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mardi, 04 décembre 2012

Quid de l'élection du Conseil fédéral par le peuple?

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Le Conseil national, comme la Chambre des cantons, vient de refuser par 128 voix contre 43 une élection par le peuple. Le Conseil fédéral rejoint cette position.

À l’argument bien connu qui veut que l’instance suprême du pouvoir politique n’aurait à rendre compte qu’au peuple, le demos – comme c’est le cas de toutes les élections présidentielles - peut s’opposer la devise de Talleyrand : « les principes finissent par plier sous le poids de la réalité ».

La paix règne dans ce pays qui s’entend bien parce qu’il ne se comprend pas toujours depuis la guerre civile du Sonderbund grâce à la souveraineté de ses cantons, l’indépendance de ses institutions.

Vouloir que cette élection soit soumise comme toutes les autres à la votation populaire, formant par là une seule circonscription électorale, ce dans le but d’éviter les magouilles fomentées dans les coulisses paraît noble, logique, adapté au système généré par le génie helvétique. Mais que dire de la loi du nombre qui fera inéluctablement pencher vers un gouvernement strictement unilingue ? Les minorités se verraient parquées, traitées comme des citoyens de seconde zone ... Quid de l’esprit de notre constitution et de l'identité de notre pays qui, somme toute, forme notre cohésion sociale ainsi que de notre désir de vivre ensemble bien réel, à la base de la volonté de poursuivre encore l'aventure politique dans les règles choisies?

 

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Commentaires

En effet Micheline, la formule a certainement ce défaut: les élus fédéraux ne sont pas élus directement. Mais ce système maintient en effet une cohésion du pays. On imagine ce qui se passerait si les romands et italophones n'avaient plus de représentants au CF, ou un parfois par chance...

Écrit par : hommelibre | mercredi, 05 décembre 2012

L'idée est belle et cohérente. Mais la loi de la pesanteur régissant la réalité fait que la clause intégrant l'obligation d'élire au moins 2 Conseillers fédéraux romands ne saurait être appliquée. De temps en temps peut-être, comme le confirme HOMMELIBRE, on aurait droit à un romand. Les Tessinois n'auraient plus aucune chance d'être représentés.

Personnellement, je n'ai pas signé cette initiative car je n'y crois pas ... et pire : la Suisse serait bel et bien finie avec ce système de votation. La discrimination des minorités linguistiques se ferait automatiquement au vu de la loi du plus grand nombre.

L'esprit de notre Constitution fédérale serait bafouée. L'application d'un règlement de ce nouveau type de scrutin serait de fait impossible sauf en sacrifiant une grande partie de ses concitoyens.

Écrit par : swiss | mercredi, 05 décembre 2012

@ Hommelibre : ces effets néfastes sont de manière évidente prévisibles. Outre le fait que les candidats devraient battre le pavé sur tout le territoire suisse sans pouvoir se consacrer au traitement des dossiers, on imagine mal comment la fameuse clause d'élire les deux conseillers fédéraux romands puisse se traduire dans la réalité, et partant, si ces deux sièges seront "automatiquement préservés".

La représentation de toutes les régions linguistiques, fidèle à nos principes constitutionnels se retrouverait bien mal en point face à la loi du nombre comme le souligne si justement "swiss".

Il arrive parfois le changement est l'ennemi du mieux ...

Écrit par : Micheline P. | mercredi, 05 décembre 2012

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