UA-105021232-1

mardi, 12 novembre 2013

La bonne gouvernance ... ici et ailleurs

En ces temps où les question de gouvernance sont de prime importance sur toutes les bouches, un édito d'un grand homme du Cameroun, directeur du Magazine ASDECA (numéro de septembre 2013) livre quelques réflexions toujours  d'actualité dans un monde inter-relié. Evariste Abessolo est venu à Genève lors du Forum DAVOC en octobre 2012. Juste pour le plaisir, il est publié ici :

"Ne repousse pas du pied la pirogue qui t’a déposé sur la berge ». L’histoire des empires et royaumes africains raconte que l’observation ou pas de cette sagesse noire aura fait la prospérité ou le déclin de presque tous les détenteurs du pouvoir de la parole dans ces démocraties précoloniales. Même s’il est évident que nombreux demeurent sceptiques sur la connaissance des droits et libertés des peuples du continent avant l’invasion occidentale, ils souffriront de l’admettre. De notre avis, nourrir des ambitions politiques est un idéal de vie pour tout Homme. C’est d’ailleurs ce qui, d’après Aristote, en fait un zoon politikon autrement dit un animal politique ou social. Ainsi, au Cameroun et sous d’autres cieux, un mariage insolite naît rapidement entre le logos et la dynamique des acteurs de la scène politique, exempts d’ « objectivité absolue » (à notre avis), à partir du moment où les choix tactiques et stratégiques d’un parti politique auquel ils ont fait allégeance n’épousent pas leurs faveurs. Alors, l’on crie aux frustrations et à la prépotence des sectes installées.
Des véritables tortionnaires à génies ! Ces génies qui tardent à comprendre qu’en politique il y a « son temps », différent du « temps politique ». Et puis, dans les artifices des jugements esthétiques, le sens commun oppose le «goût pur» au «goût barbare ». Le premier permettant l’évaluation des forces et des positions à occuper, le second lui, s’opposant à toute logique de construction. Que les méritants méritent ; qu’ils soient visibles par voie de présentation dans nos médias ou dans l’ombre des « shadow cabinets ». Il s’avère tout de même indiqué de féliciter toutes les actions de développement des collectivités territoriales décentralisées. Nous sommes d’ailleurs pour ce progrès stratégique. Il nous a été donné d’observer le travail abattu du côté de Douala par la compatriote Françoise Foning et du côté de Sangmélima, par le compatriote André Noël Essian.
Un effort qui saura donner de la valeur à tous les grands chantiers de la nation camerounaise. Par ailleurs, un port, un vrai, grand et sur les eaux profondes de Kribi, véritable ouverture vers le monde est un chantier qui illustre si bien la Nouvelle Dynamique du Renouveau. C’est alors que nous arrivons à nous rappeler toutes les priorités de la nation. Le « goût pur ». Il viendra achever sa course assurément au lendemain des élections législatives et municipales du 30 septembre 2013. L’ère de la tolérance et des excuses insensées est révolue…nous sommes dans l’ERE DU TEMPS, le temps des réalisations et de la fin de l’inertie des élus du peuple. L’instant des hommes d’action qui se sont arrimés aux hommes de pensée. La conception précédant tout. Que ceux qui bientôt sortiront de l’appareil gouvernemental, n’oublient cette pirogue qui les y avait portés.
Ils ne lâcheront pas le gouvernail uniquement parce qu’ils auront mal travaillé, mais aussi et surtout parce que « leur temps politique » aura fait place à celui des autres. Nous sommes dans une République et la pratique démocratique nous y prédispose. Pour ces élections, que les meilleurs gagnent. "

 

1.gif

Forum DAVOC 2012 - CICG (à gauche, Evariste Evassolo)

22:04 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

dimanche, 03 novembre 2013

Le père des S.A.S. passe l'arme à gauche

 

Hommage. Gérard de Villiers se disait faire partie de la génération qui s’en irait au cimetière à pied. Considéré par tout le monde et par le New York Times comme l’homme le mieux renseigné de la planète, il a rendu les armes, laissant Malko, orphelin. On n’aurait pu s’attendre pour un probable dernier numéro à ce que le héros éternel, d’origine autrichienne, qu’il fût terrassé, ce qui aurait marqué la fin de l’aventure romanesque des 200 romans d’espionnage qui ont tenu en haleine tout lecteur à la recherche de vérité.

264817854.jpgAristo courageux, très fortuné, l’auteur des S.A.S. aura su démontrer combien et comment la réalité dépasse la fiction. Jugé par la critique comme simple auteur de romans de gare, il démentira par sa plume engagée, qui fut sa véritable arme, ces préjugés. Le diable se cache dans les détails … Il fut un magnifique reporter, et l’investigation, son seul dessein. Provocateur ? Certes, il l’a été, à l’image de son personnage fétiche. Mais ce procédé relevait plus d’une vision du monde, scruté avec ferveur jusque dans les parts d’ombre insoupçonnées par tout observateur à prime abord, que d’un trait psychologique. Ses intrigues policières ou d’espionnage, mêlant sexe, argent, intérêt supérieur, violence et voyage maintenaient le suspens jusqu’au bout, en tissant les liens inattendus mais ténus entre les différents épisodes historiques et leurs acteurs, un canon de beauté assurant la trame.

Les « romanquêtes » du père de Son Altesse Sérénissime nous révélaient des pans de la réalité inconnus du grand public ; très bien informés, ils servaient certains chercheurs, diplomates, militaires et émissaires de toutes sortes, dans leur travail respectif. Parallèlement, ils savaient aussi devancer l’actualité : des évènements ont été prédits par l’auteur grâce à une mise en boîte des données factuelles pas toujours conceptualisées pour des raisons obscures ou par simple indifférence ...

On lui pardonnera les petites gentillesses faites à notre pays, qualifié notamment d’ennuyeux comme un furoncle, par la bouche de l’espion plénipotentiaire Malko, dans La filière suisse (Le marcé noir de la Bombe iranienne). Son avant-dernier ouvrage, Les fantômes de Lockerbie (De Beyrouth à Tunis, les fantômes de Lockerbie tuent encore) se termine sur une exclamation sortie d’un représentant d’une banque prestigieuse suisse - dont un des patrons s’était tiré une balle dans la vraie vie, arguant que le métier changeait - abritant les opérations clandestines destinées à perpétrer le fameux attentat.

À coup sûr, il aura inventé un nouveau genre littéraire. Le sérieux des investigations n’enlevait en rien les ironies des hommes et des situations. Merci à ce grand écrivain, qui a su donner tout son sens à ce qu’est une vérité romanesque !!! R.I.P.

22:48 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook