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vendredi, 11 octobre 2013

Trop de bonheur, le Prix Nobel de Littérature 2013 !

 

 

Une femme. Une femme en provenance d’un pays important, le Canada, modèle de la cohabitation plurilingue. Une femme discrète, qui n’aimait pas attirer l’attention sur elle, et dont certains voisins se demandaient ce qu’elle faisait, est désignée Lauréate du Prix Nobel de Littérature 2013.

Alice Munro excelle dans l’art de la nouvelle. Ses œuvres offrent la même attention à l’aspect qu’à la composition. Chacune d’elles ne cherche pas à nous montrer la photographie de la vie réelle mais à nous en livrer le secret et par conséquent son sens global, fatalement plus saisissant et véridique que le pâle relief renvoyé par elle.

Mettant en perspective les évènements essentiels relatés par des faits qualifiés de « divers » survenant principalement dans la vie des campagnes de l’Ontario, l’artiste en extrait la quintessence – la difficulté de vivre, de mener une existence quelque peu décente, les problèmes relationnels et sociétaux - mêlant le familier et l’étrange, l’inexorable et l’inopiné.

Trop de bonheur (dernier ouvrage traduit en français, publié ce printemps) décrit l’infanticide perpétré par un homme terrifié à l’idée d’une séparation probable de son épouse. Choisissant d’épargner cette douleur à ses propres enfants par ce moyen de neutralisation, il est conduit naturellement en prison, d’où il écrira à leur mère quelques années, pour la rassurer du fait que les rejetons se portent bien. Différentes dimensions fusionnent dans l’esprit des protagonistes au point de faire dire au narrateur omniscient du personnage maternel, « Doree ne pensait jamais à lui si elle pouvait l’éviter et, dans le cas contraire, en le considérant seulement comme un terrible accident de la nature. «Même si je croyais à ces machins», dit-elle, c’est-à-dire à ce qu’il y avait dans le dépliant, «ce serait uniquement pour...» Elle avait eu l’intention de dire que ce genre de croyances serait commode parce qu’elle lui permettrait d’imaginer Lloyd brûlant en enfer, ou quelque chose du même goût, mais elle fut incapable de poursuivre tant c’était idiot d’en parler. »


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Micheline PACE

(référencé dans Tribune de Genève, 12-13 octobre 2013, p. 19)




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Commentaires

La peur de l'abandon peut provoquer le meurtre de celui qu'on aime ... pour mieux le garder vers soi pour toujours. Voici une idée de cadeau de Noël!

Écrit par : F.Diallo | jeudi, 12 décembre 2013

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