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mercredi, 18 septembre 2013

Claude Hagège à Genève

À l'heure où une dispute éclate en Russie pour une discussion sur l'existence de Dieu, d'après l'argumentaire de Kant, jusqu'à un échange de balles perdues qui mènera un des interlocuteurs à l'hôpital dans un état critique, on sait que des goûts et des couleurs, on en discute, contrairement à ce que prétend le dicton populaire. Rappelons que le grand philosophe allemand était né à Königsberg, l'actuelle Kaliningrad, enclave russe à la frontière de l'union européenne. Un questionnement sur la sémantique se tiendra à Genève par un grand intellectuel français qui aura marqué les années '80.

Pr Claude Hagège, Professeur au Collège de France
"Contre la pensée unique  - Pour la diversité des langues
"
Conférence mardi 17 septembre 2013 à 18h30 à Uni Dufour
(24 rue Général Dufour)
Entrée libre

La linguistique générale se propose pour objet d’étude :
le
langage comme faculté définitoire de l’être humain,
le
s langues comme manifestation historique et sociale de cette faculté.

Ma
chaire dont l’intitulé est " Théorie Linguistique " illustre cette polarité. En effet, au centre se trouve le langage, étudié à travers les thématiques de l’acquisition par l’enfant sur fond de compétences innées et avec l’apport de l’environnement social et d’autre part les langues, étudiées dans leur diversité et par leur contenu symbolique. La diversité est mise en relief par l’étude typologique, c’est à dire la recherche des types de langues dans les domaines phonologique, morpho-syntaxique et sémantique ; cette répartition typologique peut coïncider ou non avec les parentés génétiques, c’est à dire l’appartenance des diverses langues humaines à une des grandes familles : indo-européenne, sémitique, ouralienne, altaïque, bantoue, caucasique, amérindienne, sino-tibétaine, austronésienne etc…

Le
contenu symbolique des langues correspond à leur pouvoir identitaire, c’est à dire au reflet qu’elles offrent des nations les plus variées. L’attachement de ces dernières à leurs langues est le plus souvent très puissant et peut être générateur de conflit.

Contre la pensée unique: le dernier ouvrage de Claude Hagège
   
Le dernier ouvrage du Claude Hagège, intitulé "Contre la pensée unique", est un plaidoyer, un appel à la résistance. Quand l'essentiel n'est plus distingué de l'accessoire, quand les projets intellectuels de haute volée se heurtent à la puissante inertie de la médiocrité ambiante et des petits desseins, quand l'uniformisation s'installe dans les goûts, les idées, dans la vie quotidienne, dans la conception même de l'existence, alors la pensée unique domine. La langue anglaise domine le monde et sert aujourd'hui de support à cette pensée unique.

Mais le français est bien vivant. Et nombreux sont ceux, de par le monde, qui en mesurent l'apport au combat de l'homme pour la liberté de l'esprit. C'est l'objet de ce livre que de proposer de nouvelles pistes pour déployer encore plus largement de nouvelles formes d'inventivité et de créativité.

L'auteur en quelques mots... Claude Hagège est linguiste, professeur honoraire au Collège de France et lauréat de la médaille d'or du CNRS. Il est l'auteur de livres qui sont d'immenses succès : Le Français et les Siècles, Le Souffle de la langue, L'Enfant aux deux langues, Halte à la mort des langues et Combat pour le français.

p.o. le Club de la Grammaire clubdelagrammaire@europae.ch

 

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lundi, 16 septembre 2013

Adieu, Adeline!

 

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Ce soir, à 18 h00, une marche blanche initiera à l'Hôtel-de-Ville, en mémoire d'Adeline, sauvagement assassinée de la manière la plus sauvage par un détraqué doté d'une cruauté incommensurable, irrécupérable, alors qu'elle assurait son accompagnement pour une sortie thérapeutique. C'est aujourd'hui que sa fillette restée orpheline accomplit ses 8 mois d'existence sur terre. Quoi de plus horrible pour un être humain qui n'a rien demandé?

Ici, il ne sera question ni de crier avec les loups, sur le coup d'une émotion aussi vite oubliée qu'exprimée, ni de feindre une recherche de responsable/bouc-émissaire voué à la vindicte pour mieux noyer le poisson, ni de décrire la scène de crime où le corps de la victime est trouvée dans une position des plus humiliantes, par pudeur, par respect de ses proches et des enquêtes en vigueur. Rien ne sert à jouer à faire porter le chapeau ou à patroner les erreurs de discernement et les fautes graves ...

Dès les premiers instants où le monde a pris connaissance du beau visage, souriant, les yeux pétillants d'intelligence, c'est la consternation. Une inconnue : pourquoi laisser cette charmante personne, réputée pour ses innombrables compétences transversales et interdisciplinaires, toute seule avec un tel individu, inqualifiable, partir dans les bois et s'arrêter entre-temps pour l'achat d'un super couteau suisse bien aiguisé, dont l'autorisation avait été livrée par trois autres décideurs internes au service qui l'employait?

Ce n'est pas l'heure de tirer des plans sur la comète ou de laisser la place à tous les pédagogos du meilleur système juridico-pénitenciaire en tirant la couverture à soi. Place au recueillement et au souvenir d'une héroïne de la république, qui croyait à sa mission!

De là où tu trouves maintenant, tu te fous de ces quelques mots mais ils sont sincères. Toutes ces tergiversations et toutes les tentatives de récupération politique te sembleront bien vaines. À juste titre!

Mais sache quand même qu'il y a des gens saluant ton action et ta belle personnalité qui se dégage des effigies murales, qui marcheront avec toi ce soir!

Adieu, Adeline!

 

 

 Micheline PACE

 

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mercredi, 11 septembre 2013

La vision de Maudet de la sécurité

 

 

Le style de Maudet aura marqué la gestion des affaires publiques, en l'occurrence, dans le champs sécuritaire, à l'instar des campagnes électorales menées (une par année depuis 2011).

Sa volonté de ne pas arrêter d’arrêter les malfaiteurs est motivée par un axiome irréfutable qui veut que ce n’est pas « le nombre de places  contenues» dans les prisons qui doivent déterminer les arrestations ou non.

L’inversion n’est pas son genre. La politique de l'autruche, non plus.

La connaissance des dossiers est toujours à l’origine de ses décisions, lesquelles sont politiques. Bien que notre régime ne soit pas vraiment celui d'une expertocratie, ce trait inédit dans certaine (s) caste (s) élue (s) (ou même nommée (s) ) fait de ce génie politique né que Genève soit redevenue plus vivable.

La baisse de la criminalité, décrite par les rapports de police, ainsi que les patrouilles, plus visibles, donnent une lisibilité de son action, qui jure avec ce qu’on a pu observer jusqu’ici. À chaque réalité, sa méthode, comme diraient les phénoménologues !

Pierre Maudet n’attend pas de découvrir une nouvelle forme de criminalité pour prendre des mesures « ad hoc », qui ressemblent plus à du saupoudrage, faisant suite à des "ah, je ne savais pas!". La prévention fait partie de ses préoccupations. Et elle ne s’arrête pas à de la rhétorique, si souvent même mal maîtrisée chez certains, incapables d’expliquer leurs décisions, ressemblant plus à de la lâcheté mêlée à de l’ignorance!

Chez lui, le respect des dogmes qui le font élire ne signifie pas fermeture ou partisanisme béat et désincarné. N'étant pas homme vendu à une idéologie, le magistrat se définit par le courage de l'action et la capacité de prendre des décisions en compte des composantes aussi diverses que variées dans leur nature.

Rien n'échappe à sa vigilance : La formation des représentants des forces de l'ordre quant à leurs missions et le refus de tout communautariste, la coopération internationale en matière sécuritaire, par les voies diplomatiques (qui n'a rien à voir avec des budgets alloués pour des projets d'aide au développement dans des zones en mains de terroristes de tous genres, ne servant que la carrière de certains couards), une nouvelle conception de la manière de répondre à l'afflux de migrants et - aussi - de l'endiguer comme l'atteste son dernier voyage au Kosovo, dans la droite ligne de son engagement en tant que Maire dans le projet de coopération avec la capitale de la Bulgarie.

6a00d83451b69769e201311000b8e8970c-800wi.jpgPour redécouvrir son bilan et ses perspectives, voici l'excellent débat ( ici ) animé par Pascal Décaillet dans son émission Genève à chaud.

 

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dimanche, 01 septembre 2013

Le play-boy de la diplomatie sous enquête

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La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans les milieux feutrés où l’omerta est souvent de mise. L’art de tourner autour du pot, d’esquiver, de ne rien lâcher tout en tirant la couverture à soi, de nier des faits, de donner raison ou tort selon le statut de l’interlocuteur n’aura pas suffi pour étouffer l’affaire. Les temps changeraient-ils ?

Boris Boillon, ex-ambassadeur de France à Tunis, proche de Sarkozy  a été interpellé par la douane française, à la gare du Nord, avec 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide. Il était sur le point de prendre place dans le Thalys en direction de la capitale belge où désormais il a pris ses quartiers en tant que consultant.

Sans pièce d’identité ni téléphone portable mais trois cartes bleues à son nom, son ex-Excellence a le plus simplement du monde expliqué que cette coquette somme d’argent provenait de ses mandats en Irak où il avait été ambassadeur avant son fracassant périple tunisien et était destiné à alimenter sa boîte de consulting fraîchement créée.

Son passage en Tunisie n’était pas passé inaperçu. Tout le monde s’en souvient. Nommé à ce poste pour sa maîtrise de l’arabe juste après la chute de Ben Ali  dans le but de minimiser les complicités françaises avec l’ancien régime, il avait insulté des journalistes tunisiens en traitant les questions de débiles et avait averti qu’il ne tomberait pas pour si peu.

L’arrogance et l’usage outrancier des privilèges liées à sa fonction ne connaissaient pas de limite. Déjà détesté par la population tunisienne, qui avait brandi une pancarte « Dégage ! » devant l’Ambassade de France, il ne se gênait pas de confondre les genres, se faisant passer pour le James Bond de la diplomatie dans un média tunisien ou se faisant photographier en maillot de bain, le corps sculpté et bien huilé, qui lui avait valu le qualificatif de « Sarkobody » par Marie Le Pen.

Heureusement, l’audition ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. Une enquête est ouverte pour faire toute la lumière sur cet argent itinérant du play-boy en fuite. L’article 464 du code des douanes interdit le transfert d’une somme supérieure à 10 000 euros dans un autre pays européen sans déclaration préalable. En cas d’infraction, l’amende peut aller jusqu’au quart de la somme saisie. Il serait judicieux de voir si un tel comportement ne s’est pas produit auparavant … L’ancien diplomate que Khadafi surnommait « mon fils » et qui le lui rendait bien en le défendant devant les caméras, arguant que tout le monde avait le droit de se tromper et au rachat, se trouve de toutes façons sans de sales draps. Gageons que la justice fasse son travail avec impartialité, sans complaisance.

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