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jeudi, 25 juillet 2013

Elisabeth Badinter dévoile ses arguments sur la question du port du voile dans un état de droit démocratique et laïc

 

La philosophe Elizabeth Badinter publiait dans le Nouvel Observateur… c’était il y a quatre ans déjà … une bien belle lettre aux femmes qui décident de porter le voile intégral, avec la volonté de « montrer » qu’il ne s’agit pas d’une attitude de contrition ou d’obéissance à des injonctions sociales ou familiales. Toujours d'actualité, le sujet mérite l’éclairage de cette grande dame de la pensée, avec des propos toujours si clairs exprimés par des mots aussi précis que simples. Loin des débats hypocrites dont on ne perçoit souvent qui est le fou de roi et quand chacun croit l’autre fou, des bavardages inutiles qui ressemblent plus à des jeux de ping-pong où le langage dépasse sa fonction essentielle. Quand la vérité rejoint le droit ...

 

« Après que les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont déclaré que les vêtements qui couvrent la totalité du corps et du visage ne relèvent pas du commandement religieux mais de la tradition, wahhabite (Arabie Saoudite) pour l’un, pachtoune (Afghanistan/Pakistan) pour l’autre, allez-vous continuer à cacher l’intégralité de votre visage ?
Ainsi dissimulée au regard d’autrui, vous devez bien vous rendre compte que vous suscitez la défiance et la peur, des enfants comme des adultes. Sommes-nous à ce point méprisables et impurs à vos yeux pour que vous nous refusiez tout contact, toute relation, et jusqu’à la connivence d’un sourire ?
Dans une démocratie moderne, où l’on tente d’instaurer transparence et égalité des sexes, vous nous signifiez brutalement que tout ceci n’est pas votre affaire, que les relations avec les autres ne vous concernent pas et que nos combats ne sont pas les vôtres.
Alors je m’interroge : pourquoi ne pas gagner les terres saoudiennes ou afghanes où nul ne vous demandera de montrer votre visage, où vos filles seront voilées à leur tour, où votre époux pourra être polygame et vous répudier quand bon lui semble, ce qui fait tant souffrir nombre de femmes là- bas ?
En vérité, vous utilisez les libertés démocratiques pour les retourner contre la démocratie. Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l’offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui, elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. C’est aujourd’hui votre choix, mais qui sait si demain vous ne serez pas heureuses de pouvoir en changer. Elles ne le peuvent pas… Pensez-y ».

 

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Commentaires

Vous aurez beau répéter ces vérités et donner même, comme Madame Badinter, des références à des autorités religieuses musulmanes, vous serez quand même, et chaque fois, traité d'islamophobe par ceux qui se sont donnés pour tâche de ne pas laisser évoluer l'Islam ni la manière de le vivre chez nous.

Écrit par : Mère-Grand | vendredi, 26 juillet 2013

Pourquoi les Religieux musulmans ne donnent pas un signal fort en Occident? L'abolition du voile.
Il y a eu l'abolition de la peine de mort, l'abolition de l'esclavage, purquoi n'y aurait-il pas l'abolition du voile? Un foulard discriminatoire qui asservit les femmes au pays de nos chères libertés.

Écrit par : Noëlle Ribordy | vendredi, 26 juillet 2013

@Mère-Grand : vous avez raison de soulever ce genre de mécanismes. Pour ma part, je n'ai aucun intérêt avec ce genre de problématique; ce n'est que par souci éthique et intellectuel que j'ai publié cette réflexion dont les arguments dépassent de loin ceux tenants du laxisme, engendré par la politique de l'autruche. Le hic est que beaucoup de gens nourrissent des intérêts à maintenir ce type de laisser-aller.

Hier, s'est produit une tragédie en Tunisie, le premier pays des dites révolutions arabes, le deuxième assassinat politique d'un opposant au parti islamiste au pouvoir depuis la transition, membre de l'assemblée constituante. Et là, il ne s'agit pas de préjugés occidentaux, étrangers, mais bien de l'interne.

Selon les propres termes de ceux qui ne souhaitent pas que s'installent des moeurs, des us et coutumes, des lois d'un autre temps dans toutes les sphères publiques, professionnelles, privées même, les autorités actuelles sont responsables du climat de violence qui règne au pays, ont confisqué aux Tunisiens leur droit de s'indigner, leur droit au deuil, leur droit à se développer sans la peut d'être empêché de travailler, d'être spolié du fruit de leur labeur.

le modus operandi du meurtre de Mohammed Brahmi est similaire à celui infligé à Chokri Belaïd, tous deux, comme par hasard, des figures de proue de l'opposition.

Factuellement, des affrontements ont eu lieu sur tout le territoire, des sièges de gouvernorats ont été incendiés ça et là et des locaux d'Ennahdha, en plus de la manifestation sur la célèbre avenue de Bourguiba.

Les manifestants ont crié leur colère de voir leur pays sombrer dans les ténèbres du terrorisme. comme par hasard, exclusivement aux figures de proue de l'opposition.

Aujourd'hui, les vols en partance ou en direction de Tunis, sont suspendus, en signe de deuil pour le deuxième martyr et sur décision de l'UGGT.

Les derniers mots de Mohammed Brahmi étaient "Il faut que le gouvernement tombe. Il faut dissoudre l'assemblée des 217 voleurs." faisant référence au fait que le gouvernement est illégitime depuis le 23 octobre dernier et qu'une nouvelle constitution n'est pas près d'aboutir au vu du report de la votation, ce qui assure le maintient du pouvoir en place.

Ce n'est pas moi qui le dit mais bien les gens concernés par le danger de l'oppression et de l'obscurantisme. Beaucoup d'hommes et de femmes parmi ces combattants ne souhaitent pas le voile dans leur propre pays, par exemple. Il est d'autant plus légitime d'interdire des codes (vestimentaires ou autres) qui ne relèvent pas de notre code juridique et social.

Mais, que voulez-vous, la naïveté, la manipulation et la lâcheté l'emporteront toujours dans ce bas monde, surtout quand elles découlent d'opérateurs décisionnels, mus par des motivations égotistes de toute nature.

Merci Mère-Grand pour cette réaction! Bonne journée à vous!

Écrit par : Micheline P. | vendredi, 26 juillet 2013

@Micheline P.
Merci de votre aimable réponse. Je me souviens de la première fois que j'ai entendu l'expression "Avec des si on met Paris en bouteille".
Si
1. Dans les pays musulmans les femmes avaient les mêmes droits que les hommes.
2. Les propagandistes dans nos pays reconnaissaient notre droit à voter nos lois et à les appliquer selon nos traditions et nos moeurs.
3. ... (pour ce que j'oublie éventuellement sur le moment
Alors
1. Les Musulmans installés en Europe n'auraient pas plus de problèmes que ceux qui ont embrassés d'autres religions.
2. Les problèmes créés en grande partie par leurs prédicateurs fanatiques et les propagandistes qui ne rêvent qu'à l'expansion de l'Islam au monde entier, disparaîtraient.
3. Nous pourrions reprendre notre vie telle qu'elle était à la suite de la fin des guerres de religion en Suisse et en Europe et vouer toutes nos forces à l'amélioration de nos conditions de vie, y inclus celles que certains qualifient de "spirituelles".
4. Un grand pas serait fait vers une monde dans lequel la notion de "religion" ne pourrait plus être accouplée à celles de haine, guerres, oppression, inégalité" et autres aspects pathétiques de la pathologie du cerveau humain.
Bonne journée à vous aussi.

Écrit par : Mère-Grand | vendredi, 26 juillet 2013

@ Anne Ribordy : vous soulevez une question très pertinente. La poser, c'est y répondre. On se souvient avec dégoût qu'un des descendant des Frères Musulmans a touché le pactole à Genève en proclamant des inepties dans des discours clivés, après un licenciement pour faute grave ... Cherchez l'erreur! Des vacances payées pour poursuivre ce genre d'activité.

Écrit par : Romane | samedi, 27 juillet 2013

Il faut s'attendre sur la terminologie utilisée par les islamophobes de café du commerce et les mégères des salons de thé huppé de Piogre.

C'est que ces ignares de naissance oublient que derrière le voile (porté par la vierge Marie) et le foulard noir à pois blanc porté par ma grand- mère il y a un fossé aussi large que le fossé qui sépare la Romandie de les cantons d'outre Sarine.

Sous l'impulsion de certains milieux religieux aidés par des franc-maçons en quête d'électeur ils se font un malin plaisir à tout mélanger : burka, nikab, voile et foulard.

Combattons les extrémistes qui se réclament de l'Islam pour poursuivre leurs oeuvres maléfiques mais de grâce laissons les femmes en paix.

Pour ma part je préfère voir une femme vêtue à l'européenne et dont la chevelure est retenue par un foulard à ces hideuses bobonnes étalant leurs bourrelets aux Bains des Pâquis. Ce sont elles qui manquent de pudeur et risquent de rayer les verres de mes lunettes.

Chère Micheline que voilà des propos bien acides mais qui reflètent ma pensée. J'espère ne pas être la victime des ciseaux d'Anastasie!

Écrit par : Hypolithe | dimanche, 28 juillet 2013

Cette histoire est très sérieuse, elle ne concerne pas une affaire de bout de tissu, le pouvoir de celui qui regarde sans se dévoiler est incontestable. Le mois précédent, celui des examens, il a été constaté une quinzaine de cas de tricherie! On peut masquer son identité grâce à ce moyen.

Le non respect des lois et coutumes de notre république par les tenants du laxisme sous couvert de relativisme culturel est évident.

Il va sans rappeler, qu'en soi, ce code exprime un rapport de force où la femme est dénigrée, son statut disqualifié. Pourquoi ces contre-vérités, qui a autant d'intérêt à défendre de telles sottises, avec l'outre-cuidance, de se référer au libre- arbitre de la porteuse? Qui a autant d'intérêt à proclamer ce genre de provocation et cette défiance volontaire face à nos règles sociales, et pourquoi?

Écrit par : Philippe B. | dimanche, 28 juillet 2013

Le jour de l'enterrement de Mohammed Brahmi, Basma Khalfaoui, veuve de Chokri Belaïd a dit qu'elle ne voulait pas de cette Tunisie là. Ces prochaine heures vont être décisives pour le premier pays à avoir fait chuter le régime dictatorial. L'obscurantisme reste un fléau dans toute société, c'est universel ... comme quoi, le relativisme culturel n'autorise pas les pires exactions. Le zieglérisme a causé beaucoup de tort. Le jeu des intérêts n'est pas toujours celui qu'on croit ...

Écrit par : Micheline P. | lundi, 29 juillet 2013

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