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dimanche, 08 juillet 2012

La défense du français et la Suisse romande

 

Le problème essentiel de la défense de la langue française, de son statut et de richesse, n’est pas tant de lutter contre l’impérialisme de l’anglais mais de cultiver le français dans sa diversité. L’apprentissage de langues étrangères y aide paradoxalement.  Certes, la politique d’expansion de l’anglais dans toutes les sphères de la société a été dictée par la position des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, qui ont pu imposer le langage mercantile dans cet idiome. Le processus d’anglicisation a été ainsi distillé, très vite de manière hégémonique, même dans des institutions publiques, marquées par une préférence affichée à faire appel à des anglicismes au lieu d’utiliser des équivalents français. Churchill, lui-même, mettait en garde, dans son célèbre discours de 1943, les locuteurs francophones de cette tendance à l’aplaventrisme.

Cependant, l’attitude unilinguiste constitue également un problème. La réalité du français n’est pas une mais multiple. Que l’on se trouve en Suisse romande ou au Québec (où vient d’avoir lieu le Sommet de la Francophonie), le mot « les gosses » ne revêt pas la même signification. On le voit, la langue est un phénomène social global.

Et la Suisse romande dans ce concert? Existe-t-elle dans la francophonie ? Libre à chacun de répondre à cette question … Avec un bémol, toutefois. Il est en fait des expressions typiquement suisses qu’on utilise sans parfois connaître leur origine - un peu comme Jourdain qui parlait de la prose depuis quarante ans sans le savoir – et qui méritent le détour :

« Timbrer » pour pointer , « guigner » pour jeter un coup d’œil , « postulation » pour candidature , « brucelle » pour pince à épiler , « logopédiste » pour orthophoniste (malgré une évolution étymologique certifiée) , « benzine » pour essence,

À voir dans l’excellent site  francophonu , observatoire des langues en milieu international qui a publié la présente  réflexion ...  Faites seulement !

 

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Commentaires

Bravo, Micheline, de souligner qu'il s'agit de "cultiver le français dans sa diversité." De même qu'employer le mot exact stimule la perception de ce que l'on désire dire et incite à une présence consciente plus aiguë de l'instant à vivre.
Je vous souhaite une délicieuse soirée.

Écrit par : Marie-France de Meuron | dimanche, 08 juillet 2012

Merci Marie-France pour ces mots qui relatent si bien l'intention de ce combat. La Suisse mérite un meilleur traitement en matière de pluralité, d'autant qu'elle symbolise aux yeux du monde cette démocratie vivante à laquelle aspirent beaucoup de peuples ou d'etnies oppressés. Le plurilinguisme n'entame pas la paix sociale et politique (même si celle-ci n'est pas parfaite). C'est un point qu'on tend à oublier tant on en a l'habitude ... Et la Suisse (romande) doit aussi prendre sa place dans la francophonie, ce pas uniquement en offrant ses bons offices, mais également en valorisant son patrimoine culturel.

Employer le mot juste évite les malentendus et bien des discordes. Le mal de notre siècle, c'est plutôt la logorrhée et le monologue de bavards qui passent leur temps à s'écouter parler, sans véritable échange.

"Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément", tonnait Boileau.

Sur ces considérations, je vous souhaite clairement, à mon tour, une belle soirée estivale, chère Marie-France.

Écrit par : Micheline Pace | dimanche, 08 juillet 2012

"To be or not to be" , that's the question.

Écrit par : Bill | dimanche, 08 juillet 2012

Bravo Micheline pour ta constance pour la défense de notre Langue. Une pensée de Québec.

Écrit par : Gorgui NDOYE | lundi, 09 juillet 2012

Pardon Micheline d'apporter quelques contradictions de la langue Française...


On remercie un employé quand on n’est pas content de ses services.
On passe des nuits blanches quand on a des idées noires.
Pourquoi dit-on d’un pauvre malheureux ruiné qu’il est dans de beaux draps ?
Pourquoi, lorsque vous dites à quelqu’un : « Je ne partage pas votre avis », il peut répondre « Les avis sont partagés » ?
Pourquoi un bruit transpire-t-il avant d’avoir couru ?
Quand un homme se meurt, on dit qu’il s’éteint. Quand il est mort, on l’appelle « feu ».
Pourquoi lave-t-on une injure et essuie-t-on un affront ?
Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la terre, puisque la terre est ronde ?
Comment distinguer le locataire du propriétaire lorsque ces deux personnes vous disent à la fois : « Je viens de louer un appartement ?
Comment peut-on faire pour dormir sur les deux oreilles ?
Pourquoi appelle-t-on coup de grâce le coup qui tue ?
Pourquoi lorsque l’on veut avoir de l’argent devant soi, faut-il en mettre de côté ?
Le pot a des oreilles et nous disons : « sourd comme un pot ».
Pourquoi dit-on : « embarras de voitures » quand il y a trop de voitures, et « embarras d’argent » quand il n’y a pas assez d’argent ?

Je ne parle pas des gens qui font la queue chez le boucher, ou encore le type qui a une belle queue de cheval...

Bien des étrangers ne nous comprennent pas c'est normal?

Bonne journée ensoleillée..

Écrit par : Pierre NOËL | lundi, 09 juillet 2012

Merci Gorgui! Bon séjour à Québec à toi!

Écrit par : Micheline P. | lundi, 09 juillet 2012

@ Pierre Noël : merci de relever ces paradoxes qui font le charme des locutions toutes faites! À savoir s'ils expriment une vision du monde, on ne sait trop. Quoique!

Dans un autre genre, "donner un bec" traduit-il véritablement "faire un bisou" quand on imagine généralement la dureté du bec ?

Sur ce, une très belle journée à vous!

Au plaisir ...

Écrit par : Micheline P. | lundi, 09 juillet 2012

Un vif merci, Pierre Noël, pour les contradictions si pertinentes que vous nous apportez et qui en disent long sur nos paradoxes.

Écrit par : Marie-France de Meuron | lundi, 09 juillet 2012

Bonjours Micheline,

Et pourquoi devrions avoir honte de nos expressions "typiquement de Suisse". Elles sont aussi "françaises" que celles venues d'ailleurs, ailleurs signifiant partout où le français se parle. Il n'y a aucune raison que je renie ma "panosse" puisque ma belle-mère, normande, appelait ce carré de toile, un "emballage" avec le verbe qui va avec : "emballager"
Il n'y a que ceux qui n'ont rien compris au problème de l'évolution du français qui se retranchent derrière un académisme de très mauvais aloi en ce qui concerne le vocabulaire. En revanche, en ce qui touche à la gammaire et à l'orthographe, on peut regretter un certain laisser-aller pour ne pas dire un laisser-aller certain.

Aussi bien ce ne sont pas les apports étrangers qui me chicanent (on oublie souvent que l'italien a donné davantage de mots au français que ne l'a fait l'anglais jusqu'ici) mais bien plutôt tous les emplois coupables de la part des journalistes (enfin de certains) qui n'hésitent pas à employer le point pour le pour cent, qui basent les gens comme une armée dans sa caserne, qui vous affirment sans broncher "ceci dit" au lieu de "cela dit".On a l'impression qu'ils commettent des fautes pour nous faire croire qu'ils sont bons ! Pour la prononciation c'est encore mieux ! J'ai entendu un journaliste dire avec le plus grand naturel qu'un individu était emprisonné dans les "géoles" de la ville de ...
Faut-il pleurer faut-il en rire ? je ne saurais dire. Mais il faut continuer à se battre pour que notre langue, le français, continue son chemin et qu'il n'hésite pas à prendre en route les créations les plus colorées et qu'il n'ait pas honte de se les approprier. C'est un enrichissement qui profitera à tout le monde francophone !

Cela dit, j'ai encore les oreilles sonnées suite à la finale de Wimbledon après avoir entendu les commentateurs dire que Federer avait "breaké"...

P.S.: je recommande à tous ceux qui s'intéressent à la question du français les ouvrages de Mme Henriette Walter, linguiste émérite, qui raviront, j'en suis sûr (aussi) ceux qui pensent (mais pensent-ils vraiment ?) que le français doit être débarrassé de toutes les scories qui le polluent !

"Le français d'ici, de là et de là-bas"
"l'aventure des langues en occident"

A lire de toute urgence. L'été s'y prête.

Bien cordialement
Michel Sommer

Écrit par : Michel Sommer | lundi, 09 juillet 2012

"Faites seulement!" en Suisse romande veut dire en France : "Je vous en prie".
Elle n'est pas jolie celle-là?

Écrit par : Philippe B. | mercredi, 29 août 2012

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