samedi, 19 octobre 2013

L'UA fête ses 50 ans : l'Afrique, le développement, la justice, la démocratie

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La Commémoration du Cinquantenaire de l'Union Africaine (UA) du 14 au 16 octobre 2013 à aux Nations-Unies a vu des intervenants de haute qualité s'exprimer. Parmi quelques perles, on peut retenir Mme ZUMA, Présidende de la Commission de l'UA, Théophile OBENGA, Ministre d'Etat du Congo, Mme Bineta DIOP, Présidente (d'origine sénégalaise) de Femmes Africaines, qui veut en finir avec la corruption de certains dirigeants, responsables des guerres civiles et du mal-développement, poussant des gens à émigrer et remplir le cimetière de la méditerranée, dont les drames de Lampedusa et de Malte se font l'écho.

Comme le veut un proverbe africain, il ne suffit pas de vider un sac de piments, il en restera toujours assez pour faire éternuer.

Les questions sur la paix durable, la diminution de la faim, le renforcement de la résilience des Etats, la promotion des PME ont été soulevées magistralement par l'Ambassadeur Getahun, membre éminent du comité de l'UA.

La Genève internationale étant reconnue comme le centre de gouvernance globale, un havre de paix et une plateforme unique du dialogue international, tous les intervenants se sont mis d'accord sur l'importance du panafricanisme dans ce processus à long terme de la démocratisation des structures civiles et politiques, de la justice, de la promotion de la sécurité, des droits humains, du développement socio-économique des pays africains. À cela, Mme ZUMA ajoute que l'engagement panafricain est à l'origine de l'OUA (organisation de l'union africaine) devenue UA, dont la mission essentielle, il y a cinquante ans, a été le démantèlement de l'apartheid, la fin de l'esclavage et du colonialisme. La Renaissance de l'Afrique date de ce moment historique; en se libérant de toutes les dépendances, elle entre enfin dans l'histoire et y laissera une trace. La présidente de l'assemblée renchérit en rappelant le devoir du continent africain à devenir concurrentiel, tout en appelant le NEPAD (programme officiel pour le développement de l'Afrique) à poursuivre ses efforts pour qu'advienne réellement le développement socio-économique de cette région du monde, restée trop longtemps à la traîne et à la merci des autres nations, ce aussi grâce à la jeunesse de sa population. Et de conclure sur l'impératif de trouver son propre modèle économique, sans se référer ni au libéralisme ni au marxisme, dont l'expérience s'est soldée en un échec à grande échelle.  La sécurité alimentaire sera possible seulement à ces conditions.

La Fête s'est poursuivie par une grande nuit musicale autour de mets typiques des pays représentés. Quand la connaissance mêle joie de vivre, réflexions, force de propositions et espoir ...

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Commentaires

Je vous avoue que vous avez relaté la vérité, rien que la vérité. Car l’immigration est devenue un phénomène qui continue de menacer la jeunesse des pays africains et du Maghreb. C’est vrai que dans beaucoup de pays l’immigration clandestine représente une solution de désespoir pour des milliers de jeunes qui rêvent de l’eldorado européen, au péril de leur vie. Les raisons : le prolétariat urbain, le chômage à cause d’un échec scolaire précoce….Or, avec tout ce que l’on n’est en train de vivre comme malheur, l’immigration clandestine constitue une fausse solution à un vrai problème. Ainsi, les gouvernants doivent vite intervenir pour éviter que des jeunes ne meurent plus ou ne soient plus humiliés dans les centres de retentions dans le pays d’accueil ….. Il faut encourager les investisseurs à s’intéresser aux activités de proximité comme l’agriculture qui pourrait, si des reformes structurelles sont menées, contribuer à créer beaucoup d’emplois……….."

Écrit par : Moussa Sibo Mballo | samedi, 19 octobre 2013

Ben moi, Micheline, j'ai kiffé les musiciens qui se sont succédé. La musique adoucit les moeurs, aplatit les différences, se passe de mots, source de quiproquo, de malentendu, de dispute jusqu'à entraîner parfois la mort.

Fi du bla-bla ! Les instruments de chacun de ces pays sont une légende en soi.

Me permettez-vous d'en affiche le programme ici? Histoire de faire perdurer le plaisir et de garder encore un peu en mémoire ces moments magiques vécus dans la zone du Serpent aux Nations-Unies ...

Lundi 14 octobre 2013

- DJ David, Walusu Selecta
- Groupe Benkady Bensoba
- Orchestre Al koutoubia
- Abyssiniens Group
- Gospel Afro-Caraïbes avec Luth&Kat


Mercredi 16 octobre

- Mamadou Cissoko à la Kora
- Azzedine Louati
- Groupe Joricamba (Afro descendants de Colombie)
- J.P. Pany Zapelo (Congo)

Écrit par : lemondeestetrange | samedi, 19 octobre 2013

Au journaliste sénégalais, Moussa M'Ballo, que je remercie pour ce commentaire fouillé, je voulais relever cette belle rencontre internationale et relever que c'est la première fois de ma longue vie dans le milieu, que j'entendais ce son de cloche. D'habitude, il est convenu que toutes les misères de l'Afrique (viols comme arme de guerre, famine, guerres civiles, voire la corruption de certains dirigeants qui pillent leur pays pour mettre dans leur poche le fruit du travail de compatriotes, etc.) sont à imputer aux Blancs, aux Occidentaux, aux colons et au néo-colonialisme "incarné" par l'exploitation des matières premières, qui soi-disant ne profiteraient jamais aux résidents.

Au début de l'UA déjà, on trouve la volonté de mettre un accent particulier sur le développement, parallèlement à la mise en vigueur des processus de libéralisation des peuples africains, au nom du droit à l'auto-détermination, in "African Declaration of Cooperation Development and Economic Independance". En 1980, a été publiée une initiative renforçant ce projet, "Africa's Priority Programme for Economic Recovery". La Charte de l'UA préfigurera le NEPAD ...

Des personnalités extraordinaires se sont exprimées durant ce Forum. L'Ambassadeur de Sierra Leone, Mme Yvette Stevens, a mis l'accent sur cet aspect; l'ancien Président du Nigeria, M. Obasanjo, a insisté sur l'importance de la bonne gouvernance pour le développement, la paix durable, l'équité et la justice, lui, qui a fait un seul mandat comme il l'avait annoncé dès le départ.

La liste n'est de loin pas exhaustive ...

La justice transitionnelle n'est pas restée en rade avec le Juge Fatsah Ouguergouz et ancien Vice-Président de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples.

Mettre en relief les relations entre le mal-développement - dont les causes sont bien analysées - et la migration clandestine, n'est pas un prise de parole aisée car elle contre certains crédos et codes, responsables de freins, de manque de recherche solution réelles, alimentés par des intérêts de carrière. Le zieglerisme a entretenu ces partis-pris, bien évidemment.

Je dois avouer que cette responsabilisation à laquelle on a assisté ces jours de commémoration a été un rendez-vous très intéressant et plein d'émotions.

@ lemondeestetrange : vous avez amplement raison de relever la beauté de la fête, qui s'en est suivie. Sublime au sens kantien !!!

Écrit par : Micheline P. | samedi, 19 octobre 2013

Un des nombreux de l'Afrique est qu'elle doit importer des denrées alimentaires qu'elle serait capable droit de produire. Les marchés de certaines capitales en témoignent. Vous me direz qu'on rencontre les mêmes inepties ici: on jette des camions de tomates au Valais - canton producteur par excellence - pour importer des tomates d'Espagne ou de Sicile, qui n'arrivent jamais à maturation, alors qu'on pourrait ajuster le prix du kilo de nos tomates à nous et en profiter pleinement. Plus raisonnable, plus juste et plus ... écologique car le transport ne se fait pas sans coût à tous ces niveaux.

Écrit par : Francolie | mardi, 22 octobre 2013

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