vendredi, 28 juin 2013

Les intempéries appellent impérativement à l’avènement d’une nouvelle architecture, exhorte Daniel Grataloup

 

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L’architecte-plasticien futuriste Daniel Grataloup s’étonne de l’absence d’innovation quant aux réponses apportées des décideurs en matière de (re) construction des maisons détruites par les effroyables intempéries que plusieurs régions de France et d’ailleurs ont subies récemment, dont les dégâts causés se traduisent par un coût s’élevant à près de 500 mios d’euros. Il regrette notamment que le domaine de l’architecture n’ait pas évolué ces dernières décennies alors que la majorité de toutes les autres disciplines, dont l’essentiel est d’avoir suivi les composantes de leur époque, s’adapter aux nouvelles connaissances ou/et technologies, et avoir su être une force de proposition, ce avec l’objectif d’améliorer la situation tant du point de vue écologique, économique que sécuritaire, comme c’est le cas, par exemple, pour les avions, les voitures. En architecture, on assiste même à un phénomène inverse : l’habitus est plutôt de reconstruire à l’identique, peu importent les déductions à tirer des expériences tragiques, de la somme des connaissances véhiculées par les autres champs d’expérimentation théorisés.

Le génie démiurgique de Daniel Grataloup a pourtant accouché d’une nouvelle conception de la bâtisse ! Il a révolutionné le paysage architectural. Sa techné, dont le résultat réside en une sorte de sculpture métallique, libre et toute en courbe, inscrite dans une volumétrie très naturelle, a le mérite inédit de répondre aux aspirations de l’humanité ; elle découle de différents systèmes sémiologiques qui font penser naturellement au premier habitat n’existant plus que dans notre monde onirique ; inutile d’ajouter que les formes d’habitat conçues par le futuriste s’adaptent en toutes circonstances et sous n’importe quelle latitude. Les coques réalisées par Daniel Grataloup sont aérodynamiques, soit elles résistent aux tourmentes climatiques ; ne procédant pas de plans droits, toutes en courbes, elles se défendent de toute attaque de face par le vent ; sans toiture à proprement parler, elles intègrent toutes les parties dont chacune exprime une fonction particulière ; les fenêtres, et les portes, hors-normes apparaissent comme un lien avec le cosmos et en plus, elles permettent techniquement de protéger l’habitat de la pluie étant donné que l’eau coule, n’étant évidemment retenue par aucune façade en angle droit.

Les récentes catastrophes devraient offrir enfin l’opportunité de prendre conscience de ces données, d’inciter les décideurs (techniciens ou politiques) à prendre de nouvelles mesures pour la reconstruction de ces villages entièrement détruits, afin d’éviter à l’avenir ces drames humains, d’autant que des solutions sont à portée de main. Transformer une tragédie en une possibilité d’expérimenter quelque chose de nouveau pourrait constituer ainsi une réponse plausible, attendue. Cette découverte d’une construction originale et d’une autre façon d’habiter présuppose qu’on recouvre une certaine liberté dans l’exercice de l’architecture, à l’instar de ce qui se pratiquait dans des temps reculés, qui considéraient les architectes comme des artistes. Pour preuve, le charme procuré par la visite d’une vieille-ville provient du fait qu’aucune maison ne ressemble à sa voisine, aucun alignement n’est imposé ; on sent la liberté créatrice de l’agent constructeur, son désir d’assouvir les besoins humains aussi différents qu’ils puissent être, sa volonté de réaliser de la variété. Pourtant, la Constitution protège les libertés individuelles et publiques. Retrouver le plaisir esthétique lié la fonctionnalité pourrait revêtir une nouvel idéal architectural.

Par leurs caractéristiques antisismiques, aérodynamiques et sculpturales, les nouvelles conceptions de Daniel Grataloup changeraient la donne : seules ses œuvres sont restées debout dans les endroits où les autres maisons ont été anéanties. Elles peuvent merveilleusement s’implanter en montagne alors qu’on reproduit, paradoxalement, les mêmes bâtisses qu’en ville. Pour en savoir plus, se référer à son ouvrage Architecture, Pour les dieux, pour les hommes.


 

Micheline PACE

(in "CIVITAS", blog de la Tribune de Genève le 28 juin 2013)

(à voir aussi l'interview de l'auteur in Unspecial- décembre 2013:

http://www.unspecial.org/2013/12/l%E2%80%99architecte-plasticien-franco-suisse-daniel-grataloup-modele-le-monde-de-l%E2%80%99interiorite/)

 

 

(À lire aussi l'interview de Daniel Grataloup dans le Mensuel de l'ONU, Unspecial décembre 2013)

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Commentaires

C'est joli en effet. Est-ce que les schtroumpfs sont inclus? ... :-) Je blague.

Mais par contre est-ce applicable aux immeubles?
Par ailleurs c'est vrai que l'architecture subit beaucoup de contraintes esthétiques. Peu de liberté dans ce domaine.

Écrit par : hommelibre | vendredi, 28 juin 2013

Oui, cette architecturale est applicable sur tour tous les sols tant le matériau est malléable. Résistant a toute attaque extérieure, elle offre les qualités tant fonctionnelle qu'esthétique. Elle se coule dans les immeubles quand on voit l'appartement de Daniel Grataloup à Champel-Malagnou.

Pour de plus amples infos : http://civitas.blog.tdg.ch/archive/2013/03/01/daniel-grataloup-expose-jusqu-au-13-mars.html

Sur les sables ou coulées dans le béton de nos immeuble, les oeuvres de Grataloup sont transposables et transférables en tout lieu.

Bien à toi !!!

Écrit par : Micheline Pace | vendredi, 28 juin 2013

sauf qu'un des premiers soucis d'archis, c'est l'occupation des sols! le bébé va donc aux plans locaux d'urbanisme.. & c'est moins sex

Écrit par : Pierre à feu | samedi, 29 juin 2013

J'aimerai faire hurler Franz Weber et sa clique en voulant construire comme résidence secondaire ce charmant édifice dans une station valaisanne de la rive droite du Rhône. Bien entendu la mise à l'enquête se fera en tenant au courant les autorités locales de ma farce. Malgré quelques paiements d'émoluments je me ferai un grand plaisir d'ameuter toute la piétaille journalistique proche de ce ludion d'opérette.

Écrit par : Hypolithe | samedi, 29 juin 2013

Grataloup a inventé une nouvelle conception architecturale. Seules quatre grands péridoes de l'histoire on conne une telle (r)évolution. Lui, a créé une nouvelle ère grâce cet art qui s’inscrit dans la vie à partir de quatre paramètres fondamentaux possibles :

une nouvelle conception de l’espace,
la création de nouvelles structures,
l’apparition de nouveaux matériaux et
l’utilisation de nouvelles technologies.

Au contraire de Pierre à feu, son art est aussi fonctionnel qu'esthétique, un brin sexy certain (et bien plus que ces affreux immeubles qui engendrent malaise, violences, tant ce n'est pas humain)!

@ Hypolithe : les maisons de Grataloup se construisent autant en ville qu'en montagne (ou encore sur les sables mouvants du désert). On se réjouit du scénario que vous décrivez !!! Allez voir la clique et proposez-leur de nouvelles constructions dans le style Grataloup pour leurs qualités antisismiques, à volumétrie légères, indestructibles, qui peuvent se confondre avec le paysage naturel.

Écrit par : salut | dimanche, 30 juin 2013

salut, loin de moi l'idée de contredire l'esthète que vous êtes!

le souci pas très sex que j'évoquais est le paramètre incontournable de l'assise des constructions, en zones à risques - au cas où ce sujet concernerait la question des "intempéries"... ce qui est du ressort des PLU et non de l'esthétisme archi.- l'un pouvant concorder avec l'autre, évidemment! mais là, encore faudrait-il sonder la valeur technique des matos de construction, non?

Écrit par : Pierre à feu | dimanche, 30 juin 2013

Juste un truc côté intempéries:

n'oubliez pas dans votre élan, que les dégâts dus à intempéries sont pris en charge par l'ensemble des contribuables et payeurs de primes d'assurance,

n'oubliez pas que les victimes ne sont indemnisées que sur déclaration par l'Etat de "catastrophe naturelle" du site

car en ce moment les assurances tendent à vouloir responsabiliser les propriétaires décidant d'acheter à moindre coûts en construisant en zone à risques, n'en déplaise aux maires affamés d'impôts locaux

- ce qui ferait peser la charge de la réparation des dégâts d'intempérie aux proprios et non plus à la collectivité

qui pour l'instant paye la reconstruction due à ces intempéries par augmentations de leurs primes d'assurance.

ceci est la tendance générale des assurances ! n'est qu'un peu de bon sens!

depuis le temps que ni les maires, leurs plu et constructeurs privés ne tiennent compte des zones à risques où ils construisent à bas coûts, pour laisser payer leurs risques par les collectivités.

Écrit par : Pierre à feu | dimanche, 30 juin 2013

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