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lundi, 23 décembre 2013

Quelques vers pour Noël

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Qu'on aime ou non - par snobisme ou conviction - Noël, le rythme de nos vies change. Sa magie opère dans les coeurs ou les esprits. Les échoppes et les rues qui nous sont familières se drapent d'objets merveilleux. Outre les exhortations mièvres auxquelles nous sommes habitués, la plupart du temps assez hypocrites, un peu comme si elles donnaient le blanc-seing à toutes les saloperies le reste du temps, volontairement ou par omission, nous sommes tout de même contents de cette "trêve".

Enoel2.jpgtrangement, la joie se mêle à la tristesse. L'ambiance festive autour de quelques retrouvailles peut faire place au souvenir des personnes disparues de l'année écoulée (ou de bien avant), proches ou pas.

Désormais, Noël, sa légende sur la nativité (et par là, le mystère de la mort), fait le tour du monde. Les éléments surnaturels qui entourent la venue au monde de ce bébé, présenté aux yeux de tous dans sa plus simple expression, nu et réchauffé par un boeuf et un âne, comme pour symboliser peut-être l'extrême dénuement - un état de déréliction - où commence toute existence humaine, font rire aux éclats ou charment, selon.

L'essentiel reste invisible à l'oeil nu, dit le proverbe ecclésiastique ... Avec cette ballade du poète François Villon (1431-1463), je souhaite de belles fêtes à tout visiteur de ces pages. Certains commentateurs me sont chers (même si je ne réponds pas toujours parce qu'il n'y aurait rien à rajouter ou parce que l'interactivité n'oeuvrerait plus trois heures ou jours après), d'autres, je leur sais gré de leur impertinence, souvent pertinente, même si on ne sait toujours si c'est du lard ou cochon. Une pensée pour ceux qui bûchent à Noël dans des secteurs vitaux de la société ainsi qu'aux Chrétiens dans certaines zones à risque, cibles désignées de fous furieux. L'année 13 bientôt enterrée, l'essentiel est de se faire du bien. Joyeux Noël!

 

Noël (Ballade de François Villon)

Tant gratte chèvre que mal gît,
Tant va le pot à l'eau qu'il brise,
Tant chauffe-on le fer qu'il rougit,
Tant le maille-on qu'il se débrise,
Tant vaut l'homme comme on le prise,
Tant s'élogne-il qu'il n'en souvient,
Tant mauvais est qu'on le déprise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant parle-on qu'on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu'on s'en dédit,
Tant prie-on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu'on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant aime-on chien qu'on le nourrit,
Tant court chanson qu'elle est apprise,
Tant garde-on fruit qu'il se pourrit,
Tant bat-on place qu'elle est prise,
Tant tarde-on que faut l'entreprise,
Tant se hâte-on que mal advient,
Tant embrasse-on que chet la prise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant raille-on que plus on n'en rit,
Tant dépent-on qu'on n'a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut « Tiens ! » que chose promise,
Tant aime-on Dieu qu'on fuit l'Eglise,
Tant donne-on qu'emprunter convient,
Tant tourne vent qu'il chet en bise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Prince, tant vit fol qu'il s'avise,
Tant va-il q'après il revient,
Tant le mate-on qu'il se ravise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

 



(Photo d'un arbre de Noël en Thaïlande

envoyée par un ami)

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lundi, 09 décembre 2013

R.I.P. Mandela

 mandela.jpg"Tata", "Papa", Madiba n'est plus. L'émotion est planétaire, comme on pouvait s'y attendre. Le monde entier a assisté à sa longue agonie durant des mois.

L'homme a assurément changé la face du monde. Toute discrimination envers des caractéristiques naturelles, physiques - couleur de la peau, forme des yeux, taille, sexe, etc - est déplorable en soi et surtout quand on s'appuie sur ces traits pour asseoir une politique des statuts. Logiquement, la notion de légitimité ne doit ni ne peut formellement découler de ce qui relève du naturel, qui par définition, échappe à la responsabilité.

Mandela a incarné aux yeux de beaucoup le héros qui a transformé sa colère en créativité pour changer des situations politiques insupportables, au prix fort. On ne change pas les choses que sur papier ... Le nombre de dispositifs qui restent lettre morte et qui ne servent que la carrière de certains (souvent de l'opposition, paradoxalement) ne se comptent plus dans nos sociétés technocrates, ce qui n'est pas sans poser de problèmes majeurs. Le vide et le néant, à qui profitent-ils? L'exercice des libertés négatives est-il un gage d'évolution?

Par respect à ce grand homme, adulé ou dénigré pour ses mérites (ah, il n'était pas si sage que ça!, entend-on), qui aura marqué l'histoire, et dont le visage rayonnant a hanté les esprits, voici un lien d'un site d'Amnesty International en sa mémoire, ou chacun peut lisser un message. La paix sociale n'est jamais acquise; toujours en construction, elle mérite une attention particulière.

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mercredi, 04 décembre 2013

Zoom sur Plainpalais

 

 

Le Club de la Grammaire organise sa prochaine soirée littéraire le 5 décembre 2013 à 18 h 30 (entrée libre), dans les locaux de l’Institut national genevois avec l’auteur suisse Corinne JAQUET autour de Zoom sur Plainpalais (ainsi que d’autres polars se passant à Genève).

Politologue de formation, Corinne Jaquet fut responsable de la rubrique judiciaire de feu « La Suisse ». Elle nous fait participer à ses connaissances de l’histoire de notre canton en nous le faisant revisiter, quartier par quartier, en élucidant le mystère de certaines affaires à l’aune du charme des noms de rue et des places à connotation militaire : Les Vieux-Grenadiers, la Place des Volontaires, la rue du Stand, le Pont de la Coulouvrenière, la rue du Tir ou encore le cimetière des Rois, qui fait bien référence aux rois - mais quels rois, les Français ? – eh, non, les rois du tir.

zoom.jpgLe scénario de Zoom sur Plainpalais se déroule, comme son l’indique, sur la Plaine de Plainpalais. C’est en avril 2004. Alors que la Télévision suisse romande fête son cinquantième anniversaire, un de ses réalisateurs y est assassiné, en plein marché aux puces. Il faut préciser entre parenthèse que ce lieu n'a rien à voir avec le marché aux poissons de N'Djamena où l'on peut assister en direct à ce type d'évènement. Le Commissaire Mallaury vient d’être nommé à la succession du Commissaire au nom évocateur, Simon, au bénéfice d'une retraite ... bien méritée. Le bleu se serait évidemment bien passé de cette grosse affaire criminelle pour ses débuts, d’autant qu’elle concerne un people et la place même où est né le cinéma suisse il y a un siècle. Le ton est donné dès la première ligne : "Que ferait un homme sachant qu’il va mourir dans moins d’une heure? Il n’irait certainement pas se préparer un café."

Comme à chacun de ses romans policiers, Corinne Jaquet nous entraîne dans les méandres de la conscience humaine incarnée dans des lieux tangibles, connus : Les Larmes de St-Gervais (2006), Bain fatal aux Pâquis (2005), Les Degrés-de-Poules (2003), Maudit Foot paru au moment de l’Euro 2008. Pour toutes ses connaissances approfondies de l’histoire judiciaire genevoise, elle avait été mandatée en 2006 pour un ouvrage en hommage à l’avocat Dominique Poncet.

Partant du fait divers, le plus souvent resté anodin pour cause de la banale indifférence environnante, l’auteur genevoise excelle dans l’art de décrire l’imbrication du vivant et de l’inaminé, le lieu où l’intime se transforme en ombre déchirée, soit l’inquiétante étrangeté des lieux et des situations qui paraissent les plus familiers, là même où les explications mécanistes usuelles ne suffisent pas, avec cette interrogation lancinante de savoir si l’étrangeté ne constituerait pas la règle plutôt que l’exception qui la justifierait.


 


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