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lundi, 31 décembre 2012

Bonne année 20...13

« Demain du ventre du temps surgira une année nouvelle. »
Njabulo S. Ndebele, poète de l'Afrique du Sud.

Proust se remémorait en ces termes l'instant fatidique: "Quand il faisait mauvais à Réveillon, on se calfreutait au coin du feu". Alors que traditionnellement, le réveillon désignait l'attente, à jeûn, du moment où l'on se rendait à l'église à vingt-trois heures du dernier jour de l'an pour le passage au nouvel an au son des douze coups de minuit, il signifie aujourd'hui le contraire, le festin jusqu'à n'en plus pouvoir qui marque ce passage à l'an neuf.

Permettez cet acrostiche pour souhaiter une excellente nouvelle année à tous mes lecteurs fidèles ou occasionnels, à ceux qui m'apprécient - et ma foi - aussi à ceux qui ne m'aiment pas, à tous ceux sont qui sont reconnaissants des informations que recèlent ces notes ainsi qu'à ceux qui pourraient m'en vouloir pour leur caractère non politiquement correct, aux ingrats qui sous prétexte de leur haine à l'égard de son auteur s'en inspirent.

 

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E ..lectriques émotions éparpillées

V ..eiller pour une nuitée

E..t voir la dernière journée consommée

I .llustrer tout comme une effigie

L ..armes qui se mêleront aux cris

L ..anternes et farandoles en folie

O ..ccire un moment tous les ennuis

N ..oel oublié , vive la nouvelle année!

 

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lundi, 24 décembre 2012

Le Pacte des Idoles : une approche girardienne du "politiquement correct", par Raphaël BAERISWYL,

Les plaisanteries doivent être énoncées avec gravité, et les propos sérieux avec gaieté.

(Fronton, grand rhéteur, 95-166 ap. J.- C.)

 

"Le Pacte des Idoles : une approche girardienne du ‘politiquement correct’" arrive comme un souffle tant attendu qui vient vivifier une ambiance asphyxiée. Son auteur, Raphaël BAERISWYL, avocat de son état, dont la précision du verbe aiguise la curiosité sans relâche, livre une réflexion profonde sur la théorie de René Girard – en référence aux psychologiques du désir mimétique, du ressentiment dans l’histoire, du sacré et de la violence - sous le point de vue du « politiquement correct ».

Si les fils répètent les crimes de leurs pères précisément parce qu’ils se croient moralement supérieurs à eux comme l’affirme le Nouveau Testament, c’est parce que  

- chaque société/époque a une idole, mais n’en est pas consciente ou s’en cache (l’idole régnante),

- dès que la société a versé trop de sang pour cette idole régnante et que son culte devient trop visible, l’idole régnante se noie dans le sang versé pour elle et devient une idole déchue,

- dès que son idole est déchue, la société prend conscience des crimes commis en son nom, et elle trouve alors le courage (c’est un bien grand mot…) de s’élever contre le règne qui a déjà pris fin,

- loin de permettre l’avènement d’un monde meilleur, ce combat contre l’idole déchue focalise toute l’attention morale de la société sur le passé, et permet ainsi à une nouvelle idole régnante de monter sur le trône et de recevoir à son tour des sacrifices dans l’indifférence générale – c’est ce que j’appelle le Pacte des Idoles (l’idole déchue accepte de focaliser sur elle tous les reproches liés à la violence d’une société, à la manière d’un père mourant qui accepterait de passer pour l’auteur des crimes de son fils),

- le "politiquement correct" est le dépositaire du Pacte des Idoles – ses combats visent systématiquement à dénoncer le culte de l’idole déchue (qui a déjà pris fin), dans le but de donner bonne conscience à la société, qui se croit devenue meilleure puisqu’elle est si intransigeante face à l’idole du passé ("nous n’aurions pas tué les prophètes, si nous avions vécu à l’époque de nos pères"),

- une entité, dans l’histoire récente de l’Europe, s’est distinguée comme la seule suffisamment courageuse pour attaquer les idoles régnantes – il s’agit de l’Eglise catholique, dont la position est diamétralement opposée à celle du "politiquement correct" (qui ne s’attaque, lui, qu’à l’idole déchue – contrairement à l’Eglise catholique qui attaque l’idole régnante),

- puisque l’Eglise catholique s’attaque à l’idole régnante, sa relation avec la société s’inscrit logiquement dans le schéma suivant : (i) la société se fâche contre l’Eglise catholique et la ridiculise car elle ne peut tolérer que celle-ci désigne l’idole régnante, (ii) dès la chute de celle-ci, le "politiquement correct" se met à combattre l’idole déchue, alors que l’Eglise catholique a déjà tourné son attention vers la nouvelle idole régnante, et (iii) la société se fâche à nouveau contre l’Eglise catholique, et, en sus de la ridiculisation déjà mentionnée, lui reproche encore de ne pas avoir assez combattu l’idole déchue.

À lire impérativement ici  !

 

 

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mardi, 04 décembre 2012

Quid de l'élection du Conseil fédéral par le peuple?

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Le Conseil national, comme la Chambre des cantons, vient de refuser par 128 voix contre 43 une élection par le peuple. Le Conseil fédéral rejoint cette position.

À l’argument bien connu qui veut que l’instance suprême du pouvoir politique n’aurait à rendre compte qu’au peuple, le demos – comme c’est le cas de toutes les élections présidentielles - peut s’opposer la devise de Talleyrand : « les principes finissent par plier sous le poids de la réalité ».

La paix règne dans ce pays qui s’entend bien parce qu’il ne se comprend pas toujours depuis la guerre civile du Sonderbund grâce à la souveraineté de ses cantons, l’indépendance de ses institutions.

Vouloir que cette élection soit soumise comme toutes les autres à la votation populaire, formant par là une seule circonscription électorale, ce dans le but d’éviter les magouilles fomentées dans les coulisses paraît noble, logique, adapté au système généré par le génie helvétique. Mais que dire de la loi du nombre qui fera inéluctablement pencher vers un gouvernement strictement unilingue ? Les minorités se verraient parquées, traitées comme des citoyens de seconde zone ... Quid de l’esprit de notre constitution et de l'identité de notre pays qui, somme toute, forme notre cohésion sociale ainsi que de notre désir de vivre ensemble bien réel, à la base de la volonté de poursuivre encore l'aventure politique dans les règles choisies?

 

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