparition si brutale et injuste, beaucoup de ne trouvent pas les mots pour dire cette réelle absence inqualifiable.

Son dernier commentaire laissé sur facebook se résumait en un qualificatif : épuisant … Serait-ce une trahison qui aurait porté un coup fatal à son cœur qu’il avait gros comme ça ? Des coups reçus durant sa dernière campagne, il disait qu’il avait pardonné et devant les caméras, il avait affirmé qu’il ne recommencera plus.

Pour sûr, il doit désormais se rire des vanités de ce monde, des faux-semblants d’une société étriquée et égoïste, renversant les moyens et les finalités. Qui sait ?

Ici, ne sera exprimé aucun souvenir personnel. La décence l’impose, le respect envers les proches le commande. Mais sache que le vide laissé par ton départ comme un dernier pied de nez à l’absurde est incommensurable.

Après la dénégation des premières heures, de savoir qu’on ne croisera plus ton regard de feu dans les rues de Genève reste insupportable.

 

Le 4 mai, beaucoup te rendront un dernier hommage.

On sait mais on n’y croit pas …

Ciao Mitch'!

 

R.I.P. Michel !

16:14 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : michel chevrolet, genève, politique, la mort | |  Facebook

mardi, 17 avril 2012

J-5 ... le vote utile (Mélanchon et les autres)

 

Encore une fois, Patatactu nous vient au secours pour débriefer les mécanismes du vote utile :

 

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Sarkozy, Hollande, Bayrou, Mélanchon, Le Pen … Qui de ces personnages tissera le destin de la France, notre grand voisin ? Comme en 2002, une « surprise » attend les électeurs. Par ouïe-dire, on s’attend à ce que le sage Bayrou ou le tonitruant Mélanchon ressort en faiseur de roi en qualité du mythique troisième homme.

 

Chacun des deux hommes revendique ce rôle. Une remarque de Pierre Noël, un internaute fidèle - dont les points de vue apportent toujours un éclairage fort pertinent et sexy - appelle une réflexion à ce sujet.

 

Au vu de la « volatilité de la situation », Jean-Luc Mélanchon, par son art oratoire digne des plus grands philosophes de l’arène politique de l’antiquité se voit face à … Hollande, qui l’a humilié publiquement lorsqu’il arpentait ses rangs, ce qui le décida à créer sa propre formation. Il aura su bouger les lignes, notamment en réactualisant la liturgie du rassemblement populaire auquel tous les candidats se sont prêté bon gré mal gré. Son style a fait loi. Reste à savoir si son discours convainc.

 

Peut-être, faudrait-il qu’il eût le courage de proposer une vraie mesure pour venir à bout à la profonde inégalité entre les citoyens dues à des raisons exclusivement sociales, à savoir l’instauration non pas d’un revenu minimal passant de 1094 à 1700 euros - juste au-dessus du seuil de pauvreté - mais d’une allocation universelle dans la tradition des grands philosophes du 20e siècle, tels que Van Parjis, Ferry et Cie. Puisque les énormes différences du niveau économique ne sont pas motivées par les qualifications, les prises de risques, les efforts fournis dans l'exercice de ses compétences, les résultats ou encore le nombre d'heures passées à travailler, ce procédé pourrait être véritablement révolutionnaire pour mettre fin à la dépression et ... à l'humiliation. Le pouvoir d'achat équivaut au pouvoir faire, bref à la liberté, (et non seulement comme une consommation effrénée vulgaire de plaisirs immédiats, à l'instar de ce que prétendent certains hédonistes désespérés ou politiciens à la petite semaine).

 

Aucune partie n'est perdue d'avance. Le troisième homme, à l'image d'un célèbre film hollywoodien connu pour illustrer le vertige, sortira bientôt de l'ombre ... 

 

Plutôt que gérer la peur, les politiques ne devraient-ils pas recommencer à distiller l'espoir pour que la face du monde s'en trouve changée, et passer ainsi à une nouvelle ère?

 

dimanche, 15 avril 2012

Pour quoi le vote utile?

 

En 2012, ça vote important. Dimanche prochain, notre voisin français s’exprimera en grande pompes sur le candidat de leur choix pour la présidentielle. Le jeu démocratique permet que l’on vote un tel ou tel autre pour des raisons très différentes, voire contradictoires. Les motivations sous-jacentes importent pourtant peu sur le résultat et par conséquent les destinées de la res publica.

On a essayé de statuer sur le vote blanc … Et voilà qu’à trois semaines du scrutin, le vote utile s’est invité dans la campagne. François Bayrou, grand favori de beaucoup de Français depuis plusieurs législations, revêt le rôle de « faiseur de roi » dans le sens que les sondages ne le voient pas figurer parmi les sortants au premier tour mais que son choix – ainsi que son mot d’ordre – fera basculer la balance entre les deux candidats élus. 

 

 

La question de savoir quelle place accorder au vote utile reste ouverte. Nul doute qu’elle se reposera au soir du premier tour. Les bonnes bouilles de Patatactu nous viennent-elles à l’aide ?     

 

 

 

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mardi, 10 avril 2012

La Tunisie réussit une deuxième fois sa transition en refusant la Charia

"Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer." (Proverbe arabe)

 

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Au lendemain de la chute de Ben Ali, le parti Ennhada, majoritaire sur l’échiquier politique, n’a pas succombé à la pression des salafistes en Tunisie. Elue le 23 octobre dernier, l’assemblée constituante a décidé de se passer de la loi islamique, la Charia, au nom de l’indépendance de l’Etat par rapport aux pratiques religieuses déjà promulguée dans le premier article du texte constitutionnel de 1959. Ce 27 mars restera gravée dans la mémoire du pays ainsi que des états entretenant une relation bilatérale. Les débats n’ont cependant pas manqué d’être virulents, voire houleux, entre ultra-radicaux et modernistes!

Le chef historique d’Ennhada, Rached Ghannouchi, a motivé cette décision en rappelant que la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la République. Il n’a pas hésité à préciser que l’identité arabo-musulmane est préservée selon les principes d’un Etat civil et démocratique. Toujours selon ses propres termes, « on ne va pas avoir recours à la loi pour imposer la religion » d’autant que « la charia resterait encore une notion floue pour l’opinion publique ».

Déjà le 29 janvier 2012, son gendre, M. Rafik Abdessalem, Ministre des Affaires étrangères se voulait rassurant dans les pages du Quotidien lors de la 20e session du Conseil exécutif de l’Union africaine déroulée à Addis Abeba : Pour ce qui est des salafistes, le phénomène est exagéré. Ce sont des groupes qui ne menacent en rien l’ordre public. Il se peut qu’ils aient une lecture rigoriste de la religion, mais il ne faut pas aucunement recourir à la solution sécuritaire, pour ne pas reproduire l’expérience de Ben Ali.

Mais la nouvelle n’a pas fait grand bruit, bizarrement ... Sous nos latitudes, un journaliste français a fait référence à cette nouvelle de taille ( cliquer ici ... Pourtant les fausses nouvelles déduits de non-événements. Alors que des pays passent d'alternances en alternatives toujours avortées, sans réussir véritablement aucune transition, ce peuple instruit inspire confiance de par ses choix judicieux, raisonnables comme dirait le philosophe John Rawls, ce qui encourage les investisseurs étrangers et les projets de coopération internationale ( cliquer ici ) - utiles en aval comme en amont à endiguer la migration désordonnée et désespérée - moblisés pour la reconstruction de cette nouvelle société.   

Si la partie n’est pas encore gagnée vu que le texte définitif n’est pas encore écrit, ce rejet de la Charia indique que la suprématie du religieux dans l’ordre social n’est pas une fatalité. Le peuple tunisien, éduqué et éclairé - c’est un fait bien connu – a démenti le cliché de l’exception démocratique arabe, en l’occurrence de celui qui stipule a priori que les Arabes ne sont pas faits pour la démocratie.

On sait que la révolution du jasmin est essentiellement intellectuelle, culturelle, numérique. Un célèbre bloggueur, Slim Amamou, héraut du militantisme tunisien ayant connu les prisons du dictateur déchu, devint Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports dans le premier gouvernement de transition ( cliquer ici ). 

Cette belle leçon de réelle démocratie, passée presque sous silence, nous montre encore une fois qu'il ne sert à jouer à se faire peur ni à se réjouir de mirages dont se fait l'écho une certaine presse.

La Tunisie a su renforcer son statut de partenaire!  

23:11 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tunisie, coopération, développement, transition, islamisme | |  Facebook

mardi, 03 avril 2012

Académie Romande - Discours pour la promotion du romand

 

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« Quelle est la langue parlée en Suisse ? » Cette question est bien connue. Quel Suisse ne l’a pas entendue, à l’étranger ? Il est dans la coutume de définir notre pays comme un conglomérat d’états souverains, par définition autonomes, dont le nombre de langues pratiquées sur un territoire donné dépassent largement ce qui est observé dans la très grande majorité des nations du monde. Certains observateurs se plaisent à en déduire que notre pays constitue un modèle  de démocratie, où le vivre ensemble entre individus ne partageant même pas une langue commune est possible. À chacun ses images d’Epinal ! Le hic est qu’il n’est pas si aisé de se comprendre, pas plus entre Helvètes qu’entre francophones du globe. Une image ludique illustre cet état de fait : un Romand, un Suisse allemand et un Tessinois se rencontrent dans le train ; quelle langue vont-ils parler ? Et bien, l’anglais ! Les exemples ne manquent pas. En période de soldes, on voit partout dans notre région des annonces « sale », la loi du nombre dans certaines instances officielles impose qu’on sacrifie les langues minoritaires.

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lundi, 02 avril 2012

Le romand dans la Francophonie

 

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La langue française n’est pas une mais plurielle. Comme toute langue, elle est aussi un phénomène social global, tout à la fois identitaire, économique, politique et linguistique. Mais de quel français parle-t-on?

À l’instar des rapports de force ou d’échange sur pied d’égalité entre les différentes langues, les nombreuses variantes observées chez les locuteurs francophones d’ici ou là doivent être respectées, sauvegardées, valorisées en tant que telles car les diversités sont de fait complémentaires plutôt que contradictoires, participant de valeurs à portée universelle telles que la démocratie, la liberté d’expression, le droit des minorités, la diversité comme richesse.

Par conséquent, le français doit être défendu comme un tout et de manière générale, ce en tenant compte tout particulièrement des spécificités irréductibles de toutes ses différences. En exemple, les deux acceptions du terme « les gosses » - que l’on se trouve sous nos latitudes ou au Québec …

La Francophonie n’a jamais cessé d’évoluer. Associer la défense du français exercé dans les différentes cultures à la promotion du plurilinguisme fait partie assurément de ses missions cardinales. Bientôt, nous reviendrons sur la place du romand dans ce contexte!

10:58 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : langue, français, francophonie, suisse romande, académie romande | |  Facebook