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samedi, 02 mars 2013

L'illustre architecte-plasticien Daniel Grataloup expose jusqu'au 13 mars

"Inutile de serrer la forme; le dessin précis et sec nuit à l'impression d'ensemble
et détruit toutes les sensations. Ne pas arrêter le contour des choses." (Camille Pissarro) 
 
 
 

Grataloup5.jpgConnu internationalement en sa qualité d'architecte et d'urbaniste, Daniel Grataloup laisse une empreinte indélébile dans ce champs qu’il a métamorphosé avec une poesis attendue depuis des siècles.

L’architecte-sculpteur expose ses œuvres – maquettes, gravures, reliefs et dessins de vêtements destinés à la haute couture – jusqu’au 13 mars au Vallon (route du Vallon 1, Commune de Chêne-Bougeries).

Reçu par Madame le Maire,  il a animé une conférence sur le thème « Espace-Temps-Architecture », qui a tenu en haleine son public à chaque phrase prononcée. D’où le titre évocateur de son dernier ouvrage littéraire mis en vente actuellement Pour les dieux et pour les hommes

« Pourquoi construire des établissements à l’aide uniquement de rectangles, d'angles droits puisque la ligne droite n'existe nullepart dans la nature? », aime-t-il à s’exclamer ! Ainsi, il faut réhabiliter la courbe car tout est courbe, souple, mouvant, fluctuant ... 

Son analyse critique de l’architecture tant du point de vue historique que géographique amène l’architecte démiurgique à concevoir cet art qui s’inscrit dans la vie à partir de quatre paramètres fondamentaux possibles :

  • une nouvelle conception de l’espace,
  • la création de nouvelles structures,
  • l’apparition de nouveaux matériaux et
  • l’utilisation de nouvelles technologies.

Une telle coexistence ne s’est produite que quatre fois dans l’aventure humaine : dans l'Antiquité, au Moyen-Âge, au 19e siècle et durant notre ère actuelle.

Daniel Grataloup synthétise de manière frappante ces quatre piliers dans toute sa techné. Il a réalisé des maisons et des constructions aux formes sculpturales tout droit sorties de l’esprit pur qu’aucune loi de la pesanteur ne saurait empêcher de naître.

Ses plans ne sont donc que courbes dans l'espace. Outre les complexes érigés en Algérie, on peut contempler la configuration ellipsoïdale du Temple de St-Jean à la Chaux-de-Fonds (1969-1972), trois villas dans le canton de Genève, dont la célèbre Maison d’Anières, celle de Conches et bien naturellement son appartement à Florissant. On le voit, la visée téléologique de l’art de Grataloup est de produire des environnements fonctionnels et adaptés à l’usage du monde plastifiés à son envi.

 

Grataloup3.jpg

 Temple St-Jean (La Chaux-de-Fonds / NE)

 

Micheline PACE

(in "CIVITAS", blog de la Tribune de Genève, le 2 mars 2013)

17:29 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

J'étais persuadé au contraire que seule la courbe existait dans la nature et que les carrés et les rectangles étaient issus de l'esprit mathématique. C'est ce que disait Rousseau quand il blâmait les jardins à la française et recommandait de suivre les courbures naturelles de la nature vivante. Mais peut-être que depuis on a appelé nature les représentations théoriques des physiciens et illusion de l'esprit les courbures créées dans la nature par le mouvement spontané des choses. C'est curieux. Mais je trouve excellent de vouloir faire des courbes, l'architecture géométrique n'a aucune forme d'humanité, le vivant est réellement courbe, et les hommes ne sont pas des allégories.

Écrit par : Rémi Mogenet | samedi, 02 mars 2013

Effectivement, n'existent pas dans la nature les "formes pures", ni des ronds, ni des angles droits, pas plus des triangles ou des rectangles ou encore une ligne droite mais tout est courbe. L'oeil nu voit des dunes, le contour des feuilles, la forme arrondie du soleil sans parler des différents croissants de lune jusqu'à sa plénitude ...

Le génie créateur Grataloup a su épouser les courbes qu'offre la nature pour les matérialiser en vue d'habitations qui font penser à la matrice.

À la fin de l'année passée, il célèbrait dans les Salons du Métropole l'acquisition par le MoMA, à New York d'environ 150 dessins et planches ainsi que 6 grandes maquettes.

C'est dire combien l'empreinte de ses oeuvres dépassent les frontières sur notre globe.

Écrit par : Micheline Pace | samedi, 02 mars 2013

Bonsoir Micheline,

Permettez moi d'apporter la contradiction, avec un seul exemple parmi tant d'autres les abeilles qui construisent des "gauffres" en cire naturelle afin d'y loger les oeufs pondus par la "reine" et le nectar. Le tout sans compas ni architecte. Sachez que la fleur, à l'arrivée de l'insecte pollinisateur, éjecte son nectar. (poudre de couleur jaune) Ce sont les dernières découvertes scientifiques avec un matériel ultra sophistiqué.

L'architecture géométrique fait partie de la vie dans toutes ses dimensions. Et toc!

http://www.unaf-apiculture.info/images/657_p27abeillesalveoles.jpg

Bye.

Écrit par : Pierre NOËL | samedi, 02 mars 2013

Merci Micheline Pace de consacrer ces pages à Daniel Grataloup. Ce dessinateur, sculpteur, architecte et concepteur a en effet beaucoup de goût. Ses courbes d'une sensualité surtout féminine allient force et sentiment. Entrer dans l'une de ses bâtisses nous fait pénétrer à la fois dans la caverne de nos ancêtres et dans le corps de notre mère... Je crois aussi que l'un des rêves de Grataloup est (ou a été) d'enterrer ces constructions, ne laissant que terrasses et baies vitrées pour recevoir la lumière du jour. On pourrait imaginer des villes entières construites sous le sable de certains déserts, utilisant l'énergie solaire pour les éclairer et les climatiser, par exemple.Le seul problème qui demeure : Faire sortir notre société de son cubisme invétéré, de ses angles droits, racines et idées carrées et bornées.

Écrit par : Pierre ALAIN | dimanche, 03 mars 2013

Remarquons néanmoins que l'abeille est elle-même pleine de courbures, si elle est visiblement sensible à l'esprit mathématique, lorsqu'elle fabrique des objets. C'est d'ailleurs ma conviction, je crois que l'esprit mathématique vient du ciel, de la lumière, et que les abeilles qui construisent les nids y sont spontanément sensibles. Cependant, ces nids ne sont pas vivants en eux-mêmes. Et l'être humain ne pourrait pas vivre dans des nids d'abeilles, c'est pour lui une vision trop mécanique de la vie au jour le jour, il a besoin de variété dans les formes, il a besoin de formes qui ont l'air vivantes, elles-mêmes. Ce qui est mathématique l'enserre dans une vie faite de règles absolues, dans lesquelles on n'a que des reines pondeuses et des ouvriers serviles, et cela ne lui conviendra jamais, à mon avis. Bravo donc à Grataloup de l'avoir compris.

Écrit par : Rémi Mogenet | dimanche, 03 mars 2013

Merci aux trois préopinants pour votre apport! Dans ce monde mécanique, il apparaît vital de considérer autrement les lieux d'habitation, des aménagements urbanistiques, ce en ré-inventant des nouveaux modèles. Ce qui est fascinant chez Daniel Grataloup, c'est ce courage d'avoir allié dans son art des connaissances de différentes domaines. La création de ses oeuvres est aussi fonctionnelle qu'esthétique, philosophique autant que technique.

Écrit par : Micheline P. | dimanche, 03 mars 2013

@Pierre Noël : La géométrie de Grataloup plaît pour toutes les raisons évoquées. C'est décapant! Son art, transposable dans tous les univers, peut se réaliser aussi bien sur les sables mouveants d'Afrique que dans des mégaopoles chinoises.

J'adore particulièrement la villa de Conches, si tu vois ce que je veux dire.

@ Micheline P. : Grataloup a réussi à imposer une vision onirique de l'urbanisme qu'aucun architecte n'aurait osé. L'aventure en vaut la chandelle! Des "révoulutions culturelles" de cette nature, on peut en compter effectivement tous les X temps. Bravo à lui d'organiser des évènements de cette envergure, qui font re^ver, à défaut de pouvoir posséder ces objets de rêves pour habitation.

Écrit par : veritas | mercredi, 06 mars 2013

Excusez, le précédent message s'adresse particulièrement à Pierre ALAIN, chansonnier et auteur de romans, qui a su valoriser la culture de la Suisse romande en France.

Écrit par : veritas | mercredi, 06 mars 2013

véritas vous prêchez un convaincu; je m'oppose aux formes carrées, rectangulaires, parallélépipédiques et, les voitures en forme de suppositoires ou demi-suppositoires! Contemplez les parkings les villes et les villages....

Toutes les maisons se ressemblent, toutes les voitures ou presque ont la même forme. C'est un désastre !

Le ciel n'y est pour rien, c'est le cerveau de nos "technoss" qui nous racontent que tout va se loger dans les petites cases carrées. Ils n'ont pas la Culture; l'Art, encore moins.

Mon précédent commentaire était fait pour "titiller" Micheline mais surtout Rémi Mogenet car il existe bien dans la nature des formes triangulaires, carrées, etc. Toutes les formes sont présentes dans la nature, on en découvre chaque jour! Aujourd'hui les industriels et les architectes s'en inspirent pour les nouvelles constructions.

Allez sur les étalages des marchands de légumes, regardez entre autres l'architecture du "chou romanesco" constatez la géométrie ultra complexe mais très bien réalisée par la nature, celle qui correspond à notre planète et sa gravitation.

La géométrie de Grataloup est celle de la nature c'est un artiste! La géométrie spatiale est un art peu connu; pour réaliser d'une volute par exemple, on se sert des calculs et de la géométrie appelée également "fractal" Le calcul des rapports de force est nécessaire dans la construction de toutes oeuvres d'Art quelque soit la forme géométrique.

Mon premier commentaire s'inscrivait dans cet aspect, un peu technique, mais naturel de cette géométrie spatiale.

Écrit par : Pierre NOËL | mercredi, 06 mars 2013

Merci Pierre Noël qui met l'accent sur la nouvelle grammaire architecturale de l'urbaniste Daniel Grataloup. La représentation tridimensionnelle de l'architecture connue jusqu'ici dans nos pays occidentaux a été dépassée dans cette révolution culturelle prenant en compte quatre paramètres élaborés par le philosophe-architecte.

Quant aux formes sculptées ou naturelles, c'est toujours en effte très drôle de constater parfois leur similitude. Même si on ne verra jamais des formules mathématiques se balader dans la nature (permettez la plaisanterie!), bien évidemment les formes et les couleurs ne cesseront jamais de nous étonner .... Quant à savoir si ces caractéristiques sont des qualités essentielles ou secondaires, on se référera aux différentes "disputatio" au cours de l'histoire. Mais c'est une autre question.

Réjouissons-nous de pouvoir admirer les bâtisses de Grataloup dans notre canton (et ailleurs, bien sûr)!

Bonne journée à vous!

Écrit par : Micheline P. | vendredi, 08 mars 2013

projet culturel histoire antique
suite découverte technique manipulation des pierres de Khéops et parution livre 1, ouvrage illustré préparé pour tous. Nécessité de communiquer la démarche, infos sur le journal internet en ligne gillespyramidekheops (20 lettres attachées)
jg

Écrit par : job | jeudi, 09 janvier 2014

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