mercredi, 04 décembre 2013

Zoom sur Plainpalais

 

 

Le Club de la Grammaire organise sa prochaine soirée littéraire le 5 décembre 2013 à 18 h 30 (entrée libre), dans les locaux de l’Institut national genevois avec l’auteur suisse Corinne JAQUET autour de Zoom sur Plainpalais (ainsi que d’autres polars se passant à Genève).

Politologue de formation, Corinne Jaquet fut responsable de la rubrique judiciaire de feu « La Suisse ». Elle nous fait participer à ses connaissances de l’histoire de notre canton en nous le faisant revisiter, quartier par quartier, en élucidant le mystère de certaines affaires à l’aune du charme des noms de rue et des places à connotation militaire : Les Vieux-Grenadiers, la Place des Volontaires, la rue du Stand, le Pont de la Coulouvrenière, la rue du Tir ou encore le cimetière des Rois, qui fait bien référence aux rois - mais quels rois, les Français ? – eh, non, les rois du tir.

zoom.jpgLe scénario de Zoom sur Plainpalais se déroule, comme son l’indique, sur la Plaine de Plainpalais. C’est en avril 2004. Alors que la Télévision suisse romande fête son cinquantième anniversaire, un de ses réalisateurs y est assassiné, en plein marché aux puces. Il faut préciser entre parenthèse que ce lieu n'a rien à voir avec le marché aux poissons de N'Djamena où l'on peut assister en direct à ce type d'évènement. Le Commissaire Mallaury vient d’être nommé à la succession du Commissaire au nom évocateur, Simon, au bénéfice d'une retraite ... bien méritée. Le bleu se serait évidemment bien passé de cette grosse affaire criminelle pour ses débuts, d’autant qu’elle concerne un people et la place même où est né le cinéma suisse il y a un siècle. Le ton est donné dès la première ligne : "Que ferait un homme sachant qu’il va mourir dans moins d’une heure? Il n’irait certainement pas se préparer un café."

Comme à chacun de ses romans policiers, Corinne Jaquet nous entraîne dans les méandres de la conscience humaine incarnée dans des lieux tangibles, connus : Les Larmes de St-Gervais (2006), Bain fatal aux Pâquis (2005), Les Degrés-de-Poules (2003), Maudit Foot paru au moment de l’Euro 2008. Pour toutes ses connaissances approfondies de l’histoire judiciaire genevoise, elle avait été mandatée en 2006 pour un ouvrage en hommage à l’avocat Dominique Poncet.

Partant du fait divers, le plus souvent resté anodin pour cause de la banale indifférence environnante, l’auteur genevoise excelle dans l’art de décrire l’imbrication du vivant et de l’inaminé, le lieu où l’intime se transforme en ombre déchirée, soit l’inquiétante étrangeté des lieux et des situations qui paraissent les plus familiers, là même où les explications mécanistes usuelles ne suffisent pas, avec cette interrogation lancinante de savoir si l’étrangeté ne constituerait pas la règle plutôt que l’exception qui la justifierait.


 


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Commentaires

Les artistes suisses doivent être valorisés. Le pays n'est pas aimé par les siens mais est copié par beaucoup d'autres. On pourrait épiloguer sur ce sujet. L'essentiel est de faire vivre ce genre d'initiative. Corinne Jaquet est un grand auteur, qui devrait être encore mieux connue à l'extérieur mais à commencer par ses compatriotes.

Écrit par : F.Diallo | mardi, 03 décembre 2013

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