samedi, 01 juin 2013

À quoi ça sert?

 384441_10150512070700522_512733046_n.jpg

À quoi ça sert de nous en parler
De toute façon rien ne va changer
À quoi ça sert de nous sensibiliser 
De toute façon nous ne ferons rien

À quoi ça sert de nous réunir 
Dans ces belles salles confortables, 
À quoi ça sert de nous vouvoyer 
Nous ne venons  que par courtoisie

À quoi ça sert de nous émouvoir  
Avec vos images déchirantes 
À quoi ça sert de nous culpabiliser
Avec vos discours accusateurs

À quoi ça sert de nous écouter 
Vous lire nos discours imprimés
À quoi ça sert de nous applaudir  
Quand nous nous disons indignés 

À quoi ça sert de venir jusqu'à nous
Qui vous narguons dans nos costumes impeccables, 
À quoi ça sert de vous mêler à nous
Nous préférons rester entre gens de bonne compagnie. 

S'il vous plaît, restez chez vous
Ne vous dérangez pas pour si peu
Nul besoin de vous donner tant de peine, 
Nous vous enverrons quelques billets de banques

À quoi ça sert de vouloir ameuter toute la planète 
Ce n'est somme toute que chose normale dans une guerre
À quoi ça sert de vouloir faire cesser le viol de millier de fillettes au Kivu. 
 
Fait le 1er juin 2013,
Bakary Bamba Junior, poète d'origine ivoirienne,
travaillant à l'Organisation Internationale de la Francophonie
 
 

21:12 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Pourquoi cet éminent poète ne publie-t-il pas? En cette énième session du Conseil des Droits de l'homme où les puissants de ce monde pérorent avec le plus grand cynisme et la plus grande indifférence sur des sujets toujours si brûlants, incessamment tragiques. Fini le discours devant la tribune internationale, retransmise sur toutes les chaînes télévisées, on se retrouve devant des petits fours, à couteaux tirés.

Écrit par : F. Diallo | dimanche, 02 juin 2013

Merci pour ce cri du cœur, F. Diallo!!! Ce monde est composé de cyniques sans égard pour l'autre (lointain comme proche), des gens de bien recherchant à imprimer leurs actions et leurs dires de sens, des indifférents presqu'autistes, des fous dangereux ... certains préfèrent mourir que faire le mal, d'autres le contraire.

Pauvres passants sur cette terre, dont la vie n'est qu'un souffle, essayons de faire du mieux malgré toutes les saloperies ambiantes et ne pas tomber dans les mêmes travers ...

Voici encore un magnifique poème de Bakary Bamba Junior :


D'UN PASSANT A D'AUTRES PASSANTS

A vous qui bien qu'aimants
N'hésitez pas à être blessants
A vous qui en parlant
Ne manquez d'être virulents
A vous qui en donnant
Attendez toujours qu'on vous rende autant,
Sachez qu'il est temps
D'apprendre à aimer comme des enfants.

A vous qui hommes importants
Avez pour les autres si peu de temps
A vous, toujours détruisant
Et presque jamais bâtissant
A vous toujours opprimants
Et à nos dépens vous enrichissant,
Sachez que si vous continuez à être méchants
Un jour, vous le paierez de votre sang.

A vous, si souvent gémissants
Mais qui un jour serez bien portants
A vous, aujourd'hui murmurants
Mais qui un jour serez hurlants
A vous parfois pleurants
Mais qui finalement serez souriants
Sachez qu'on ne souffre pas éternellement
Et que la liberté s'obtient en luttant.

A nous tous qui roseaux pensants
Sommes si souvent pliants
A nous qui vivants
Ne profitons pas de notre temps
A nous tous qui bien que passants
Nous comportons comme d'éternels existants
Apprenons qui si aujourd'hui nous sommes présents,
Demain peut-être, nous serons absents...

Écrit par : Micheline P. | lundi, 03 juin 2013

Les commentaires sont fermés.