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vendredi, 08 mars 2013

Vive la Journée de la Femme!

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Encore une Journée de la Femme ! Comme chaque année, elle est revenue telle un rituel ou une litanie récurrente. Le but affiché est de mettre sur le podium une icône que les actes s’empresseront de fouler aux pieds, en renversant les positions selon un trait culturel bien ancré qui voudrait que les derniers soient les premiers (forme épicène), les sans noms deviennent des modèles, les Cendrillon les princesses.

Certes, la lutte pour la reconnaissance, synonyme d’une lutte pour la survie, en termes hégéliens, fut longue et ardue. Loin d’avoir atteint l’objectif de la parité du point de vue économique, condition sine qua non pour actionner des leviers psychologiques nécessaires au choix, au respect, au pouvoir décisionnel pour garantir ses libertés publiques ou simplement pour se réinventer selon les situations données, elle signifie quelque chose pour les femmes dans les pays arabes d’après la révolution, où les droits fondamentaux sont bafoués jusque dans le texte proposé pour une nouvelle constitution, les reléguant à l’état de res, où l’on préfère parler des femmes plutôt qu’aux femmes.

Des bouquins sortent à cette occasion, des débats s’organisent à cette date dans toutes les instances, des discours sont livrés dans l’enceinte de quelqu’officine qui ne servent que les intérêts de ceux qui les prodiguent sans aucune intention de modifier l’impact de la réalité. Entre vœux pieux et recommandations bidons dictées par des larmes de crocodiles, la femme sans statut particulier du à des circonstances indépendantes de sa volonté est toujours chosifiée, objet de discussion, sujet de thèse, dont la parole peine à se faire entendre. C’est pourquoi il faut célébrer sans relâche une Journée de la Femme. Vive le 8 mars !

 

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samedi, 02 mars 2013

L'illustre architecte-plasticien Daniel Grataloup expose jusqu'au 13 mars

"Inutile de serrer la forme; le dessin précis et sec nuit à l'impression d'ensemble
et détruit toutes les sensations. Ne pas arrêter le contour des choses." (Camille Pissarro) 
 
 
 

Grataloup5.jpgConnu internationalement en sa qualité d'architecte et d'urbaniste, Daniel Grataloup laisse une empreinte indélébile dans ce champs qu’il a métamorphosé avec une poesis attendue depuis des siècles.

L’architecte-sculpteur expose ses œuvres – maquettes, gravures, reliefs et dessins de vêtements destinés à la haute couture – jusqu’au 13 mars au Vallon (route du Vallon 1, Commune de Chêne-Bougeries).

Reçu par Madame le Maire,  il a animé une conférence sur le thème « Espace-Temps-Architecture », qui a tenu en haleine son public à chaque phrase prononcée. D’où le titre évocateur de son dernier ouvrage littéraire mis en vente actuellement Pour les dieux et pour les hommes

« Pourquoi construire des établissements à l’aide uniquement de rectangles, d'angles droits puisque la ligne droite n'existe nullepart dans la nature? », aime-t-il à s’exclamer ! Ainsi, il faut réhabiliter la courbe car tout est courbe, souple, mouvant, fluctuant ... 

Son analyse critique de l’architecture tant du point de vue historique que géographique amène l’architecte démiurgique à concevoir cet art qui s’inscrit dans la vie à partir de quatre paramètres fondamentaux possibles :

  • une nouvelle conception de l’espace,
  • la création de nouvelles structures,
  • l’apparition de nouveaux matériaux et
  • l’utilisation de nouvelles technologies.

Une telle coexistence ne s’est produite que quatre fois dans l’aventure humaine : dans l'Antiquité, au Moyen-Âge, au 19e siècle et durant notre ère actuelle.

Daniel Grataloup synthétise de manière frappante ces quatre piliers dans toute sa techné. Il a réalisé des maisons et des constructions aux formes sculpturales tout droit sorties de l’esprit pur qu’aucune loi de la pesanteur ne saurait empêcher de naître.

Ses plans ne sont donc que courbes dans l'espace. Outre les complexes érigés en Algérie, on peut contempler la configuration ellipsoïdale du Temple de St-Jean à la Chaux-de-Fonds (1969-1972), trois villas dans le canton de Genève, dont la célèbre Maison d’Anières, celle de Conches et bien naturellement son appartement à Florissant. On le voit, la visée téléologique de l’art de Grataloup est de produire des environnements fonctionnels et adaptés à l’usage du monde plastifiés à son envi.

 

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 Temple St-Jean (La Chaux-de-Fonds / NE)

 

Micheline PACE

(in "CIVITAS", blog de la Tribune de Genève, le 2 mars 2013)

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